MÉDECINE STATIQUE
(le Boerhaave et de beaucoup d'autres médecins du xvn'' et (lu xviir siècle pour la médecine statique (1). Je ne crois pas non plus que pour ce seul ouvrage on érigerait aujourd'hui à Sanclorius une statue de marbre, comme on l'a fait peu après sa mort. Sanctorius est à peu près oublié : on ne le lit même plus. Tout l'édifice de son Ars statica repose sur la vieille physiologie; il ne tient aucun compte de l'absorption cutanée dans ses pesées; il ignore les lois de la nutrition, et quoiqu il ait une vague idée de la perspiration pulmonaire (1, 5), Sanctorius ne sait ni ce qu'est cette perspiration, ni ce qu'est la transpiration cutanée insensible dont il parle tant, ni enfin le rapport qui existe entre ces deux espèces d'évaporation.
Si y Ars statica esik peine lu aujourd'hui, les autres ouvrages de Sanctorius sont encore moins connus. Cependant cet homme, qui a passé une partie de sa vie dans une balance, a trouvé le temps (l'écrire de volumineux commentaires sur Hippocrale (Première section des Aphorismes); sur Galien {Art médical)', sur Avicenne; un traité en XV livres louchant les erreurs commises par les médecins, enfin un traité sur la méthode qui conduit à trouver les médicaments propres aux diverses maladies. Parmi ces ouvrages, que les historiens ont trop négligés, il y en a deux qui sont fort instructifs et qui, à mon avis, offrent au moins autant d'intérêt que la Médecine statique^ laquelle se réduit à deux ou trois propositions sérieuses. Dans le commentaire sur Avicenne (2), on trouve notamment des détails précieux sur plusieurs instruments, ou de l'invention de Sanctorius, ou en usage de son temps ; il devait même en décrire plus au long le mécanisme et l'emploi dans un traité spécial {De instrumeniis medicis) qui n'a pas vu le jour. Presque tous, dit l'auteur, ont été imaginés pour rendre la médecine moins conjecturale.
Sanctorius a inventé (col. 30) un thermomètre à eau, dont la
(1) Les aphorismes ont le privilège de séduire par leur impcricusc précision; ils s'imposent en résumant toute une science; de là la fortune de ceux d'Hippocratf, de ceux de Sanctorius (traduits comme ceux d'IIippocrate dans presque toutes les langues), de Hoerlinave et de bien d'autres. — Baglivi, Praxis med,^ I, ix, i, célèbre la forme aplioristiquc. Cf. aussi II, m, 6, et la (in du chapitre ix du livre I.
(2) Commentan'a in !•« fen iihrilCanonisAvicennae, 4«, édit. de Venise, 1 660.
■niermninMie. I Fjg. 2. l',,hih,jiu.„.