‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 23 sur 102 · LI8S0M · texte numérisé non relu

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taie ; elle a un caractère beaucoup plus général et baaiicûiip pla métaphysique que rirritabililé hallérienne , surtout qae notn contraclilité. C'est une théorie à la fois physique, physiologique [ et psychologique , embrassant la nature entière oouaidérée comme vivante, théorie où la vie universelle, celle de l'esprit comme celle de la matière, est ramenée à une sorte de rnooTiment vibratoire. Considérée plus spécialement dans la fibre et surtout dans la fibre musculaire, Tirritabililé n'est pas une force, mais une propriété latente, ou mieux encore une facolté de percevoir les excitations, faculté en vertu de laquelle se produisent, non-seulement les mouvements qui éloignent ou rapprochent l'animal ou la partie de l'animal, soit de l'objet perça, soit de l'idée conçue, mais tous les mouvements de la vie or|inique, et, dans de certaines limites, ceux de la vie intellectuelle. Cette faculté d'être sensible ou excitable n'existe qu'en puissance, n'a aucune spontanéité ou liberté, est soumise absolument à l'ao tion des esprits ou de l'intellect, et n'est éveillée ou mise en acte que par des excitants qui sont en dehors de la fibre; de sorte que ses mouvements sont toujours subordonnés, soit au cerveau, soiti tout autre excitant intérieur ou extérieur. Je crois que dans l'hiitoire de l'irritabilité, ces divers côtés de la théorie de Glissoi n'ont pas été suffisamment mis en relief, et qu'on en a trop reitreint la signification pour la rapprocher plus facilemeat de la théorie de Haller et des opinions actuelles. Le mot est trouvé; quelques détails du phénomène sont également indiqués ; maiSi comme il y a beaucoup plus de raisonnement que d'observation et d'expériences, là se borne, à vrai dire, le mérite de Glisson, qui cependant est considérable , puisque c'est un premier pu i sérieux vers la solution d'un problème extrêmement compliqué i et qui est un des nœuds de la physiologie.

Comme Harvey lorsqu'il expose sa découverte, Glisson, dMU la préface (§ 20) du traité De natura substantiae energetka% s'excuse de ne pas être parfaitement d'accord avec les anciens; comme lui aussi il croit que c'est leur manquer de respect que de jurer par eux sans examen, puisque ces mêmes aaciens ont été un jour des modernes, et que la science ne fait de progrès

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qu'à la condition de profiter des travaux antérieurs pour les améliorer et les agrandir.

0 On ne doit pas, dit-il, rejeter de prime abord tout ce qui est nouveau ; car les choses qui sont anciennes maintenant ont été nouvelles autrefois. Et même à quoi bon un livre nouveau si on n'y trouve rien qui n'ait été déjà dit? Ne sont-ce pas les mêmes choses, que vous les lisiez dans un ancien livre ou dans un nouveau ? La multitude des livres fatigue et distrait l'esprit plutôt qu'elle ne Taide ou l'instruit; si on apporte quelque chose que les autres avaient négligée, il peut en résulter un accroissement pour les connaissances humaines. Que personne ne croie, en lisant ceci, que je sois tout entier dominé par l'amour de la nouveauté. Je suis les anciens là où le permet la vérité confirmée par le témoignage des sens; je les interprète avec la meilleure foi possible, et j'admets leur autorité jusqu'où il est permis de le faire, bien loin de croire qu'il soit juste de traduire devant le tribunal de la science , comme ennemis de la vérité etdu genre humain, cesgrandeslumièresdu monde, Hippocrate,Platon, Âristote, Démocrite, Galien. Autant qu'il était en leur pouvoir, et non sans un grand travail, ils ont fidèlement transmis à la postérité toutes les connaissances qui étaient venues jusqu'à eux. Comment donc les proscrire, parce qu'ils n'ont pas tout connu, parce qu'ils ont erré ou se sont trompés en quelques points, et que beaucoup de choses qu'ils ignoraient ont été mises en lumière plus tard ? On pourrait nous accuserd'une rare paresse et d'une insigne stupidité si pendant tant de siècles nous n'avions rien ajouté à ce qu'ils avaient trouvé. Que dirons-nous donc? Si on s'en rapportait à moi, les anciens conserveraient leur autorité sans que les recherches se ralentissent chez les modernes, et on chercherait la vérité de tous les côtés, par toutes les voies et les moyens possibles; car, mettant à part l'esprit de parti, ces deux manières d'agir peuvent fort bien se concilier. »

Voilà le langage d'un esprit honnête, juste, droit, et d'un vrai savant; ce n'est pas celui des Paracelse ni des Van Helmont, ni même des Sylvius de le Boe. Voilà comment ont parlé, avec déférence pour les autres et avec autorité personnelle, les grands médecins du xvf et du xvif siècle 1

672 GUS80N. -*- TRÊOBIE DE L'IBBITABTLITÊ ET DÉ tk 8BNU1III.ITÊ.

Les siècles, comme les hommes, ne voient au loin ou ne sont en perspective que lorsqu'ils sont accumulés les uns sur les autres; la fin du xvi' siècle et tout le xvii* sont placés sur les [ hauteurs des siècles les plus féconds de rhistoire, je yeux dire sor les siècles anciens : les siècles purement conservateurs du moyen âge n'ajoutent qu'une unité à ceux qui les ont précédés, on plutôt ils forment comme Tentablement qui va recevoir le couronnement de rédifice.

SoHXAiBE : — Suite de l'histoire de ranatomic et de la physiologie au xtu* siècle. — Recherches de Sténon. — Anatomie microscopique et injections : Malpighi; Leeuwenhoeck ; Ruysch. — Anatomie descriptive. — Anatomistes français. — Influence de l'Académie des sciences sur les progrès de l'anatomie et de la physiologie en France. — Descartes.

Messieurs,

Il a suffi de quelques opuscules d^un physiologiste expérimentateur pour dissiper toutes les illusions de l'imagination des Wharton et des Glisson sur le rôle des nerfs et des glandes lymphatiques. Le Danois Sténon (1638-1686) a fait, mais avec moins d'éclat, pour le système lymphatique ce que Harvey avait fait pour le système yasculaire sanguin. ïlfalgré une vie des plus agitées et des plus aventureuses, Sténon a laissé (1) dans l'histoire de l'anatomie (qu'il appelle divine) et de la physiologie une trace ineffaçable. Sa présence à Paris a été fort remarquée : Bossuet l'avait en haute estime et admiration ; Thévenot l'admit dans sa Société, et il fit, en présence de l'élite des savants, une démonstration du cerveau (2) qui est le véritable point de départ des recherches modernes sur cet organe, et où il a réfuté plusieurs erreurs de détail qui avaient cours avant lui.

Outre le cerveau, Sténon a plus particulièrement étudié les glandes (3), les lymphatiques, les muscles, y compris le cœur, enfin, le développement du fœtus.

(1) Stcnou, d'abord protestant lélc, se convertit à la foi catholique et fut nommé évèquc lit partibus par Innocent XI. Peu s'en est fallu qu'il ne fût canonisa après sa mort.

il) Discours sur V anatomie du cerveau, Paris, 1669. Il y combat à la fois Willis et Descartes.

(3) Les boms de Wirsung (canal du pancréas) , de Wharton (canal de la glande sous-maxillaire) et de Sténon (canal paroiidien et appareil lacrymal), forment la série chronologique des principales découvertes pour le système glandulaire au

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