‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 16 sur 102 · IP>I. SAM. VITAM. T\'RR1VS. IPSE. TVUT · texte numérisé non relu

IP>I. SAM. VITAM. T\'RR1VS. IPSE. TVUT

EN SANGVINE. NOV. S4>LV1I. DITAVIT. TVRRIVS. IIEPAE SA>i;VIMS ET. SCEPTRV:!. REDDIDIT. IHO. DEDIT

Mais le foie élail mort, bien mort; il n*esl pas sorlî de sic tombeau et ï Alléluia du poëte-médeciii n'a trouvé d'écho qm ; dans quelques esprits mal organisés (1). j

Voilà donc, .Messieurs, toutes les voies de la nutrition décou- ■ vertes (sauf les anastomoses capillaires des artères et des veinos que démontreront tout à 1 heure les anatomisles de la fin du . XVII' siècle), mais il manque encore une lliéorie de la nutrilioB » elle-même. C'est Wliarton (1610-1673) et Glisson (1590-1677), ;

assez ample des lymphatiques, «ic leur contenu et de leurs usages, u*age^ i qu'il invente pour la plupart. — Voy. aussi : Vasa hjmphatica in homim : nnper rrfjertny 1GÔ4. Il a entrevu ces vaisseaux sur Tbomme en 1653, attendu b pénurie des pendus en cette année; mais il K?s a vus, en 1654, sur le cadavre encore chaud d'un phthisique, circonstance trcs-ravorable à cause de rcxtn*>nie mtigreur du sujet (chap. 2;. Ici la physiologie et la pathologie ne valent guère mieai : que dans la dissertation précédente. — Sur la dénomination des lymphatique;, '

voy. le même auteur dans la prolixe hnfensio adverstts Hiolanumy p. 60 et suiv. !

(1) \Ai fameux de Bils, un moment si renommé pour ses préparations anato- ; miqiies, de Hils qui avait imaginé et même Tait représenter une nouvelle distributioi des vaisseaux lymphatiques et une nouvelle fttrme du canal thoracique qu'il appelk rorifer en raison des étranges fonctions qu'il lui attribue^ eut un moment, avec Deusiiig^ l'idée de ressusciter le foie (voy. en particulier Uurthol. SpiciL ex tfetif iyinph', 1060; 11,7). Ces tentatives, renouvelées par Vattier et Leichncr, entre '. autres, échouèrent misérablement ; Stcnou n'a pas peu contribué à leur cliutc.

WHARTON Br GLISSON. — THÊOftIB INE LA NUTRITION. 66t

deux anatomisies anglais, qui nous la fournissent, et c'est bien une des plus étranges conséquences qu'on ait pu tirer des nou- Yelles découvertes; du reste c'est l'imagination d'une part, et d'autre part les apparences anatomiques qui lui ont donné naissance en dehors de toute expérimentation régulière. Jusqu'à présent nous n'avons rencontré aucun démenti éclatant à cette proposition si souvent répétée : La seule connaissance de la structure ne conduit pas à la connaissance des fonctions; si elle met sur la voie , il faut que la confirmation décisive vienne de la méthode expérimentale.

On ne peut pas séparer Giisson et Wharton , deux honnêtes figures de cette époque; l'amitié les avait unis; une certaine communauté de vues et de recherches a resserré ces liens que l'histoire ne doit pas rompre.

Les anciens, divisant les parties, eu égard aux apparences extérieures , en spermatiques (ou parties blanches, par exemple tout le système cellulo-fibreux) et sanguines (ou parties rouges, par exemple les muscles), prétendaient que les premières continuent à se nourrir aux dépens de la liqueur prolifique en prédominance sur le sang, tandis que les secondes sont entretenues presque exclusivement par le sang. Wharton (suivi en cela par Giisson) consacre cette distinction, mais en la modifiant sur un point important. Pour lui, ce n'est pas précisément le sperme qui est l'aliment des parties spermatiques, mais un liquide analogue, blanc, un principium primogenaeum. Et par ou pensez-vous que Wharton fasse venir cette liqueur blanche ? Sans doute par les lymphatiques, dont la découverte faisait tant de bruit à cette époque ? Non pas ; — mais alors?— Eh bien, par les nerfs, comme nous allons le voir. Wharton (chap. 1'') range les glandes parmi les parties blanches ou spermatiques; c'est lui qui, pour la première fois, les étudie dans leur généralité, les sépare des viscères (1), des tissus membraneux, et décrit chacune d'elles ; il a même fait quelques découvertes assez importantes (2) . Dès le

(1) Au chapitre 5^ les glandes et les viscères sont comparés à des iles (il eût mieux yalu dire des presqu'îles), et les autres parties i des tet-res fermes ou continents,

[2) Wharton mol au rangf des glandes des organes que nous ne regardons pins

DÀBEMBERG. ai

%li2 WHlLfttOM ET GLIS!SO0t.

début du livre (1) nous toydnfe poindre la nouvelle théorie de Torigine des sucs blancs. Le cerveau, substance médullaire èïH jgeneris, n'esl pas une glande hi un viscère (chap. 3), cohninë le croyaient les anciens ; mais , ce qui ne vaut guère mieux, e*est le matlre deê gtârïdes^ lesquelles sont âeS servantes. Aucun llérf ne le JDénèlre, il en est au contraire l'origine , et c'est par êtit i|u*il distribue à tout le corps le succtis nutrititus dont il eèt la gburce , sinon rofflbinc. La rate est comme une succursale du Cerveau par les services analogues qu'elle rend aux nerfs (2); ce n'est pas une glande; elle n'a ni lymphatiques, ni canaux excréteurs; son parenchyme n'est pas in frustula divisum, comme celui des glandes, mais continUitm; elle a des vaisseaux plus volumineux que les glandes ; les nerfs s'y terminent à la char-

commc telles; il les subdivise en plusieurs groupes (chap. 6) : celles qui regardont Vinàividu^ les générales (glandes du mésentère^ de Tcpiploon, pancréas^ thyhlus, etc.; du cou, de la bouche, du cerveau, conarium^ etc.^ des articulations; gdhglions); — celles qui Regardent l'espèce (testicule, gland, ovaires, placenta, ntfmphes^ clitoris^ Me). U y en a de constantes, d'accidentelles, de sairtes et de morbides. Jamais Wharton ne manque de donner place aux considérations pathologiques, après avoir décrit chaque espèce de glandes. — Il dit (chapitre 2) que la langue est non une glande, mais un muscle pourvu, surtout à sa partie postérieure^ d*ùnc substance glandiilaire spéciale. Il sait (chap. 7) , que le mésentère est une lame cellulaire doublée, sût* ses deux faces, par le péritoine ; — il en a reconnu la forme en éventail, la pointe à la racine. Il décrit mieiit qu'on ne Pavait ikit avant lui les ganglions mésaraîques ; il distingue très-bien, contre Bartholin {De tacleù ihor» in animant», etc.; cap, 5 et 6), le réservoir de Pecquet des ganglions lymphatiques lombaires; il a remarqué (chap. 8 et 10) que les radicules des vaisseaux lactés ou lymphatiques, après è'éli*e réunies en tronc plus ou moins volumineux, SG ramifient avant ou dès leur arrivée atix ganglions et apt'ès en ôtrc Itôrtlcs * alors elles se réunissent de nouveau. On connaît la découverte que Wharton a faite ttn conduit excréteur de la glande sous-maxillaire, découverte dont Glisson rc?ett- (tique sa part, mais de bonne amitié. Rien n'est plus intéressant que ce livre sur les glandes, malgré de nombreuses lactmes, des méprises pour l'anatomie et des crt-eurs plus nombreuse^ encore pour la physiologie. (Voyez, par exemple, les parotides chargées de fâbriqtier le cérumen de l'oreille!) Il règne d'un bout à l*tiutre de cet ouvrage une grande sincérité.

(1) Adenographia, sive glandulatnAm totim cotporis descriptio, J*ai suivi l'édition de 1664. — Bartholin, Spicileg. ex vasis lijmph, I, 1-3; 1655, a réfuté la théorie de rîUsson.

(2) Sylvius de le Boe (p. 552) fait Jouer aussi à la rate un rùlc prépondérant dans la sangnification ; hiais des deux cAtés le rôle n*est pas tout à fait le même.

THÊMtt M LA flVtftlflOH. thS

t)entè fibreuse et ne plongent pâd dans le parenchyme; enfin la liqueur qu'elle contient, ne pouvant pas s*en aller au dehors, ne peut servir qu*à être absorbée par les nerfs I

Il n'y a rien de curieux comme de voir un esprit ingénieux du reste, et fort cultivé, s'épuiser en vains efforts pour démontrer une hypothèse gratuite qu'aucun fait expérimental ne soutient et pour laquelle il met à la torture des recherches anatomiques personnelles ou déjà faites.

En général, les vraies glandes ont cinq vaisseaux : des artères, des Veines, des nerfs (qui les font participer au mouvement, au sentiment et à la nutrition)^ des lymphatiques à Taide desquels elles enlèvent Thumidité aqueuse ou la lymphe, enfin des canaux excréteurs. Car c toutes les glandes prêtent de quelque manière leur ministère aux nerfs ; ce sont des parties entièrement excrétoires, et ce qu'elles sécrètent, ou elles le reçoivent des nerfs ou elles le leur fournissent ; & moins qu'il ne s'agisse d'une matière tout à fait superflue, à Texcrétion de laquelle sont employées quelques glandes spéciales qui ont des vaisseaux appropriés à cette matière ». (Pag. 18.)

Toutes les glandes, dit ailleurs Wharton, ont un emploi publie et officiel; elles servent en partie (comme les viscères , du reste) à la dépuration du sang; en partie elles reçoivent des nerfs quelque chose qu'elles versent dans le système veineux, et en partie elles communiquent une portion de Yaliment d'élite {seleclum) aux Mvh qui deviennent dès lors le siège d'un double courant comme autrefois les veines mésaraïques. Les viscères sont plutôt les serviteurs du sang vital et les glandes plutôt les servantes du iluide des nerfs.

Voici le passage capital tiré du chapitre dixième ; il n'y est pas question des lymphatiques du tronc, mais seulement des ganglions et des lactés entèro-mésentêriques, ou de quelques autres parties de l'abdomen, sans distinction d'avec les lymphatiques.

• Je pense que les glandes (ganglions) seirent moins à ralléraUon du chyle qu'à séparer do lui, pour l'aliment des parties nerveuses {fibreuses), un certain suc plus pur et pluâ doux, et à ramener dans le réceptacle commun ce qui reste de plus spiritueux en lui. De Ces deux actes, le premier s'exécute en partie par une sorte de flltralion ftilte ^

f^Uli WHABTON ET ULISSON.

travers la substance de la glande, en partie par l'attraction similaire des extrémités du nerf propre à la glande; le second se fait aussi en partie par filtration à travers la glande, et en partie par succion élective des extrémités des lactés de la seconde espèce, qui sortent de la glande.

« Si on disait que leur principal office est de modifier en quelque point le chyle, il se trouvera une grande difficulté dans cette assertion. Il n'est pas aisé, en effet, de dire quel changement elles peuvent produire dans ce suc laclé, puisque par leur substance et leur tempérament elles paraissent tout à Tait semblables à ce lait. Or, le suc transmis par ces glandes dans le réceptacle commun du chyle, ne semble nullement altéré, ni quant à la couleur, ni quant à la substance.

« Je regarde en effet comme assez probable le sentiment qu'énonce notre illustre collègue Glisson, dans son ouvrage intitulé : Anatomia hepcUis, à savoir qu'il y a deux espèces d'aliments : l'un pour le sang et les parenchymes sanguins, l'autre pour les parties spermatiques ; que cet aliment est fourni aux parties fibreuses par le ministère des nerfs, et que les nerb le reçoivent immédiatement des glandes nourricières. Je suis aussi de son avis lorsqu'il dit que les glandes ont trois offices principaux : la nutrition, l'excrétion, la réduction (i), et que les unes nourrissent surtout le mésentère, les autres les lombes.

« J'en ai assez dit pour faire connaître l'office des glandes, de leurs nerfs et des deux espèces de lactés (2) qui leur prêtent leur ministère; l'office des lactés de la première espèce est d'amener et de distribuer le chyle tout entier aux glandes ; celui des glandes, de séparer du suc lacté le suc nutritif des parties nerveuses ; l'office des nerfs, de sucer et de porter ailleurs le suc nourricier; enfin celui des lactés du second genre, d'attirer l'autre partie, la partie lactée, et de la conduire dans le réceptacle commun. »

A lire attentivement le traité de Wharton, on reconnaît promptemenl que ce n*est pas un esprit très-méthodique, et que le rôle qu'il attribue aux sucs blancs, cl par conséquent aux glandes, est ' assez mal expliqué. Cependant on peut donner le résumé suivant comme l'expression la plus exacte des idées du célèbre adénographe anglais : les glandes servent tantôt à recevoir quelque ; chose des nerfs, tantôt à leur fournir; quelquefois elles font j successivement les deux opérations. Il explique avec Glisson ce | double courant par la multitude des fibres nerveuses dans un | même nerf, ce qui permet à un liquide de monter et à un autre

(1) Rcducif'o: la reprise et le retour des sucs blancs ù un ccnire.

(2) Ceux qui se rendent aux ganglions [importation) et ceux qui en sorteit (exportation ou exonération)»

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