‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 38 sur 102 · ET PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

ET PATHOLOGIE

* de nouveau, pnr la ''înîon(l).

- parties

ir, •aine pT.mde avec les es meuve- - se renètent remeiH systaU .luse (le la conti- .11* suile de Trciui- .->if (le la (liire-nHire . Une- mère esl le siège î(f ressort, outre que les t|iiî viennent vers elle, sont comme on le croit généra- A à-dire par suite du défaut it de réflexion dans les parties Niouvcments convulsifs se manifesiDpager peu à peu jus(|u*à la tête; liçant a la tête, ils descendent vers

tnritinyum t't osn/tatiofte jsn/t'f/oi nm Phiii)ijKj Hccqnel

.. H03, 1. 5 suiv. Cf. p. 802 el noie 2 du celU' pa|,a*. ^in'dmcn, !, v ; t. l, p. 330.

< «inlri'S (lu ruine arrhcnt presque instant. tiu'iiu'iit aii\ parties, It'S inéiniigcs rc(,*oi\oiii les impressions lic la iliret'tioniieterniiiU'c • insnietlcut aux parties par le nionvenicnl «•\>lalti(|U(' ilcjà nien- ■«- les impressions Taiies par lis olijcts e^liTicurs dans Us sens jn-reue» r int (pu* il«'S sens elU-s arri\eul au <»T\eàu par

H'ux, el a* iiiges elles-mêincs qui se prulougenl dans les

ribles,Ge^ r un inuuvement dilTérent du premier, mon-

808 lATROIfÈGANlSMB. — ÊGOLB ITAUBmiE.

médecin et fort versé dans les mathématiques, est un homme de grande érudition, un écrivain élégant, mais flpre à la dispute (1); c'est surtout un éclectique qui cherche et trouve partout des explications, dans le c divin maître » Hippocrate, comme dans Bailloa, Sydenham, Sylvius de le Boe, Borelli, Bellini et Descaries. On ne peut donc pas, avec Puccinotli (2), le ranger parm i les coryphées de l'iatromécanisme. Ce qui domine dans ses œuvres, c'est h méthode de Sydenham pour l'observation des maladies (les C011stitutions ont été écrites avant la Praxis medica de Baglivi), el la doctrine de Sylvius pour la pathologie générale.

11 suffira de quelques remarques extraites de ses Constitutif épidémiques et de ses Oraisons pour s'en convaincre. Dans h Constitution médicale de 1690 (§ '26 et suiv.), Rainazzini explique les fièvres intermittentes ou rémittentes graves de celte constitution de façon à satisfaire toutes les sectes, ou du moins 1 n'en mécontenter aucune.

Dans ces fièvres, la masse du sang, ayant dégénéré de son étit naturel de douceur et de fluidité/a acquis une consistance trop grande; en effet, la proportion manque entre la bile devenoe languissante et le suc pancréatique qui remporte. D'après uoe ingénieuse pensée du célèbre Sylvius, confirmée par des raisons

(1) A' propos de 1h relaliou de raecouchement et de la mort d'une maitiaiie, publiée par Hamazzini eu 1 680, Haller compte une série d'au moins doute attaques et répliques entre l'auteur et sou antagonisle Monegrlia.

(2) Storia dclla medidna^ \ol. III, p. 198 et suiv. Fircuzc,1869. — On en pcil dire à peu près autant de Lancisi, l'umi de Hamazzini^ quoiqu'il admette la théorie mécanicienne des sécrétions (celle de Guglielmini, voy. plus loin, p. 822), et qu'il donne une place dans la médecine aux sciences exactes et à la mécanique, en « fondant sur ce texte de THcriture : « Omnia iu numéro^ pondère et mensura;i mais il admet aussi la cliimic. C'est surtout comme clinicien que Ramauini mèr^ les éloges de l'historien. — Du moins, on doit remarquer, avec PuccinoUi, que Ramazziui, grâce à ses connaissances profondes en mathématiques et en hydni* lique, a rendu de vriis services en propageant Tusage des puiU artésiens. C'rtl lui aussi qui a décrit (l>e petroiaeo nioniis Zibinii) des sources de pétroie près 4e Modène ; il sait que le pétrole purifié donne une flamme brillante. Avant Ramuzini, Faliope recommandait le pétrole |»our les ulcères invétérés, et auti^mpsdi Ramazziui on l'employait comme anthelminliquc ; lui-même le prescrit contre cf^ taines afTections de la peau et contre beaucoup d'autres maladies (chez les «oinuu <ît chei l'homme), dont il donne le détail.

BAMAZZINJ. 809

et des expériences (!), c'est du ciel principalement que les esprits volatils descendent sur la terre, tandis que de la terre, qui est remplie de sucs minéraux, s'élèvent sans cesse des particules acides. Aussi, comme dans la constitution pluvieuse et froide de Fannée IMO, l'air manquait de parties volatiles et spiritueuses, et, d'un autre côté, était chargé de particules acides sorties d'une terre fangeuse et pour ainsi dire en fermentation, il n'y a pas lieu de s'éfonner si, entrant dans l'organisme, ces sels ont produit la diathèse d'où est sortie une si grande quantité de fièvres. Ce qui prouve, au dire de Ramazzini, que la dyscrasie acide a prévalu en général par la bilieuse et l'alkaline, c'est premièrement que, durant cette année, dans cette ample moisson de fièvres, il ne loi a point été donné d'observer aucune synoque, aucune fièvre anieute ; en second lieu, que le plus souvent ces fièvres furent plutôt accompagnées d'une espèce de boulimie que d'une soif intense.

Dans une année qui fut marquée par beaucoup d'inégalités de température, où les céréales et les autres aliments furent si viciés et si pituiteux, où l'on fut réduit à manger beaucoup de poisson, ce n'est qu*au suc pancréatique et non à la bile qu'on peut attriliuer tant de fièvres, car il n'y avait pas une matière suffisante pour engendrer une abondance de bile telle que toutes les fièvres fassent sous sa dépendance, comme on le croit généralement. Il n'y a pas lieu à recourir non plus aux influx célestes, comme si les astres regardaient avec plus de malignité les habitants de la campagne que ceux de la ville, supposés moins coupables; outre qu'il n'est |>as probable que les influx célestes aient pu être circonscrits dans un espace si étroit. On ne saurait pas davantage s'en prendre aux exhalaisons souterraines, puisqu'on n'avait pas entendu parler de tremblement de terre, et que dans la grande plaine Cispadane et Transpadanc, où exerçait Ramazzini, il n'existe ni antres, ni ouvertures charoniques par lesquels pourraient s'échapper de pernicieux effluves qui souilleraient l'air. Pour ce qui est de la cause interne, qu'on appelle conjointey continue notre auteur, elle ne devait être rapportée qu'A une pituite épaisse et visqueuse à laquelle adhérait un ferment acide. Cette pituite ou bien occupait l'estomac, comme le veutEttmûIlcr,

810 lATROMÉCANISm. — tOOtE ITALTBffNE.

OU obstruait les conduits latéraux du pancréas, comtne décide Sylvius. Cotte matière, transvasée dans les veines et mèlce aux parties spiritnenscs du sanp, excitait reffervescence fébrile; quelque aiïaiblie, en effet, et languissante que soit la masse du cruor, elle contient toujours, cependant, quelque chose d*hnileux et de sulfureux qui suflit h nourrir la flamme vitale. Le foyer fébrile se trouvait donc hors des vaisseaux sanguins, comme dans toutes les fièvres périodiques ; autrement il serait très-difTicilo de distin^rucr les fièvres intermittentes de celles qni sont vraiment continues, fièvres que le divin maître, Hippocrate, reconnaît sous le nom de feu (irvp). On ne peut concevoir, en effet, disait le savant Doscarles (t. I, Ép. 51? — et 88 ; éd. Cousin, t. VIH, |). 57)3), quelle peut être la cause du circuit, si ce n'est une ccrlaine matière qui a besoin d*étre mûrie avant de se mêler à la masse sanguine, laquelle matière, portée au cœor par les veines, peut exciter tant de troubles et soulever la tempête fébrile, tempête qui ne s'apaisera que quand cette matière bostile SH dissipera, sous forme de sueur, par tout le corps, oo sera expulsée par les voies unitaires.

Quoi qu'il en soit de ces explications cherchées avec tant de peine, répidcmie, bien que générale et marquée par des récidives, n'a pas fait de victimes ; le mal cédait aux efforts de h nature bien plus qu'aux remèdes, dont aucun ne fut profitable, pas même l(^ quin(|uina. dont Hamazzini instruit, bien à tort, k procès à toute occasion, sous prétexte qu i7 n'amène aucuM éoacuation de la lualière morbide (1). Puis, à côté de ces larges emprunts faits à 1 humorisme et à la cbimiatrie (2), Ramazxim

^1) Voyez, on parlifulicr, Conatitnt, numivum 1692-1694, $ 56, et sa Ajw^^. t»piit, tic nhiKuChinnt'^ qui est uuc réaction contre le « uiniius et impudons u^tf ' (le rt'tte ccoivc [Oratin fMun), Il est un peu plus juste dans VOratio ^icir/a. — Dès ses liiltuts, Titrti a dû eoniliuttre les exagérations de Kainaizini. On Mit 4« justement Ri^Hixi \o\. plus liant, p. 8U4 et la note) appuyait su doctriiie solidèH en tliériiprMili(|ue sur ec ({ue la plupart des nuMlicanients unienaicut la gucrifM sans produire les e\acuiilions rcehen:liées par les humoristes.

(2) Dans la Consfitufw itrhaun, 30, il rappelle lapliorisnie des médeeiB.*: hff^ niétique^: « Aikaha per aeida il ucidu per ulkaliu eiueuduri. » EUmûUvr c»t i* de sesguidcji.

BAMAIZIMI. 811

te plusieurs explications de Bellini (§ à9\ Comiit. urbana, 2) et la science de Borelli; cependant ii blâme, dans sa qua- Eoe Oraison^ les hypothèses mises en ayant par les école^s r expliquer les fièvres; et il a prononcé un Discours tressé» le neuvième, sous ce lilre : Theoricae medicinae nu/lum ffsse ut supra practicam dominatum affectet. Ramazzini e, avec raison, pour un très-habile observateur, car la théo* ae l'aveugle pas à ce point qu'il méconnaisse les vérilables ciéres des maladies qu'il a sous les yeux. A cet égard, il e les grands cliniciens du xvif siècle, et surpasse quelt|uefois LLyî lui-même. On reconnaît bien aussi le praticien, Tobserur dans son livre Sur les maladies des artisans^ si souvent rimé et traduit, et d*oii, malgré les imperfections, qui tien- : surtout au défaut des moyens de diagnostic et à Tab- « de la statistique, on peut encore tirer de bonnes notions.

ippocrale ne nous a pas donné un tableau plus saisissant des Disses et des embarras cfun médecin, en présence des malaaiguës, que celui que retrace Ramazzini dans sa cinquième iso9i:

; Rien ne peut mieux donner une idée d'une maladie aiguë g^ereuseque la vue d'une tempête sur la mer. Figurez*vons un ire battu des vents, en pirdiliun, et les matelots inquiets rchant à l'arracher aux flots. Le pilote prévoyant, non-seuleai est toujours prêt contre un coup de vent subit qui s'abat le navire; mais aussi, dans la prévision de signes menaçants, I soin de faire serrer les ajirès et appuyer vigoureusement r les rames, comme autrefois Palinurus, célèbre nautonnier Mté par Virgile; il ordonne de replier les voiles, ou deles préiler obliquement au vent pour diviser son impétuosité; il te les ancres, tenant le gouvernail dans sa main; il a les yeux ég sur le!« cordages ; il rassiue les timides, et se prépare à ter énergiquement contre les venls et la mer. Puis, s'il voit e la ftireur de la tempélc au|zmenfe, el (jue le naufrajjje paraisse minent, il fait alléger le navire et jeler à la mer non-seule- -nt les bagages qui ont le moins de valeur el les plus pesants, ùs aussi les marchandises plus précieuses, apportées avec tant

813 lATROMÊCANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.

de peine et de soin des extrémités de la terre, comme s'il pensail pouvoir apaiser par ce sacrifice la colère de Neptune.

» Voyons maintenant le médecin aflairé autour do malade luttant contre une maladie dangereuse; n'agit -il pas comme le pilote? D*aborJ il exhorte les assistants à remplir leurs devoirs; il puise avec sollicitude dans l'arsenal de la médecine : le poab est dans sa main comme le gouvernail; son regard ne quitte pai le visage du malade pour ne perdre aucun symptôme ; il feiai l'espoir, apaise les cris et les gémissements des femmes; s'il s'aperçoit que la tempête morbifique augmente, il allège le corps du malade du lest des humeurs, par en haut et par en bas,i l'aide de calhartiques et d'émétiques; puis» recourant à laphlébotomic, ancre de salut, il tire abondamment du sang en ouvrant les veines, et, s'il le faut, les artères. Or, quoi de pis précieux que le sang, nectar vivifiant et ami de la nature, nécessaire, par-dessus toute chose, pour réparer les pertes quotidiennes de la vie et nourrir la lampe vitale?»

Après cette espèce de digression qui montre combien, mioc en Italie, au plus fort de la médecine ialromécanique, la cKmiatrio d'une part, et surtout l'École hippocratique de l'autre, cherchaient à reprendre ou avaient conservé d'empire, nous devons revenir aux véritables iatro mécaniciens.

L'ouvrage de .1. de Sandris (1), professeur à l'université de Bologne, a été public en 1 (596, in-A% à Bologne. Il parait, on nesiit pour quelle raison, que l'auteur avait retiré lui-même du a» mcrce une partie de l'édition, ce qui avait rendu le livre trèsrare. Junken, qui nous apprend cette particularité, eut l'idée de la réimprimer à Francfort en 1712, in-8% et cette édition nei guère plus commune que l'édition originale. Du reste, ce traité n'a pas grande valeur, car on n'y rencontre, ni rien de biei nouveau, ni une doctrine arrêtée, mais, au contraire, beaoeoif de vues très-étranges ; il semble, toutefois, une réaction de l'humorisme n)écani(|ue contre le solidisme de Baglivi. De SaBdris pense que, non-seulement le cœur gauche pousse vides*

(l ) De naturali et praetenmturali sanguinis statu specimina medicOy cnwi trect^ fie vcntriculo et emeticis»

DE SANDRIS. 813

ment le sang par sa contraction, maïs que lo sang luî-même ajoute à la puissance du cœur par son propre poids ou par une autre qualité ; il ajoute que les coins des petites particules du sang, en s'insinuant dans les fibres des tuniques artérielles, les contractent et resserrent les arlèros, de sorte que le sang s*aide lai-même; ce qui n empêche pas notre auteur d'ajouter que la force d'élasticité ou de coniractililé des artères vient au secours du cœur pour pousser le sang des grosses branches vers les extrémités capillaires, les mouvements des artères répondant exactement et synchroni(|uemcnt aux mouvements du cœur. EnGn, les petites particules du sang se tiennent si bien qu'elles vibrent comme des verges roides, et cette vibration est circulaire, passant des artères aux veines (p. 106-109). II va presque jusqu'à nier (p. 110-112) la différence qui existe entre les veines et les artères, en invoquant, entre autres raisons, celle-ci, que, si le sang artériel est moins dense et plus écarlate que le sang veineux, c'est parce qu'il est poussé plus violemment par le cœur. On ne peut être plus ignorant en 1096. De Sandris ■oppose (pp. 116417) que le sang est, en raison de circonstances accidentelles, intumescent, et que cette intumescence se manifeste par le pouls. Avec Borelli, Willis et Boyle, il admet un fluide élastique dans les nerrs, 7ion qu'il soif démontré^ mais pour les besoins de la cause (pp. 123-131). Le chyle amené par les artères sous-claviéres, par celles du bras et des mamelles, est d'abord confondu avec le sang ; il s'en sépare dans le parcours pour devenir du lait dans les mamelles (p. 137). Sandris veut bien admettre (p. \hh) que le sang est seul à fournir la liqueur séminale, et que le suc nerveux n*y est pour rien ; c'est pour lui une idée fondée sur l'amplitude des artères spermatiqucs; du reste, il admet que le sang contient la matière active du suc nerveux.

Dans tout cela, on retrouve certainement les principes de la doctrine iatromatbématiquc, quoique notre auteur mette sur le même rang la chimie, la mécanique et Tanatomie (p. 153].

La pathologie est à la hauteur de la physiologie. Toutes les maladies sont expliquées par une perturbation dans la qualité, la quantité ou le mouvement du sang (1).

(1) A la page i65| il donne les raisons mécaniques (pesanteur) qui lui font soup-

81 & lATROMÊGAmSMB. -* ÉCOLE ITAUENNB.

Voici, en consétiuence» ce que c'est que la pneamonie (l) (lisez pêripneuinonitiv car il est ((uestion de douleur pungidfe, attendu que le pownon est sensible) : c'est une inflammation, un crysipclc causé par la stagnation dans les poumons d'un sang, ot le sang lui-même, le chyle et la lymphe ne sont pas intimemeiu mélangés (p. 203). — Tout n'est pas aussi mauvais, IHeu merâ mais le bon est bien clairsemé : et cependant, à lire les historiens de la médecine, on serait tenté de faire un certain cas de J. de Saudris.

Les recherches que nous avons maintenant à signaler se nfportent surtout aux mouvements des muscles, à la circulation de fluides et du sang en particulier, aux sécrétions, & la nutritioB, à la fusion des théories de Teflervescence avec celle de la mécanique, eniin à quelques points de pathologie. Ces recherches se rattachent très-directement àcelles de Borelli, qu'elles confirment, qu'elles étendent ou qu'elles rectifient sur plusieurs points importants. C'est là, avec le traité Du mouvement des mti5c/e5,h partie fondamentale du sygtème physiologique des iatromécaniciens; c'est sur les démonstrations mathématiques et mkt niques que je veux de nouveau appeler l'attention des homoes spéciaux; elles sont dignes de leurs méditations, malgré les hypothèses mal établies et d'évidentes erreurs qui tiennent h cette fatale idée que les mouvements vitaux sont purement méciniques; idée qu'il appartenait sans doute à des mathématicien de défendre, mais que les physiologistes doivent ramener dans les justes voies de l'expérimentation.

Jean Bernoulli (1007 1748), successivement professeur <le mathémati(|ucs h Groninguc et à Bdle, où il remplaça son frère Jacques, appartenait à une famille d'origine suisse, et qui ^ donné à la république des lettres plusieurs savants illustre»-

çoiiiiiT que le sang qui arrive au cerveau n'est pas dans Icf mèni£< rnndiliiwr* celui qui pnrt ilucœur; au tTcrvcau, il n'arri\e que du saug sublimé!

(1) Dans celle deu\icnie partie du traité^ presque toutes les maladies sont pjsèâ< en revue (causes cl traitement).

r BEBMOUUI. — PHYSIOLOGiBi 815

Jean beraoulli a réformé Boreiii sur deux^poinls de la Ibéorie du mouvement musculaire. U a mieux déterminé la courbe que forment les petits espaces qui appartiennent aux fibrilles des muscles, espaces qui sont pressés uniformément et perpendiculaire^ ment par ïaura élastique (1), et il a calculé plus exactement les raisons ou les causes des forces pour chaque degré de dilatation des libres, eu égard au poids à soulever {2). — Entre autres causes de la pai*alysie (qu'on ne doit point attribuer uniquement, comme le prétend le vulgaire, à un arrêt de riollux des esprits animaux), il reconnaissait l'extrême molieisse des particules qui constituent Tespril animal, ou la trop grande durelé des globules sanguins, car dans l'un et l'autre cas il se produit soit la diminution, soit Fabolition de Tetlervescence nécessaire pour exciter le mouvement musculaire (3). Ou y voit aussi qu'il expliquait beaucoup de maladies par des causes analogues, par excuiple Thydropisie tympauite par le trop d'acuité ou d acre té des particules des esprits animaux (A). Uuaut à reilervesceuce, UeruouUi montre qu'en soi {reapse) elle ne diiléru pas de la fermentation (â). Sans 96 préoccuper des acides et des alcalis, il atlirine qu'il y a trois genres d'ellervescence : mélange de deux corps lluides ; d'un

(i) c Cur%alurapi, quoiu iuduunl spuLioiu ad librillus inusciiLoriiiu pi'i'liiieiiUa, |J» aura ela;»ticd luidiquc uequalitur ot aii pcriiciidicultiiu piv^u^ rccUus dutcriai- ■Mfc. » — BoraoulU d calculu plus rigouruiiticinmil qu'un ne l'avait fuit aviiut lui rexfiaïuiiou dus Quidcs élastiques.

(2J c Haliouos viriuni luuscuLoruui pro siii^fidis gnidibus dilatatiouis librarum, hftbiio respuctu ad poudcra lolleuda, cxactius quuiu Uorellus 6ubduxift$«. »

(3) Voy. lùdUori» prai'l'aiiii eu tclc des deux dissccUliuus, Ih' motu t/tujtculorum (BusiU, 1097) et Itetf//t'/'t'i?sa'«/irt ci /cn/ic/Utitwna [^\\ii>[L, lOUO); rciuiprimuos à Usiiile de Micliulutti^ Vend., 1721. — Vuj. plus loin, p. 830suiv. — On doit consulter encore : P. Ani, Micholotli A^iu/uyia tit qua Jo. BuruouUiuin motricit /i- ^rae in musculorum motu in/lutae curvnturum /'actissùna HUpputasiic deli'ndilar^ ci Aie. Mead (ou plutôt Peiubertou d'après llullci*;, vhjuctioaihu^ respondciut'j eic., Vcnet., 1727, iii-4"« A la suite^ Ran ex utero morbi hittoria unn cum neceMa* riû inedicù uniMadvernioniùut aMichclotto pers^sripta (p. 33>45). 11 s'agit proba^ blcineut d'uue bystërique qui a vécu plusieurs années presque sans boire ui mauger, ut eu prcaeulaut une succession de syuiptùnies étranges, — Ou pense que c'est BeriutuUi lui-mèino qui est l'auteur <ie VAptjlofjif,

(fi ) Edit. praef» — Cf. Du tmtu muscuL, $ ».

(5; Edit, proef. Voy. aussi Dissert, de efferv,, Pracf., } 3 ot 4«

816 lATROMÊGANiSME. — ÉCOLE rTALIBNCIE.

corps solide et d'un corps fluide ; de deux corps solides avec rintervenlioa d*un moteur. Dans ce phénomène, il y a un corpm agenSj dont les particules tétraèdres sont comprises dans quatre triangles à côtés égaux {quatuor Iriangulis isopleuris comprehenduniur), et un corpus pa tiens; les particules de ce corps ont la forme de tétraèdres dont les bases sont opposées {formam tetraedorum bases muiuo obvertentium) (i). Le sang dans Télal naturel ne fermente pas, mais seulement dans certaines affectioos du genre des putrides, et pour les mouvements des muscles volontaires ou involontaires, où se produit, par l'expansion de Tair sous TinQuence de la mutuelle réaction des parlicules ds sang et du fluide nerveux, un bouillonnement, et en conséquence le renflement {inflaiio) des vésicules musculaires (i). Avec Bernoulli, Borelli, Bellini, Cowper, Perrault, etc., en raison d'une expérience de Sténon sur les mouvements des musdesel en dépit des objections d'Âstruc {Motus muscul.j 1710), Mich^ lotti (3) soutenait que l'influx nerveux ne suffit pas pour le moovement musculaire, et qu'il y faut ajouter Tafflux du sang.

Dans une troisième dissertation, publiée à Groningue en 1699, sous le titre De ntitritione^ J. Bernoulli a calculé les perles que fait le corps par la perspiralion insensible, et le temps qoe mettent à se reproduire par la nutrition les parlicules enlevées par la perspiration. Il soutient que les parties solides se réparent comme les fluides; il pense que Yaliment arrive à la base des fibres, qu'il est poussé dans leur intérieur et qu'il nourrit ptf une violente impulsion. Daniel Bernoulli, fils de Jean, a fait des recherches sur la respiration, sur le mouvement des muscles cl

(1) Voy, Eth'tor. prncf.^ et Dis^rrf, dn r/fcrv,, §g 2, 5 cl 10 cl suiv. (la nuinéf*' lalion n'csl pas rég^iilièrc^ mais je 1» respecte). Cf. sur le rôle de l'air qui ciistei rétat comprimé clans les corps et dans leurs particules, § 13 et suiv.

(2) Voy. Edit. prnef. et De motu muscui,, § 5 : « Quando innumerac guttslK [fluidi nenrei] per totani musculi niolem, quae instar spongiae scmpcr humertili est, siraul ejiciunlur ex oriPiciis nervuloruni^ lune eanim particulac teDuifli»* 8picu/is suis subtififsimi^ inipactac in particulas sanguiucas tcnuiores easdeB^ fringunt, et insito aeri condensato cxituni pracbent, qui se expaiidendo cbutUtit* neni... producit. »

(3) Auimad. Il ad Keiilium^ ï'd. Venise^ 1721^ p. 32 suiv. — De separtk fluid, in corpore animali, p. 297 ot luiv.

GUGUELIIINI. — PHYSIOLOGIE. 817

MMirs des liquides dans les canaux inanimés et dans les vaisaz vivants. Il reconnait là des différences essentielles.

ruglielmini (1655-1710), d'abord professeur des sciences manatiques à Farchigymnase de Bologne, sa ville natale, fut dite appelé à Padoue, où il exerça la charge de surintendant eaux, qu'il avait déjà occupée à Bologne, et celle de profesr de physiologie médicale pratique (1); en 1702, il prenait la cession de Pomp. Saccus, professeur de méd.ecine théorique ; vait reçu le bonnet de docteur en médecine et en philosophie ingt-deux ans. Ses ouvrages sont nombreux et ont été réunis deux volumes in-A% imprimés sur deux colonnes (2). La plus Dde partie de ces écrits concerne l'hydraulique^ l'astronomie, linéralogie, la chimie. Nous nous occuperons, bien entendu, , »ai-là seulement qui sont consacrés à la médecine (3), ou

) Dans U préface au traité De snlibus^ Guglielmini nous apprend que dans chaire il s'est adonné tout entier à trouver lesTcritables principes^ ou, comme t, les éléments du corps, des médicaments, et ^•néralement de tout ce qui Mte on altère les parties solides et liquides, doctrine des éléments dont on n'avait JaceMc de s'occuper, mais d'après une méthode vicieuse. Ne trouvant aucun us efflcacc ni dans Descartes, ni dans Démocrite, Platon ou Aristote^ il sVst lé da côté de la chimie ; il reconnait les services qu'elle a rendus, mais eUc nrt que dissoudre par ses procédés d'analyse^ et même on n'est pas sûr que les ( eiisient encet état dans l'organisme. «Qui pourra, s'écric-t-il, trouver avec la ie la g^¥ité des corps, la force élastique de Tair^ les effets du mouvement des mfig dérivés de la structure des glandes et des muscles, du principe sensitif des ichamues et des nerfs? » Aussi a-t-il pensé qu'il fallait, sans délaisser la chimie, iiir à l'étude physique et anatomique des éléments^ de leurs mouvements, de I actions, d'après les lois de la mécanique. C'est comme spécimen qu'il a publié tndté sur les sels.

) DtmUmGulielminù,, Opéra omnin nmthemntica, hydraulica, medica et phy- ; mceeuit Vitaauioris a J.^B* Morgagni.., scripta : Genevae, 1719, avec por- , Pour quelques ouvrages écrits en italien^ on a donné la traduction latine. ) h'Exercitatio de idearum vitiiSt correctione et usa ad statuendam et i/<- 9Êdam morborum naturam^ est un traité très-verbeux, purement dialectique^ ait surtout question de l'adaptation du langage aux idées qu'on veut exprimer ■t que l'on considère un %\ï^ei à tel ou tel point de vue, et des catégories logiqni conduisent a de bonnes définitions. On aura une idée exacte de la méthode lateur en lisant le § 36, uù il est question des caractères différentiels de la die, de la santé, et de leurs rapports avec l'intégrité ou U lésion des fonctions.

818 lATROMÊG/lNISME. — ÉCOLE ITALIBNNE.

plutôt a la physiologie, et en particulier de YExercitatio physico' medica de satiguinis natura et constitutione. Le sang est le principe actif de toutes les opérations de l'organisme ; pour que le sang puisse suffire à cette lâche, il doit être dans son état naturel, eu égard à sa quantilc, à son mouvement total ou partiel, & la diversité des parties qui le composent, à leurs proportions, à leur ligure, à leur masse. Pour que le sanig circule de proche en proche cl d'une façon continue, pour qu*il n'y ait pas dans les vaisseaux de ces vides qui laissent passage à l'air ou à d'autres subslances incompatibles avec le sang et qui causent de si graves désordres, il importe que les artères soient toujours remplies exactement, (juelle que soit la quantité relative du liquide; leur texture (rauleur admet pour les artères trois tuniques, avec StéDon et Willis) et leurs propriétés s'y prêtent merveilleusenaent. Il ya trois mouvements dans le sang : le circulaire, ou motus iotiuit qui \ienl du cœur (1); le motus agitativus ou non in iota $ed in partihtis (§ 18), ou encore confusiviis^ turbativus^ qui s'eiplique par les courbes des vaisseaux, par la gravité des parties, c'est-à-dire par leur densité et par la compression qu'eto exercent, par rinfluence de la respiration, par raction de b matière éthérée, subtile, sMl est vrai qu'elle pénètre tout k corps, comme le veut Descartes; enfin le motus fermeniativus, qui dinère du précédent et qui existe dans l'état naturel ou dans l'état contre nature, suivant que le sang se trouve en des conditions particulières placées sous la dépendance de la réa^ lion ou de la prédominance de certaines substances hétérogènes

— DaiiR Dp ftanguinin nnturo, etc., § 66, (suglielmiiii annonce un traité DemtltÊf* et aiusis ft:f/n'um, qui n'a jamais été rédif^é ou qui n'a pas vu le jour« Gettt éf* nicre supposition cit admissible ; car, ainsi que je m'en suis assuré fMir iii«$ yeux, ci que M. Puccinotti l'a prouvé dans son Hiitmre de la médecine^ Im Ihcques italiennes renferment un grand nombre d'ouvrages inédiU de nMdtf illustres des trois derniers siècles.

(1) i> mtit, Guglieimini le fait remarquer, ses contemporains BoreUi et Mi| qui ont démontré romhient le mouvement du sang est continu^ mémo qMidi s'écliappe au dehors, bien que le moteur et les artères aient des motiTeoMili K apparence intermittents. Qngliclmini reprend et développe cette «lémoniMîiO (§ ^'-i?); mais (} 19) il professe sur le passage du sang des artères aux vatoatiS» opinion analogue à celle de Harvey (fov. p« 6iS)t

GUGLIELMtNI. — PHTSI0L06IB. 819

qui le Constituent (§ 10 et suiv.), lesquelles parties peuvent varier par leur figure, leurs proportions; toutes circonstances qui facilitent ou entravent la circulation et les sécrétions, et qui maintiennent le sang dans son état normal ou l'en écartent.

L'auteur examine le rôle de l'air dans l'économie : l'air est encore plus nécessaire à la vie que l'aliment, puisque l'animal meurt plus vite de la suppression de Tair que de celle de l'aliment. La vie générale dépend essentiellement de la vie particulière du cerveau , laquelle tient au sang pourvu d'un fluide aérien, que ce viscère communique à toutes les parties (§ 32). Guglielmini pense que les esprits animaux viennent princi[)alement de l'aliment et non pas seulement de la respiration, comme les anciens le croyaient; il est même tenté de croire que l'air, en agitant fortement le sang, ne fait que favoriser la séparation de ce liquide d'avec les esprits; c'est ce qu'on appelle vitalisatio (§ 33-8A ). Après cela, Guglielmini s'enquiert de la formation de l'aliment; il donne, par hypothèse plus que par analyse, la composition du chyle (§38) : une partie très-pure, une autre excrémentiliellc, une troisième qui n'est autre chose que les sels des ferments et commune aux deux autres parties. Ce liquide pénètre dans les chyli • tères el les lymphatiques pour se rendre au canal thornciqne et ù Vanneau de Bilsy centre de tous les vaisseaux lymphatiques (l).

Arrivant à étudier la composition du sang, Guglielmini déclan; d 66, p. 35) que le sang est un fluide aqueux, dans lc(|uel on rencontre, immédiate confusaet des particules salines dans des étals, avec des figures, et sous un volume variables; des filaments d'une substance blanche, concrescible {staminn albidae cancrestibilis tubstantiae ; fibrine); les globules rouges ou /i///m>-(>ra/m corpuscula (2), des parcelles sulfureuses {stilfwis rnmcntn) qui proviennent immédiatement, soit des parties constitutives du sang, soit du chyle ; des molécules nées fortuite- «fjient de la combinaison des matières précitées ; des particules ^0 chyle qui ne sont pas fondues avec la masse; enfin des (mrlicules d'air qui arrivent les plus épaisses avec le chyle, les

(1) Cr. I 38-39. (domine uiw \oil, noliv auteur r^l Tort nrriéiv, piiistin'il croit encore AUX inventions imagiuiiires He Biis (voy. p. OlO^ note 1).

(2) Vii\ . pliis liaut| Uuïuweiihneck, p. 085 ot siiiv.

820 lATROIIÈGANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.

plus ténues par la respiration, et qui échappent à toute ana^ îyse (1); car, aussitôt que le sang est extravasé, ces particules rentrent dans la masse aérienne. Il y a de plus un capui motiuum composé d'huile, d'esprits et de terre. Dans le sérum seul, dont le menstrue est de Teau pure, résident Vessetice et Vaciivite du. vrai sang (§ 58, 6A); les sels ne servent qu'à la fe^nent^ tion (§ 61). Les globules sont partie intégrante^ mais non essentielle du sang; ils servent d'abord à colorer le sang en rouge; ils ont probablement un autre usage supérieur; l'auteur aime mieux ne pas hasarder de conjectures à ce sujet (§62).

La fibripe ne sert pas à l'augmentation et à la nutrition des parlies solides, mais à unir les diverses parties du sang et à le préserver de diflluence; la nature en avait besoin aussi pour qoe dans la coction stomaco-duodénale les aliments ne fussent pas amenés à leur parfaite résolution, car à travers les premiéâres voies l'aliment aurait pu se perdre, sinon en totalité, au moins es grande partie-, elle s'est contentée d'un état qui permit i l'aliment d'arriver aux chyliféres. Guglielmini se proposait mèmetk montrer Tutilité de la fibrine dans un traité Sur la nature ^ les causes de la fièvre; elle ne doit être ni trop ferme ni trop diflluenle. Je passe sous silence les usages des autres parties di sang, ce serait fatiguer inutilement l'attention et surchargerb mémoire. Il suffit de ce que j*ai dit pour montrer jusqu'où péri aller Timagination d'un mathématicien, d'un physicien fort savant du reste, qui s'obstine à étudier la vie sans le secours de la chimie organique ni des expériences biologiques.

Cependant en 1702 , dans un discours tenu à Padoue et oè il défend le raisonnement en médecine contre l'empirisme, d en même temps, en se fondant sur le dire de Galien, il vantefiitcrvcntion constante des sciences physiques, Guglielmini $*é€rti 1 1 fièrement : La physiologie, c'est-à-dire la science naturelle di l'homme, ne doit pas être construite sur les dogmes d'Aristoie' de Galien, de Platon, de Descartes, ou d'Épicure, mais oonfc^ mément aux lois de la vérité (2).

(1) L'auteur ( § ôA ) s'appuie 8ur les dires de Bellini, son grand ami et très-ingénieux,

(2) Pro theorin medicn adversus empiricûm wctam praeleetio.

GUGLJELMIM. — PHYSIOLOGIE. 821

Si presque rien ne sert dans le sang à raccroissemenl et à la nutrition des parties, d*où vient que l'animal croit et se nourrit? Voici la réponse ; on la trouve au § 63 :

c La plupart des médecins attribuent à la fibre sanguine Taccroissenient et la nutrition de Tanimal; mais cela ne peut pas se soutenir, car notre corps n'est qu'un lacis de vaisseaux (j'appelle ainsi tout canal destiné à contenir ou à transporter des liquides, les nerfs aussi bien que les vaisseaux sanguins) qui sont tissus de membranes ou filaments nerveux (fibreux ?) ; d'où il résulte d'abord que toutes les parties de notre corps, sans excepter les os» relèvent, dans la formation première, du genre nerveux ; et, en second lieu, que leur accroissement, lequel s'opère par //?iussuseepUùn^ doit provenir du suc nerveux et non du sang; d'ailleurs les parties qui apparaissent au début sont l'épine {carina) et les rudiments du cerveau, et non pas le cœur. De plus, enfin, n'est-il pas plus conforme aux opérations de la nature, qni recherche toujours la simplicité, d'avoir un principe homogène pour constituer un organisme également homogène, plutôt qne de confier ce soin à un liquide composé de tant de parties diverses? Donc le sang ni ne forme immédiatement les parties, ni ne leor donne l'accroissement; il ne fait que contribuer indirectement à leur nutrition. Les parties sont dites nourries (nutritae dicuntur partes)^ quand elles jouissent de leur volume requis, qu'elles sont gonflées par un suc nécessaire à l'accomplissement régulier et continu de leurs fonctions, suc d'où dépend leur force, leur consistance, etc. Ce suc {qui agit^ comme on le voit, mécaniquement et à P instar d'un remplissage), doit être approprié à chaque partie; il est fourni par le sang qui comble les intervalles vides, les porosités, mais ne se change pas en la substance des parties, comme le veut l'opinion vulgaire. Sans cesse poussé par le mouvement circulatoire, il s'écoule et se renouvelle sans cesse, à moins cependant qu'il ne doive ajouter quelque comprincipe {comprincipium) d'une grande subtilité et tout à lait différent de la fibre du sang, comprincipe par lequel le suc nerveux soit soudé {ferruminetw), dans certaines parties, dans les os par exemple, et se condense dans les cartilages. »

11 n'y a pas lieu à imaginer une chaleur innée avec les anciens,

822 lATROMÉGANlSME. — ÉCOLB ITAUEMNE.

ni une flamme vitale avec les Cartésiens ; c'est le sang qui développe la chaleur^ animale par les esprits nitro-sulfureux qui y sont contenus (§ 73-75). Nous avons vu plus haut quel rôle le sang joue dans lanutrition, il lui reste un dernier offlce à remplir (§ 78, 79), c'est de fpurnir la matière des sécrétions et du fluide nerveux. Ce double travail se fait dans les glandes : le sang y arrive par les artères ; une partie en est reprise par les bouches des veines, une autre se répand dans les lacunes qui séparent les artères des veines (car notre auteur ne connaît pas ou n*admel pas les capillaires) ; cette partie se divise en deux : l'une pénètre pour Tormer un suc nouveau à travers les nerft qui se ramifient clans les glandes parallèlement aux artères ; l'autre s'échappe par les canaux excréteurs de la glande, sécrétion dont la matière varie en raison de la structure {vésiculaire ou tubtiieusé) des glandes, de la forme et de la dimension des pores ouverts {imculptos) sur les membranes sécrétoires, lesquelles font offlce de cribles. De ces matières sécrétées (§ 80) les unes sont exerémentilielles, attendu qu'elles ne sont utiles en rien au sang, par exemple l'urine, la sueur ; les autres servent à quelque chose après leur excrétion, la bile, la salive, le suc pancréatique; les troisièmes, enfîn, ne sont ni excrémentitielles ni inutiles, mais elles servent aux Fonctions, comme le suc nerveux et la lymphe. On a grand tort de tenir toutes ces matières pour des ferments; car, les unes sont condamnées à l'expulsion complète, les autres servent à des opérations mécaniques ; les troisièmes seules, celles qui servent à la première coction et qui rentrent dans le sang, peuvent recevoir le nom de ferments (1).

Ajoutons enfin que, apYcs avoir étudié la génération du sang dans l'embryon et la conversion du chyle en sang, conversion os assimilation qui se l'ait pour certaines parties du obyle plus vile, et pour d'autres plus lentement, et à laquelle le poumon neparatt prendre qu'une part indirecte, Guglielmini couronne son œovR {dissertationis coronis) par l'examen de ce problème qu'enveloppe une extrême difficulté : comment se fait-il, puisque is

(1; Voy. plus loin, une théorie presque identique et difleraul seulemeot parh^ teni^ig, lonfçuenient élaidic par le médecin un^çlais Cole.

GUGtiELIlINI. — PHTSIOLOGIE. 82S

sang est sans cesse renouvelé par le chyle , qu'avec l'âge la niasse du :*ang languisse à ce point qu'elle devient impropre à ses usages naturels et que mort s'ensuit?

Voici l'explication : l'iiématose ou transsubslaiitiation du chyle en sang requiert les conditions suivantes (.^ S/i) : que le chyle suit arrivé à un état parfait ; que le sang soit bien purgé par les sécrétions de toutes les parties excrémentitielles; que le cœur ait une force sufGsante pour agiter convenablement le sang ; que l'air respiré soit trés-pur afin de vifa/iser le sang. Quand ces conditions manquent, il survient des dt'sordres dans l'économie ; par exemple il est évident (|ue les sécrétions ne peuvent plus s'accomplir régulièrement, par suite du reldchcment ou de Tencrassement-des parties ; cela se fait peu;\ peu, d'abord insensiblement, parce que la nature , suivant le proverbe, n attache pas ses opérations acec un /il, et qu'elle abonde en ressources ; toutefois il arrive un moment où les glandes sont tellement altérées que la machine s'arrête.

On attribue à Guglielmini deux opuscules dont l'un {Epistnla de Dondonellibellocivilimedirn) est publi«» sous le nom de Julius Monilieuus, et l'autre {St/mposiwn medintm, sire (juae.stio convivalis de usu tuathematum in or te médira) sous celui de Donzellini. Dans le premier, on regrette Tautorité dont jouissaient autrefois universellement les anciens; on déplortj les guerres acharnées (1) que se font les médecins (exactement comme au temps présent), non par amour de la vérité, mais pour le plaisir de se perdre les uns les aulres de réputation, chacun avec Tespérance de se grandir dans la renommée publique, (rarriver à la fortune et de faire prévaloir les opinions de stm école, le tout au grand détriment de l'art et des bonnes doctrines. L'auteur conclut qu'il est diflicile d'accorder les modernes avec les anciens, et plus difficile de réconcilier les modernes entre eux, surtout quand il y a des rivalités de clocher: (f car, pour se servir d'une phrase de Galien, on ferait plutôt renier Moïse par un juif, et le Christ par un chrétien, qu'on n'arriverait à faire renuncer un phi-

;l ■ [}9f/tncttantur invicrm ftrofcssore.t ; fiit/lmiwntur rt ciifii^t.

826 lATROMÊCANISIIE. — ÉCOLE ITALIENNE.

losophe OU un médecin à sa secte. > Guglielmini lui-même en est malheureusement la preuve.

Dans le second opuscule, Donzellini, en un dialogue à la bçoa de Plutarque, se moque des chimistes qui veulent, à l'exemple de Tachenius, se rattacher à Hippocrate (1) ; il n'approuve ni les paracelsisteSy ni les helmontiens, ni les galénistes, puis il pread hardiment la défense de la médecine mécanique ; cependant il veut qu'on réunisse les connaissances anatomiques, physiquei, mécaniques, avec la pratique des analyses chimiques. L'auteur fait plus loin la part de chacune de ces sciences dans la constitih tion de la médecine, en ramenant le tout sous le joug des mithématiques, à l'exemple de Borelli et de Bellini, qui semblent ci cela les échos lointains de Galien, si fort partisan des scienoei exactes et qui s'en sert si habilement. La nature n'esl rien qo'u vaste ouvrage mécanique de Dieu, et les activités {acitvii€Ues)ài corps, rien que l'exécution des lois que le Créateur a imposéa (indixit) à la matière, et qui sont les fondements des diventf sciences. De même que les lois de la nature ne peuvent pas mMt quer de leur effet {suo carere effectxi)^ ainsi les déductions léptimes des principes mathématiques doivent nécessaireoiâi exprimer ces mêmes effets. Personne ne conteste que le corfi humain, ses actes, ses souffrances (^055207265) •doivent se rqh porter aux choses naturelles (fid fiaturalia). Si donc la roédedae théorique et pratique a pour objet les corps, leurs actions et passions, elle doit nécessairement être mathématique potf acquérir une exacte notion de ce dont elle s'occupe et s'acquitter ponctuellement de ce qu'elle est chargée de faire. La néeeisité, le hasard, l'empirisme, ont pu mener la médecine à on ee^ tain degré d'avancement, mais ce sont les mathématiques qé seules la perfectionneront, comme il est arrivé pour une fook d'arts et d'inventions.

Une des parties^les plus neuves et les plus instructives du diilogue est celle où Donzellini fait la part de ce que les tbéorioeif .^ (pour l'exactitude des raisonnements) et les praticiens (pourk |^ sûreté des méthodes et des explications) peuvent emprunterUfi-

(1) Voy. plus haut, p. 576,

GUGLIELULM. 825

iimcment à la médecine niécani(|uc ; l'exemple des Borelli, des Bellini, des Pitcairne est là, dit-il, pour le prouver ! Il est im* possible, d'être bon théoricien à moins qu'on ne soit mécanicien. Cependant Donzellini reconnaît qu'il y a plus d'une explication relative, soit aux causes des maladies, soit à Taction de moyens thérapeutiques, qui échappent à l'empire des théories mathématico - mécaniques , et qui rentrent dans celui de la chimie.

L'usage des mathématiques, dit en outre l'auteur (p. 509 et saiv.) > n'est pas le même en médecine que sur leur propre domaine. Considérées en elles-mêmes, elles doivent déterminer chaque chose eu égard a la quantité ; au contraire, en médecine, cela n'est ni exigé ni nécessaire : il suffit que Tattention {consideralio) soit dirigée vers la découverte des causes, vers le mode des lésions, vers la manière d'agir des médicamenls (1), pour lesquelles choses l'abstraction n'est pas requise ; du moins cette nliUlé est à peine comparable à celte qui ressort des abstractions qui tendent vers une mesure précise. La médecine, en eiïct, ne peut pas prétendre à une telle rigueur ; mais l'application des mathématiques est toujours le plus sûr moyen d'arriver à celtf! précision cherchée. D'ailleurs la mort est pour nous la lermina/son fatale, tandis que les nombres ne périssent pas.

L'application' des mathématiques à la médecine dal<.', f:omnH; Fauteur le fait remarquer, de Descartes (2; ot de Ca^hf^idi ; îl aurait pu ajouter, de Caliléc. Rien n'est plus curieux qu<. d'eu tendre l'un des interlocuteurs, Anaximandre, énumérf;r a\<M. <:^ prit et non sans malice les diverses phases pat b;s>f|u<:ll<;^ -4 puot" Il médecine en soixante ans avant d'airivf.-r h l;j \nhA'uU «yu-*- 8tjtution (p. 518, 519).

AN AXIM ANDRE : < Dis-moi, je te prie, Cléobule, quau'.

(^) y^j. p. 535, où la détermination des (-4U^<'^ de nulatius^ •■ i fradente des médicameoU sont appelée* les deu^ p'^l> ^ di l* mvwscz ftsnye d^arriver à ces résultats par l'emploi des niatlKMuuU^uiv '-' ** -^^

(2) On remarquera que Descartef, en si pr«''t4-ndu< %\un\*'- ""^ Physiologiste, n*a pxeri'é que peu d'influenre ^ur la m*:d*r«:iii« *- * •«tte influence a été trë^puis.«40t<; a 1 êtranirer, iim-ih' • ' lit dit, car îl t a plusieurs Cartésiens parmi le.*^ iairuiii«7«r- '

S26 lÂTROMÊGANlSME. — tGOLB ITAUEEUIE.

et jusqu'où ira cette manie d'innover dans Tart médical, manie si fortement enracinée dans l'esprit des hommes. Il y a soixante ans, quand j'élais jeune (et ce n*est pas sans chagrin que je remonte si haut), lorsque je m'adonnai & l'étude de la médecine, il n'était question dans les écoles que du chaud inné, du radicil humide, des qualités premières et autres choses semblables; pour Tanatomie, on suivait Riolan ou Vcsiing, auteurs nouvean alors ; pour la botanique, J. Bauhin [Hisioria Plantanim^ 1660; ou peut élrc le Prorfro;wti5, 1619] et Y Hisioria \jplantarum\l^ (/2m^n525 [de Daléchamps (?), 1587]; pour la pratique, Sennertel Rivière; quant & la pharmacie, on s'en tenait aux Antidotairesetl la Pharmaœpoen dogmaticorum restituta de du Chesne [^W^l on allait, tout au plus, jusqu'à la Pharmacopée (TAugsbourg; k plupart du temps on s'en rapportait à Weckcr [Antidoi. generak et spéciale, 1585, 1588] et à Uenodeua [Renou, Dispensaîor.mt dicuniy etc.. 1623]. On chuchotait {nmssitahatur) sur la circall* tion du sang, mais les contradicteurs ne manquaient pas. A peiat étais-je au courant de tout cela et avais-jc débuté dans la pratique, quand on commença h parler du système chimique de Va Ilelmont, puis de ceux de Sylvius et de Willis, qui imaginèreri de nouvelles idées sur les maladies, des méthodes et des remèdei nouveaux. Alors l'hypothèse sur l'alkali et l'acide se fit jour, el, comme un incendie, envahit bientôt presque toute l'Europe. $*il faut même dire la vérité, aucune ne fut plus prônée, et cebi comme je le crois, parce qu'étant bien fournie d'cxpérimeols nombreux, à la portée de tous, d'une préparation facile, clh suffisait à tout avec cela. Ainsi les poudres alkalines, regarda par plusieurs comme des cordiaux et des alexipharmaques, fo^ mèrenl au moins le tiers de la matière médicale, de même que les humeurs acides, après la proscription des quatre humeurs vulgaires, furent chargées de tout le fardeau des causes morbi- Hqucs. Entre temps, les anatomistes donnèrent au corps humain deux fois plus de parties, pour ainsi dire, qu'il n'en avait auparavant, et de nouveaux usages des viscères remplacèrent lespnciens. Les botanistes ne restèrent pas en arrière, apportant de l'Amérique, de TAfrique, de Tlnde, de la Chine, des plantai inconnues prises à la surface de la terre ou tirées du fond de

BAZZICALUTE. — PHYSIOLOGIE. 827

)cëan ; ils ont si bien assemblé les familles que, par l'invention de isses, le changement de genres et l'assignation de certains ca- :;féres, beaucoup de plantes furent expulsées de leurs antiques fDeures en recevant des dénominations diverses qu*on ignorait r a vingt ans. Les physiologistes même, s*imaginant (|u*ils deent faire cause commune avec les physiciens, répudiant les es d'Aristote, introduisirent dans la médecine les systèmes de Bcarteset de Gassendi, systèmes qui ont été torturés au point 'on ne sait sur quel fondement physiologique cha(|uc médecin i reposer ses théories et institue son traitement. Cette diversité docirines n'était-elle pas sufiisantc pour tout confondre, sans copier que les mathématiciens achevaient de tout embrouiller? tu comprends bien ce que j'ai dit, ô Cléobule, tu resteras perftdë que tout cela ne vient pas du désir de faire marcher et de rfectionner l'art, mais d'une manie désordonnée de produire i nouveautés et de l'envie immodérée d'une gloriole péisable. »

Gléobcle (p. 620) répond fort sensément à cet esprit chagrin : Fe veux comme toi la fin des nouveautés ; mais loin de croire 'elles ont mis l'art sens dessus dessous {sus defjuH) , je croin Telles lui ont profité en excitant les esprits et en laisnt quelque chose après elles; j'ai lu les anciens et les nio- ^mes et j'ai rempli mes cahiers de notes utiles; d*un autre ttét si Ton compare la pratique d'aujourd'hui h celle d'aulrel/i«, 1 restera convaincu qu'elle a fait de grands pro^nV^. > Vnh. i' joule : € Maintenant que les malliématiqueH sunl no-: j^uid*- Dus marchons sur un terrain solide et qui ne eliari^ç^ia p)^J^ 'histoire adonné un cruel démenti à cette cof»chi>iori t'juU; «inelle de Cléobule, je veux dire de Finnzellini.

La théorie d'Ascanio-Maria Bazzicaluve de \Mi'A\\xic^ H > t» peu près, comme celle de Borelli, sur la fernienlaiM»» «

(1) \ovuM systema iiie*tit:0'me:hnni'Hin rf nmo totfj"^*" rtft"" z^Mine ^'omprehenduntur infltimmotiofies omnei, inh'n\*^'o *•' •"" te/«/es ; Parmae, 1701, in-4'. I."e\L!niilfiir.î «li-n» y "■• •'"* "^ *rede biiiT^n ; ï\ est cou'^n.i •l-m- li H'-r,.*- .J. l;« liit»»""!».— i\re trs* rare en France ; je n ai loéino [m? pu irMU^' ?■«'••• »""•"

828 lATROMÊCANlSME. — ÉCOLE ITALIENNE.

les lois de la mécanique. Plus explicite encore que Fauteur lu traité Du mouvement des muscles^ Tauieur du Système médico' mécanique déclare que la fermentation (ou reffervescence, oa l'ébullition, ce qui est tout un pour lui comme pour Cuglielmini), date, dans le corps de l'animal, de la création même ; c'est parla juste mesure de la fermentation que se maintient la santé, et par ses désordres que se produisent les maladies (1). Si la fermeitation est la cause de tous les mouvements organiques sains ûi pervertis, les mouvements s'accomplissent suivant les loisdek mécanique et de l'hydraulique. Bazzicaluve suppose que tooleh masse du sang est constituée par des globules que séparent de petits espaces, et que ces globules eux-mêmes résultent de l'asse» blage de particules très-petites et hétérogènes, salines, sulfur» ses, tartareuses, nitreuses, spiritueuses {air élastique) et autres (2). On peut croire de plus que, par suite du mouvementé sang, et,'par conséquent, de l'attrition ou de la collision des )jt bules et de leurs particules constitutives, les particules ignitf sont énucléées successivement, comme un noyau de cerise prev par les doigts, en plus ou moins grande quantité» suivant la oo» position et la force du sang, ou la densité et la résistanec qa'oppose la capacité des tubes capillaires, soit libres, soit obstrués. De la multiplicité et de l'intensité de ces espèces d*étinceUes, lorsqu'elles dépassent la mesure normale, résultent les maladies, ea particulier l'inflammation, dont l'étendue et la gravité varient ea raison du degré de l'incendie et de l'état des vaisseaux (3}.

Le côté mécanique de la théorie est, soi-disant, élucidé par une suite de ligures fantastiques où se trouve représentée la

(1) Lectori benevolo* — Voy. aussi prop. 5.

(2) Voy. le corollaire de la prop. 3, p. 14-17^ sur la manière dont le tny» recrute à Tuide du chyle, et sur les meinbranules des globules. Dans le yuMl les particules suirurcuses, nitreuses, etc., du chyle pénètrent a traTert lespMf*^ mcmbranules pour s'unir avec leurs congénères. 11 semble aussi qu'il ya^par**» de la pression, une espèce de transpiration ou d'éjnculation h travers les ^UMti» non-seulement pour les particules ignées, mais pour les autres^ toi^oun i Tift* d'entretenir la fermentation. Yoy. p. 816. — Quant aux sécrétions^ elles 9,'cfèrt0 dans les glandes par la rupture des membranulcs qui, suivant la force de lapK«* laissent passer tel ou tel liquide.

(3) Lfidori benevoh^

Bâ2ZICALUVE« — PATHOLOGIE. 829

marche des globules dans les artères (1) . L^ensemble de ces vaisseaux avec Taortc est comparé à un arbre dont les branches seraient dépouillées de leurs feuilles. La forme conique des artères, artérioles et capillaires détermine précisément, en vertu des lois deThydraulique, les efforts et Xnréfleocion du sang pour se frayer un chemin sous Timpulsion du cœur ; de ces efforts, augmentés par la résistance des tuniques artérielles et la pression de Tair, résulte l'énucléation des particules ignées qui entretiennent la fermentation, c'est-à-dire la température du corps, quand tout passe selon Tordre naturel (2).

Telle est l'idée qu'on doit se faire de la physiologie du Nouveau $ysième midico-mécanique . Passons à la pathologie. Par le mot "iumeurj Bazzicaluve entend toute espèce d*éminence ou d'éle- 'mre, y compris l'inflammation que les anciens appelaient aussi tumor (prop. Set 10) ; les tumeurs sont ou chaudes ou froides, on flatulentes ou mixtes ; elles ne peuvent même être autrement. Les chaudes sont produites par une trop abondante séparation {segregatio) des particules ignées très-ardentes ; les froides, par insuffisance de cette séparation et par le peu de chaleur des particules? Les tumeurs flatulentes proviennent de ce que dans t quelque partie du corps la matière des globules peut être dei 'pouillée de son élément humide, devenir viscido-siccior ^ s'arrêter, ' et donner lieu ainsi à une fermentation en raison de la prédomi- I nance des particules ignées et de la dilatation de l'air intérieur I qui distend et brise les membranules environnantes. L'explication des tumeurs mixtes est naturellement un peu plus compliquée : comme les globules sont composés de particules hétérogènes, s'il y a un arrêt d.i sang [consistentia sanguinis)^ il séjourne dans qudque partie du corps, et,' s*il se .fait un mélange anomal des globules, si leur perspiration est troublée, s'il survient quelque pression externe qui déchire la membranule, alors, dans un tel désordre, il peut se produire un mélange contre nature des parti-

(i) Le coan du lang est accéléré dans les artérioles, à cause de la petitesse de leur Inmière. C'est lA une des hypothèses de Bazzicaluve, adoptée par Hoflinann, et q«i sépare BanlcalnTe des autres mécaniciens.

(2) Prop. 1, 2, 3, k et 6«

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culcs hétérogènes, de sorte que les particules ignées abondent dans certains espaces qui se prêtent à la fermenta tion, tandis que dans d'autres elles sont si gênées qu'elles ne peuvent pas se dégager. Par suite d'un mouvement de va-et-vient, h lor meur sera donc alternativement froide, et chaude, ou en pirtie froide et en partie chaude (1).

Un effort trop violent des globules les uns sur les autres, c'est à-dire une trop grande condensation du sang (2), en faisan jaillir les particules ignées, développe l'inflammation ; c'est Ub première cause ; il est même possible qu'il en résulte la fermenti* tion destructive par la putréfaction du sang, si ce liquide perdh faculté de se mouvoir convenablement. Une autre cause (prop.ilj, c'est la diminution des efforts du sang par suite de l'évacualioi des parties liquides, ce qui donne alors libre carrière aux paitir cules ignées qui trouvent de plus vastes espaces entre les globoks très-séparés les uns des autres (raritas sanguinis). En toosctt, ces phénomènes ne pourraient pas se produire, le sang ne poiff* rait pas être entravé dars sa marche, si les artérioles n'étaient pas coniques (prop. 12). La fièvre nait de l'inflammatioa ; ei effet, par suite de la stase, l'ébuUition, ou fermentation enexcèii se propage à toute la masse du sang. Du reste, le sang 4oitètie prédisposé à engendrer l'inflammation par l'âge, le tempéramati les saisons, le régime, les lieux, etc. (prop. ià); cela est élaU en vertu de la doctrine d'Hippocrate tirée des Aphorismes\ des Conques^ et d'ailleurs (3).

On ne doit pas s'attendre ici, avec un auteur aussi décidément systématique, que la thérapeutique sera en désaccord avec b pathogénie. Il y a donc deux indications à remplir (prop. 16): séparer les uns des autres les globules qui, par suit 3 de trop grands

(1) Dans la seconde partie du Sysiemay Raliicaluve revient d*uii«fiçoiigMiii sur ces qualrc espèces de tumeurs (prop. 17-24) qu'il se proposait d'éludier fi* tard avec grands détails.

(2; « Auctus glohulorum nisus inter se invicem, seu^ quod idem est, riniâ^ saii'^uinis. »

(3) A la page 62, l'auteur ne parait pas éloigné de partAgcr Topinion de ^^ qucs physiologistes qui admettaient Texistence de conduits direcU entre re«toBir<* les r(>ins, pour expliquer dans l'urine la présence si rapide de la couleur et de l'odetf, soit de la rhubarbe, soit d'autres substances ingérées dans rcstomor.

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et (l'une trop grande tendance au rapprochement, à la Q {compactio)^ sont foulés les uns sur les autres (réfrigédésobstruants, et, parmi les désobsl ruants, la saignée, le S8 possible du côlé malade, suivant le précepte de Dellini, premier rang; humeclanls, rcsolulifs) ; rapprocher les gloils sont trop distants les uns des autres (1); pour cela enréfrigérants, les résolutifs, les désobstruants, auxquels on les répercussifs et les incrassants, toutes indications rems'appuyant encore sur les Aphorismcs d*iIippocratc (2j. lux tumeurs froides (prop. 20), il faut les traiter [lar les .ces qui augmentent reiTervescence du sang; mais liazzia'jndique pas la série des médicaments ; il n*cflt pas plus s pour les tumeurs flalulentes, et pour les mixtes. Du omme je l'ai indiqué plus haut (p. 830) dans une note, se proposait de revenir sur ce sujet; mais, vous en cou- E, Messieurs, ce (|ue je viens de vous révéler de sa du^ »as permettra de l'apprécier.

I un traité des fièvres (3) que je n'ai pas pu me piututv: 1er n'a pas vu, que de Renzi ne parait pas avuii iii, «ni )Ui ne donne que le titre, et dont Spreu^el «iiiiii l soi que la théorie des fièvres y est expli<|uée pMf 1 umiyticolas Crescenzo, de Naples, a écrit un attli«: mmnt. moins connu que le Traité des fihreu^ et où inimwi&i'. que joue un certain rôle (A). En sa qualiU: iif;«prtft«osophie, Crescenzo veut que l'étude àt ia hmMci'

i a vu un peu plu< liaut quo l.i raritot »<f/tyii<M«,' de rinflammation.

y.,outrc r.in;uiniMit il*^ l.i |iro(>o<sîtion 1€. %.. 130 ' fi/,-

éd te IKre d'après Hitler, ». CretccflCr I tÙmiÊmfebrium »ok*i ^xpnnitur ratto, igpomamenii (au nombre de quairv ymte ia primn voita introiiotta fiUr f^m^. «ci. j„ .

ml rert^ iiwfto tl'flln m^lirinn. t « «iKji.. . i i.iii

PMDi/a ftmH hrtvtf metofh 'le i; Xapoli, 1727, in-A*. Ce « t, fluit ne l'a pu

il- riM n*

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fortifiée par Tétude de la physique, de la logique et de la morale; cependant il ne semble pas qu il soit besoin d'un tel appareil de science pour noyer les maladies, sinon les malades. C'est de la Chine que vient la vraie médecine, celle qui consiste à faire ingérer au malade plus ou moins d'eau froide. Au rapport du père Bartoli, dans son Histoire de FAsie^ les maladies les plus désespérées ont été guéries sous ses yeux par ce simple traitement, qui s'est d'abord répandu en Espagne (on en sait quelque choee par Gil'Blas) et de là en Italie, où il fait merveille.

En Asie, en Amérique, en Afrique, on conserve encore, Dieo merci, la connaissance des bons médicaments, parce qu^on rCytû pas empesté par les écoles médicales; mais, partout où exisie cette peste des écoles, comme en Europe, on accorde beaucoup trop de soin et de temps à toutes les connaissances médico-phfsiques, ou physico-mécaniques, mathématiques (pour lesqneile! il montre cependant un goût particulier), ou encore aujourd'hni à Naples, aux spéculations rhétorico-médicales (1) qui sont m aliment à la curiosité philosophique, qui payent d'apparence, mais qui ne sont pas profitables à la thérapeutique. Cresoenie condamne la chimie, même l'anatomie, celle du moins qv montre trop de zèle et se livre à A' inutiles recherches ; d'oùFoi voit bien que notre auteur était fort de Tavis de ceux que gou^ mande Sténon (2), ce qui ne l'empêche pas de dogmatiser laimême à outrance.

Ce sont les écoles qui, en engendrant le scepticisme, ontperdi la médecine de réputation, et l'ont mise à Naples dans un si pitetf état, que nombre de jeunes gens imberbes se permettent de médicamenter. Quant à lui, Crescenzo, il tient pour Tunionde la secte empirique et de la secte rationnelle ; il pense que la médecine a plus de certitude que beaucoup d^autres sciences, atf que de la certitude générale il ne faut pas conclure à la compK*^ certitude dans les opérations particulières, comme cela airivt aussi dans d'autres sciences. Il préfère, pour l'enseignementili

(1) P. 20. — Voy. p. 58-60 la conversation de Crescenzo avec un médedakc* parleur, mais dépourvu de toute science.

(2) Voy. plus haut, p. 676.

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