U2 MÉDECINE STATIQUE
sensibilité devait être peu marquée (1), à l'aide duquel il jugeait de la température de l'air, et de celle du malade (2). Le malade tenait dans sa main la boule terminale, qui était close, ou bien la boule était ouverte, et le malade respirait dans cette boule ouverte; et Teau montait ou descendait, suivant que la chaleur du cœur était plus ou moins forte (col. 309) ; ou bien on appliquait la boule terminale sur la région du cœur; enfin le malade mettait cette boule dans sa bouche (col. 307-310); alors le thermomètre formait des spirales, au lieu d'être recliligne.
A l'aide d'un autre instrument nommé pulsilogium (3), dont Sanctorius avait varié la construction, il mesurait la fréquence ou la rareté du pouls, c'est-à-dire non pas le liombre des pulsations dans un temps donné, mais le degré de rapidité, eu égard h la distance qui sépare une pulsation de l'autre (col. 29). Il veut aussi, par l'emploi simultané du thermomètre et du pulsi-
(1) Voy. tigurc 1. Nous avons fait reproduire les figures de Sanctorius en far simile, d'après Tédition originale de 1625 in-folio. Elles sont plus nettes que dari^ rédition de 1660 que nous citons ici. — Dans Methodus vitandorum errorum, I, 2, p. 5, édit. de Genève, 1630, Sanctorius indique divers sujets fort intéressants, qu'il se proposait de traiter. Peut-être n*a-t-il pas eu le temps de s'en occuper ; peutêtre aussi les manuscrits existent-ils dans quelque bibliothèque d'Italie.
(2) Voy. Borelli^ Motus anim., pars 11^ cap. xiii, prop. 175.
(3) Cf. aussi Method, vitand. error., V, 7, page 289. LÀ, Sanctorius compte 133 difTérenccs dans le pouls régulier, eu égard à la plus grande rareté et à la plu< grande fréquence ; il y mentionne les intermittences ; et veut qu'on tâche de savoir d'avance comment se comporte le pouls chez les individus eu bonne santé.
flglire elle-même et l'explication de Sanctorius (col. 29) : « La main tient un fil de lin ou de soie auquel est suspendue une boule de plomb; mise en mouvement, cette boule oscille plus ou moins vite suivant la longueur du fil : plus fréquemment et plus rapidement^ si le fil est plus court; plus lentement et avec moins de (iréquence, s'il est plus long. Pour mesurer la rareté ou la fréquence du pouls^ on met sur l'échelle graduée le fil au point de longueur où l'oscillation de la boule correspond exactement au mouvement du pouls. Avec cet instrument, comme avec les autres pulsilogia^ on peut comparer le pouli de la santé avec celui de la maladie, et on peut en suivre les changements jour par Jour, ou même heure par heure, «uinnt qu'il faut allonger ou raccourcir le fil. Sans ces instruments, on se trompe lourde* ment dans ses appréciations, et oa n'arrive qu'à des à peu près, »
FiG. 3. — Autre Pulnlogim
Fio. 3 Pt i. — Ejrplicnlina : Sanctoriin in' lU'rpit riiilli' pari li- im'<-iini«mi> cl le mmle dVmpliiî ili- ces dnix /MMIogia, il rciiTaîi- à siiii livri' f'iir Un imlrumi-uls ; qiii> noi» n'Rvoii* po*. I) tcnihic, ilu mnini, à tes hit'D rnnsiilùrcr, i|iic ec sniit ilrs p*pi-ccs itir monlrcs A ivMorl, nu «impie, oufi pi'iidiik'.Dnus un p.msoKc [i^iil. IDU), ■I dit, à (iropoi lie la lij;iirc qui piirlc ii'i lu a' \ : n \HKi uu p'thilogi'ifK iiuo imiis ««OUI ima^iDé (yuod inpmimw), à l'aiilc ilui|Hi'l nn nuisiire ihiii-wuIi'UIl'IiI I« Iciups ((|Ui,-1 temps T), mnia aumi la rroifueuivi l't U rarL-ti- ilu pnuU); il f n Iri fcpt Hiffi.'n>Dtc( de Créqaeoce et de rurdé (il il atiai ilcs palsilogùi du 12 ut Je 2i),quc unua reconnaiMoni • l'aide de l'alKutlIc. Cliuque rluj^rû l'st Jivi»ù ou srpt uiûiuIm, i|uinni» MibiliTiHiiii artc la pclil« at);iiillc. » Ji^ (tiiîji ciii-ore qu'il uu s'ajtil pus du eompbv le* puliatiuui, mai« nctik-nirat de Ira mctiir^r, suivant ipiR le inouvu* nent de l'ilguille parcourt plat ou moins Oc degrés l'iitrc di<ui pulsutiuns.
7&£l MËDECIKË STATIQVE.
logùim, comparer l'état de la chaleur du cœur avec celui du pouls. Quelque grossiers qu'aient été ces inslrumenls, queliue imparfaites que soient les notions qu'ils fouroissaieDl, t'bistoin doit en tenir compte.
Sanctorius avait encore (col. 31-33. Yoy. aussi Ârsslatica, )i,t| deux hygromètres construits dans le système de nos rapueins,
Aulrc BygromèleK.
oii le plus ou moins de tension d'une corde, agissant sur ni objet mobile, indique le degré approiimatif de sécheresse et (l'humidité de l'air extérieur ou de celui d'une chambre. Div la figure &, les degrés sont figurés sur une paroi i laquelle est attachée une corde à boyaux, d'où pend une boule qui monli ou descend en raison de l'état atmosphérique. Dnns la ligure 4,
SANcroHitiS. 7Ci5
le corde de Un assez épaisse, et enroulée sur elle-même, est lâchée par une de ses extrémiti^s û une aiguille qui marque ■ degrés sur un cadran.
Quand les malades ne peuvent pas sortir de leur lit, et qu'ils il besoin d'un bain, Saiictorius les iiilroduit dans un sac de ir qu'il remplit et vide à l'aide de deux robinets (col. 567- *). On se sert de nos jours d'appareils analogues.
Tîfiiul
Fit.. 7. — \pp r ipouriirnl u bai il l It
lïut rappeler une sonde terminée par trois vidves flexibles
7&6 MËDtCl^E STAIIQLE.
pour extraire de la vessie les pelits calculs rénaux qui ne s'< chappent pas d'eux-mêHies à travers l'urèthre (col, 432).
Fifi. 8. 0,10. — HTiilieiiliûH : Li figure 8 est la sonde mec les vnlvf» réuni momenl où elle »« lître Introduile du» l'orèlhre. — 9, représente la lixe »
SANCTORIUS. lui
Sanctorius a aussi un appareil de fumigation pour rafraîchir et endre plus humide Tair de la chambre du malade (col. 509) ; — '• ne sorte de trocart muni d'une canule pour la ponction, trocart t canule dont il se servait également pour combattre, par Touerture de la trachée au-dessous du second ou du troisième [ineau, la suffocation imminente dans les affections de la gorge 1 ne les dénomme pas), surtout chez les enfants (col. 508-510); - un instrument (canule introduite dans un petit spéculum) our pratiquer les injections dans la cavité utérine (col. 608- 09 et91S); une boule pour apaiser la soif (col. 700): elle était >ercée de trous extrêmement petits, et après l'avoir remplie Tune eau réfrigérante on l'introduisait dans la bouche; des venouses avec une pompe à air (col. 719) ; la fameuse balance ;oI. 781) ; un appareil pour les douches locales (col. 835 et 36); un autre pour lesaffusions (col. 937) ; enfin un lit mécaique (col. 892 et 944. — Voy. fig H, p. 748).
On serait étonné de trouver tant d'instruments ingénieux dans n commentaire qui est d'ailleurs entièrement scholastique, si on oubliait que Sanctorius était avant tout un physicien et un lécanicieny toujours en quête de nouveautés ; de sorte que la lédecine statique est moins le résultat A' \xn système médical que application d'études dirigées vers les travaux de la mécanique roprement dite.
Au début de son traité sur les erreurs commises par les me-
Dusse dans U sonde pour maintenir réunies les trois valves par une sorte de cliapitau triangulaire, mais à angle mousse, si je ne me trompe. — 10, est la soude .irrite dans U vessie^ et dont on a retire la ti^e après Tavoir dégagée de la p(»inte dos iWes. La vestsie étant pleine d'urine (on a pris soin sans doute de fermer Torifice iférieur de la sonde), le calcul est tout naturellement porté entre les >al\es vers ! point G; alors on l'amène au dehors, en même temps qu'on retire la sonde. Si le ilcul n'est pas entraîné par le flot de l'urine entre les valves, on l'attire avec un phon par la force de Taspiration (;/er vim vacui). — Chez les femmes, l'opération it plus simple à cause de la brièveté et de la iar^^eur du canal. — Haller, dans sa \ibiiotheca chirurgien, semble croire que le trident qui ser>ait à maintenir fermées » trois valfes pendant l'entrée de la sonde était employé aussi à broyer les calculs, lis je n*ai pas tu cela dans* le texte de Sanctorius.
7ii8 MÉDECIHE SATIQUE.
(l'îcins(l), Sanctorius déclare qu'il se porte le champion d'Hi|i pocrateet de Golien contre les novateurs el surtout les cmpiri
Fie. H, — Ut mécuilqui.-.
(1) hielhodi filiiiiiloriiiii ri-rorum omnium qui in arte mfdiciic i'.!. dc' Genève, 1630.
'Iiii;l<.'l)<lmi<ii.'l<i|>i>ssllûlili'tr»1>al
es ; par conséquent il n'y a pas à trouver dans ce livre les oriles et les principes de l'iatromccanisme. Nous signalerons plus -Cfculièrement le livre deuxième, où l'auteur, en parlant de slques Taits rapportés par Galien, montre combien se trompent
médecins sans instruction {medici rudes) et les empiriques,
appliquent les remèdes sur le lieu ou se passent les phénones morbides, et non sur le point de départ du mal, par impie sur des doigts paralysés ou douloureux quand il faut aonler jusqu'à l'épine (1)- A ce propos il rappelle les sympaes vraies ou fausses qui existent entre les diverses parties du rps. Mais, tout en redressant les torts des autres, Sanclorius nmet lui aussi d'assez notables erreurs ; par exemple, quand suppose (II, iO, p. 106) qu'il existe une sympathie morbide * le rauscle graml dorsal entre le bras etTos sacrum^en raison la prolongation vers les parties inférieures des insertions de ce iscle. — Au livre III, ch. 14, p. 195, nous voyons que les bonnes nmes et les empiriques croyaient que l'appendice xiphoïde qui mine le sternum peut tomber, et qu'on recourait à toutes -tes de manœuvres plus ou moins dangereuses pour le remettre
place. Quant aux mélanges ou altérations dont les humeurs Dt susceptibles, Sanctorius se livre aux plus incroyables spéculons ; il ne compte pas moins de quatre-vingt mille quatreigt-qnatre de ces mélanges (VII, 9,p. 394 etsuiv.). Un deslivres i plus curieux de ce traité, c'est le X1V% où l'on trouve un ex- »sé des théories qui avaient eu ou qui avaient encore cours sur
révulsion et la dérivation. Signalons cnAn les livres XI et XII, L Sanctorius célèbre les avantages du raisonnement sur Iqs occdés de l'empirisme ancien ou moderne. Là il reprend pour
'1) Voy. plu; haut^ p. 234 ot sui\., lii l'élrbre cure de Galion.
*verlure», etc., E. — Le scrcuul, de pennetlrc lui malade de ne pas se lc\er pour fera la scllo; C cal une chaise percée mobile.— Le lit peut être suspendu à l'aide treuil et de la conle A, ou rester fixe ; c'est le troisième usai^e. — Les autres sont pmcnrer un agréable sommeil au moyi n de la dnuce munqw Taitc par l'entre- ^nement fies houles ffairain H, quand le lit est suspendu ; de pouvoir dresser, iir lemnladc assis, une table sur les bras du Tauteuil; de transporter sans fatiprue malade de ce lit dans un autre au moven de la mobilité que donne la suspenkf et de la faculté d'enlever les bras du fauteuil.
750 lATROMÈCANISMÊ. — ÉCOLE ITALIENNE.
son compte les principes de Galien et des autres médecins dogmatiques touchant la recherche des indications thérapeutiques; il relève et commente avec complaisance les arguments déjà fort prolixes du médecin de Pergame contre la secte empirique, et il y joint des raisons de Tordre logique tirées d'Aristote et d'autres auteurs.
Revenons maintenant au véritable iatromécanisme.
Il est clair que la médecine statique n'a guère de mécanique que l'emploi des balances, et qu'elle ne comprend pas un s]fstème nouveau de physiologie; on n'y peut remarquer que la tentative de ramener la perspiration à une question de physique, et de rattacher les causes et la cure des maladies au défaut et au rétablissement de l'équilibre dans cette fonction (1). Il en est tout autrement dans l'iatromécanisme. Toutefois il faut croire que la mécanique et les mathématiques ne suffisaient pas à tout expliquer, ou que la chimiatrie était bien vivace, car nous en retrouvons des fragments, pour ainsi parler, jusque chez les mécaniciens les plus déterminés. C'est surtout par la théorie de l'effervescence et de la fermentation, lesquelles produisent une certaine dilatation, que la chimiatrie a fait brèche dans Tialromécanisme; la fermentation devint une force motrice, comme est la vapeur.
Le véritable promoteur de l'iatromécanisme, c'est Alphonse Borelli ; tous les iatromécaniciens le tiennent pour leur chef et en parlent avec grand respect, lors même qu'ils s'écartent de ses opinions, et qu'ils les combattent ; c'est donc par Borelli que nous commencerons l'exposition de cette doctrine, qui a eu près d'un siècle de durée, et qui a tenu pendant ce temps presque tous les abords de la médecine, excepté en France.
Je dois vous avertir aussi, Messieurs, que je poursuivrai sans désemparer l'histoire de Tiatromécanisme jusqu'à ses dernières transformations, c'est-à-dire jusqu'au milieu du xviii* sîède.
(1) Los iatromécaniciens se sont emparés de la doctrine de Sanctorius, mais seulemcnt comme étant une portion de leur domaine, et en y ajoutant une théorie des sécrétions.
nORELLI. — PHYSIOLOr.lË. 751
A beaucoup d'égards, et sous celui-là en particulier, la division opérée par la plupart des historiens entre le xvii" siècle et le xviii* est tout à fait factice : la biographie et le développement des doctrines s'y refusent absolument. Je reviendrai du reste sur cette division dans une des prochaines leçons.
Je laisse de côté les spéculations mathématiques de Borelli touchant les diverses espèces de mouvements, leur direction, lear force, dans les différentes classes d'animaux ; de pareils théoréoies ne pouvant être démontrés ou contrôlés, ou contredits, qu'avec un appareil si particulier de formules, de figures et de machines, qu'il faudrait, pour y parvenir, des moyens de démonstration et des connaissances que je ne possède pas. Il est certain que c'est la partie la plus importante, la plus neuve de son livre, celle qui mériterait d'appeler l'attention et la vérification d*hommes spéciaux (1). En attendant, je dois me contenter d'exposer devant vous, Messieurs, les théories physiologiques plus accessibles à tous, et je prends pour exemple de celles de Borelli l'explication du mouvement des muscles et celle de la nutrition.
Les muscles se contractent parce qu'ils se gonflent {inflanttir) en raison de la structure poreuse ou spongieuse^ d'autres ont dit vésictilaire y de leurs fibres ; ils se gonflent parce qu'il se produit en un clin d'oeil (iciu oculi) une i'ernientation, ou turgescence, ou ébullition ; cette fermentation se développe au contact du suc ou de l'esprit nerveux, substance essentiellement corporelle^ analogue àl'esprit-de-vin, engendrée dans l'encéphale et se répandant à travers les nerfs (dont les fibrilles peuvent être creuses comme des joncs, quoiqu'elles ne le paraissent pas), sous Timpulsion du cerveau qui opère, soit spontanément pour les mouvements vitaux et durant le sommeil, soit sous l'empire de la volonté. Les esprits ou sucs nerveux agissent soit par la force du
(1) l^uccinoiti, Storta délia medicina, t. 111, p. 100, montre que Tilltistre pliyiiolopste MûUer a cou Armé, même contre Vicq ti'Azir, plusieurs dos explications de BoreUi, touchant certains mouvements des nninianx. Mais le savant historien va beaucoup trop loin quand il veut rupproclier la doctrine de Borelli sur la cause prochaine du mouTemeut des muscles de celle de Haller, ci surtout de celle des modcmeié
752 HTROMÈGANISME. — ÊCOLB ITALIENNlù
choc, soit par une certaine âcreté dont ils ]ou\sseni probablement. 11 n'y a pas de meilleur et de plus simple moyen pour opérer le mouvement ; c'est celui que la nature, ordinairement économe, a dû employer. Ces esprits très-habilement instruits, ce n'est pas une aveugle nécessité, ni la loi de la chute des graves qui les fait descendre; mais ils sont sous l'empire d'une habitude et d'une expérience acquises par la répétition des mêmes actes; ils tâtonnent d'abord, mais ils finissent par se dresser. Cependant, tont intelligents qu'ils deviennent, les esprits ne suffisent pas à eux seuls pour produire le gonflement et, par suite, le mouvement des muscles; ils ont besoin du concours du sang, parce que leur action s'affaiblit en route, et par le mélange d'autres sucs, h lymphe, par exemple ; mais c'est tout le contraire qui arrive par le mélange du sang et du suc nerveux : au contact de ces deux fluides, il se produit une opération chimique, une fermentation; le gonflement; la displosion arrive à sa plus haute puissance, et le muscle se meut ! Quelle que soit cette puissance, elle est bien petite en comparaison des prodigieux eff'ets qu'elle produit; les muscles, sous cette double action du sang et du suc nerveux, déploient une force immense (1).
Messieurs, je livre à vos méditations ces sublimes conceptions; je n'y ai rien ajouté, je n'en ai rien retranché. Même au xvif siècle, on avait élevé quelques doutes sérieux contre ces explications, mais Borelli (prop. 28) n'a pas plus de peine à détruire les objections qu'il n'avait mis d'hésitation à proposer et i\ soutenir ses hypothèses.
Ce n'est pas tout : ce suc nerveux et ce sang dont nous connaissons les mervcifles ne servent-ils qu'à mouvoir les muscles? Non, certes ! — La nature n'est pas aussi prodigue; elle les emploie à un usage non moins important, à la nutrition, et voici comment (2): Borelli su|)pose qu'il y a deux parties dans le chyle
(1) De motunnimnUum^ pars II, cap. m, prop. 22, 27, 29; voy. aussi ptrsl* cap. XVI et XVII.
(2) De motu animalium^ pars II, cap. xvi, prop. 99-101. — Voy. aussi toulle cliapiirc xi. De fluxu substantine spirHuosne />er nervos.
BORELU. — rarsioLOGiB. 758
stro-intestinal ; que l'une, la plus pure, est absorbée par les ylifëres doolles oriGces sont configurés pour cela; que l'autre 3t par les veines mésaraïques dont les orifices sont également posés de façon à recueillir à la fois le chyle grossier mêlé avec bile et le sang artériel, pour porter le tout au foie (1). Le sang la vraie et principale matière dont se nourrissent toutes les rties du corps ; Y albumen du sang répond exactement par ses alités à l'albumen de l'œuf; le sang refait les parties perdues, il est aussi le véhicule de l'aliment {nutrimeiitum). On objecte e répuisement par la faim ne diminue pas sensiblement la suBse du sang (2), et qu'une hémorrhagie, à moins qu'elle » soit trés-abondanle , n'affaiblit pas en raison de la perte ï sang. Il en faut conclure, non pas que le sang ne sert s A la nutrition, mais qu'il a besoin du suc spiritueux des rfSf ainsi que l'admettent les modernes (3}. Comme la petite lantité de suc nerveux ne suffirait pas à réparer tant et de si ntinnelles pertes, on doit dire que ce suc donne aux parties constituées par le sang y la farme^ la faculté vitale et animasrue. Si donc, après une ample hémorrhagie, Tanimal n'est pas
[i) BoreUi compare^ cominc le faisaient les anciens, les radicules veineuses à des dont les bouches absorbantes choisissent ce qui leur convient. Galien et les physiologistes de son école, ne connaissant ni les chylirères ni les lyropha- , avaient attribué aux veines gastro- intestinales le pouvoir d'absorber les élé- Dts de lanutrilion. Au x\ii" siècle, on avait presque oublié les veines pour ne plus r que les cbylifères et les lymphatiques. — Borelli fuit exception h la règrie, we rapproche de la théorie actuelle. — Au xv!!!** siècle, divers physiologistes refusé^ eu vertu d'expériences peu concluantes^ le pouvoir absorbant aux veines tro-întestioales. Aujourd'hui on admet ces deux agents de l'absorption qu'on tirait appeler digestive : les chylifères et les lymphatiques, d*uneparl ; de l'autre, mtèoie de la veine porte, qui se distingue des chylifères en ce que ses radicules esiinales n'absorbent pas sensiblement les matières grasses (voy. BéclanI, Traité m» de phyf,, p. 165); en d'autres termes, les chylifères prennent de Vnliment it ce dont les veines ne veulent pas. — On reconnaît aussi d'autres voies d'absorp- B : la peau, la muqueuse pulmonaire, les cavités closes, etc. [8) Quelques personnes^ dit Borelli, pensent que chez les individus morts de m, le sang, réduit à un état de vappidus fluor, a perdu ses parties glutineuses ou nentaires. On sait aujourd'hui que, dans la mort par inanition, le sang perd firon la moitié de son poids, et que les globules disparaissent peu k peu, (8) Surtout d'après l'école anglaise, — Voy. p. 641 et suiv,
751 lATROMÉClMSME. — tCOtE ITAtlEBITE.
irès-iiéliililé, c'est qu'il reslc du suc nerveux ; si, au on meurL de fuim, c'osl ({uc le suc a disparu enliéren
N'est-ce pas ici le cas,ou jamais, de répolcr le motd Voilà poun|UDi voire fille esl muette?
Ce n'est pas encore tout : il s'agit d'esp!i(]iier mccanic nutrition. Comme ce ne sont pas seulement des lii]u des parties solides qui se dissolvent et s'évaporcnl, il n sairemeni des cavités, le sang s'y précipite comme un « toutes les particules sanguines ne peuvent pas indill pénétrer dans toutes les cavités ; chacune prend ce (ji vient en raison de lu dimension de ses orifices, comme dans un crible ; l'air aspiré par la bouche, ou absoi peau, aide par son impulsion à l'incunéation (adjitvc iiotiem) des particules nutritives, en même temps qi élasticité et son impétuosité il conserve et augincnlc ment vital. Le moment le plus favorable à la nutrilio sommeil, parce qu'alors le suc nerveux dispose sana d de son activité eL de ses propriétés.
Maintenant que nous connaissons quelques-uns des senliels de la physiologie de Dorelli (I), voyons (luelli lions il en a faites à la palliulogie.
Si l'on ne peut admettre, dit Borelli (â), la divisit titiH (prop. 906) et la dissolution de la tcxlure des 1 veuses (prop. 200), pour expliquer la sensation elles mt douloureux, il a'y a plus que l'ébranlement ou lu
(1) Sur la respiration, Durelli na Mil rlvu de pnkU) il suit en g Malpiglii; il fcase en outre quti ks «touivs aurions (,ai:ris niathinukia) (t«ni lu laiiï par le» puuinau», proJuiteiil Jaii* le liquide uu tnou*<H toirc, coiuute celui ilu tu'iidiilc (Car* II, cap. viii, prop. lis cl tlft). moliva «tti'fi/ii,'L'lk«il un« dc« principalvt cauiKi de t'cutreticndu li ■c rÉsUDic eu un mouïcueui couliuu. Il a tiiit du cucitusci cip^ricnec miiinlion des plaiitue (cap. tlii], cl combat avec uwi Je vivante uno IBâoriu de Uane} tuucliaiïl lu géiiiiruliiui dciautuiui (cap. iiv), — Qtu liuiu (ctp> ix], eltci peuvent l'accnuiiiUi' daui Icsgraudt Mtiucauxpirt et dan» les peliU, counu dani Ira rein*, |iur une ii6cetû(é mécaalqt dv rriraitïut! et du la couIlKuiiitisii dv* t'aiiuui.
{1) De nwitt aminaJium, para H, ciip. xviii, prop. 207, Û« moliiui
BORELLL — PATHOLOGIE. 755
{vellicaiio)t comme est la sensation produite sur le tympan par le grincement d'une scie, et la coirosion de ces fibres qui puis« sent les produire. Les fibres nerveuses étant en effet très-sensibles, et les sucs spiritueux contenus dans leur moelle spon* gieuse étant aisément irrités , il en résulte qu'agités d'un mouvement irrégulicr et troublé, ces sucs peuvent communiquer au cerveau des ébranlements conformes, assymèlres, qui amènent cet état convulsiT, désagréable et tourmentant que l'on appelle douleur. Le traitement des sensations douloureuses prouve aussi qu'elles tiennent a la vcllication. Un léger contact, le froUement d'un fétu, la piqûre d'une mouche dans les narines, aux sourcils, au front, causent à quelques-uns une sensation si désagréable que pour s*en déliarrasscr ils se donnent des soufflets, se frappent la tête contre les murs et se déchirent avec leurs ongles jusqu'à eiïusicm du sang. Si la vcllication demande un remède aussi énergique que sont la corrosion el le déchirement de k peau avecles ongles, il faulcroire que la sensation produite par ui\ fétu ou le contact d'une mouche est bien plus douloureuse que la corrosion et la lacération des nerfs qui sont ramifiés dans la peau. Ainsi, l'importunilé douloureuse consiste seulement, de sa nature, en une vcllication et en un prurigo des nerfs, parce que les esprits animaux, contrairement à leur état normal, sont irréguliè^ rement agités dans le cerveau. De là vient Taction calmante des narcotiques contre les vellications internes doloriflques. Ainsi les douleurs de dents sont quelquefois apaisées |)ar d'ineptes paroles que murmurent des charlatans, parce que la croyance absolue où est le malade qu'il peut en obtenir du soulagement, donne aux esprits animaux une direction conlrniie qui interrompt et enlève entièrement la commotion vellicalrice. La manière dont on traite cette contraction convulsive do la jambe qu'on appelle granchio en italien (crampe?), vient encore à l'appui; car si l'on agite violemment la jambe malade en la tenant par le talon, cette incommodité disparait instantanément. Il faut donc qu'un nouveau mouvement trouble et arrête l'autre mouvement dolorifiquo de vellication.
La lésion des organes (prop. 209) produit l'état de lassitude douloureuse de trois manières : l"" quand l'obstruction des voies
756 lATROM^GANISIfB. — ÉCOLE ITALIENNE;
empêche les sucs spiritueux d'arriver aux muscles et de les gonfler pour les mouvoir ; 2"* lorsque les fibres des muscles et des tendons sont disjointes, lacérées, et ne peuvent se mouvoir sans douleur; 3*" quand les mouvements sont interrompus par des ordures qui se sont glissées entre les fibres (sucs acres irritants, ou visqueux et excrémentitiels), de même que la poussière ou la rouille arrête les rouages d'une pendule. Il suffit d'énoncer ces trois propositions sans les accompagner des explications fournies par Borelli, pour juger la pathologie générale du chef de rialromécanisme; j'ajoute seulement quelques lignes pour indiquer jusqu'où pouvaient aller ces explications. On observe aussi rinerlie, la torpeur, la lassitude en certaines maladies aiguës, dans lesquelles les forces s'affaissent un instant, non que les esprits fassent défaut, mais parce qu'ils ne peuvent être amenés à mouvoir les muscles. Cette conjecture se tire de ce qu'après le paroxysme les forces reviennent sans qu'on ait donné de nouvelle nourriture ; et même, si le phrénitis survient, les esprils meuvent fortement les muscles !
Le repos guérit de deux manières la lassitude : 1** en faisant disparaître la lésion et la vellicalion des fibres des muscles ; 2** en réparant peu à peu les particules lésées et perdues, celles qui avaient été déplacées reprenant leur position habituelle, et les parties disjointes s'agglutinant par l'arrivée du suc nutritif. Ces opérations sont dues à un certain sens reconstituant plein de suavité : * Quae omnia suavi quodam sensu refectivo continffunt. »
Passons maintenant, si vous voulez bien. Messieurs, à la déflnition classique de la fièvre, où l'auteur montre l'impropriété de cette définition (cap. xxii, prop. 220).
On a donné le nom de fièvre à un certain état d'incandescence du mouvement du cœur et des artères (ou plutôt du sang qui y est contenu), incandescence qui provient non de la colère ou d'un mouvement véhément du corps, mais qui est spontanée et permanente, à laquelle se joint ordinairement une chaleur brûlante de tout le corps, et que suivent d'autres symptômes, la langueur, la faiblesse, la douleur, etc. On définit encore plus brièvement la fièvre, un feu allumé dans le cœur. Ensuite les fièvres se subdi*
BORELLL — PATHOLOGIB. 757
visenl en intermittentes ^ continues^ périodiques ^ irrégulières ; les unes débutent par le frisson et le froid, d'autres parla chaleur ; celles-ci sont très-ardentes, celles-là sont exemptes de chaleur ; inelques-unes enfîn sont très-pernicieuses.
Quant aux causes de l'incandescence fébrile, on croit que la :ause efficiente est la chaleur native du cœur, et que la cause maérielle réside dans le sang lorsqu'il pèche par la quantité ou la loalîté ; de sorte que, semblable au bois, il alimente le feu. Puis, X)mme le plus souvent les fièvres ont des périodes fixes de durée ît de rémission, et reparaissent en des temps déterminés, plus exactement qu'une horloge, il faut qu'il se produise dans le sang, ra qu'il lui soit communiqué d'ailleurs, quelque chose qui, à chaque période fébrile, dans une mesure régulière, dans une iroportionet un temps égaux, puisse rallumer la fièvre; c'est, i leur avis, une humeur excrémentitielle et corrompue, cachée lans une mine, et qui, grandissant peu à peu, en un mo- Dcnt déterminé, affecte le sang et le met en effervescence. lette mine ou foyer, selon le sentiment vulgaire, se trouve dans » veines mésaraïques ou ailleurs ; les quatre humeurs tradiionnelles en sont la matière. Ce sentiment a été rejeté à juste titre près la découverte de la circulation, puisque le sang ne s'arrête li dans les vaisseaux mésaraïques ni ailleurs, et que nulle part, ans le corps de l'animal, on ne peut trouver, sans une tumeur onsidérable ou quelque abcès, un lieu de retraite ou un antre, our tenir les humeurs en réserve. Cette fable s'évanouit donc ml entière.
Cette réfutation de l'opinion ancienne est vive, spirituelle et en n concluante ; Borelli triomphe non moins aisément de la lëorie de Descartes (prop. 221, et voy. plus haut p. 705), de sUe qui donne à la fièvre pour origine la trop grande abonince, la turgescence du sang et l'irritation du cœur (prop. 222) , . de cette autre où un excès de soufre arrivant dans le sang par
chyle allume l'incendie (prop. 123 et 12â). Le terrain une fois iblayé par une critique impitoyable, Borelli cherche tout nairellement à y reconstruire ses propres hypothèses pour expliler àson tour le mouvement fébrile (prop. 225). La proposiya fondamentale est celle-ci : c Les esprits ou sucs nerveux
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devenus plus acres qu'à l'ordinaire, en irritant les nerfs et le cœur, sont la cause productive première et immédiate de Tincandescence fébrile. »
Remarquons d'abord, continue Borelli, que le signe ou le caractère propre de la fièvre est le pouls avec commotion véhémente du cœur et des artères; la chaleur et les autres symptômes suivent, cela est univei'sellemenl admis. Une commotion violente du cœur est la cause effective de la chaleur du corps, mais n'ajoutons pas, en retournant les termes, que la chaleur du corps est la cause productive d'un mouvement violent du cœur, car la chaleur de Tété, celle des étuves, de l'ingestion d'eaux thermales ne sont pas nécessairement suivies de commolion du pouls. La môme cause qui, dans l'état de santé, agite le cœur par un mouvement doux et mesuré, déterminera, lorsqu'elle aura pris un excès de force, un mouvement plus accéléré et plus fort. Le même feu qui donne une chaleur faible et tempérée, donnera, si l'on s'en approche ou qu'on en augmenle l'aclivilé, une chaleur plus ardente; de même, sous l'empire de la volonté, par l'enlremise de l'esprit ou du suc nerveux, les muscles des mains, des pieds et des autres parties sont agités d'un mollv^ ment tantôt doux et lent, tantôt véhément et rapide. Puisque le cœur, à l'instar d'un automate, peut éprouver spontanément des pulsations successives, indépendamment de l'empire de la volonlé, il faut que le même esprit ou suc dislil!c par les nerfs dans le cœur (comme il a été dit ailleurs, cap. vi, prop. 77), produise des pulsations du cœur par un mouvement doux et lent en félat de santé, véhément en l'état fébrile, lesquels ne diffèrent que par des degrés de plus ou de moins. Il suffit donc, pour que le mouvement du cœur devienne plus grand et plus accéléré, que ce suc spiritueux, en prenant plus d'dcrcté, soit instillé plus souvent et plus abondamment dans le cœur (1), d'où résultent une
(1) Borelli remarque que la seule odeur du vin ou d'un spiritueux rôpait veitlcusement les ferres languissantes d'un animal altaibli, et augmeslê M ■* instant les pulsations ralenties du cœur, quoique^ ajoute-1-il; loi l\imcts ùàtmmlt^^ •6 communiquent pos au cfienr par Io5 veines ou par les bronches du p<MiA6l. N* auMitùt| reprenant ses explications mécaniques, il parait admoUro quelMpM^' cules odorantes s'insinuent à travers les nerfs jusqu'au cerveau, qui cxcilMtvi^
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llalion de co viscère et une augmentation de la chaleur natule.
)n ne doit pas chercher l'origine de cet accroissement de tleur (I) dans le mouvement d'accélération du sang en tant s mouvement, mais plutôt dans la nature du sang : le sang conit en eiïet un esprit ou huile, ou mieux des particules ignées emî éicinies (sopifas) ; s'il arrive qu'elles soient délivrées dos is qui les retenaient, de façon à pouvoir exercer le mouvenlqui leur est propre, alors elles manifestent la chaleur au is. Si cela n'arrive pas par le froissement ou l'écrasement p atlriUi) des parties du sang hétérogènes, du moins la chair et l'ardeur peuvent se montrer par suite du mélango îC les sels lixiviaux {nlcaliiu) dispersés dans les viscères et les rC8 parties cachées auxquelles le sang parvient en raison de iolcncc avec laquelle il est poussé par le cœur. C'est ainsi qu'il ivcdansle mélange du vitriol et du tartre, ou plutôt, c'est ainsi 3 les choses se passent dans les expériences de Willis. Ce mé- :iii,m(Mant deresprît-de-vin à du sang extravasé chaud, ou de la ne de cerf, ou de la suie, ou du vitriol, ou une autre liqueur rilueuse ou saline, a vu une merveilleuse ébullition et eiïercencc se produire dans le sang.
Un vérité, Messieurs, ce n'était pas la peine de se mo(|uer si l de Descaries, pour substituer à ses erreurs des erreurs non ins monstrueuses. Mais poursuivons; il faut vous ménager ulrcs surprises, particulièrement en ce qui touche les fièvres :*rmillentes (ch. xxii, prop. 227-228).
?our bien faire connaître la nature de la fièvre, il ne suffit ; de démontrer que le suc nerveux fermenté et devenu acre •t, en arrivant au cœur et en Tagilanl avec violence, proire rincandescencc fébrile, il faut encore tenir compte des isos prochaines qui altèrent co suc et des lieux où se font 1 altérations. Pour cela, il convient d'observer sur les cadavres effets produits par la fièvre : on no constate alors aucun ingenaent notable dans le sang, mais on trouve souvent les
\\m h soB tour le ciaur. Il iuvoqiio aussi ù Tappui (le ta Uièio les pittioiiii de Tème
, agréables ou dépliiisantcs, agitent Je cœur,
1) Voy. plus loin Topinion contraire de Pilcairne {École anglaisé).
760 UTROIfÉGÂNISME. — ÉCOLE ITAUCNNÊ.
poumons enflammés, ulcérés, quelquefois cancéreux ou parsemés d'exanthèmes ; souvent aussi des lésions de la rate et da foie, mais le plus ordinairement la rate durcie et squirrheuse; les glandes sont toujours dures et squirrheuses, ou jaunâtres et livides, surtout dans le mésentère. La rougeur dont les poumons sont saturés n'a certainement pas été la cause de k fièvre, ni même Tinflammation de ce viscère ni toute autre lésion, puisqu'on observe cette rougeur dans les cadavres dV nimaux sains ; elle est produite chez les moribonds par suite de la cessation de la respiration, tandis que les battements du cœor continuent encore; cette abondance de sang qui est ramenée aux poumons s*y arrête aux confins de la vie et les gonfle, alors que la respiration étant éteinte, ils ne peuvent se dét^arrasser de cetle abondance de sang (1). Secondement, le tabès et la pustolence de ces mêmes poumons est rarement la cause, même éloignée, de la fièvre, tandis qu'elle en est très-souvent l'efiet, car on n'observe pas cette corruption des poumons dans tous les cadavres des fébricitants ; chez les asthmatiques, au contraire, les poumons sont lésés et pleins de pus sans qu'il y ait eu de fièvre; c*est donc un peu avant la mort que s*opère cette corruption ; oa si elle a précédé, elle ne sera pas la cause immédiate de la fièvre. Reste donc seulement à tenir compte des lésions des glandes, lésions qu'on observe toujours dans les cadavres des fébricitants.
En outre, il résulte des observations du savant et ingénieux Wharton (2) et d'autres auteurs, que dans chacune des glandes de l'animal se ramifient des nerfs, des artères, des veines et des vaisseaux lymphatiques, étendant leurs nombreuses racines à l'instar des arbres; dans quelques-unes même apparaissent manifestement des conduits et des canaux excréteurs; tels sont les canaux
(1) Ces espèces de pneumonies ou plutôt d*engor^cnicnts hypostatiques et de II dernière heure sont assez fréquentes sans doule^ mais il semble é>ident qae BoreUi a dû confondre bien souvent ces hypostases avec la vraie pneumonie qu*U co«tdérait comme une fièvre ; et^ j'en demande pardon à sa mémoire, ce qui suit itf les rapports de Tanatomic pathologique de ce viscère, de la rate et du foie avec rétat fébrile, ne porte aucun des caractères de la bonne observation clinique.
(2) Voy. plus haut, p. 6âl et suiv.