PECQUET
claviers, je l'attribue tant à la compression des parties externes causée |»ar la respiration, contraction des muscles, battement des arlôres, etc., qu'à la contraction naturelle des veines lactées.
«Je ne parle point du mouvement du chyle des rameaux sous-claviers au oœur, parce que il s'infère du mélange du chyle avec le sang qui descend ÛBflïs ces rameaux, et qui va par la caue ascendante au ventricule droit. I)
Combien la vérité rencontre de difficultés à se faire jour; car non-seulement elle est combattue par la routine, mais souvent obscurcie par ceux mêmes qui la découvrent et qui n'en voient qu'une portion ! La découverte de Pecquet a rencontré une opposition d'autant plus vive qu*elle chassait les galénistes endurcis de leur dernier retranchement, c'est-à-dire du foie. — Plusieurs des adversaires de Harvey, entre autres Riolan (1), furent tout naturellement les adversaires de Pecquet. En 165A Pecquet et un de ses amis, Hyginus Thalassius (si toutefois ce n'est pas un pseudonyme), ont vertement et victorieusement répliqué àRiolan, dont ils ont fait, par anagramme : loannes ore insanus (Joannes Riolanus). Dans sa réponse Pecquet invoque quatre expériences assez compliquées, un peu confuses, exactes cependant, ce me semble, pour prouver que les chylifères d'Aselli n'aboutissent pas au foie ni au pancréas (dont il connaissait le canal décrit en 1042 par Wirsung), mais au canal thoraciquc, et que le chyle suit bien la marche qu'il lui a assignée (2).
(1) Nous avons aussi^ comme un modèle du genre, Touvrage que Jonnnes a Turrc % publié en 1666, à Milan {Sanguinis offictna, motus et usus), pour répondre u tous les abominables novateurs (voy.plus haut, p. 615 et note 3). — Le Noble, dans 168 Observationes rarae et novae fie vents iacteis, etc., Parisiis, 1655, voulant contenter tout le monde, même Riolan, dérend une thèse parraitemcnt ridicule (elle est encore soutenue^ en 1652^ par Bartholin, De Iacteis thoracis)^ à savoir, qu'une partie du cbyle va au canal thoraciquc et l'autre au foie. Hénault lui oppose un Bouclier (Clypeus)^ contre lequel viennent s'émousser les traits dont il voudrait percer le second cœur [réservoir) découvert par Pecquet. Rouen, 1655, Le Noble ihien vu, du moins, que le canal thoraciquc est simple chez l'homme.
(2) Mais voyez plus haut, p. 631, note 2, son erreur relative au reste des lymphatiques; il y a lien de croire que, dans la quatrième expérience, il a vu des lym- [ihaiiques qu'il prend pour des conduits galactopbores. Riolan, au contraire, les rci;ardait presque comme des chylifères. — Pecquet ne sait pas non plus comment se 'ait rhématose, si ce n'est par la fermentation dans le cœur.