‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 21 sur 102 · GUS80N · texte numérisé non relu

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OU paralysé, l'empire du cerveau cesse aussitôt de s'exercer sur le muscle. — Le mouvement du cerveau s'exerce du dedans {centre) au dehors {périphérie)^ vers la racine des nerfs, pour produire l'irritation des fibres (viii, h).

Le mouvement du cerveau, qui détermine celui des fibres par l'intermédiaire des nerfs, n'est pas un mouvement en masse, on de translation, mais un mouvement intime de vigoralio^ de mise en activité, de contraction^ qui produit une sorte de plissement, de resserrement ; cette contraction n'équivaut pas à la 200^ partie de l'épaisseur d'un travers de doigt; elle est suivie de rémission (1) ; il suffît que cette tension soit sensible aux nerfs. Glisson ajoute aussitôt qu'elle varie d'intensité suivant que l'appétit exige des fibres une action plus forte ou plus faible. La possibilité, la réalité de cette action est démontrée par ce fait que le cerveau peut subir quelque extension, lésion ou impulsion artificielle, sans être contus ni se rompre. Il est fibreux, quoique la mollesse de son tissu ne permette pas d'isoler ses fibres, comme dans les autres parties (*2).

Comme partie principale (^«r5 princeps)j\t cerveau est le principe {principium) de la pensée (3), ainsi que de l'appétit et du

(1) On ne saurail imaginer une explication plus grossièrement mécanique pour des faits du domaine de la psychologie. Glisson n'avait non plus aucune notion exacte sur la Taçon dont les nerfs prennent leur origine au cerveau ; sous ces divers rapports, il n*était pas plus avancé que Galien. — La ut^ora/to, ou respècc de mouvement fibriltaire admis par Glisson dans le cerveau, ne doit pas être comparée aux ébraniements que certains physiologistes modernes admettent dans cet organe en raison des mouvements respiratoires et artériels.

(2) Plus tard^ on a cherché, non sans succès^ en durcissant le cerveau^ à démontrer cette texture fibreuse.

(3) Mais comment est-il le principe do la pensée ? Glisson ne peut pas le dire* d'ailleurs^ il ne s'accorde pas toujours avec lui-même. Dans son système de biologie, l'Âme joue un rôle très-eOacé. Cependant^ pour se mettre complètement en rè^d avec la théologie^ Glisson afait^ dans le traité De natura subslantiae, etc.. Ad lec* torem^ §§ 7 et 8, une déclaration ambiguë, en partie contredite par l'ensemble de ses opinions, sur la vie en général et sur. la formation des concepts de la phantasia^ déclaration qui^ du reste, ne s'applique qu'à la vie dans l'homme. Après avoir montré que, dans les Esprits, la vie est leur propre substance indestructible^ il cherche à prouver que la vie dans la matière n'est pas moins essentielle, quoique plus dépendante. — « La vie spirituelle est originale {originalis) en elle-même^ mais 1%

THÊOBU DE L*IBB1TAB1UTÉ ET DE LA SENSIBILITÉ. 665

nouvement animal. — Une fois que le cerveau est contracté et endU} tous les nerfs et toutes les fibres de tout le corps se tendent li sont dans un élat de mouvement tonique modéré (1). — L'aninal est alors en éveil et prêt à exercer tous ses sens et tous ses nouvements (2); en définitive, il n'exécute que ceux qui sont )pportuns dans le moment présent (vui, 5). En effet, tout le cerveau pouvant entrer en action et se relâcher, rien n'empêche \\ue certaines fibres de ce viscère , correspondantes à certains aerfs de certains muscles, n'entrent isolément en action, et ne se relâchent isolément (3).

vie matérielle e^t participante ou dérivée d'ailleurs. Cela est évident chez l'homme, sa vie tenant à la présence de Tàme immortelle^ raisonnable, formatrice du corps, et dont la séparation radicale d'avec ce corps produit la mort. Si une substance vivante par sa nature s'unit intimement à une autre morte par sa nature, il en résulte un composé vivant, de sorte, cependant, que la première partie ait une vie substantielle, l'autre seulement la participation de cette vie. On inférera aussi de là que la vie^ quant k son subjecium radical^ est substantielle, quoique^ au point de vue du subfectum secondaire, elle soit accidentelle. On dira qu'il en est tout autrement dans les brutes ; que leurs âmes ne sont pas des substances ; conséquemment^ que la vie qui en découle n'est point substantielle. J'accorde que les âmes des brutes ne sont pas des substances subsistant par elles-mêmes, que leur vie n'est pas proprement substantielle et que ces âmes sont des modes de la matière essentiels et en même temps vitaux. Par cela même que ce sont des modes vitaux, ils ne sont point les derniers ntbjecta ultimes de la vie ; ils supposent^ en eflfet^ un subjec^ tum antérieur à eux qu'ils modifient (en d'autres termes^ il y a un principe vitaC dans la matière, antérieur à son animation et qui justement permet cette animation) ; ils ne sont pas non plus les subjecta d'eux-mêmes^ loin d'être ceux de la vie ou modifiante ou modifiée qu'ils renferment en eux; ils cherchent donc un appui pour eux et pour tout ce qui est en eux. Ce qui est par soi-même soutient ses modes et est leur subjecium dernier. La matière est donc le subjecium dernier ou premier de la vie matérielle. Or, comme rien n'est plus cher ou plus intime à tout subjecium que sa vie^ il est évident que cette vie est l'essence intime et inséparable de la matière. Mais, comme l'essence elle-même de la matière est siûette à diverses modifications, sa vie aussi peut être diversement modifiée^ et cela même prouve que la matière contient en elle la racine de la vie. Comment, en eflet, modifier la vie là où la vie manque? » — Que de vains efforts pour accorder la biologie et la théologie !

(1) C'est là une idée galénique, car Galien accorde aux nerfs une vertu plutôt mécanique que dynamique dans les mouvements et même dans les sensations.

(2) Le sommeille met dans un état contraire^ comme le remarque Glisson.

(3) Voyex dans Vulpian, Leçons sur la Physiologie du sysiéme nerveux^ leçons 28 et 29, les recherches des physiologistes modernes sur la question soule^

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