‹ Histoire des sciences médicalesChapitre 98 sur 260 · ENCYCLOPÉDISTES AU XIII SIÈCLE · texte numérisé non relu

ENCYCLOPÉDISTES AU XIII SIÈCLE

nos auteurs médicaux, mais ils rendent service à l’histoire par leurs résumés, et ils aident à fixer les limites de certaines époques ; ils sont d’ailleurs souvent l'écho de livres perdus ou de doctrines que déjà le temps avait obscurcies. C’est donc en réalité un troisième courant que nous avons dù suivre pour rattacher tous les fils épars de cette longue tradition.

J'ai lu beaucoup de choses sur Albert le Grand, mais rien ne m’a pleinement satisfait, pas même ce que j’en ai écrit moi-même (1), quoique jy aie, je crois, indiqué la vraie méthode pour bien étudier Albert, en prouvant par quelques exemples que c’est un compilateur, et que le seul intérêt qu’offrent ses œuvres, c’est den rechercher les sources; mais je n’ai fait qu'effleurer ce sujet. — Plus je reviens vers Albert, plus je suis persuadé qu’il faudrait, comme on a essayé déjà de‘le faire pour Vincent de Beauvais, pénétrer dans les détails; on y gagnerait beaucoup pour Phistoire littéraire des temps antérieurs, ou même des contemporains que l’évêque de Ratisbonne a mis à contribution (2). Il serait curieux de voir précisément de quel Aristote Albert s’est servi, quels traités il à connus, quel usage il en a fait et ce qu'il y a entremêlé ; quel est son Pline, quel est son Solin, quels auteurs néo-latins, salernitains ou arabes il a dépouillés. Un savant allemand, M. Charles Jessen, a essayé, après feu le professeur Meyer, ce travail de confrontation pour les sept livres du 7raité sur les végétaux (3). Dans cette édition remarquable, beaucoup de choses sont ainsi restituées à leurs sources primitives; mais, passée sur un crible plus fin encore, l’œuvre d’Albert serait de nouveau allégée au profit des Grecs, des Arabes et des auteurs de la première période du moyen âge.

Pris à vol d’oiseau, le xrrr° siècle est une première renaissance

(1). Voyez la Médecine, histoire et doctrines, p.172, suiv,

(2)Nerne comprends pas comment on a osé écrire que le Traité des animaux, d'Albert, était supérieur à celui d’Aristote: oui, il est supérieur si l’on admet que cesoitune marque de supériorité d’avoir ajouté à Aristote, Avicenne, les bestiaires, lesshexamérons, des discussions dialectiques et quelques observations particulières !

(8) AtBerti Magni de vegetabilibus libri VI, editionem criticam ab Ern. Meyero coëptam absolvit Carol. Jessen. Berol., 1867, in-8.

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