‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 97 sur 260 · MÉDECINE POPULAIRE, ENCYCLOPÉDISTES AU XIIL° SIÈCLE · texte numérisé non relu

MÉDECINE POPULAIRE, ENCYCLOPÉDISTES AU XIIL° SIÈCLE

populaire pour que les deux domaines soient déjà séparés ; tandis qu'aux x et xr° siècles la médecine superstitieuse et populaire, ayant en quelque sorte ses écoles et ses livres à part, use à son profit de la médecine scientifique.

Elle procède directement ou indirectement de Pline, et des ouvrages dont nous avons signalé l'existence du 1v° au x° siècle, Plinius Valerianus, Apuleius, Marcellus, etc., enrichis de toutes les rêveries du cloître, de toutes les erreurs des hexamérons, des bestiaires, des réceptaires et même des sagas allemands.

‘Un fait assez singulier, c’est que l’une et l’autre médecine ont eu à cette époque leur littérature en vers et en prose. En vers, pour la Jittérature populaire, Maurus, Marbode, quelques besüaires ; pour la littérature scientifique, les poëmes salernitains, Gilles de Corbeil. C'était tout un cycle poétique, comme j'ai déjà eu occasion de vous le dire.— En prose, pour la littérature populaire : Kiranides, Hildegarde, plus tard le petit Albert, d’autres bestires; pour la littérature scientifique, une série d’ouvrages néo-latins, salernitains et de tout pays.

Si l’Église a semé beaucoup d’ivraie dans le champ dela médecine, elle y a fait aussi germer de temps en temps le bon grain.

On sait que déjà au xirr° siècle la plupart des médecins étaient cleres, parfois même engagés dans les ordres; ceux-là rentrent M dans la catégorie des vrais médecins. Puis on remarque à cette époque une classe particulière d’ecclésiastiques ou de simples letitrés qui n'étaient point médecins de profession, mais qui, cependant, Sétant occupés de sciences physiques, ont étudié la physiologie, l'anatomie, quelquefois même ja pathologie. Cela n’est pas de la médecine populaire, mais de la médecine savante faite au point de vue du dogmatisme théologique, toujours étroit en matière de science. En général, ces auteurs sont des encyclopédistes. C’est au commencement du xru° siècle que nous trouvons Albert le Grand, saint Thomas; plus tard Brunetto Latini et Vincent de Beauvais. Ce sont les successeurs, mais avec plus d'étendue d’esprit et plus de savoir, des Isidore, des Bède, des Rhabanus : ils écrivent des encyclopédies et non des vocabulaires ; ils ont, s’il se peut, moins d'originalité que

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