BELLINI. — PATHOLOGIE
tion (Ij vers la partie affeclce devient plus accélérée par la saignée-f suHity avec la pression provenant du poumon, à éloigner la maladie; sinon on prali(|ue des saignées successives (prop. 0).
Apres avoir établi, dans la septième proposition, que la quantité de sang qui s'écoule d'une artère est bien supérieure à celle que fournit une veine du même calibre, aussi rapprochée du cœur^ et sur laquelle un aurait fait une ouverture égale, Bellini conclut, dans la proposition suivantetque l'arlériotomie remporterait de beaucoup sur la pblébotomie, s'il n'y avait de grands dangers qui peuvent résulter de l'ouverture des artères. Il se figure qu'on supplée à l'arlériotomie en agissant directement sur les capillaires artériels (2), soit pour extraire, soit pour écarter le sang, au moyen des ventouses sèches et scarifiées, des sangsues, qui non-seulement enlèvent du sang, mais le dérivent, des ligatures, des bains (ainsi que les fomentations, ils agissent sur la direction du sang dans ses canaux, en vertu de la pression que Feau opère de la périphérie au centre) , des allusions froides (elles arrêtent subitement le cours du sang, comme dans les hémorrhagies), des frictions surtout quand la maladie tient à ce que. quelque chose de morbide s'attache aux vaisseaux périphériques. Dans les affections purement supcriicielles il convient, si on le peut, ou de lier, ou de brûler, ou de comprimer, ou d'ouvrir Tartére la plus proche.
La saignée, ou ce qui, on vient de le voir, en tient immédiatement lieu, peut être remplacée par le régime, par les médicaments altérants, par les purgatifs ou les vomitifs, par les sudoriGques, les diurétiques, les béchiques ou expectorants, les apophlegmatismes qui évacuent par les narines ou par la bouche; parles sialogogues, les sternutatoires, les répercussifs, les topiques qui adhèrent fortement à la peau, les emplâtres, linimenls,cérats, onguents épilatoires,sinapismes, qui sont dits aussi
(1) En difen passages, et ici en particulier, Ik'lliiii semble prendre les mots révHlawn et dérivation (qui ne 5onl ptu, dit-il, de vuins mots;, à peu près dans le teni ancien. Voy. les notes sur Oribase^ t. II, p. 817 et sui\.
(2) Plus loin Bellini parle cependant de l'action simultam e dos di\ers moyens mentionnés ci-après, sur les veines en même temps que sur les artères ; mais peutêtre entendrU iq l'action secondaire.
780 lATROMÊGÂNISME. — ÉCOLE ITALIEmiE.
rubéûants; parles cautères, les sétons, les vésicants, et les ustions pratiquées d'une manière quelconque ; il conseille aussi Tamchement subit et violent des cheveux, l'écartement et la torsion douloureuse des doigts, des chatouillements aux parties qui les supportent impatiemment et y sont le plus sensibles, les odeors acres, désagréables , pénétrantes, les flagellations ; en un mot, tout ce qui produit une douleur intense et qui a la propriété de stimuler. On se dirait ici en plein méthodisme, tant Bellioi accumule les médicaments qui portent une perturbation profonde dans l'organisme, qu'ils soient appliqués au dehors ou qu'ils soient administrés par la bouche.
Chacun de ces moyens est toutefois ou moins actif ou moins sûr que la saignée, et il y a encore des degrés dans la comparaison. Le régime est le plus sûr, mais le plus lent; tout ce qui excite de la douleur, ou joue le rôle de stimulant, est le plus expéditif ; mais on n'y a pas recours sans danger, surtout si l'on ne saitpas se tenir dans de justes limites. De quelque manière qu'on évacue, soit par les selles, soit par le vomissement, la sueur, Turine, les fonticules, etc., il y a plus de danger que de recourir à la saignée, lors même qu'on produirait un effet aussi prompt. — Pourquoi? L'auteur ne le dit pas, et je ne saurais non plus vous l'apprendre.
Quant aux altérants ils sont aussi d'un effet moins rapide que la saignée, mais ils n'offrent pas plus de danger. Tant qu'on n'aura pas trouvé un médicament qui, pris à l'intérieur, ou appliquésur la peau, puisse mettre en mouvement ou arrêter tout ce qui doit être mû ou arrêté pour que le corps revienne à la santé, on ne pourra pas, en sûreté de conscience et avec raison, négliger b saignée (prop. 9)! C'est tout au moins une grande naïveté daos la bouche de Bellini.
Nous avons vu plus haut (p. 771) comment Bellini expliquait la production du stimulisme; dans le traité De sangtànismi^ sione, il examine les effets physiologiques et thérapeutiques da stimulus. C'est un chapitre détourné de l'histoire de l'irritabilité ou mieux de l'irritation (1).
(1) Si ou lil, en effet, avec attention le chapitre sur les stimuii, on
BCLUXI. — PATHOLOGIE. 781
La sUraDlatioD est ua certain mouvement dont la sensation doit être rapportée à la douleur, et Teicitalion qui en résulte à un choc (impeius), plus ou moins fort, produit dans les nerfs. Leiïet de ce choc est soit de disjoindre ou de séparer l'une de Tautre les parties des nerfs qui font effort contre celte pression, soit de contprimer seulement et de refouler intérieurement, ou d'infléchir, ou de rompre les contacts naturels des parties, alin d*en établir de nouveaux.
Voici maintenant les effets principaux qui résultent de remploi des stimuli : il se produit un plus grand effort de mouvements dans les parties membraneuses, par suite de la contraction des fibres, et en même temps une dispersion ou expulsion (expressio) et une dérivation plus faciles des liquides d'un côté ou d'un autre iqua làotest) . En raison de la force du stimulant, on voit la contraction des muscles laquelle vient desliquides, sawj el fluide nerveux qui coulent en eux), la dispersion des fluides devenir plus faciles, le mouvement du sang plus rapide. — C'est aussi sous l'action des stimulants que les parties rougissent, se loméfient, s'enflamment, ou versent au dehors une humeur qpielconque. 11 peut s'ajouter aussi au stimulus une sorte de ferment qui pénétre encore plus avant. De l'action simultanée ou isolée de ces deux agents résultent toutes sortes d'eflets merveilleux sur les solides et sur les liquides.
Bellini n'accorde ni à toutes les membranes internes et
■^tra qu*il l'ftgrit poor Bellini d'cxpliquiT par les .<timuli les mouvonicnts vitaux foi concourent aux procédés thérjpeutiques par les déplacements artificiels des Bvcrs liquides. Après lc$ propositions ^'énérales que je résume, Bellini étudie es effets particuliers de chaque espèce de ftimu/i (arrachement des poils, titillatioBf, Uraillements des doigis, oileurs. tlagellalions , piqûres, topiques, <.*u- Lèm» nstions, etc.), et indique les maladies auxquelles contiennent ces diu•'•hr^ sspèces. Il suit le même procédé dans le paragraphe /V i/iei/iVrtw^vi/i*, pour limcui les médicaments qu'il ret^arde comme les succédanés *le la saignée, imliquani U* nreODStaiicef où ils doivent être employés, insistant sur leur action phj^ioiuK*^*^ liëFapentiqae, énumérant cntin les «lilTérentes classes de ces médicament* >ouiiW pmigatils. diurétiques, sudnritiques, etc.). H rapp4^rle quelques-uns de U:ur- «t;?! i la stÎDiuIaboD, et en somme il met toujours la sai^rnée fort au-dt.^HAr : « fc Aj patet, tiognla hacc medicamenta, quousque similia sint ^cnac seeliom. .:'. 4|m«i-«,va laec cum its singulis conveuiant, et esse singula aul minus luta, aut luuiu ?vk<--- . int utrumque^ quam tit Tcnae scclio ; et hanc proindt illis prael^rii-iifi** -
Iti IATROMÊGâMISME. — ÉCOLE ITALIENNE.
externes, comme à la vessie par exemple, la faculté naturelle de contraction, ni à tous les liquides du corps le pouvoir de presser de tous côtés contre les membranes, comme fait le sang contre ses vaisseaux, ni des voies d'expulsion à tous ces liquides, si ce n'est les voies artificielles que les stimuli ouvrent là où on les applique. C'est, à ce qu'il semble, en raison de la pression opérée par le stimulus, que les liquides refoulés de proche en proche viennent afQuer a la partie stimulée et dégager la partie malade. L'auteur ajoute qu'il est très-prudent de diriger les stimulants sur une partie éloignée de celle que l'on veut dégager, toutes les fois que l'on peut craindre un trop grand afQux parle stimulant vers la partie stimulée. Si ce danger n'existe pas, les 5/emt//2 pourront être dirigés vers la partie à évacuer; plus ils seront nombr.eux, et plus leur extension sera grande, plus ils seront utiles pour exciter les mouvements ; on les réappliquera ou Ton rouvrira les plaies faites par eux quand la douleur cesse avec la sensation du stimulus. Lorsqu'on attend un grand bien et un prompt avantage des stimulants, on se servira des plus amples et des plus acres. Contre la sécheresse, la chaleur et les fermentations qui pourraient se manifester ensuite (1), on aura recours aux remèdes froids, humides et à ceux qui arrêtent ou modèrent ces fermentations. Toutefois, comme on doit se servir en général des stimuli pendant un long espace de temps, ils pourront être moindres et en plus petit nombre; puis, lorsque la sensation et la douleur cessent, on les renouvellera et on rouvrira les plaies; mais ces stimuli n'auront guère d'utihté et disposeront toujours les humeurs et le corps h la sécheresse, à l'inflammation et aux fermentations qui en dérivent. En conséquence, Bellini conclut en disant : que les stimuli, quoique pouvant remplacer la saignée dans certains cas et produire un eflel aussi prompt, surtout s'ils ont une grande âcreté, sont cependant beaucoup moins sûrs que la saignée (2). Ils ont toutefois un effet particulier qui manque i
(1) ficllini dit que les 5^imu/t ont la propriété, en vertu même de leur acUQD> et produire une grande consommation et dissipation des esprits» Voy. p. 771, noie !•
(2) Dans la dixième proposition, Bellini détermine, non d'après l'obienatkai mais d'après des raisonnements aussi prolixes que faux, l'époque de lu fièvre eà fl
BAGUVI. 78S
la saignée, celui de mouvoir, de contracter, de secouer tout le corps; si donc les autres dangers peuvent être évites, lorsque le sysléme nerveux soufl're, lorsqu'il s'agit de détacher des sinuo» sites du corps et d'expulser un tlux iriiumeur, ils ne doivent pas éire rejelés.
Quelque sévère que soil le jugement qu'on doive porter, même. en tenant compte du temps où vivait Bellini, sur les principes généraux et les détails de sa doctrine thérapeutique, on ne peut cependant disconvenir que Tinlervcntion des stimuli donne à celte doctrine un caractère très-particulier qui la distingue aussi nettement de celle de Galien que de celle dcsiatrochimistes. C'est peut-être un des côtés les plus originaux et les plus neufs de l'œuvre de Bellini, et celui-là prcciscmenl que les historiens ont n^igé.
Baglivi (1668-170(5) est le plus sensé et le plus cicéronien des iatromécaniciens : — le plus sensé, car autant il se montre un ardent défenseur des théories mathématiques et mécaniques dans la physiologie, et même dans quelques points de la pathologie générale, autant, par un heureux écart de la logique, il est un traditionnaliste décidé dans le traitement des maladies ; il parle avec un même respect et une égale admiration d'Hippocrate , de Sydenham, de Borelli et de Bellini ; — le plus cicéronien, car son latin est aussi pur et aussi élégant que celui des autres iatromathématiciens est embarrassé, chargé de mots difficiles à entendre et rempli a'obscurité. On peut dire de Baglivi qu'il a semé des fleurs de rhétorique sur une route hérissée de broussailles. C'est bien le génie romain, spirituel et grave à la fois; c'est bien l'homme nourri de la lecture des anciens et des modernes, sachant traiter les questions les plus abstraites, en les entremêlant de toutes sortes de réflexions de Tordre philosophique ou moral et qui donnent tant d'attrait à ses ouvrages. Même au milieu des plus subtils raisonnements, l'attention est agréablement soutenue par quelques excursions qui ornent ou élèvent l'esprit. Baglivi est en outre un expérimentateur fort habile et qui arrive à des résultats très-
laut recourir i la saigner, et les divers geures d'émissions sanguines en rapport aiec U diversité des fièvres.
78ft lATROMÊGANlSME. — ÉCOLE ITALIBNNE.
positifs quand la théorie ne l'aveugle pas, quand il expérimente, moins pour démontrer une idée préconçue (par exemple Tiafluence des prétendus mouvements de la dure-mère) que pour découvrir, souvent avec désintéressement, la vérité, comme dans ses Dissertât. II, III et IV, De experimentiSj et dans celle Sw r usage et Pahm des vésicatoires.
Baglivi veut que, dans tout ce qu'il dit et dans tout ce qu'ilfait,le médecin soit le ministre et Tinterprète de la nature ; il ajouteque ce n'est pas un homme, mais la nature elle-même, qui a parlé par la bouche d*Hippocrate (1) ; aussi ne faut-il pas opposer les anciens aux modernes, mais plutôt tâcher de les concilier (2). On ne saurait dire combien de maux a engendrés l'ardente recherche de nouvelles hypothèses (3). La médecine, imaginée par la nécessité, ne se perfectionne que parTexpérience ; la médecine roule sur l'observation et le raisonnement ; l'observation est le fil qui conduit là où doivent être dirigés les raisonnements des méd^ cins (A), car nous ignorons et nous ignorerons éternellement b
(1) Praxis medica, I, i, 1, 3. — Presque tout ce qui, dans le premier livre * la Praxis, regarde les caractères des fièvres, les symptômes, les épipbénomèMf, les crises {Prax, med.j II, xii, 5. — Bellini, De sang, missione, prop. iù fiai% dans Opuscula praciica ^ et d'autres iatromécanicicns , par exemple Pitcaine, admettent les crises, non \qs Jours critiques), les pronostics dans les maladitf aiguës, est tiré d*Hippocrate ou des hippocratistes. Voy. 1, ix, De pleuritide; à fehribus in yenere ; de febribus mahgnis et mesentericis. — La Praxis medica ta un livre fort irrégulicr, mais d'une lecture aussi instructive qu'attachante; lesgéaé' ralités y sont mêlées aux descriptions particulières ; l'auteur indique les desùkrak de la pathologie. On peut reprocher surtout le vague et parfois l'incohérence (ki conclusions, l'irrégularité des classifications qui rompent souvent les unités morbidei oumélangent lesespèccs distinctes. Néanmoins nous félicitons M. ledocteur Boucher d'avoir traduit cet ouvrage (Paris, 1851), et nous regrettons que cette tradactiei» à laquelle nous avons fait volontiers quelques emprunts pour les longues GiiaU«Bii ne soit pas plus connue, bien que notre confrère s'y soit donné parfois une liberté compromettante pour le sens .
(2) Praxis medica, I, i, 5.
(3) Praxis medica, I, i, 9.
(4) Praxis medica, I, i, 1, 2. — Baglivi (II, iv, 1, 2, et v, 6) souboiterall dli académies, des collèges pratiques, où les uns recueilleraient dans les livres les obstf" valions faites sur les maladies, et où les autres apporteraient le résultat de leur propre pratique, surtout en y joignant les nécropsies. Au chapitre yi, il donne • exemple la goutte^ décrite d'après la méthode de Sydcnham.— Baglivi (I,xiiy 7)défi-
BAGIIYI. — PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIB. 785
nsliUiUon des solides et des fluides des parties du corps. Puis, Bsant en revue toutes les causes qui peuvent éloigner de la ue médecine, il indique le mépris que les novateurs, ses conaporainsy affectaient pour les anciens, dans le désir d'élever ir propre nom, comme si ce n'étaient pas les anciens qui lient jeté les premiers fondements de la science ; il faut donc rificr et respecter la tradition (1). Disciple de Bacon (2), il arsuit les idoles et les singeries des médecins, particulièrement
ceux qui réduisent tout à l'antagonisme des acides et des alîs (8). Ils se trompent étrangement, s'écrie-t-il, ceux qui pennt réussir dans le traitement des maladies, parce qu'ils ont une éthode merveilleuse pour la ihéorie (A). Mais nous voyons auslôlque Baglivi s'éloigne pour lui-même de ces sages préceptes; isi que nous l'avons dit, il est en pratique aussi hippocratisto .6 possible, et en théorie il accepte presque toutes les solutions
Viairomécanisme ; il célèbre particulièrement Borelii, noble
«H aosfi qu'en médeciuc comme en astronomie, « quidijuid observavit unus,
ermvit etiam ci aller ; » mais cela n'est pas possible^ tant sont faraudes les
BTHtés des malades et de la maladie.
i) Praxis medica, I, iv ; 2, 3.
S) Voy. Boucher, Influence du Baconisme en médecine^ en tête de sa tradiic-
I de la Pratique de Baglivi .
[3) Praxis medica, I, v, 2. Baglivi, quoiqu'il admette à la fin de VAppendixde que l'acrimonie peut entrer pour quelque chose dans la cause de la
éùe, fait une guerre à outrance aux chimiùtrcs et même à Mayow (voy. Praxis fL, I, w, 3 ; X, 3 ; xii, 4 ; 11, ii, 1 ; II, ix, 2 et 3) ; contre les poudres abs«»rliei {^pecimen reliq, lib. de fibra motrice y xm inilio ; cf. aussi I, ix ; De fcbr, in itfrv, p. 61, éd. de Kûhn.— C'est l'édition que je suis) ; contre la thérapeutique «les Imontif tes dans la pleurésie (I, ix, Append. ad pleur., p. 46,57); contre leur Mcriptîon de la saiguée dans les fièvres (1, vi, 3).— Peut-être, ajoute-t-il ailleurs, védicaments chimiques conviennent-ils au delà des monts, où l'on est moins ire, où Tair est moins pur qu'en Italie ; je ne veux détourner personne de la ^ecine nationale. Du reste on connaît ce mot, qu'il répète à tout propos : « Romnc 'iào in aère roniano, » C'est son refuge, soit pour légitimer ses succès, soit contre ite thérapeutique qui ne lui réussit pas, contre le kina, par exemple, dont il Bble ne pas connaître très-bien l'emploi. Du reste, il prêche volontiers en faveur la médeciDe domestique et indigène. Voy. Praxis med,^ 1, xv, 1.
(4) Praxis medica^ I,v, 6. Bagli\i se montre, comme Sydenhani, très-opposé aux sdecins qui imaginent sans cesse un caractère malin aux maladies (I, ix, De Wibus malignis et mesetder,, initio).
VAMIMBEIG.
786 UTROHÊGANISME. — ÊGOLB ITALIIlfirB.
astre de rAcadcmie romaine, dont on doit suivre les préceptes si Ton aspire à bien traiter des liquides et des solides (t).
a Les iatromécanicienS) dit Baglivi, qui partent de divers principes mathématiques, ceux de la statique, de Thydraulique, de la pesanteur, et qui veulent les appliquer à la structure du corps vivant, ceux-là ont philosophiquement raison de le faire, cark corpsde l'homme, en tout ce qui regarde la structure animale,est soumis au nombre, au poids, à la mesure, et subit dès lorstoutesles conséquences qui en dépendent. Telle fut sans doute la volonté de Dieu, le père souverain des choses, lorsque, pour rendre celte »^machine animale plus propre à exécuter les ordres de rame,! n'employa, ce semble, que le compas et la craie du mathémalîciei, pour tracer dans l'économie du corps de l'homme rarrangemeil I harmonieux des proportions et des mouvements. I
€ Examinez, avec quelque attention, l'économie physiquede I l'homme : qu'y trouvez-vous? Ces mâchoires armées de deiiH I qu'est-ce autre chose que des tenailles? L'estomac, c'est unecoF' fl nue; les veines, les artères, le système entier des vaisseain, tf I' sont des tubes hydrauliques ; le cœur, c*est un ressort; les vtseèv II ne sont que des cribles, des filtres; le poumon n'est qu'un soif l« flet. Qu'est-ce (\ue les muscles, sinon des cordes? Qu'est-ce )* l| l'angle oculaire, si ce n'est une poulie? et ainsi de suite. Û-B^ sons les chimistes, avec leurs grands mots de fusion, de suUii^ i|^ tion, de précipitation, vouloir expliquer la nature et eheté^l^^ ainsi à établir une philosophie à part ; ce n'en est pas moiflstftf T^ chose incontestable, que tous ces phénomènes doivent se nf ll^ porter aux lois de l'équilibre, à celles du coin, de la corde, '■■^ ressort et des autres éléments de la mécanique. Ainsi dooetl>|^i! phénomènes de Téconomie physique de l'homme ne pouvants^ IV. « pliquer d'une manière un peu claire, un peu facile, qu'au iBfl*|*^i des principes de la mathématique expérimentale, ce qui **|*^ fond, le langage même de la nature, nous pensons égitcf^l*^ qu'il n'y a pas de manière plus simple, plus naturelle d'explif'| . ^^ les phénomènes extra-physiques et morbides, et que, p^ ^1 -^ quent, toute théorie fondée sur ces principes doit offrir néce»*^ r «^
(i) Spécimen trium reliq. Hbr» de fibra motrice et morb,, initio. I
BAGUn. — PflTSIOLOGIE ET PATHOLOGIE. 787
beaucoup plus de certitude que les autres > (I, xi ; 7, trad. ler).
Disque» dit ailleurs Bagltvi (1), les inductions analogiques de la mécanique et de l'anatomie ofTrent des rapports fort » avec la thérapeutique, et beaucoup plus de certitude que les autres hypothèses, on comprendra sans difficulté coiuil s'est fait que deux hommes illustres, Borelli h l'Académie me et Bellini à celle de Florence, voulant raffermir sur ses ments Tédifice ébranlé de la science, ne trouvèrent pas de n qui leur semblât aussi puissant que l'application des B anatomico-roécaniques à l'explication des eiïets des malailussîy rien n'est plus digne d'être médité que leurs savants ges, également glorieux pour la science et la patrie, et utiles rhumanité. Mais ceux qui cherchent au fond des cornues les Mis de réactions minérales, pour en déduire analogique des résultats semblables dans les corps animés par la vie, là ne se contentent pas d'arriver à des conclusions fausses, ils issent encore aux fatales erreurs qui inondent la médecine de Hirs un appui et une force incroyables » (trad. Boucher). — ivaient cependant un moyen d'arriver h des résultats bien beaux : c'était d'appeler ù leur aide une sorte ^nnatomu* mre^ à l'aide de laquelle ils auraient opérr avec les liquid'^h aux le mélange des liiiuides végétaux ou chimiques, et d'en 'avec soin les effets t (I, vi, 2).
st le propre des sectes, comme des partis, de ne yoir la que la paille de l'œil du voisin. Y a-t-il au monde uim ine qui eût répandu plus d'erreurs que i'iatromécauiMK détourné les esprits des vrais principf'H de la ^ et lancé la pratique dans plus d'aventures fiw I iatromécaniciens les plus décidés n'étaient mples théoriciens, ou n'avaient pas suivi la aUement des maladies (2)? Je n'ai certes |«b
Voyei aussi presque tout le Si^'cim^n rrliq. iibr. *i* tx'j. mm Ob Toit justement dan!> le pas:<ai?c suivant '\, vi. 3 cilier la théorie iatromécani^uc et le-» i»dicatiuIl^ u« ta ille. cSilessoliile* arjruiiionts tiré!» «J«r la iu^caumiu* h onsidércr rusage pnulent de lu sairçuèe «.uuiumî
788 lATROMÊCANISME* — ÉCOLE ITAUENHE.
grande prédilection pour la chimiatrie ; mais il a bien falla reconnailre, devant vous, Messieurs, qu'il y avait là un secours pour la physiologie, une nouvelle idée thérapeutique à suivre et une nouvelle officine à exploiter.
Poursuivant la revue des obstacles semés sur la route de celui qui veut devenir un bon médecin, Baglivi donne sur la lecture des conseils presque toujours sages, quelquefois puérils ; j'en relève un qui conduirait tout droit à l'empirisme, s'il était pris ib lettre : — «Sachez, jeunes gens, que vous ne trouverez pas on livre plus instructif que le malade lui-même (1) : la maladie, à vous savez l'observer diligemment, vous apprendra bientôt et rapidement beaucoup de choses dignes d'être retenues et que peutêtre ne vous fournirait pas une lecture de plusieurs années. > Ailleurs (2), notre auteur avait fait une recommandation plv acceptable en disant qu'il ne faut pas lire avec avidité plus qa'oB ne peut digérer, mais qu*il faut régler, mesurer les lectures, et y joindre par conversation le commentaire d'hommes doctes. Autant les bons livres nous enseignent vile, autant les mauvais nous foit désapprendre. Enfin Baglivi donne encore un autre correctifisi
vres, ce n'est pas une raison pour la croire indifréremmcnt applicable dans tonito cas ; nous ne la croyons utile que dans les fièvres où Texccssivc ébulliUon dafttf. sa quantité trop grande, ou un engorgement qui se déclare dans quelques viscèitik préparent à Téconomie les dangers les plus graves, tels que le délire, linsomBe} les inflammations viscérales, de pénibles serrements d'estomac ou de poitriiM, b difficulté de la respiration^ la suspension du cours des humeurs dans quelfs* organes, la rupture des vaisseaux et mille autres accidents qui arriTcraient bitf vite, et même nécessairement^ si l'on ne se hâtait de les prévenir parnnc éTacàalif* sanguine. Cette évacuation^ d'ailleurs, n'a pas seulement pour résultai lasupprei^ des accidents dont nous venons de parler ; mais la masse elle-même du saig ^ ébuUition se trouve ainsi ramenée à un type modéré de mouvement, qui suffit pM^ opérer en temps convenable la dépuration et l'excrétion de la matière morbiâei (trad. Boucher).
(1) 1, VII, 9. Ailleurs (II, ii, 1), il veut un empirisme raisonné, féeondê (ei^ riuudi ratio intellectu fermentata). Pour lui (II, t et ii) la médecine prtmièrt^^ histoire des maladies, ne doit pas dépasser l'exacte description des phénomètci; c'est presque une question d'histoire naturelle, une science sui gen&ris, coff*^ il l'appelle, et indépendante. Quant à la médecine seconde, ou thérapcutiqae, ^ invoque à son aide d'autres sciences et d'autres arts.
(2)l,vii, 1.
ftAGLIYI. — PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE. 789
proposition trop absolue (1) :— c Quelque lettré que soit un médecin, il ne guérira jamais les malades s'il ne joint la pratique à Tétude. 1 II exige beaucoup de prudence et de patience, aussi bien dans l'enseignement que dans la pratique de la médecine (2).
L'École de Cos, ditBaglivi {PraxAl^m^ l), a de tout temps joui d'autant d'estime que d'autorité ; il faut la prendre pour guide dans la méthode d'observer les malades et de recueillir les observations. En conséquence, mais étendant un peu le point de vue hippocratiqney il réclame quatre conditions pour une bonne histoire des maladies : recueillir un nombre infini de cas particuliers, les dasaer, les mûrir et les digérer dans son esprit ; enfin en tirer une série de préceptes et d'axiomes généraux. Le développement de ces quatre propositions rentre plus dans le genre scolastique que dans la méthode médicale, qui tend de plus en plus à s'afrrandiir des cadres factices, et qui, dans l'analyse des cas multiples soumis à l'observation, trouve rarement de ces formules générales aphoristiques si fort en faveur auprès des anciens.
Dans les prolégomènes du traité De la fibre motrice et malade (I 2), là où justement il s'éloigne le plus d'Hippocrate, là où il oiet le solidisme au-dessus de Thumorisme, Baglivi s'écrie : c Étudiants en médecine, tout ce que je vous dis est confirmé par l'expérience ; je vous exhorte h étudier toujours Hippocrate ; lui ■eul a pn montrer ce que c'est que le savoir, ce que c'est que d'être versé dans l'art de guérir les malades : retenez ses préeeptes, je vous en conjure, et suivant l'intelligence que vous a départie la divine Sagesse, conformez-y votre pratique. Je suis convaincu que vous ne serez jamais trompés ni dans vos espérances ni dans vos opinions (3) . »
Voilà donc qui est bien convenu : Tunique, le vrai guide, c'est Hippocrate ; mais comment accorder les préceptes de l'École de Cos avec ceux de l'École iatromécanicienne? — Rien de plus in-
(i) I, m, iO. VoT. aussi chap. vitt sur les défauts que présentent les commentaires rédigés sur les observations médicales ou sur les ouvragres des anciens maîtres par des médecins qui n'ont pas de doctrines et ne sont pas praticiens.
(2) I, n : De febribu» matignit et mesenterids, p. 67.
(3) Voy. anisi Spécimen reliq, libror. de fibra motrice^ cap. il.
799 UTROMÊGANISMB. — ÊGOLE ITAUERIII.
génîeux que la transition ou le moyen de conciliation imaginé par Baglivi : cela vaut la peine d'être cité (l).
€ En lisant assidûment Hippocrate (2), comme j'en ai l'habitude, j'ai remarqué que pour le traitement des maladies il prescrit surtout les bains, les frictions, l'exercice, les onctions, les cautérisations, Tincision des parties jusqu'aux os, les ablutioUi la purgation de la tête par les sternutatoires, les lotions deU tête, les vellications, les succussions et autres remèdes sembli* blés qui exercent leur action sur les parties solides du corps h»* main (3). Comme c'est pour ces parties que de tels remèdes seal immédiatement employés, et non pour les fluides, si ce n'est par l'intermédiaire des solides, je ne concevais pas encore la raison de ces remèdes, me demandant pourquoi, la maladie existant etie cachant souvent dans les fluides, on emploie des remèdes qui, oi conviennent peu aux fluides, ou ne leur conviennent c|u'à l'aide des solides sur lesquels ils s'impriment. Hippocrate donnait aosfl très-peu de remèdes par la bouche, si l'on excepte l'ellébore et
(i) Prolegomena specimints fibrae motr., etc. : Animeuiv, in theoricen wterm^ 1-A. Dans la Praxis medica {{, ix, 7), sou premier ouvrage (1696)^ si je oc « trompe, Baglivi, moius avuncé daus les voies du solidisme, fait quelques concessM à l'huinorisme, mais tout en déclarant que jamais les médecins ne verront dw dans les fluides de l'économie animale, et que jamais on n*en connaîtra rendi composition.*— La physiologie actuelle et la chimie donnent chaque jour, heuit» sèment, un éclatant démenti a cette prédiction) intéressée. — - L'ouvrage Svà fibre motrice et malade devait avoir quatre livres. Le premier seul paraît avoir «çi la dernière main; des autres nous n'avons qu'une esquisse. Du reste, au débuta premier livre, Baglivi donne le plan de tout le traité qui devait embrasser rtf*" tomie, la physiologie et la pathologie de la fibre ou des solides. Dans la patboIsgMi tout se réduit à une question de tension ou de relâchement contre uature» quecdi tienne directement à la fibre ou secondairement aux vices des humeurs et du flsi^ nerveux. On doit regretter de ne pas posséder les études que Baglivi avait fiiîtcf i<' point de vue sur les maladies aiguës ou chroniques. Dans le premier livre l'aDtc* s'occupe comme Bcllini des stimuh\ mais il les considère comme de vrais irri^Kti' Cest un pas de plus.
(2) Je n'ai pas besoin de faire remarquer que Baglivi, prenant la Collection hipf^ cratique en bloc, ne distingue pas les prescriptions qui appartiennent aux djne*** écoles représentées dans cette Collection. L'usage du lait et du pelh-laiti f exemple, est une méthode Cnidienne.
(3) Nous avons vu plus haut (p. 769 et suiv.) que Bellini considérait ees drMfS moyens, et d'autres analogues, comme des stimuli succédanés de la saignée.
SAiGUVI. — PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE. 791
t-lait ou le lait dans beaucoup de maladies. De nos jours, I guidés par lui, la plupart des Indiens et des Orientaux l les maladies par les cautérisations et les piqûres d'aitémoin Ten Rhyne et le très-docte Alpin, dans son livre fnédeeine égyptienne. Après avoir fait ces réflexions, je nnai que Tilluslre vieillard nourrissait dans son esprit e spéculation secrète sur les solides qu'il s'est abstenu de r i ceux qui sont venus «iprès lui (car il a dit en passant t chose sur les maladies, la force et la puissance des soîi qu'il s'est conformé h cette spéculation pour les remèdes A. cilés. («omme j'ai à peine trouvé chez les anciens et les ses, lorsrju'ils tniitent des causes des maladies, quelque fui se rapporte aux solides, mais seulement beaucoup de i el de rêveries relalivemenl aux fluides, j'ai n\<olu, vu ï d'une matière qui nVst [toint encore familière k nos doc- Tobserver moi-même T usage, la force et la puissance des dans un corps vivant, sain ou malade, et cela par les exics sur la fibre motrice des animaux vivants, surtout par tiente et constante observation des symptômes chez les 8. Je crois fermement, en effet, qu'on ne peut connaître p la force et la puis<^ance des solides d'une partie sans Dté et observé les iiccidents qui s'y produisent quand elle Dtée de maladie ; on ne saurait déterminer l'usage et la rc d'un viscère, après (|n'une maladie, un squirrhe ou struction l'auront altéré, qu'en notant d abord les symde la maladie, puis en examinant avec soin les viscères à e la dissection après la mort, liin conséquence, je me livrai itîer h l'observation des symptômes morbides et à Taules cadavres des malades morts dans ces conditions ri) ; e persuadai de plus en plus que l'action des solides était lissante que celle des fluides pour la production des mala* I, et que c'était une grande négligence de la part de beau-
elles que ftoient les rondu^iuiif de Baglivi, et quelque défectucuM>t< qu< i aécmpsies, il y a loin de ^a méthode, qui est in bonne^ à celle di> IS**!!!!!- . pins mauvaise.
iglifi poursuit la démonstration dans tout le reste du cliapiinr |Mir tl mi^-r ■rguments tirés de la clinique et même d'Hippoenle. — IHmi» Ot fiUf.
793 lATROMÉGANISIIE. — ÊGOLB rTÂLIEimfi.
coup de médecins d'avoir laissé de côté jasqu*ici un sujet si grave sans y donner l'attention voulue (1). »
^our démontrer sa proposition, Baglivi ne trouve rien de mieux que d'invoquer en preuve ce qui se passe dans certaines maladies de la léte : c L'observation des plaies de tète, dit-il, nous fera connaître mieux que toute autre chose la force et la puissance des solides. Celui qui est affecté d'une blessure à la tête est considéré comme sain et sans lésion du suc nerveux, ni des acides fictifs ou des autres molécules imaginaires des fluides (2). Ainsi oa observe souvent à la tête une partie médullaire du cerveau pourrie et pleine de pus, quoique' le malade ne soufi're d'aucun accident de léthargus, de délire, de convulsions, etc. > On peut même enlever cette partie gâtée avec pleine sécurité pour la guérison.
motrice^ Ub. 1, 1. 1, p. 378^ BagUvi insiste encore sur ce point^ et il «goûte cependut cette proposition digne de remarque^ à savoir que la fibre peut être excitée^ teadiei mise en insurrection soit par Textérieur comme chez un jeune homme que le moûMbt attouchement faisait tomber en syncope avec des horripilations très-prononcéei; soit à rintérieur par la titillation des fluides circulants, et ayant perdu leur qiialiic anodine. 11 ne faut pas trop exalter les fluides^ mais en tenir compte, quoique kl solides aient le pas sur eux. «Vous prescrivez un diaphorétique à un malade, aflade donner aux fluides de nouveaux et violents mouvements ; mais que la fibre du bmlade soit, naturellement ou par suite de ta maladie, tendue, crispée et qu'elle u cède pas facilement au fluide dont le mouvement a été accéléré, qu'elle lui réflflt même, vous verrez alors que le fluide fait violence aux viscères et aux parties iotffnés, et, selon les diverses parties qu'il traverse, il se produit différents symptdnies, des douleurs, du délire, des insomnies, des convulsions, etc. Nous avons fréquemiiMl observé tout cela, lorsque, contre certaines maladies aiguës et inflammatoires, doi lesquelles on pouvait supposer une crispation excessive des solides, on prescrit i contre-temps, c'est-à-dire quand la maladie est encore crue, et lorsque les solidef ne sont pas rclAcbés convenablement, des remèdes purgatifs, diaphorétiques et spiritueux. Aussi, dans la pleurésie» il ne faut jamais attendre les crachats sans avoir relilché auparavant, par les remèdes convenables, les solides et les fluides de h partie enflammée. Ce que nous disons de la pleurésie, on doit l'appliquer à toatcs les autres maladies aiguës. » — • Voy. aussi Praxis mcdicn^ I, ix : De febribmt « genrre, — C'est en des termes différents, mais pour le fond même, une doctriit hippocratique.
(1) Baglivi (Anat. fibrnr,, etc., t. II, p. 63) exhale les mêmes plaintes sar kf conséquences fâcheuses qui résultent, dans le traitement des maladies, de ce fM les médecins négligent les solides. Là encore, cependant, il fait quelques concesnotf à la médecine chimique, mais il s'élève contre l'abus des boissons aqueuses.
(2) Voy. des réflexions analogues dans De anafome fibrarum^ etc., t. II, p.5tt