DAREMBERG
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Il faut, s'il se peut, expliquer plus clairement ces troU définilions. I
La fibre est douée d'une perception naturelle (1), c'est-à-dire d'une perception vitale (2) ne venant pas de l'extérieur ni du cerveau, et qui la rend sensible à l'irritation. Ainsi, il est hors de doute que les fibres tantôt se meuvent et tantôt sont au repos: par conséquent, il faut que quelque chose les excite; durant le sommeil, toutes les fibres, excepté celles du pouls et de la respiration, qui sont sous la dépendance des esprits vitaux (voy. plus haut, p. 666), se reposent; dans la veille, elles sont toutes le siège d'un petit mouvement tonique (S); d'un autre côté, dans tout mouvement des membres, les muscles opposés sont en anta* gonisme : quand l'adducteur se contracte, l'abducteur se relâche. — Or, comme les fibres ne sont pas agentes principales^ comme elles n'ont pas leur libre arbitre (4); en d'autres termes, qu*elles n'ont pas une contraclilitc intrinsèque, inhérente à leur existence même, il faut que quelque chose les sollicite, qu'elles sentent cette sollicitation; car il n'est pas possible que les fibres au repos reprennent leur mouvement si une cause irritante ne les y pousse; elles ne sauraient être irritées si elles ne percevaient j>as l'irritation. Autrement, c'est vouloir faire entendre un sourd ou réveiller un mort (vu, 2).
On peut prouver de diverses manières qu'il y a une perception naturelle (5) qui s'exerce quand on ne peut soupçonner aucune sensation, c'est-à-dire aucun acte sensoriel externe, ou aucun
(1) C'est là cette faculté innée dont j*ai parlé plus haut, p. 655-656. EUe est régie par les esprits vitaux qui circulent avec le sang.
(2) Voyez p. 657, note 2 ; p. 659 et 662.
(3) o Mediocri motu tonico vigorantur. » — C'est l'équivalent de la tonicité mwtcuiaire, propriété bien diflerente de la contraction ou de V élasticité^ cl qui cA subordonnée à l'action du système nerveux cérébro-spinal ; elle est détruite parla paralysie. Cette tonicité n'est pas non plus absente durant le sommeil; eUe appartient aux deux systèmes musculaires, celui de la vie de relation et celui de U vie organique. — Voyez, sur la tonicité (tonus) de l'estomac et des intestiMi les §§ 30, 31 du chap. xx.
(/i) « Les fibres n'agissent pai? librement, mais la nature Usa destinées à exécuta les onlri's du cerveau, n (viii, 2.) - Voy. aussi p. 661-662, (5) Voyez p. 657 et lu note 2.