BORELLI. — PATHOLOGIE
Balivaires et les conduits du pancréas. Il résulte de cette structareqoe les glandes sont autant d'officines où s'opère quelque leavre importante. Mais quelle est cette œuvre ? Peut-être le lang artériel est-il dépouillé dans les glandes de quelques im- Nirelés et humeurs séreuses qui sont reçues par les vaisseaux ucréteurSy les salivaires, par exemple ; mais s'il en était ainsi, k quoi bon ici un nerf ramiFié, puisque les glandes n'exercent ftucun mouvement, ni n'éprouvent aucune sensation? Il faut ioDC que, dans les glandes» les racines nerveuses ou reçoivent quelque chose des artères, ou que les nerfs rejettent et vomissent quelque chose dans les vaisseaux destinés à la réception, tels que les veines, ou dans les vaisseaux destinés à l'excrétion eonime les conduits salivaires. 11 ne parait pas vraisemblable (ne les nerfs dans les glandes reçoivent du sang des artères, puisque les artères allant en grand nombre au cerveau peuvent, avec bien plus de célérité, y fournir du sang [pour la fabrication du suc nerveux], tandis que, au contraire, on forcerait difficilement les nerfs à mendier du sang dans les glandes. 11 parait donc plus vraisemblable qu'un certain suc arrive des nerfs dans les glandes, suc d'une nature spéciale, déterminée selon la différente figure et capacité des orifices des nerfs [asiiola nervorum); lequel suc, môle ensuite aux particules émises par le sang artériel, devient apte à opérer quelque action dans les diverses parties de Tanimal, comme dans la bouche, l'œsophage, l'estomac, les intestins, et ailleurs, pour la fermentation et la digestion de la nourriture ; puis k remplir ses fonctions propres, c'est-à-dire la nutrition, la vivificalion et le mouvement.
Il n'est pas impossible que ces sucs destinés à être chassés des nerfs et déposés dans les glandes soient, par accident, retenus dans ces mêmes nerfs, lorsque, par exemple, les conduits et les orifices des ramusculcs nerveuses aboutissant aux glandes se trouvent bouchés par suite de pléthore ou p<ir un certain gluten contenu en eux ; ces sucs retenus dans les nerfs peuvent alors facilement, par une espèce de fermentation, revêtir une nature étrangère nuisible à l'animal. On sait, en effet, que la semence génitale, destinée, dans un animal bien consti-
762 lATROMÊCANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.
tué, à ôlrc expulsée pour la générallon, si elle est retenue lonlemps, se corrompt et porte dommage. Il est donc évident que le cerveau peut être affcclô dMrrilallon ou de commotion (1), cl que celle commotion dcsordonncc des csprils ou du suc nerveux peut également se propager far les nerfs jusqu'au cœur. Ainsi, c'est dans les glandes et les racines de leurs rameaux nerveux, quand elles sont obstruées et irritées, que les sucs nerveux entrent d'abord en fermcnlalion. La cause de la ferraenlalion est la rétention violenle des parties qui devaient ôlre séparées des nerfs, ou une souillure qui leur a été communiquée, laquelle peut également, h cause de la rélenlîon, produire rinterapérie des esprits ; à leur tour, ils excitent rincandescence fébrile qui se manifesle plus ou moins rapidement, suivant que les désordres (oislruction et fermentation) se produisent avec plus ou moins de promptitude dans les glandes, le suc nerveux et les nerfs.
Cherchons maintenant la cause du frisson et du froid par lesquels débutent quel(|ues paroxysmes fébriles. On sera peul-£lre en mesure de la connaître si Ton considère que le sangn'esl jamais entièrement purgé du sérum de l'urine, puisqu'aprcs avoir été privés de boisson pendant deux ou trois jours les animaux urinent encore. Il peut donc arriver que, dans les glandes obstruées, les artères vomissent des particules nitreuses et autres sels qui, par relTetd'un ferment spécial né dans les glandes mal disposées, acquièrent une nature cuivreuse et frigorifique ; puis, que la pléthore et l'obstruction, étant complètes, ces particules soient portées des glandes par les nerfs au cerveauel à la moelle épinicre (il y a en effet une voie courte et directe des nerfs du plexus abdominal qui communiquent aux lombes dans Tépiue du dos!); or comme les fibres nerveuses sont aisément excitées et irritées, elles produiront, au début du paroxysme, la sensation de tremblement et de froid, à cause de la nature particulière du nitre. Celte contraction et ce tremblement causent la torpeur des esprits, et de là un pouls serré et petit; cela aura lieu lorsque la commotion du suc nerveux est faible. Il est possible de se rendre compte d'une autre manière du froid au début du pa-
(1) Le texte porte communicatio ; mais no ftut-il pas commotio? Le omiM» scnible^cxiger cette correction.
BORELLT. — PATHOLOGIE. 763
roiysmc. Si des glandes obsiruées, allcrées par le ferment, il se communique au ceiTcau par les nerfs un suc semblable à Tesprit de vilriol, et si Ton suppose que les arlcrcs laissent dans la moelle épinicre des sels urineux, qui relicnnenl la nalure ammoniacale (c'est avec l'urine, en cITcl, que Ton fabrique les sels ammoniacaux), et se trouvent mêles avoc les esprîls cuivreux, ces sels sonl en clal d'exciter une effencscencc froide^ comme on voit un mélange artificiel bouillir en développant un grand froid. Ces deux causes peuvent donc être assignées au frisson, au trem- Uemcnt el au froid, surtout dans la région dorsale de la moelle épiniérc; on remarque en même temps la torpeur des esprits el la pclîlesse du pouls, parce que !c cœur n*a qu'un mouvement languissant, et que cette ébullilion froide ne disparait pas tout h coup.
Après avoir expliqué (voy. aussi prop. 230) comment le paroxysme fébrile est parfois diminué dans les fièvres continues, cl complctemenl éteint dans les fièvres inlermillcnlcs (l), Borelli s'altacbc, dans la proposition suivante, à fournir égalemenl l'explication de ce plumomcne singulier, le retour à lieurc fixe des accès dans les fièvres intermittentes : nœud Ircs-difiicile à dénouer, difficillimus nodus dissofvcndus, pour me servirdc ses propres expressions. Un premier paroxysme ne peut exii^ler qu'à la suite d'une irritation du cœur par les- sucs nerveux; si l'obstruction, l'irritation oulamonlicalion {volUcatin)^ en raison de la quantité proportionnelle du ferment avec la masse du sang et la capacité des vaisseaux, ne reviennent «juc toutes les vingtquatre, les quaranle-buit 0:1 les soixante- douze lienres, le retour du second paroxysme et des suivants sera retardé d'autant, et vous aurez une fièvre quotidienne, tierce ou (|uarte.
Vous le voyez, Messieurs, rien de plus simple el de plus vrai-
(1) Eo raison de l'excilatioii que le cœur reçoit des suc» nerveux fermentes (voy. pluslinut, p. 759), ce>isrère hnl plus fort, et par constMiuent di'sohstrue en partie ou totalement, soit pour un tempii, soit pour toujours, les orifices des nerfs diMéfniiit'K dans les glnndoji, dispi-rse et inèine expulse les nuitières feruienteseildcs. VniLi (omiuent il se fait que les pantxvsines sont plus ou moins rapprochés, plus ou inoin* francs, et que lu Uù\rc diminue ou ccs>e par inter\ulles, uu flisparait compIcti'Hient !
l^k lATROMÉGANlSME. — ÉCOLE ITàUENNE.
semblable qu'une pareille explication ; c'est ce que Borellî appelle une explication où il ne reste rien à'ambigu ni à'incertain.
Vous ne serez point étonnés, Messieurs, que les indications thérapeutiques, dans la fièvre intermittente, soient rigoureusement tirées de cette belle théorie. Puisque la rémission du |Hh roxysme dans les fièvres intermittentes est une sorte de guérison temporaire, et la cause qui en produit le renouvellement, une nouvelle fermentation née des reliquats du ferment resté a l'état latent dans les glandes ; d'où il résulte manifestement qu'on n'obtiendra la cure absolue de la fièvre que lorsqu'on aura atténué et éliminé entièrement le ferment fébrile.
Dans la fièvre catarrhale, c'est par l'atténuation du ferment, par son excrétion à travers la peau, les poumons, la bouche et ki narines, que s'opère la guérison. Eh bien ! il en est de mêoe des autres fièvres (i) : tout se réduit à atténuer et à désobstruer par les voies naturelles. Borelli est d'avis que jamais ou rarement les fièvres ne sont guéries par d'abondantes déjecticM etpurgalions d'humeurs, carie ferment fébrile est ordinairement de peu d'importance; c'est ce qui ressort de la cure des fièvni intermittentes avecle quinquina; cette plante, en effet, enlèveb fièvre sans produire aucune déjection, soit par le ventre, aoîl par les sueurs, soit par les urines. Il suffît donc que ce léger fe^ ment soit expulsé hors des nerfs, ou se trouve mêlé et confonde avec les autres humeurs, ou que son mouvement fermentatif soit arrêté, engourdi ou change. Cela ressort évidemment encore de ce que, si opiniâtre qu'elle soit, la fièvre quarte est quelquefois guérie par un simple sentiment de colère, d'angoisse ou de crainte. La raison en est sans doute que le mouvement véhément et très-accéléré des esprits ou des sucs nerveux peut troubler, arrêter et changer le mouvement fermentatif de ces mêmes sucs, de sorte qu'après l'entrée en scène d'un mouvement nouveau, la fièvre peut être entièrement éliminée. Aussi Borelli est-il d'avii que la guérison de ces fièvres est due le plus souvent à un effort
(1) Notre iatromccanicicn Magendic, qui fut malheureusement chargé d*iio vice d*hApital, ne trouvant dans ses doctrines aucune base pour la thérapeutiqBi, se contentait du moins de passer la revue des malades et ne prescritail riea. J'ii été mainte fois témoin de oette pratique à THôtel-Dieu.
BELUm — PHYSIOLOGIE. 765
ontané de la nature ; il convient et admet que, quoique les reèdes usités soient fort incertains. Tari d'un habile médecin peut jer cet effort de la nature. Du reste, ajoute-t-il, le plus souat on doit' regarder comme salutaires les fièvres dans lesquelles, it qae le médecin opère bien et selon l'art, soit qu'il traite à Qlre-sens, soit qu'il ne fasse rien, les mcilades guérissent parlement !
Il est impossible qu'un médecin donne, par esprit de syslérne, le plus déplorable idée de son sens pratique.
Uœuvre de Laurent Bellini, disciple de Borclli et de Redi, se impose de trois parties (1) : 1" Anatomieet physiologie de t orme </ti jfoi}/ (Bononiae, 1665), où, après avoir combattu les linioDS anciennes, particulièrement celle d'Aristote, il établit le la diversité des saveurs dépend de la forme des sels et n'est irçue que par les papilles de la langue ('2;; Auatomie des reins lorenliae, 1672); — 2° ses Opuscula praclica, de urinis^pidbus^ sanguinis missione et febribus^ necnon de capitis pertotgue tnorbis (Bononiae, 1683); — 3" ses Opuscides physiologués, adressés à Archibald Pitcairne(Pistorii, 1695). Il n'y a îD, dans la littérature médicale, de plus pompeusemeut vide, \ plus obscur et de plus impatientant, que les Opuscula ad ieamium (3), malgré quelques remarques ingénieuses ; quand I y est revenu à plusieurs reprises, on n'est pas encore r d'avoir à peu près deviné la pensée de l'auteur au milieu an cliquetis de paroles , d*afllrmalions sans preuves ou de Âsonnements enchevêtrés et peu concluants, malgré les apirences de la rigueur mathématique ou l'intervention d'ex-
(i) Plusieurs ouvrages annoncés par lui ou n'ont pas élé rvdijrcs, ou sont •rdas, ou sont restés en manuscrit* dans quelques bibliotliî'ques.
(2) BeUini assure n'avoir pas lu les Lettres île Malpi^'lii et de Fracassati, publiées lat ceUe néoie année, un peu avant son traite, et ne les connaître que par mUL — ' Il avait dit, dans sa Préface au traité De Forgnite du gnùty la niéine cbose ocbantie livre d*Euslachi sur la structure des reins. 11 cite tous ceux qui se sont jcnp^de ce sujet pour les critiquer et ne parle pas du célèbre Libellas de rentOuSy iblié eo 1563. — Voy. plus haut, p. 329.
(3) HaUer, dans sa Bibliothèque de médedne pratique , dit: <« Huic libellorum )llectioDi potissimum contortuplicatum et aniium calamum adhibuit. n
76Q lATROMÉGANISME. « ÉCOLE ITAUENNE.
périences nombreuses, mais mal dirigées, et qui ne prouvent pas ou qui sont trop souvent des prétextes à déclamations (1).
Les Opuscula ad Pitcarnhim comprennent, en une série de cinquante- trois propositions, des remarques sur le mouvemeiil du cœur dans Tulérus et hors de Tutérus, sur l'œuf, Taîr qui j est contenu et la respiration de Toeuf, sur le mouvement de U bile, les ferments, les glandes, les émissions sanguines, la coatraclion naturelle de la fibre contractile, le stimulus ou les eicitants.
C'est le suc nerveux qui fait contracter le muscle des ventricules et des oreillettes, ainsi que tous les autres muscles; m»^ comme ces deux parties du cœur ne se meuvent pas en Vàim temps, il faut que le suc qui agit sur les oreillettes ait quitté itf nerfs qui s'y rendent pour aller à ceux des ventricules lorsqu'il entrent en mouvement. L'animal périrait si, des deux côt^, k mouvement était perpétuel (2). Comme si, en réalité, la syslok et la diastole des parois des quatre cavités (3) ne formaient pu cette espèce de mouvement perpétuel que Bellini redoute taflll
Après avoir posé ces deux questions, qu'il ne résout pat (i): La semence est-elle comme les graines des plantes qui contiei* nent ou qu'on croit contenir toutes les parties de la plante db* même, avec la seule diiïérence du petit au grand (théorie 'i V évolution défendue par Malpighi, et plus tard par Haller)? Doiffti la semence existe-t-il seulement quelque chose de transmutaUil^ et qui fînira par devenir cœur, cerveau, sang, fluide nerveiii;||^
(1) Au lieu d'étudier les faits en physicien, DcUini se platt à pousser des o^ d'admiration et n répéter que tout, dans la structure et les fonctions do TorgaiM dépasse rintelligoncc humaine. Alors, il ne fallait pas \iscr à tant de précîsiMii même s'occuper de l'organisme!
(2) Dcllini, Motus cordù tntra et extra ulerum, prop. 1.
(3) Le mouvement actif de diastole so passe dans les deux vcntriculci, pà%^ les deux oreillettes ; par conséquent le mouvement plus passif do diastole ifif^ suivant le même rhyUime.
\fi) Il semble cependant pencher vers la seconde. — En pressant sot GondMM on serait tenté de croire que Bellini, malg^rc l'absurdité de la suppofltioa, WÎÊ^ cause de l'obscurité du langage, admet que, pendant la vie intra-uti^riney le <■' n'est ni organisé ni ne fonctionne comme pendant la vie extra-utérine^ et qittt^ se transforme^ pour ainsi parler, au moment do U naissance.
BBLLINI. — PHYSIOLOGIE. 767
en d'autres termes, la scraencc cst-el!e composce de pdriiVrs, mais de parties non définies (prop. 3, 4. Théorie (k V^'/jî^é/te^e, propagée surtout par Ilarvey et généralement accepiée^? Ce f|rjî est certain, du moins, c*est que, eu égard au volume el à la force de cohésion, Xuphmtule ou Y animalcule jAnn?: la semence, diffèrent notablement de la plante ou do l'animal qui sortent rJe cette semence (prop. A).
Les semences des plantes, avant de recevoir le m juvement de la génération, sont pleines d*un certain liquile eu <\}<: qui est. agité aussitôt que la génération commenre. Ce^l le liqui^le contenu dans un polit canal nerveux qui deviendra Tépine (Hfjne primitive)^ et dans le canal auquel doit stu.céder le venliicule gauche, qui, chez le fœtus, est le siège de celle aj:italion (prop. tb). Ce liquide est fourni par Tamnius (1 ), qui comprend le corps de la semence (prop. A cl 5), et, dans ce li<|ui«le (prop. oj, il y a une force légércmcnl agitante, sufïiîianlc pour coordonner cl non pour dissoudre (2). Dans la génération, au début même, sans le secours du cerveau, les villosilés qui consliluent les membranes formatrices du ventricule gauche el les membranes
(1) Beltlnl dit, dam la Propf^ilion 4 : « Au ^itcHus iiilliî*re une ctoitricute^ kqncHe n'est pas autre chotu que Vamnios uu le potit i^ac (ou encore le ctfrpusculc Uam€) contenant un certain liffuiilc sui {jcnerii a\i.'c lu ^ruie semence ou lu luauc du corps. » —Si on compare a%ec soin ctttc analoitiic avec ccllu ilo Malpi^Mii (dans •on traite De fonnaiione pulliin oro cl dans VAf'f"'/i'iù)^ on rcstiru, je (?i»»is, convaincu que Bellini n'a pas hien compris les descriptions dr celui (ju'il cclrbre a\ec Unt d*ccUt, et, du reste, avec tant de justice, connue le muitre des ohservateurt. Il trinble aussi que Bellini n'a pas hi Haru'v {Ejrvrcit, de ycuerat, unimalium) ; il est certain, du moins^ qu'il a peu mis à profit >es recnnnnandatinns toudiiint la Veclitirclie de la vérité par une scrupuleuse il iuces>Aante oli>er\utiMn, dc^^agée^ autant que possible^ des vaines spéculations. — J'ai l'iis>édc cùle beaucoup de détails ou inciacts, ou empruntés par llellini ù Mal| iglii^ pi'Ur ne m'attadier qu'aux questious qui touchent plus ou moins directenuni à la iloclrine iatn>niécaiiique. — Je ïsmarquc en passant que IIar\i'\, pour l'analoniie de rteui, ne craint pas de rendre ^iciiie justice à son maître, Fabrice d'Aquapendenle^ qu'il appelle son lufwutun^ ^iraior, comme Arislole est ><m yuidt:. Il n'y a donc pas lieu de l'accuser d\noir Ibécoonu les droits imaginaires de l'ubrice ù la découverte de la circulation.
(2) Ce mouvement est explii|ué par ce qui se pas^e dans les œuTs durcis avant ou Aprci l'incubation ; dane ces derniers, on trouve non coa^^ulé, et nièino plus lluido^
4'autaot plus de liquide^ au profit de l'amnios^ que l'incubation a été plus prolongée r «v
768 lATROMÊGANISIIB. — ÉCOLE ITÂLIENRJB.
formatrices de Tépine et de la moelle épiniére (1), sont douées d'une force naturelle de contraction et se renflent. Les fibres musculaires possèdent donc deux forces contractiles: Tune nata« relie, primitive et qui subsiste, soil pendant la vie extra-utérine, soit quelque tempsaprès la mort, soit quand un muscle estséparé du corps; Taulre, superadditay postérieure à la naissance et qoi se manifeste sous Tinfluence de la volonté (prop. 18 et 14). Celte force agitante n'est pas innée {non insita) dans le liquide • de Vanniios ou des autres cavités de l'œuf; elle ne vient pas de la force fécondante ; ce n'est pas non plus la chaleur de 1 incnbalion qui la produit; elle ne fait que diviser la masse totale ei particules, sans en changer la nature (prop. 7 et 8). Cette force paraît résider dans Tair ou dans une partie de l'air que contient un sac parliculier de l'œuf {folliculus aeris: chambre d air) leqwl occupe la grosse extrémité de Tœuf (2). Si cet air agit quand l'œuf ne peut pas être soumis à Tincubalion, tout se corrompt en lui; cet air remplit, dans l'état normal, l'oificedeceluidelarespiratioB sur le chyle, en atténuant les liquides et les rendant propres! la nutrition du fœtus (prop. 9 et 12). Dans le liquide primitif se trouvent le corps qui est tiré du sang, pour que puisse se produire le mouvement des muscles, et le corps qui est tiré de h lymphe cérébrale pour la production de ce mouvement ; ils se séparent peu à peu sous l'influence de l'air en creusant leurs canaux: c'est la circulalion primitive qui s'opère sans que se fasse encore sentir l'action du muscle du cœur (prop. 12). Dans la seconde phase, le cœur agit sans qu'existent le cerveau et la pie-
(1) On ne voit nulle part comment BcUini fait naître ces deux rudimeDb primitifs du fœtus; il s'en rapporte sur ce point à Mulpiglii; mois, ici encore^ il amr promet les observations précises et nettes de Malpijj^hi en les cuveloppaat dans soi roman pliysiolog^ique. Bellini explique le développement des nerfs^ surtout ducotf et des vaisseaux, par le renflement mécanique des deux canaux sous Taction dtf liquides (prop. Il), sans le secours du cerveau, de la dure-mère^ des glaodesci^ sang proprement dit (prop, 12 et 13).
(2) Chez les animaux où les œufs ne doivent pas subir promptcment l*iiiciibttion Tainnios est distant du foliicuiivi aen's et s'en rapproche peu à peu. Tout oh est, tiuit bien que mal, appuyé sur les observations de Malpiglii, naturae mjftkt, « cet homme plus grand que nature v. Ailleurs, prop. à, Bellini dit de M«lpigkt; f Omni prodigio major, observatorum phoeuix. »