‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 39 sur 102 · CRESGËNZO. -^ CURE PAR L'EAU. • 8S · texte numérisé non relu

CRESGËNZO. -^ CURE PAR L'EAU. • 8S

mélhode analytique (syllogisme) à la synthétique {induction) (i): par conséquent, Platon, Descartes et les géomètres, à Aristbfe; et surtout à Bacon de Verulam ; mais c'est par la méthode synthétique que les sciences en elles-mêmes commencent et s'accroissent.

I Agostino Magliari fut l'un des premiers qui cherchèrent à faire prévaloir à Naples la cure par l'eau ; ses succès déchaînèrent les médecins contre lui; il faillit tout compromettre, parce qu'il raisonnait à sa guise et comme personne; ne voulant faire aucun sacritice ni à la philosophie . mécanique moderne {filosofeg-^ giore ammoderniiOy chc dicono mecanismo), ni à la philosophie de Descartes {filosofiçanti alla cartesiana) ^o\xv ^\di(\\xe\[eyeïi' goaement était universel à Naples, il s'appuyait sur les saintes Écritures, et semblait vouloir les réduire en eau {reddurre'la saera Scrittura in acqua), tant il accumulait les passages en faveur de sa méthode aquatique, qu'il appelait la plus sublime des philosophies (2). Les efforts plus habilement dirigés par Crescenzo, et secondés par des adeptes courageux et fidèles*^, finirenl par triompher des obstacles, et de son temps la cure parl'eàû froide prit grande faveur à Naples ; il rapporte avec complaisance pne foule de guérisons de toutes sortes de maladies internes ou externes. . i

. Peu d'ouvrages sont aussi diffus, aussi remplis de divagations que celui de Crescenzo ; plus de cent pages y sont consacrées dans l'un ou l'autre Raggionameiito à la méthode de philosopher en général, et dans la médecine en particulier ; on n'y rencontre que des observations incomplètes et de vagues renseignements, nais rénumération de loulesles qualités merveilleusesdereau(3).'

. (1) Pur etemple, MéUiode unalytiquc : tout Teu rcchauiïe ; ceci, cela est feu/ donc ceci, ou cela réchauffe ; Méthode syuthétiquc; ce Teu, cet autre, et tous tes «utrcf ieut Téchauflcnt; donc chacun de ces Teux réchauffe.

; (2) Voy. p. 8A-85 etsuiv. — Tout ce Haggionamento seconda cft très-curieux* ^Mur lliittoire de la médecine à Naples. ] ' ^

' (8) Noos Toyons, à la page 103^ que Crescenzo eut vers 1705, à riiopital des In-' «onUef, à Naples, une conférence avec le chirurgien français Bigot^ lequel avait ^trconru l'Europe, fréquenté les plus habiles médecins, et qui désirait discuter sur Mf cure des hydropiques par de copieuses libations d'eau simple^et non pas seulement

ftAMumo, 53

836 lATROMÉCANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.

î.a première partie du troisième Ilaggionaninifo est consacrée àl'exposilioii du système physiologique de Tauteur; ce système ne diflèrc lias beaucoup de celui deDescarles, dont Crescenzo invoque à plusieurs reprises le témoignage sur ces questions, et qu'il approuve aussi (p. '211) d'avoir soutenu que les solides diffèrent seulement des li(piides par rinlensitc des mouvements. On voit bien qu'il s'est un peu inspiré des théories mécaniques (il met, p. 219, llor(^lli hien au-dessus des acidisfes), surtout en ce qui touche les esprits animaux, les mouvements du cœur, et l'analogie des glandes (I) avec un crible; mais moins par conviction ou da moins par une étude explicite, que pour ne pas se mettre en opposition avoc le goût du siècle, car la prudence est la grande qualilé de noire docteur.

Il posait en principe, avec Guglielmini (voy. p. 820), quek sérum est la partie la plus imi)ortante du sang, que c'est aussila partie de celte humeur qui se dissipe ou se consume le plus proraptemcntdans les fièvres; il en conclut rindjspensable nécessité da traitement par l'eau. 11 y a quatre circulations : celle du sang dans les artères et les veines ; celle de ce môme liquide à travers le poumon, quoique, à vrai dire, cette seconde circulation fasse partie intégrante de la première; la circulation des esprits animaux qui se répandent (hms les fibrilles nerveuses, partant Je h tète et revenant au cerveau parles lymphatiques et aussi par le: vaisseaux sanguins qui s'abouchent avec ces lymphatiques; enfin, celle de la bile, (jui va du foie à la vésicule, et qui revient dcb vésicule au foie pour se mêler au sang, après avoir envoyé an intestins sa portion la plus impure; il rattache, à peu prèsconirne l'avait fait Baglivi (voy. p. S02), mais sans le nommer (â), te

«l'oaii iVinr. Li> im'dcciii iiapdlitaiii rro>ait, cniitrairciiu'iil nu inédccîii françai*. f>' Tfau fonV'O a pins «l'officacili'.

(1) Il fun^i' (p. 105) cunime IVHiiii (voy. plus liant, p. 769) qiu» lo9 glamlff »' sont pas autiv.(Iu».^«M|U(' l\'\lrcinilL' des artères ouroulées pour periiiottro la sit* (le s'arrilrr »piL*U|urK inslauls, nfni île s'y pnrjri'i' <I<'S diiïéivnto.s iininon<licfS *■• \ai»l la foiin*' «Irs pores ri «les ^'lamles clles-nièmes : il 5'appuic> nirinc $ur U* dût^ IMalon on sou Tiinv*'!

(2) Il ri le Sléuou, Vieusseus et Lower, pour le cœur, Dflus sa ilt'dU^arr À Kifrt'' PioClarelli, u)«M](>c-in de Tempeivur Charles 111, il célèbre Mnlpighi et Guylielaî*i pour la grandeur de leur doclruic répandue dans le inonde enUor,

CEESGEN7X). — CURE PAR L'eAU. 835

niouvcmenls des sucs nerveux à ceux de la dure-mère, lesquels sont aidés par la pulsation des artères ; toutefois, il pense que ces sucs viennent directement de la partie la plus subtile du chyle. I/entrelacement infini des plus petits ramuscules des vaisseaux permet au sang de s'arrêter facilement, et Ton corrige la crudité qui en résulte, pourvu qu'on tienne compte du degré de la crudité et des lieux où le sang cesse de se mouvoir. De même que Teau donne au sang la pénétrabilité, de même le fiel, qui n'est certes pas un excrément sans importance, le rend plus onctueux, plus coulant, plus visqueux, comme Thuilc agit sur les couleurs. Le sang proprement dit et le suc nerveux servent tous deux a la nutrition. La seule question douteuse, pour notre auteur, c'est de savoir si les deux fluides nourrissent séparément, l'un les parties musculeuses, Vautre les parties spermatiques, ou toutes les deux ensemble, par leur mélange. Crescenzo penche vers la première opinion, eu égard à la diversité de nature de ces deux éléments essentiels du corps.

Après avoir établi que l'eau maintient le corps en état de santé, Crescenzo, dans le quatrième et dernier Raggionamento^ montre comment avec cette même eau on chasse presque toutes les maladies. C'est là qu'il donne aussi les règles pour l'administration de cette panacée universelle : par exemple, il conseille dans les fièvres continues de n'en commencer l'usage qu'au moment où il se manifeste des signes de coction. Quant aux fièvres intermittentes, il n'a eu l'occasion que d'en traiter deux et avec succès, même une que le quinquina avait changée en fièvre continue et aiguë, après que le malade avait, une première fois, interrompu la cure par l'eau. La quantité d'eau à boire dans les vingt-quatre heures, durant six ou huit jours et plus, variait entre douze ou quinze bouteilles et même plus (une bouteille par heure ou par heure et demie) ; pendant la cure, on ne devait pas prendre de véritable aliment; puis, on allaiten diminuant; c'est ce qu'on appelait la cure parfaite (voy. p. 335 et 353). — H n'est pas besoin d'une plus longue analyse d'un volume qui n'a pas moins de 871 pages, pour donner une idrc et de la docirine et de son auteur, ainsi que de l'étrange association dos théories de Borelli avec la moitié de celles du docteur Sangrado.

83d lATBOMÊCANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.

L'ouvrage de P. MicheloUi (1) sur les sécrétions (2) est à la fois dogmatique et historique ; la conlroverse y est même assez vive sous les formes les plus courtoises ; et, malgré robscurilé de l'exposition, on lit ce livre avec intérêt, parce qu'il tient parfaitement au courant de l'état des questions relatives au mouvemeot du sans: et aux sécrétions, durant la seconde moitié du xvii* siècle et au commencement du xvIIl^ La profession de foi de Hichelotti est fort simple : la partie des mathématiques qu'on appelle mécanique rationnelle révèle aux médecins les causes cachées des fonctions des parties; sans elle on ne connaît rien, ni à la vie, ni à la santé (p. 2 et 3). ....

L'auteur disserte longuement sur le rapport qui existe entre la consistance des liquides, leur degré d'élasticité, le mélange ou plutôt l'union des fluides ayant diverses qualités physiques, la forme, la résistance, l'élasticité, les courbures des canaus, relativement au mouvement de ces mêmes fluides dans les tuyaux qui les contiennent, et il applique toutes ces ^données aux artères (voy. particul., p. 69 et suiv.). Du milieu d'une foule de discussions, qui toutes ont trait à l'hydrodynamique, se dégagent les deux lois suivantes en ce qui concerne les sécrétions, lesquelles sont réduites à un acte mécanique et non à une fonction vitale. Première loi (p. 238). Le fluide à sécréter, de quelque genre qu'il soit, qui préexiste dans les artères et dont les parties adhèrent, par un simple contact^ aux parties du sang, s'il est condail vers quelque glande, coule à travers dans les orifices des canalicules séparateurs {excréteurs : in canaliculoriirn separaniiu^ orificia) , orifices ouverts dans la cavité de la glande et n'offrant aucune résistance, pourvu que le fluide lui-même soit divisé, (^ actu, en parties dont le plus grand diamètre ne soit pas pte considérable que le plus petit diamètre des orifices {dummodo.**

(1) P. A. Miclielotti, De separatione fluidnrum in corporc animali disserté^ physicO'mecofW'O'mef/icn ; Venet., 1721, in -4°, avec celle épigraphe : «Ooecri* qui ignore les innlliéinaliques s'éloip^nc de l'école de la médecine rationnelle. >

(2) Celles, bien entendu, qui ont les glandes pour siège, car on ne connaît enc^ que Irès-imparraitement le rôle des séreuses : il e$l même dit (p. 233-SSâ)^ « Comme la slruclure des glandes est vasculeuse, partout où il y a sécfétîoBfl! a des glandes. »

' MICIIELOTTI. — PI!YSIOU)GIË. ' 837

ad minimam orificiorum diametrum haud fiabcat rationem majoris inaequalitaiis).,. Lorsque les parties du fluide âsécréler coulent avec le sang dans la cavité de la glande, nécessairement quelques-unes de ses parties, ' à savoir celles qui se présentent / aux orifices des vaisseaux sécréteurs en faisant eflbrt sur les parois de la glande, seront dérivées vers les vaisseaux sécréteurs. ' Suit la démonstration mathématique, et dans la scliolie (p^ 2/iO et suiv.) Michelotti- s'appuie sur cette démonstration déjà em* ployée, mais[non expliquée par Pilcairnc (1), pour déclarer avec cet auteur que la sécrétion n'est pas comparable à l'opération d'un crible, qui exige que tous les trous soient de même figure ; car, suivant Pi tcairne et Michelotti, c'est non la figure, mais la capacité diverse de la lumière des orifices qui fait la différence des sécrétions (2). En tout cas, il n'en reste pas moins acquis pour les iatromécaniciens que l'un des actes les plus essentiellement vitaux n'est plus qu'une question de mécanique et de rapports de grandeur, entre des molécules et des pores. • Deuxième loi (p. 250) : « Les parties d'un liquide quelconque qui doivent être sécrétées du sang, et qui préexistent dans les artères, peuvent se séparer du sang lui-même et se rendre dans les conduits sécréteurs propres des glandes, quelle que soit la rapidité du sang circulant dans ces glandes, pourvu que les parties A sécréter ne soient pas agglutinées avec les autres parties du sangy mais qu'elles leur, soient seulement contiguës, afin qu'il n'y ait pas obstacle à la séparation (3). » : Pas plus la seconde que la première loi ne fait connaître en vertu de quelle puissance une glande sécrète plutôt un liquide quun autre; elles nous apprennent seulement, mais sans dire ni pourquoi ni comment, que le liquide sécrété est en rapport de volume avec telle glande plutôt qu'avec telle autre. C'est ce que l'auleur tâche, mais vainement, de déterminer dans le chapitre second (p. 259 et ruiv.), où il passe en revue tous les liquides sécrétés et aussi les esprits animaux, et il avoue que les causes mé-

(1) Voy. De circui. sang, per vnw tnihima^ § 2, p, 23 de l'cd. de Rotlorduiu.

(2) Vuy. plus loin, p. 850.

(3] Michelotti nie que le sang niarcbc plus rapidement dans les petits que dan» les gro^ vaisseaux. . ' ' - • - ... >

838 lATR OMÉGANISME* — ÉCOLE ITALIENNE.

Cliniques (c'cst-a-dire celles donl nous connaissons ou la stnidun ou la manière d'agir) ne peuvent pas seules expliquer entièrement celle séparation, attendu que ni la contexture intiaie des glandes ni la dureté ou la ténuité de chaque liquide ne sont assez connues et ne peuvcMit même rétrc. H essaye seulement d'établir des distinctions ou des analogies entre les diverses humeurs, eu égard à leur consistance, par exemple Turine et la sueur qui se subslituentruneà Tautrc (chap. m, § 3, p. 319), la salive el les autres humeurs sécrétées parla muqueuse gastro-intestinale, la semence et la lymphe. Tout cola, c'est reculer et non résoudre la difficulté. Il est im|)ossible d'accumuler plus d'hypothèses invraisemblables dans une science qu'on voulait rendre aussi positive que sont les mathématiques. Sans doute, pour toutes les fonctions où la mécanique peut revendi(|uer quelque droit, par exemple, pour le mouvement des muscles, pour la circulation (encore une petite partie), les iatromécaniciens sont en avance sur les anciens; sur presque tout le reste, ils sont aussi aventureux, aussi ridicules, aussi éloignés de la vraie méthode expérimentale qui cependant fleurissait à coté d'eux !

Aussi Leibnitz, se détachant un instant de son grand traité d'histoire, écrivait-il de Hanovre, le 17 septembre 1715, à Michelolli qui l'avait consulté (voy. p. 347 et suiv.) : — « La cause de la sécrétion n'est pas encore assez instruite pour qu'elle puisse être jugée en ce moment, sinon avec précipitation. Vos méditations à ce sujet sont à nulle autre pareilles. Vous avez heureusement tenté de joindre les mathématiques à la physique; mais nécessairement vous restez dans les hypothèses encore peu solides faute de données. » Leibnitz ne voit pas qu'on ait réfuté victorieusement les arguments en faveur de la fermentation ; il voudrait aussi invoquer des causes physiques , celles dont le mécanisme est caché. Knfin, il souhaite qu'on ne fasse pas comme les Cartésiens qui s'écartent trop des choses soumises aux sens, mais qu'on tache de tirer des expériences tout ce qu'elles ci)in* portent avant de se livrer aux hypothèses (1).

(t) « Cacterum daiida opéra est, no, Onrtosiaiioruni cxcmplo, nUnisabiis ^ sunt Rciisui suhrlita, roccdamus, sod ev iis quac expcriinenlis coustaut, duccrottftemus quidquid polosl, autcciuaiu in liypollicscs liberiorcs expaUemur. »

IIAZINO. — PHYSIOLOGIE. 839

Une pareille lettre n'u pas liesoin de commentaire : elle a satist jMiclielotti ; je crois qu'elle nous sati^('e^a encore davantage.

tfazino, de Brescia, professeur de imnlecine pratique a I^idoue, rublié une Ibule de dissertations (|ui ont rté réunies en trois urnes în-A" (1). Le premier volume contient ce qu*un pourrait peler une physiologie générale de la matière, ou un traité des bslances actives (2), c'est-à-dire élastiques (air, lumière, soulVe) , i des principes inertes qui la com|)0SfMit leau, sels, in«;rcure/ rre) ; puis la physiologie des animaux (tempéraments, diges- OD, chylificalion, sanguification, respiration, nutrition, ^ens, itelligence, mouvements, génération, production du lait;. — ^ second volume est tout entier consacré à la théorie mécafue des maladies ; eniln, le troisième renl'erme un traité sur la piration du fœtus, et deux autres sur la mécanique du pouls et urines.

Examinons rapidement ces divers ouvrages, en laissant de côté {ui se rapporte à la composition primordiale de la matière rie. — Voici d'ahord comment il faut concevoir les tempéra- Qitsi§ 83etsuiv.). Du lenq>érament iteinpf^rit:^) spécilique des des et des solides de la machine animale dépendent les ac- 18 spécifiques et les réactions naluiHles ou centre nature en de sa conservation ou de sa décnmpositiuii ; donc les ihiides peuvent rentrer dans le domaine du tempérament normal le l'intempérie doivent être consitlérés primitivement dans le S" (a sanfjuiuc desimieiulff sunt). Quoique dans la formation Ekiière du fo.»lus le fluide nerveux [laraisse être celui dont les Aessanguins, lyniphaliques et même les premiers solides sont 5 (3), néanmoins, après la formation de ces liquides et de ces

) J. B. Ma/ini... Opéra omm'a wmc i»rimuin irihifs tonns di^trihuta. Hrixia»'.

*^ iii-4^. — Los Italiens écrivent Miiz/iiii ou Ma/ziiio, ol iiiôiiii' M.t^iiio.

' Ct'5 5itli<tiincos ou CCS parlirules iJriiiiMriIiifli's el sriniiialc'S m* sniil i«as IfS

*• d'Epifuri', solides, iMtli\i>ild»'<, inobilus par cux-niriiU'S, rUnu'I.-», uiai> dos

^\ilcs di^i?ibl(•^,péri^^a!)les {r/iffurtif*), niobil''S, rr/i-v.-- pur l)i«'U pi»ur l.i (M'MI-

*Oii ou la di-î.^'Iulion di- l"a"jr..':al ni'iurrl ;;; 2). I.'-.- pllJ•'i•.»l^^^:i^k•s m'uKiUi-s

Mus prî-s d'Épii'ure que di^ Maziuo.

k VoT. plus haut, p. 766 et 821, ce que je rapporte des opini«m> de Belliui

^^nt cette question.

SftO lATROMÊGANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.

solides, le suc nerveux se mêle au sang et à la lymphe, et sVn sépare par ses organes propres, en quantité et avec des forces déterminées, el toujours ainsi dans le cours de la vie. Puisque, d'un autre coté, après la formation de ranimai, le sang eslk liquide qui, par l'ampleur de ses vaisseaux/ par sa quantité, sa couleur, sa rapidité, est le plus appréciable aux sens ; puisqu'il reçoit aussi et sécrète tous les fluides, et qu'enfin par les phénomènes naturels ou contre nature il est celui des nombreux corps composants qui produit dans la machine animale les effets les plus sensibles, c'est justice de considérer comme source et racine du tempérament et de l'intempérie la masse du saog

mêlée avec le suc nerveux, la lymphe et beaucoup d'autres éléments, dont les uns sont doués d'activité eié\asiiques(actuosaet elastica)y et les autres inertes et non élastiques {inertia et nm elastica). Le reste de la dissertation est destiné à démontra celte thèse physiologique, appuyée en partie sur l'autorité de Boyle et de Willis, que les tempéraments ou les intempém résultent,' sous l'influence variable des six choses non naturelles (air, aliments, exercices, etc.), de la bonne proportion ouda défaut d'équilibre des corps constituants. — La théorie mécanique des maladies en est un développement pathologique. ' 11 faut ajouter (§ 87 et suiv.) qu'il y a deux espèces de tempérament, comme disaient les anciens, et notamment Avicenneiui tempérament rjuoad pondus ^ et un autre quoad justiHam;\t premier, presque factice, résulte de l'équilibre momentané et rigoureusement géométrique de toutes les parties composantes ;k second, qui constitue l'état habituel, est celui où l'équilibre K pèche pas notablement, où il y a entre toutes les parties consfr tuantes du sang, qu'elles soient liquides ou solides (par exemple la fibrine), xxïïq unité suffisante ({vX permet des oscillations oi variétés sans que l'économie soit troublée dans ses fluides ou dais ses solides.

Après avoir rappelé les diverses opinions qui avaient cours touchant la dissolution des aliments dans l'estomac, Mazino (§91 et suiv.) attribue cette dissolution à une force semblable à ceBe qu'exercent les coins; mais où trouver ces coins dans l'estomac? Ce sont les sels isolés par les glandes de la membrane Denreose

■ MAZINO. — - PHYSIOLOGIE. ' 8fti

dé ce viscère, fournis par les boissons, et cristallisés en triangles, qui en font office; il le démontre par des figures géométriques! La dissolution s'opère en vertu d'une proportion de force entre les sels et les aliments.

' Du mouvement du chyle je ne dirai rien , sinon que Mazino (§ 118) appelle au secours des lois de la mécanique et de l'hydraulique la pression de Tair contenu dans les intestins, air qui vient, soit des aliments, soit aussi par l'œsophage pendant la respiration (voy. plus haut, p. 819), air dont l'agitation continuelle el continue dans le canal intestinal fait pénétrer les parties les plus pures du liquide dans les chylifères et lui communique une grande rapidité de mouvement. On doit conclureaussi de divers passages, queTair agit, non pas seulement indirectement, mais immédiatement, en s'insinuant dans les vaisseaux à la suite du chyle. : Le phénomène de l'hématose ou delà sanguiiication, c'est-àdire de la conversion du chyle en la substance du sang, se produit depuis l'union de la lymphe avec le chyle, et surtout depuis l'entrée de ce mélange dans les sous-claviéres ; il se continue dans les artères, sans que le poumon y ait plus de part que les autres parties, si ce n'est par la multiplicité el l'intensité de ses mouvements (1), car cette opération demande beaucoup de temps et de force. Les circonstances qui concourent h la sanguification sont l'exact mélange des particules du chyle avec celles du sang, rélasticité de l'air qui accompagne le chyle, le contact du suc nerveux avec la bile, la présence de sels sulfureux et nitreux, enfln la pression que soutiennent les particules du chyle par la systole du cœur et celle des artères. Ce sont les rayons de lumière et les particules aériennes, en pénétrant dans l'estomac, dans les vésicules du poumon et dans le système artériel, c'est rextréme rapidité du mouvement qui donnent la couleur rouge au sang, surtout dans le poumon, phénomène qui ne tient pas, comme le voulait Mayow (2) , à un gaz nitro-aérien (§ 123 et suiv. ; 1A6 et suiv.).

Ce ne sont ni le sang, ni le suc nerveux, ni la lymphe, pris iso-

(1) Mazino, allcntif Mulcmcut ù la mécanique, éloi|înc toute idôe chimique pour Teiplication de rbcmatosc.

(2) Voj. plut haut, p. 704, noie 1.

SU2 lATROMÉGANlSME. — ÉCOLE ITIUENNE.

lément, mais les trois fluides réunis qui chacun opèrenl la nutrition des parties auxquelles leurs particules s'adaptent ; la nulritioo est donc un mouvement des parlicules portées vers les parties où sont, eu égard à la masse, au poids et à la figure, soit réparées, soit restituées les particules proportionnelles et homogènes, égales en longueur, largeur et profondeur, en un mot semblables à tellis qu'ont dissipées le mouvement cl la perspiration perpétuels (voy. plus haut, p. 821). Plusieurs circonstances favorisent la nutrition : la lenteur, la douceur, le calme du mouvement des hameurs, la parité des fluides, et en même temps rassimilalioo, la conformité {congnientia) et ressemblance avec les éléiuenli ov^2im(\wQS> {elementa coinponentia) (§ 154-155),

On comprend aisément que, pour les organes des sens, di moins pour certains d'entre eux, les explications mécaniquead physiques soient plus acceptables que partout ailleurs ; aussi je n'y insiste pas (1). Quant à l'imagination et à l'intelligence, c'tfl une question de rapports entre l'âme immortelle, laquelle réside dans le corps calleux, et l'arrangement des fibres du cen'ea (voy. § 208*221), le tout étant complètement et humblemed soumis au jugement de l'Eglise catholique (2). — Mazzino n«l guère moins embarrassé que Glisson (3) pour accorder lapliysiologie avec la psychologie spiritualiste et théologique (4).

Après avoir prouvé, contre toutes les objections^ l'existence d'un suc nerveux spécial et diflérentdela lymphe (§232 et suiv.»f en s'appuyant sur la sagesse de la nature géomètre et méconi» cienne, sur de nombreuses autorités, en particulier celle de Malpighi qu'il appelle le secrétaire de la nature {a secretisuf^' turae)y après avoir détruit aussi les objections qu'on osait életer contre ce suc merveilleux, Mazino (§250 et suiv.) explique le mou* vement volontaire ou animal des muscles à l'aide d'une hypothèse

(1) M.i/.iiio c-t à peu pivs au courant des rooliorclios faites par les an»tonii>ti$<^' xvii° siècle sur la structure des or^^anes des sens.

(2) « Je drclare soumettre humblement et en tout point au jugement de l'Este* catliolique ce que j'ai uvanco liypolliétiqucment et suivant les analogies goiiiiK* tri({ue$. »

(3) Voy. plus haut, p. G()4, note 3,

(A) ÏAi mémoire u'cst aussi qu'une imjyression répétée sur la fibre ccréh* (§ 222 et suiv.).

MAZINa — PHYSIOLOGIE. S&S

i lient le milieu entre celle de Borelli et celle de Sténon (1). lieu d'admettre, avec Borelli, que les nerfs résultent de l'agenaent d'une série de tubes longitudinaux, creux et remplis ne substance spongieuse comme celle du sureau, il croit, avec wper» qu'ils sont composés de cellules, lesquelles figurent des tbules ; en conséquence il suppose que l'impression de l'ame communique de proche en proche à la série de ces globules bériques qui contiennent le fluide nerveux et se touchent inli* îment, que le mouvement se propage par les nerfs aux machiseules rhomboulales qui, suivant Borelli, forment la structure s fibres musculaires, lesquelles ressemblent a des chaînes. ors le mouvement se produit par contraction ! Quant aux mouvements involontaires ou naturels, il lesexpli- 0 longuement par Tintervenlion du cervelet ; Tame agit en ttn de sa puissance naturelle, comme elle agit sur le cerveau rsa puissance animale; d'ailleurs du cervelet parlent les nerfs i se rendent au cœur, aux poumons, au diaphragme, au tube cstinal (§ 258 et suiv.). La structure du cervelet est composée segments circulaires tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, tant à partie corticale qu'à la partie médullaire. C'est une disposition i, selon les lois géométriques, a pour résultat de donner, en mon des espaces contenus (circonscrits?) dans les segments cirsires, au suc nerveux plus de place, de mouvement ou de res- % et do permettre, par l'oscillation des segments, des oscilla- RU et actions continues, égales, constantes, nécessaires pour mouvements natupels. Mazino réfute les objections élevées par ►merbroeck et Fracassali contre cette suprématie du cervelet ^les actions naturelles, car c'est à faux qu'ils ont prétendu que "^ns oiseaux n'avaient pas de cervelet; ^Villis en a toujours Hvé.

Le sang, la lymphe, le suc nerveux et sans doute la graisse,

L) Vd}. plus iimut^ p. 751. Hurclli raisuit urri>ci liirocUMiient lo iliiide iicnciix .les canaiiculcs des nerfs, et le sanj; par les ailôros, d'où résultait la remiciitatioii .^>$i\e. — Stéuon (.Vyo/. spoiiimni, p. 63; Dn )nii^,\^ p. 211, rt-jctant 1«"< osfc animant, pensait qu'il siiflit (W l'aclioii do lànic sur h» nrvoau iioiir qur l'im- ^on se cominiiuique aux muscles par la verlu djnaniiquc des ucrls. Quant au\ fe>\emciilj involoutaires il s'absUent, n'ayant rien u dire de certain.

toutes les opérations qui s'accomplissent dans les glane Tadaptation de la texture de la glande avec le liquide i du sang (§ 301 et suiv.).

' Non-seulement Mazino soutient que le fœtus respire sein de sa mère^ mais encore il prétend (1) que c'est aui où le poumon a acquis toute sa perfection que le fœtus bi par la respiration pour s'échapper, et que c'est là la cai mière de l'accouchement; il y ajoute un plus grand 1m nourriture, une action et réaction plus vives des solù mouvement et un ressort plus prononcés des fluides ; et 3 sa thèse par une multitude de calculs sur la forme de Tq du fœtus. — Mais les accouchements qui se font assez loi avant terme, et où ne peut iHre invoquée aucune de ces sLinces, comment les expliquer? Mazino ne soulève ïsA l'objection; il se contente de dire que, si l'hypothèse i vraie, elle est au moins la plus probable de toutes ceHfl peut imaginer; cela lui suffit.

Je laisse de côté les opuscules sur le pouls et les urine n'ai rien trouvé à noter de bien saillant ni de bien i après lous les autres mécaniciens, et j'arrive à la Ihéori nique des maladies et des médicaments.

Puisque le mouvement est l'âme du monde, au rapj philosophes anciens, on ne peut pas s'occuper des maladi étudier d'abord le mouvement des fluides et du sang enlien Ily a dans le sang trois espèces de mouvement, celai sion ou à'impulsiofiî un autre de séparation (sécrétion), sième à' assimilation (nutrition) (2). Le premier est pioi

(1) De respirai, fœtuSyéviseTi,! , n^

(2) Voy. plus haut, GQglielmini, p.818 '

MAZIXO. ~ PATHOLOGIE. 8^5

cœur, par les artères, par la force éjastique dont sont douées \i) certaines particules; ce mouvement est calculé mathé'.nagnement d'après la forme conique des vaisseaux, leurs angles, ns courbes et la structure des tuniqui's, comme Guglielmini et enoulli Tavaientfait. Si ce mouvement est troublé i quand toutes B particules ne sont pas dans un équilibre statique parfait), si Ht exemple les particules sulfureuses afQuent dans certaines Bjrties, viennent les fièvres aiguës et ardentes sans frisson, tanfl qae se manifestent des fièvres avec frisson loi^sque ce sont ■ particules salines qui prédominent (§ 5 et 6); quand c*est la vnpbe, surgissent les fièvres lentes ou lymphatiques (voy. p. 846), . Lorsque la force de vibration ou la force élastique des glandes ^ correspond pas exactement à la force de la systole, alors se

Stàuii un trouble dans le mouvement de séparation ou de séiion, et des maladies correspondantes se produisent ^§ 8, 11 Viv.)* Si les particules ont été dissoutes parle mouvement de ion, et que mécaniquement dans les glandes il s'est opéré ^séparation des substances inutiles d'avec les utiles, alors comte mouvement d'assimilation ou de nutrition (^13). Nous iûvu plus haut (p. 8A3-8&â), quels sont pour Mazino le sens n portée de ce mot; il ne fait ici que développer cette défini- 11 et la justifier.

gest par des causes analogues à celles (|ue Mazino a invo- ■es plus haut pour expliquer les fièvres, qu'il rend compte I maladies du poumon. Par exc:nplo, dans un air maréca- Iket impur les particules du sang et de la lymphe, privées ière, sont moins agitées, moins allénuécs; elles eugorles canaux; de là rinflammalioa ou Thydropisie du pM-

Tert aussi quand le sang, considéré dans rensemlil« dflflK^

0rdu son innocence {expulsa innocent in; innot:uiié^

1 quand le sang n'a plus ses qualités neutres elw-^^'^ ifeiiles étant viciées dans leur élasticité, leur ^ Kor active, que se déclarent les autres b Les affections des sens et celles du b idpalenient rapportées à une altération dei égard à leur contraction et dist^i

8^6 lATROMÊCANTSIIE. — ÉCOLE TTAIIENIIE.

suiv.), altération qui se communique aux membranes ou fibres avec lesquelles elles sont en connexion ; de sorte que la douleur (un raisonnement probable a donné à Mazino la hardiesse de le soupçonner) vient d'un désordre (mauvaise direction de mouvemenl, défaut de parallélisme des fibres, changement dans Tinclinaison naturelle des angles formés par l'asserablaf^c des fibres! dans les fibres membraneuses qui enveloppent les parties solides des nerfs, et conséquemment des fibres nerveuses elles-mêmes ainsi que des autres auxquelles ces membranes adhèrent étroitement (I).

La mélancolie, la manie et toutes les maladies dites dessf^i

internes sont rattachées à un défaut d'équilibre dans racliondei fibres du cerveau ou du cervelet.

Vivre c'est se mouvoir ; nous mourons quand fluides et soWff perdent le mouvement; la santé, c'est l'égalité et risocIironsK des mouvements des fluides et des solides; la maladie c'est fc désordre, l'inégalité, l'asymétrie de ces mouvements. Lafièftfi qui est la maladie par excellence, la plus universelle, est « mouvement asymétrique de mixture des éléments de lamasseih sang avec un excès ou un défaut de vélocité proportionnelle te fluides cl des solides ('2) ; les divers degrés de cet excès ou k9. défaut expliquent la diversité des fièvres (3).

Le frisson est une corrugalion des parties externes; l'kûf' ripilation est un mouvement inégal avec secousse {concum de la jicau par raccroisscment du froid ; le rifjor n'est que IT^fr ripilation augmentée et i>ermanente(A). L'intermittence (§11** suiv.) tient à l'une de ces trois causes (5) : 1** quoique lama* du sang semble pendant l'intermission rentrer, à peu p coniplétemenl, dans l'étal le plus parfait, cependant il arn* que, par suile des altérations du chyle et des humeurs propf**

(1) Pitrairiic, Khmt'nin m*-(iiniiiu\ 11, vu, 2, drliiiil la doulour : une seui** 1^ <h* solution (1(? loiitiniiité \iok>iUo et rapide ilaiis les noiTs, los membrane*; k*^l iiaiix et les inusiles.

'2 « Ciuii inaequali aiii dis^iinih extvs>u vol defeclu proportionb fliiidoriim et soUdoruni. »

(3) ih* fthribu^ »>i ryr/iriv, dissoH. 1, 1, 2.

(\) hiss. Il, 10. lA'ji numéros ^e rontinuent dans la suite dct àitm

(5) Vuy. plus haut, p. 7Ô9«

MAKTNO. — PATltOLOOIE. 8&7

aux diverses ghndos inleslinales, des (''Inmenls hétérogènes qui existent déjà ou qui enlrcnt dans la masse du sang, s'y mêlent, et quoiqu'ils soient, à tous égard-, dans un degré d'infériorité par rapport aux éléments homogènes, ils sont capables dans un temps donné rallumer la fièvre ; — 2" quoi(|ue la masse du sang paraisse homogène durant l'intermission, il se peut néanmoins qu'elle ne soit pas absolument ni uniforme ni égale dans de petits espaces des artères cl dos veines qui se terminent aux glandes, k cause des mouvements asymétriques de ces glandes qui sè^diveni (sécrètenl), à des époques diverses et contrairement à V ordre naturel, des sucs hétérogènes ; — 3" dans Tétai naturel, à cause de risochroiiismc des pulsations du cœur, des artères et des glandes, il est certain que dans des tem[)s déterminés on aura nécessairement un nombre déteruiiné do circulations; la lui et Tordre du mouvement des éléments de cette même masse seront donc égaux, et la séparation de ces mêmes éléments dans les glandes se fera à des époques fixes et déterminées.

Voici par exemple comment Mazino explique les fièvres intermîUcnles quotidiennes :

« Si un grand nombre de corps hétérogènes..., par un drfaut

de la nature, s'accumulent dans le sang, dans la lymphe et le

suc nerveux, au point d'arrêter constamment en vingt-quatre

heures la vélocité du sang dans beaucoup de tronçons des plus

petits vaisseaux, dans Tintérieur de beaucoup de glandes, de sorte

9"c même dans les plus grands tronçons lavitesse de la masse

du sang est diminuée, avec une pression déterminée des corps

*Wisqucs et non élastiques, avec une action et une réaction

'^^^'gales des vaisseaux et des fluliles et prcs(iue universelles, d'où

^'ctincntdes mixtions vicieuses et à contre-sens, avec Talfeclion

^^ froid désignée par le nombre i'I et de la chaleur désignée

J^^ï* le nombre 13, il se produira des fièvres quotidiennes homo-

^'^cs et régulières. y>

j Quant aux médicaments, c'est par l'i que je termine Tana-

J^H* très-sommaire de l'œuvre de Mazino, suivant la doctrine de

Jr^Jle, acceptée et développée [lar Mazino, ils agissent d'une

^5on générale par leurs effluves ; leurs actions particulières

lATROMÉGANISME. — ÉCOLE ITALIENNE.

tiennent à la figure ou cristallisation de ces ef&uves et au rapport de celte figure avec celle des corps au contact desquels arrivent les eflluves(§ 26 etsuiv.)- Les détails ne sont pas nécessaires pour juger une pareille théorie. , . f

Je suis loin, Messieurs, d'avoir épuisé la liste des iatromécaniciens italiens ; mais j'ai voulu seulement vous signaler les principaux, ceux dans les ouvrages desquels toute la doctrine est représentée ; les autres auteurs ne font guère que développer ou exagérer quelques points de cette doctrine. D'ailleurs, il en est quelques-uns que je n'ai pas pu me procurer maigre toutes mes recherches et dont je ne connais les écrits que par Haller, suivi en partie par de Renzi. Même Haller ne les api^ tous vus ni analysés. Or, vous le savez , je n'aime guère i parler des ouvrages que je n'ai pas lus. Ainsi je né saurais rien vous dire de particulier louchant Scaramucci, Circvhdon du sang y 1672; Mouvement du cœur^ 1680; Tfiéortmti familiers de médecine mécanique^ 1695 ; — Matteo Gcorjii Traité de Chommey âme et corps, 1713; — G. Polenî, ûurti à Grandi^ 1724, où il confirme les idées de Bernoulli sur les muscles ; — Sanlanielli, Lucubrations physico-mécaniques^ IWl Toutefois, sur ce dernier, j'ai appris par rancien calalogtf manuscrit de la Bibliothèque impériale (catalogue écril.4 la main du Pcre Clément), que son ouvrage en sept livres ani été condamné par un décret de la Congrégation de l'Index, es date du 27 octobre 1701, et qu'en conséquence il figure pan* les desiderata de ladite bibliothèque. 11 n'est donc pas étonnai que je n'aie pu rencontrer ce livre nulle part. Borelli, professeir aux Écoles pies, avait pris ses précautions , en mettant son lîfl* sous la sauvegarde des censeurs ; Bellini avait évité de s'engigtf dans les passages dangereux ; on sait que Baglivi avait désavoué d'avance tout ce qui dans sa doctrine s'écarterait de rorthodoo^

Suite de l'histoire de la doctrine iatroméctnique. — École anglaise : Pitcairne, W. Cole, Keill, Ifead, Robertson, Ridley, etc.

Ifisaniis,

En 1712, Junken, publiant le livre de J. de Sandris Sur titat usanç (Toy. plus haut, p. 812), s'écriait : c Si quelqu'un cherche es médecins habiles, qu'il aille en Italie I C'est là qu'on trouve M hommes qui savent révéler les secrets de la nature et dérouiller les causes cachées des maladies par les principes tirés e la mécanique i. De fait, c'est par l'Italie que l'Angleterre, la loDasde et certainement aussi l'Allemagne, ont été initiées à ialromécanisme. Mais Boerhaave et Hoffmann se sont approprié I doctrine en la modiGant sur des points importants et en l'agran* inant. Partout, du reste, l'iatromécanisme conduit au solidisme ne toutes ses nuances ; c'était la conséquence naturelle. Le nlidisme domine dans la seconde moitié du xvnf siècle, et itae par des voies différentes à Brown, à Rasori et à Broussais. 6 solidisme, quoiqu'il soit assez étroit, devient entre les ittDS de quelques médecins une théorie plus physiologique que iatromécamisme.

L'école italienne s*appuie sur Descartes, au moins autant que or Galilée, quoiqu'on ait prétendu le contraire par suite de pré- «ntionsnationales (1) ; du moins elle est surtout mécanique (2) ;

(1) Je ne dis pas qa'on ait adopté en Italie toutes les explications de Descartes, j'affirme qu'on s*est laissé entraîner par l'exemple qu'il avait si malheureuse-

t donné, de faire de la mécanique au lieu de physiologie et de pathologie,

(2) An xni* et au xtiu* siècle, riatromécanisme n*a eu en France, où dominait )U la tradition hippocratico-galénique, soit, mais au second plan, la chimiatrie,

850 lATBOMÊCANISIIE. — ÉCOLE ANGLAISE.

l'école anglaise se raltache particulièreiiieut à Newton ; elle emprunte beaucoup d'explications à la physique, et pour la physiologie, elle repose sur un fond plus solide. Un peu effrayés des conséquences matérialistes de riatromécanisme, certains médecins anglais, Nichols, Porterfield, etc., suivant en cela l'exemple de Sauvages, ont tâché de sauver les droits de la psychologie. Mais ce n'est certes pas le chef de TÉcole anglaise, Pitcairne, qui a pris de telles précautions.

Au xvir siècle, les deux représentants les plus connus defiatromécanisme en Angleterre, sont l'Écossais Archibald Pilcainie (1G52-171 *i,PiU'arnws en latin); William Cole (docteur en 1666); et Keill (1676-1719), né aussi en Ecosse. Pitcairne a suivie drreitients de Dellini, et il a été l'un des maîtres dd Boerbitte, alors qu'il demeurait à Leyde. Pitcairne, impitoyable adiiri^nirc des hypothèses d'âutrui , est fort complaisant poir la sietiries. Il pense (1) que la médecine a précédé la philosophie, quo les médecins n'ont jamais rien retiré de bon de leur commerce avec les philosophes, et que les méthodes des uns et de! autres Sont complrtement dissemblables; car les unes partent (k suppositions, de Yapriori^ les autres du fait et de l'obserfatioii. Il nie qu'il y ait aucun ferment dans les glandes, et affirme que tous les pores et orifices des vaisseaux des glandes et des partiel du corps ont même figure, c'est-à-dire circulaire, mais non pis même dimension (î2), et que la médecine fondée sur les propositions contraires est mensongère et nuisible. C'est l'action do poumon, l'impulsion du cœur, et In compression opérée parte plus petites artères, qui réduisent le sang en particules eiirènt ment ténues ; il n'y a pas besoin de faire intervenir des TermeolJ

que de rnri's partisans : Chirac, par exemple, Astnic, Quesnay^ Ilecquet« Stoi^» pour ne riler que les plu» iniporlanls; enccirc leur système n'cst-U p«s eienpl* heaucdup de mélnnKn-s. f^-s trataux dcCh. Perrault Ou dto Doddrt »e npporinL' est Mai, à lu luécanique animale, mais on ne saurait dire de ces deui tsavaBUl», ce sont des iatromécaniciens.

(1) (haiio qun nstendilur mediciitam nh omià philosophomm serta e*se litenmi dans Opuscuh, éd. de Hollerdam, 17i4 : e*est toujours l'édition que je cite.

(2) Oral, qua osienditur, etc., p. 8, ci De circulât, sang, per vasa mmimit p. 2S, 30,31.

1. 11 ëdl egdleftiéht d'nvis qii'il ii y a entre les ëilléiriités iS éi les l'àËines des reines aiicuii corps oii tissu iiitehiiéa marche du sang est calculée par le rapport de la Force dëlâNsIslàhdedes ahgles et du dianiêtrédes vdi^^eatis. rapporte oU a Tait desexpéHeneés; niais elles sont inslif- 6t il eti tiré des condusioiis qu'elles né cnrhportcnt pas. répéterai Volortliël-s aved M. Marey (1), que les eîpéigôtifetises sont le âeul nloyen d'arriTel* A là solutioh de thjfblémes qui intéressent la tnarehe dn sang; mais je ne pAs ajoiiler dyec lui qtie les idées émisés sil^ de tels su- [di tie sohtque des erreurs ou des hypothèses, hé mérld'étfe mentionnées. Je voudrais, au Cdnthiire, qu'un Asslingénieui, aussi habile, aussi yersé dans les sciences fl èi mathématiques que l'est mon savant conFrére et i feprli toutes les idées émises par les iatromécaniciens, It M qu'elles ont d'absolument faux, et ce qui peut eh- *ét datis le domaine actuel de la science (f/ttae sunt bona^ U mala^ quae pesàima) , et sut*tout ce qiié là rtléthode Bill eu soi. Pour ma part, je serais heiireux de lui foUN les teites qui pourraient élucider ces difficiles questions. Ëtoir discuté les opinions alors en faveur sur la digesén particulier celle d*un Ferment, Pitcairne (2) soutient lônt les efforts des fibres de Testomac, joints à cent du ;meet des muscles de l'abdomen, qui résolvent, désagt-épréparent, pour être mêlées au sang^ les substances àli- SÉ compares; d'où il résulte que le chyle n'est pasàttssi }iiè le sang, lequel reçoit sa dernière façon, son morcelle^ »n atténuation définitive dans le poumon. Les arguments me ft l'appui de cette manière de voir sont aussi mauvais k (|tt'il combat dans les théories des autres auteurs; ici oublie tout àla fuis la méthode d*obsenation, la méthode entale, et parfois la fidélité à lalogique; après quoi, il écrit tHFâ où il veut du même coup délivrer ses concitoyens de

siologie médicale tle la cirutluiioti tlu san^^ p. 153.

noiu quo cihi in vcnlrir*dn rf^h'ynntur nil formam sanyuini t^ficiewh

p. 71 et suiv.

852 lATBOMÊCilNlSMB. — ÊGOLB A»&MSE.

la créduliléy de la foi brute (1), et faire la guerre à ht manie d'innover; quant à lui, il ne s'en rapporte qu'à l'évideace (2).

L'application de la théorie physiologique dePitcairne à la médecine pratique se trouve en partie dans la dissertation De curatitm fehrium quaeper evactiationes tnstiiuitur;Vï\josinie y rattache la causes et la guérison des fièvres au trouble, au rétablissement, i Taugmentation, naturelle ou provoquée parles médicaments, de toutes les évacuations naturelles et particulièrement delà transpiration cutanée (3), d'après la théorie de Sanctorius, qu'adopte et qu'il tâche de fortifier par toutes sortes de raisonnemeuts et de calculs où l'observation clinique n'a rien à voir. De là à combattie les théories pathogéniques fondées sur l'antagonisme des akalis et des acides, il n'y a qu'un pas, et c'est ce pas que Pitcaime fiiachit dans sa Dissertatio brevis de opéra quam praesiani corpen acida v el alcalica in curatione morborum. Autant vaudrait dire, à son avis, que toutes les maladies sont engendrées par le ttfrestre et guéries par le céleste, ou réciproquement. Il n'y a qae Vusage et V expérience qui apprennent que tel médicament guérit plutôt que tel autre. Il n'y a pas une seule évacuation qui ne puisse être excitée par les acides aussi bien que par les alcalis; or, comme les maladies sont engendrées par les vices des excrt' tions, il en résulte que l'on ne peut les attribuer exactement ai aux alcalis ni aux acides.

Beaucoup de maladies sont de plus guéries par les émissioai sanguines ; or la saignée n'a rien à faire avec les alcalis oulesacides; il en est de même du quinquina, dont l'action ne peut être eipii-

(1) Pitcaime, qui^ en toute occasion, se moque des préjugés religieux et eaux, croit à la vertu des remèdes les plus ridicules, de la poudre de criK d'homme, en particulier, contre Tépilepsie et la paralysie: De varioiiSy p. ISS.-' Dans la variole^ il prodigue la saignée ; il rappelle les pustules par les vésicttoirH^ la nuque.

(2) Solutio problematig de inventoribus, p. 86^ 87 et 88. Voy. aussi p. %h,è Pitcairne fait cette sage remarque qu'Hippocrate et ceux qui Ton! suif t ont paA avant Harvey, de la circulation comme des gens qui ne la connaissent pu, eoiÊ0 en ont aussi parlé ceux qui l'ont niée après Harvey. Il réfute victorieQ9eiiieBtli> auteurs (fui pensent qu'Hippocrate connaissait la circulation.

(8) Voy, particulièrement^ p. 126 etsuiv.

PITGAIBNE. — PATHOLOGIE. 853

qnée ni par les acides ni par les alcalis, puisque les substances acides ou alcalines sont loin d'exercer sur les lièvres la même influence que lui. Enfin, d*après les théorèmes de Boyle, il n'existe aucune fermentation dans le sang ; les plantes qu'on prend par la bouche, quelque acides qu'elles soient, deviennent ilcalines par l'action de l'estomac, du poumon et du cœur ; donc, il n*est pas possible que les acides ou les alcah's soient jamais la cause des maladies, ou leur remède. L'iatromécanisme ne pou*» vait pas avoir plus étrangement, plus faussement raison contre la ehémiatrie !

Mais ce qui dépasse encore, s'il se peut, l'étrangeté de la théorie de la fièvre, c'est l'étrangeté de la théorie du flux menstruel qai, dans les Observationes de fluxu menstruoy est attribué à la disposition des vaisseaux utérins qui n'ont pas de soutien et offrent d'autant moins de résistance chez la femelle de l'homme qu'elle jouit de la station droite. Il faut lire toutes ces Observa^ timies pour juger combien sont reculées les limites de l'absurde èhei les théoriciens qui ne font attention ni aux inconséquences, ■i aux impossibilités, et qui, dans le cas présent, ne tiennent nème pas compte de la périodicité pour le flux menstruel. Pitcainie attribue aussi l'origine de la syphilis aux troubles de la perspiration si fréquente chez les Orientaux; comme les Orientam suent plus facilement que les Européens, les sudorifiques fëgétaux leur suffisent; aux habitants du Nord, il faut des subilances plus lourdes, le mercure (1) !

Dans ce même opuscule, il rappelle, à propos du mercure, les expériences qui prouvent que des poisons peuvent être donnés parla bouche sans causer aucune nuisance, tandis qu'ils tuent si on les met en contact avec une plaie récente ; et il ajoute qu'en sontéqnence il a pu administrer impunément de l'arsenic à des individus tourmentés par des douleurs intenses du ventre. Mais

(1) De ingressu morbi qui venerea lues appeliatur : c'est là qu'il écrit cette phrase pMnÙemeiit irréférencieuse a propos de la contagion^ § 9 : « Ex his sequitur plw quam ene barbanim et indignum hominibas^ niorcm illum^ cives honestissimos |qI Mcerdotet plerosqoe e faece plebis homines habcnt iniinicos^ levissiuiis de Mifis domi sa«e se continere cogendi^ iisque aqua et igni interdicendi, quamvib Mdio coBtâgio inlècti. »

8Sà lATBOVtfmiflHPp. — tCÛf^ ifUfflklSE.

pet cxtiinple est mal choisi, car Tarsenic empoisonna ^ussi \m p^r la bouche qirintruduii dans le lorfen^ de }a pîrpplAtion, # par i^ne MiiTuce licnuJce, ou absorbante, soit p^r les injeciiûDS hypodermiques.

Ui nosographiû de Pilcairne [De divmo^ie t^orborunn) eslc)i8\^e de sa ph^siolo^jiiti ei de sa palhologie; qu'il me suffise de vaysy renvoyer. A la lia de la Divisio^ vous pouve;ç lire ceU^ phra^ plus or^Micilleuse que justifiée ip. |77) :c je ne doute pasd*;iY9iT Vfn\\\\ {'c noble pioblème : une maladie é|ant donnée, en i\o\{^î le roniî'ilo. > Après quoi, il ajoute avec Ovide, ensonXY* llYT^d^

4ainque opu« oiegi.

Le complêniepl de la doctrine médicale de Pitcairne nPQS M rpurni par nn ouvrage posthume, peu cpnpu e( rarç (!)• DnpsW PtyUmuinin irèshaidj, Pitçajrne v^ut tirer la mêdecipe (pratiqn^ c^ enseignement) de cette ipcertittide qu'on qe souffrirait pass*9 s'agissiûl desalTaires et de la fortune, incertitude quf ^ie^t jiff que, tout en appienant aux autres à éviter lesfatl^es de^ appip% oi) y reioud)c sans cesse, en prenant pour la réalité le^ fruits df rimagination. 11 faut secouer le joug des philosppUes, ^uiviA^ lesquels les maladies viennent des dicui^ et désastres, Cft qniont transporté dans la médecine la théologie, l'a^tronoif^îe et \|d^ physique insensée. Si, au contraire, on est yers^ dans |^s ^i^pp exactes, particulièrement dans les mathémaliqi|es, on cqipprendf? |a vanité des qualités occultes, et qu'il n y a rien ^utre j^ çnpi)ai* trc eu toutes choses que leut^ mutuelles relations, les Iûi§ e^te propriétés de leurs forces par lesquelles on peut le^ changer po cire changé par elles, (^e qui incom|)e aux pédecins. c'es( de connaître les forces du corps, celles d^s maladies et 0es m^^r ments ; alors l'adage, inventé quand on ne ^vait p^^ d? p))I^que : Lbi incipit modicm ihi desinit physicuSy n*aura plus de

'1) EleihPuia medifinn*' physico-mnthemftticn, lihris (luob*is^ quorum [k*»^. fhf'orinin, pt)\f''n'or prtii itft ej'hib"t. Ha{;ae Coiiiituin 1718, oiivragrc posthunii*. " Dnns U* prciiiiiT livre, l'aulfur suit i'oniro, mais non toutes les idées «le S'Biwrt' dans le second, la nh''t)io(ie(lcKi\ière. Dans mes citations, le premier ctiiflre 'miv^ le livre, le deuxième le chapitre, le troisième les paraf^aphes.

PITCAIBlip. — P4TBQLMIP. 8S5

raison d'être, et l'on ne verra plus les noms des héros de la médecine eiïacés de la mémoire des hommes comme ceux des sophistes.

Quel dommage que de si belles paroles servent d'introductiqn à un traité de médecine où trop souvent Timap^ination joue précisément un rôle qui ne laisse pas beaucoup de place i\ la réalité !

Lsi médecine est Tart de prolonger la vie indrfînimont. En eiïel, la maladie est un effort pour mourir ; la mort est le summum clés maladies; la vie indéfiniment longue est celle qui est exempte de maladie, c'est-à-dire exemple d'un eiïort infini vers la mort; en d'autres termes, une vie très-saine. >|ais comme il faut mourir un jour ou Tautre, au mot infini substitiie?, dans la pratique, le mot défini. En d'autres termes, la médecine est Part de rendre la vie homogène et toujours semblable à elle-même ; c'est là Vimlolewe du corps ou l'absence de toiite souiTrance (,11, ii, 2-4). C'est trop decnander à la médecine, et, quoi qu'en dise notre autour, je préfère la vieille définition: La médecine est l'arl de conserver la santé présente et de la rétablir quand on Ta perdue (1). — Les tempéraments (au nombre de trois : bilieux, mélancolique et pituiteux ; le tempérament sanguin n'est que la pléthore) sont produits par Tinexacle proportion des éléments du sang et par conséquent par les vices de la sécrétion normale des lluides, attendu qu'ils sont essentielleinept et primitivement des li(|uides et non des canaux \2). Les iempéraments sont un commencement de maladie (cap. m, 1-7). I^ chaleur innée n'est que le résultat de l'attritiondu sang dans son mouvement naturel ; l'bumide radical est le sang lui-inémc ; il n'y a dans le sang aucune fermentation vraie, au sens de Willis, puisqu'il n'y a jamais dans le sang dégagement (Kesprit ardent ou d*esprit-de-vin icap. iv). Quelques-unes de ces pro[)ositions sont à peu prés vraies, mais les raisons assignées pour les établir sont presque toujours boiteuses.

[i) f /auteur critique presque t»»ujours les opinions «le«» autres, en mrine temps qu'il rhi-rclio àétnhlir les sienufs.

(2) On peut bien supposer repcMilant, même en r. «jI uit litUMeàrialroméranisme, quelque altération dans les canaux pour expliquer Irs «nM-rélions anomales. — Du re^tc, Pitcairne ne voit dans la structure du corps que canaux et lluidos.

bides, Pitcairne souhaiterait udc statistique iir décider la question du temps {vu, *-7). rapeutiques se tirent de ce qui est dans

-imaf) ou hors (e re extra) de l'animal. Si

J '' l'animal, mais dans son corps (distinc*

à-dire dans l'estomac ou lesintesiins,

■- On doit distinguer les mala

'eslins de celles qui sont syrapto-

^arties en connexion avec les vis-

.«dansune diarrhée prolongée; auquel

si des sndorifiques, afin d'évacuer les liqui-

]ar suite de la dilatation des canaux biliai-

fforls importuns du sang que provoque la

ispiration cutanée. Si l'indication est prise

! est alors tirée du sang artériel ou veineux,

lies viennent du mouvement augmenté ou

; car tout changement dans la texture ou

nagmente ou diminue ses mouvements. Si

! re intra animal, mais qu'elle ne se rap-

el aux veines, elle regarde la diminution

s sécrétions. Si la cause morbifique n'est

tube intestinal ni dans les vaisseaux, et It dans le corps, si elle est exlravasèe clans

mal est incurable puisqu'elle n'a pas de re expulsée. L'extravasntion se fait-elle à la lar exemple dans la poitrine (empyème), le enir (1, viii, 9-12).

rculation dont la rapidité est augmentée -à-dire également dans des temps égaux vient alors plus rare, c'esl-à-dire que ses lérentes r d'où la chaleur; devenu plus rae en plus grande abondance dans certaines culaire : d'où la distension el la douleur ; et 3s symptômes ou complications des fièvres es hémorrhagies viennent de l'extrême di- ; les pustules, de ce qu'une petite partie du ïvaser vers la peau (§ 7-S),

pel Q3(^mpl6 est }pj\^\ choisi, p^r Tarsfinip empoisonne ^ussi bm pap li^ bouçlie q^'imrpdujl dans Ip terrô«t ^ô Ift eirçvila^io», m^ par qpp suvfiipp déOM^ée, ou absûr))an|p, spit p|ir l^s injecljem hyppderifliqHes.

1^0 npsogr^phje de Pilcaii'np^ {ûe clivmQrie tf^borum) esldigve dp ^ pliysiplogie pt de sa pallîojogie; qi|'il mp suffis de ym] rpîlVfiycf. A ja lin dp la pivisiq^ yow§ pouvez lire ceHe fb\m plps oi'gMpillpMse que juslifiép(p, :i77) :f 4p ne ^û^(e pwdftïW

rp^olij pp nû|)je prfibiéipe ; une maïadip pi3ni4qnpép,pp ifpnw

leremùde. » Après quoi, il ajoute avec Ovide, en son XY^tiVI^d^

J9inc|ue opl^ eie^i-

l.p ppmplpmepi de ^ doctrine médicale (le. Piteairnp nPW Ml fPHrni P«r un ouvrage po^thuffle, peq cquou p( r^rç (4). DjtPiW Prçihqiimn trpshorrfj, Pitpajrnevptjl tirer Iswêdpcip^ (PHtHV p( ciisoignpfnent) ^p cette ipcerlitqdp qu'on qe souffrir^ii^ p^ il s\igissqjt dps aflaires pi de 1^ fortvipp, incprtitu(]e qui tieQlJiS qup, |uut pp appreqfint aux autres à éviter les finales dfl^ anpi^ MU Y rclpmbc s$ins cesse, en prepapl pour la réalité Ip^ (rails # rimaginalion. Il faut sppoupr le jovig de^ philo^ppl^çs, ^lûvyil lesquels les ipaladies viennent des c|ieu^ et des^s^res, ftt (IwiMl trstn^porté dans la ipédecinp l^ théologip, l'^troqQinlct pt W physique insensée. Si, au contraire, on est vers^ daq; ips ^\f0^ exactes, particulièrement daps les n^athém^tique^^ on OflPPprpWJff la vanjlé des qualités occultes, etqq'il n*y ^ r^en filtre j( çftKfP trc en toutes choses que leurs mutuelles rpla|iopS| les Ipi^ p(kf propriétés de leurs forcps par lesquelles on pp\it le^çhï^ygerilP plrp changé par elles. Ce qui incom()p a\x% n^édecins^ c'es| ^ cpanaitre les forces du corps, cel}es ^ps maladies et ^ps ïf^iii/ff? mppts ; alors l'adage, inventé qucind ou pe Sf\V9it p^s (|{| fUg^ que : U/n incipit wodicm Un desinit physicus, n'aura plus 4

(1) Elemcntn medicinne physico-mathemniicn, lihrix (luobtis, quorum MEr[ theorinm^ po.sfen'or pra.i hn exhihrl. Ha)|rac Gomituiii 1718, ouvrage pustbunw*" D.'iiis 11! premier livre, raulciir suit Tordre, mais m)ii toutes les idée» de SenKi^î dans le seeoud, la niél1inde<lc Rivière. Dans mes citations, le premier chiflre iwti^ le liTre, le deuxième le chapitre, le troisième les paraf^aphes.

L malailie esl un cllort pour mourir ; la mort csl le sum- 63 maladies; la vie indéfiniment longue esl celle qui eçl fi de maladie, c'est-à-dire exemple d'un eiïort inHni vers t'^ en d'autres termes, une vie très-saine. .Njais conirpe mourir un jour ou l'autre, au mol in/ini substitue?, % pratique, le mot défini. En d'autres termes, lu méile- ( l'art de rendre la vie homo^^ëne et toujoui^ semblable h me ; c'est là Yindoleme du corps ou rabsonce «le toute nce ^11, II, 2-4). C'est trop demander à la médecine, et, n'en dise notre auteur, je préfère la vieille définition-' lecine est Tari de conserver la santé présente et de la ré- [Uand on l'a perdue (1). — Les tempéraments (au nombre s : bilieux, mélancoli(|ue et pi laiteux ; le tempérament 1 p'est que la plélbore) sont produits par Tinexacle pro-

des éléments du sang et par conséquent par les vires de iiîon normale des tluides, attendu qu'ils sont essentielle- ;prirpitivement des liquides et non des canaux (2). Les/e/i^ mts sont un commencement de maladie (cap. m, 1-7). La 'innée n'est que le résultat de l'attriliondu sang dans son ment naturel ; l'bumide radical est le sang lui-même ; il n'y a

sang aucune fern^enlalion vraie, au sens de Willis, puisy a jamais dans le sang dégagement d'esprit ardent ou ;-de-vin icap. iv). Quelques-unes de ces propositions sont

858 iatrom£gan|3ME. — ÊCOI^ AnQl'AlSE*

La lièvre légitime continue est impitoyablement LraUéepaT\a saignée et les vésicatoires, altepdu que ce sont les deux remèdes qui combattent le mieux la raréfaction du sang[. II est \rai que pendant la ^aignée la rapidité du sang augmente, niais elle cesse peu après l'émission sanguine (1). Donc, avant que soit trouvé, car il ne Test pas encore, un médicament (|ui combatte immédifitement la raréfaction du sang et son mouvement précipite, oniq? sistera sur la saignée, On doit éviter lessudoritiques qui agisseol précisément en sens contraire de Tindipalion remplie par I^^gnéc, à moins (|u*il n*y ait des signes de coclion dans les urioe&; dans ce ca^, il ne s*agit pas d*une fièvre légiliinc; elle est jùiale h une autre qui (lé|)end d'une matière épaisse.

La fièvre intermittente résulte d'une matière épaisse qui sajoute à la cause de la fièvre simple; en conséquence, on (joil saigner, faire vomir et donner les médicaments amers ou le quiiquina qu'on appelle à iovi féùrifugea^ mîiis qu'on dovrfiil noraraîr attemuints ou apéritifs^ .car ils sont opposés a )a ipaladie produite par la matière épaisse, maladie qui accompagna ou eicitf la fièvre (§ 33-:^) (2).

On voit, ce me semble, par cet échantillon, avec quelle inllexible logique Pitcairne a pu et dû expliquer mécaniqwment toutes les autres maladies : la manie (3) par la fluidité du sang; toutes les inflammations par la stase du sang dans te artères; les maladies de l'estomac par la plénitude ou hvacu^ de ce viscère. La théorie lui échappe plus d'une fois lorsjull s'agit de thérapeutique ; il prend les remèdes de toutes mains rt sous toutes les formes, sans trop se soucier s'ils concordentou non avec la cause organique supposée de la maladie ; il suit alor? ou la tradition, oumêmcl empivisme, tant il est difficile démettre la thérapeutique en accord avec des théories très-limitées; il faut, pour cela, avoir, comme Broussais, rompu en visière avec lepask

(1) Voy. plusliaul,BelIini, p. 770.

(2) « Mcdicamentuin fcbrifupuui qualc vulgo (sed nialo) appeUatur, »niod trtu intormitti'iili, qua lali, oppoiiilur » (II; i, 37-âi).

(3) Ha vu (II, V, 8) d(?s épilcpliques qui, durant Taccès, avak'nt cowài** d'ouv-nivmos; un de scsmalad&s pendant qu'où lui Taisnil des onctions, chaàÊ^ î récilor des vers do Juvénal (S<il|rc Dealipta),

ir« GOIX. — PATHOLOGIE. »^

pfp^ent, et oser dire • < La ni'^deciD>f c'est moi. « Fiuainirr le foule (le feceltes (ilu^ ou m^in^ ratîuanel.c^ : ii eu j-.lxïc le, lui si sévère contre \t ptofaniuu iul*jus^ «]ui renlreMdani ëçlpcine populaire : parexemple, la pou^ire de crâne h. main, g vers de terre grillés, cootre les couvuUiuns qui vienneat njlion Jl, V, 22), conlre la pleurésie et la péripoeumonie. li les prescription cltoiiie<^ on reman|ue uno infusion qui

combattre la stagnation et où il entre, c<.>aime ingrédient ^pal, de la fiente chaude de cochon de lait uu de iheval :é (Ily XIV, 18)- ce qui n*empêche pas Pitcairne de traiter \) de rêveurs et de crédules les médecins qqi préconisent fil de sel urineux tiré du sang humain (voy. note 1 , p. S52;. 1 leclnre des divers chapitres consacrés à chai]i4e maladie articulier nest cependant pas dj^nuée d'intérêt ,1 ; car on y Dntre quelques bqnnesprescriulitms et surtout plusieurs obliions tirées de la pratique de Pitcairne. Pour chaque maladie s sont rangées a cnpitv ad calcem) on trouve la déiinilioii invoie volontiers à Rivière pour les signes) et le traitement.

'illiam Cole écrivait à peu prés en même temps que Pitcairne ; oavrage Sur tes fièvres intermittentes (2) porte la <lale de I. C'est un livre entièrement médical, dont la physiologie imalhématique fourn't 1rs principes palhologii|ues et théraiques. Cule tient son hypothèse sur la cause des fièvres on si ide estime, il la croit si vraisemblable qu'il commence par se Bdre de plagiat à Tégard df Mimdius et de Borelli (|ui avaient iiné à pou près les mêmes idées, mais dont il ne connaissait le» ouvrages ; exerçant à la campagne, et chargé d'une nomue clientèle, le temps lui manquait pour lire les nouveautés

4e rqnanmc ceci l'u ^4$9ant(U, xxix^ 2): QuaaJ l'accoiiclieinout i*st rcudu ^kf |iop par l'abatte me lit (ie.< forces, mais par une pvsitiun \icieuscpu Tetroides partie!!^ c'est rafTairc du chirun?ien, de la sag:c-rciuiTie, ou du mnri.

Xovue hypothesoox nd expiicfuifin febrium iittonuHU'ntiuni symptomnin e(

txogitaUie hypotyposis. Vnn rum fmtiohyiu remcdiorum ; sf)pcifitim vero de ^eper corticcm peruvwnyw. Accessit DisserfnUutiruh de intrstinorum moiu ^fii'^. I^ii(|iiii, 1693, in-S*». — Ole diMiumln- dan-^ la !hs<ntntinn':u/a,

primitiveryieiiten anglais en 1G7G, i|iic le$ libres prelcuducs annulaires dc: n% 5out ré^'llement enroulées en spirale<i .

860 IATR0MÊGANI8IIE. — ÉCOLE ANGLAISE.

scientifiques, et même, le temps ne lui eût-il pas fait dëfanltil» serait difTicilement procuré les ouvrages de ces deux auteurs. Une fois averti et mis en possession de ces livres par un de ses amis» Gibbons, librorum magnus heluOy il s*est empressé de satisfaire une légitime curiosité, et de réparer sa faute involonUirt Mais il n'a pas eu ni à briser sa plume, ni à jeter son livrean feu. Mundius et Borelli n'avaient aperçuqu'une ombre delà vérité, qu'une parcelle de la vraie théorie !

Si Mundius dans sa Biochrestologia seu commentarii de aat vitaliy etc. (1680) avait, dit Cole, en sa préface, considéré k théorie des fièvres plus profondément, s'il s'en était bien péaétré, il n'en aurait pas simplement parlé en quelques lignes,! en aurait donné une explication plus détaillée, telle que la deamdait l'importance du sujet. Mundius suppose, en passant ^fpitliL matière des fièvres intermittentes, quoiqu'elle soit fournie park sang, réside dans le fluide qui baigne le cerveau et la moek épinière, entre en fermentation, excite et contracte lesoies^ branes, et par cette contraction est poussée dans les nerft; fA le frisson et le tremblement.

Il croit que, par suite de cette commotion, le fluide estéi nouveau chassé des nerfs, puis est porté dans la masse sangiM par les conduits de la lymphe, où, excitant de nouveaux tro^ikii il fait naître l'efTervescence fébrile qui s'apaise après quelqMi heures, la matière fébrile étant exclue par les pores. Alors sidcède l'apyrexie jusqu'à ce qu'un aliment fébrile nouveau et srffisant s'accumule dans le même foyer. Cela, affirme Cole, eil loin de satisfaire un esprit avide au moins de probabilités!

Quant au sentiment de Borelli (voy. plus haut, p. 759), il s'éloigne plus encore de celui de Cole, en ce qu'il place le foyer de la fièvre non dans le cerveau lui-même ou dans le sysièae nerveux en général, mais dans quelques glandes obstroéei; en conséquence il suppose que les extrémités des petits osA placés dans ces glandes sont, par la même raison et la wtM nécessité, obstruées de telle sorte qu'elles ne peuvent itat leur suc, et que ce suc, amassé peu à peu par suite de tf retard, entre en fermentation et prend des qualités mauvaises; | puis, le mal se transmettant d'abord au cerveau, ensuite tf

W. GOLB. — PATHOLOGIE. 861

or et aa sang, chaque symptôme se montre suivant son ordre. lole accuse Borelli d'obscurité, et de n'avoir pas suflisamni rendu compte de tout ce qui se passe dans les fièvres. inC à nous, nous passons condamnation sur Tobscurité, mais m trouvons qu'il ne s'est que trop étendu en ses explications. ons donc si celles de Cole sont plus claires et plus complètes. àdà quatre premiers chapitres sont consacrés à la critique

opinions qui ont précédé celle de notre auteur, sur le siège as causes des fièvres intermittentes ; à exposer les conditions

président à la formation des fièvres (la matière doit en B pvùssante sinon volumineuse, universelle, rapide en ses Hremeotoy prompte à disparaître et à revenir, et propre sur« t à rendre compte de tous les symptômes, conditions que ne iplil aucune des autres théories) ; à prouver que le suc Reuz est l'agent principal de la nutrition (1) ; enfin à établir Iles désordres du suc nerveux suffisent à tout expliquer. iria dit, en quatre-vingt-quinze pages, Cole propose sa viebuse hypothèse : Il arrive que, soit par suite de l'occlu- ! des pores, les effluves sont retenus et rejelés dans la te sanguine (ce qui est une occasion très-fréquente de fièvres nnittentes et de beaucoup d'autres maladies) ; soit par une balie quelconque dans l'une ou Tautre des causes non natu- • (aliments, boissons, exercices, etc.) , quelque matière (fer- Lescible ou non) contraire aux fonctions naturelles est adi dans le sang ou se produit en lui (2). itte matière est assez ténue pour être admise par les racines des a répandues partout dansl'écorce du cerveau, et pour péné- 4 travers les tubes nerveux ; elle perd peu à peu sa lenteur

« Mutritionis Toce ÎDlelligendain censco clectivam appositionem materiac in corporis Tiventis substantîam, sivc ad deperditac instaurationem^ sive a natan praesUturo. » — Car il n'existe pas de différence essentielle faealléfl mitritives eiauctrice*. Inutile d'ajouter que^ pour Cole, la nutrition tt fanetion i peu près entièrement mécanique. — Voy. plus haut, p. 821, la tt de GogUelroinl.

Cette matière ne doit pas être d'une espèce on d'un degré capable dé relA- ^ittfiirmrn! la craie naturelle du sang; car, s'il en éUit ainsi, la flèvre hdralt eoBtinue*

862 lATROMfiriiMSMiË. — Êcdtis AnfitjkiSE.

et dH soft plus mm, c1dtivit6 [tfôllblld h lA fbJs pttP Vàeiidfl f^ sâhle des sels yolatils (âels qii'Oii petit soapçdtitier ii'fttre airtn ehd^e que les espriU ariitnatit, du rtioids jùsl}ti*à éë (|U*ott àX tl'odvé diihs lé éo^ps iiuél()U6 ÉtlbsldfiM pluâ pfopfe ft MA^Br leurs roh(«lions et à tjui Voù puisse dpplirjtiéi- ëetlé déttoniiltr tion)^ pbr la collisioti des âutfës pârtictileâ qui la ëômjnJHll quand elles chàtigf*tit de siège ; efidtl paf réftcitatiôtl de la Ah leur qui règne dans toutes les parties. A son tour^ celle tfiitiCM exaltée réagit contre les pariicules naturellement contenoesMf les nerfs, et les fait entrer également eh insurredlion^ À peut être retenue paisiblement pendant plusieurs heures^ ttlÉ plusieurs jours^ dans les réceptacles, y circuler sans iSM' dénient à cause de son faible volume, et pour d*aulre8 raHi tout aussi ridicules; il en résulte des intermittences ptoU moins prolongées! Le retour de la riévre(l)^ c'est-à-dire hiM' vel cnclaYement et la noufelle exaltation^ ramène les friisoif i les autres symptômes préliminaires de l'accès, lesquels dODii'f I cent principalement du côté de la moelle (comme il esl oaUMl puisque le point de dépari est dans le cerveau et dans ]eêtà$ pour se propager bientôt à tout Tensemble des fibres qaiD6iiif<^ pas autre chose que les dernières ramilications des ïïerl^^^pi i

(1) a Coiume rntoiiic des glandes corticales du ceneau persiste après VD| paroxysiiu'.^ qu'elles ne peu\ent, à cause de leur mollesse^ être inodiliéef de tenipSf et que les libres de tout le corps ne peuvent se dépouiller MMilj leur aptitude à rece\oir la matière (urf^osciblc ; d'un autro cAtd, roitimé k du 9aUig, qui fournit leurs suppléments aux nerfs^ doit cnfotet un Me péi UflblCj même après le premier paroxysme^ à plus forte raison, dans le c**f|'l'^ la maladie, il en résulte que, ce sérum fournissant sans cesse aux glu''*^

aliment nouveau mais vicié, et celles-ci le recevant et le transmcttaat ■ les libres par Teiitremise des nerfs, la matière d'un nouveau parox|Siiie il peu A peu, lequel, quand cette maiière,. apn^ un certain intertallei tà\ maturité et au même déféré que la première, répète la même scène. Or,< renfiufelle jusqu'il ce que, soit les médicaments, soit le ehan|rementdetêi mAï l'intervention d'autres causes^ en rendant à ces vaisseaux leur ttfneiléî la d^scrasie morbide de la matière. » C'est en vain, ce me semble^ eli dise Cote, qu'on cbercbenit des dilTérences radicales entre cotte UiéMîert ^^ Borelli'} du reste, elles se Talent l'une l'autre.

(8) Ces opinions sont très- voisines de celles de Dairlivi et surteiit A' d'Hoffmann.

ft

W. CdLfc. — PATËOtbGlË. 86S

^ agitation qui en résuite amène la chaleur; puis la indtiére hbîde étant dompti^e, arrivent la détente et la sueur ! 'dul féceiDmenty deut médecins, l'un Trançàis, M. Diberder, iorient (1), l'autre américain, M. Salisliury, de Cleveland ddns lio (â), ont roulu expliquer l'intermittence dans la fiérre, par ^ubaiion (période d'intermittence) et Yéclosion (période Mes) d'animalcules ou de sporulcs végétales. Le docteur Di- ^Èt n'a émis qu'une hypothèse, tandis que le docteur Salisbury Be avoir démontre expérimentalement sa thèse. Je crains qu'il isoitderhypothèseetdela prétendue démonstration, comme Il est dé la pure hypothèse de Cole. D'ailleurs l'intermittence it pas spéciale & la fièvre, et je ne vois pas que l'explication dedx ingénieux auteurs modernes puisse sci*vir aux autres Ices d'intermittence, à celle de la névralgie par exemple. Lft fy a guère moyen de trouver la petite béte.

Rn terminant le septième chapitrCjOÙil s* est efTorcc de rendre Bple, à l'aide des prémisses que vous connaissez, des dilTércnts Ittréguliers des fièvres, et des fièvresirrégulières, Cole s'écrie : ^ Je crois maintenant avoir donné quelque idée des fièvres; 9 ai quelqu'un repousse mes opinions comme invraisembla'* Bi je lui demanderai d'en proposer de plus probables, soit mi les hypothèses déjà mises en avant, soit tirées de son pre Fonds; s'il le Tait, je lui rendrai des actions de grâces, âvide que je suis de la vérité, je ne regretterai pas de m'étre ^il en vieillissant. >

Il bien, nous aussi, Messieurs, qui aimons la vérité, nous ballons qu'on cherche encore des causes plus probables de la neifllermittente, que celles qu'on a proposées jusqu'ici, sans iSkeepter celles qui viennent de se produire h Lorient et Cleilld. Encore, & tontes ces explications préiérerons-nous de ttles éludes cliniques sur les causes occasionnelles, les formes ^ftas, le» anomalies, les reliquats et le traitement des liéTree ^ilténleâ.

- ne suffit pas de dire comment vient la fièvre, il imporv

^ L'nion tnédicale ; n* du A noverribre 18G9.

\ Revue tht cours scienUfiques, n" du 6 novembre 1869.

866 lATROMÊGANISME. — ÉCOLE ANGLAISE.

surtout d'apprendre comment on la chasse. C'est ce que {ait William Cole dans le chapitre x, où il met au-dessus de tout récorce du Pérou {alHorem consideratianem merettir). Si au moins il s'était attaché à imiter la réserve de Sydenham ! Oh non! il faut qu'il sache avant tout comment agit le quinquina.

Aussitôt que le quinquina a pénétré dans l'estomac il est saisi et désagrégé par le suc gastrique qui suinte de la tunique glanduleuse du viscère. Les particules atténuées sont eoiportées par le chyle dans le sang auquel il donne de la force, et dont elks changent peut-être aussi la crase. Par le sang elles arriîeol aux glandes corticales du cerveau et pénètrent même jusque dans la moelle cérébrale ; en raison de leur séjour, elles irritent lei glandes» les invitent à se contracter et leur rendent ainsi le ttf qu'elles ont perdu, ce qui permet à ces glandes d'expulser la ontière morbifique, ou de lui refuser rentrée. Les particules les pic déliées et sublimées se mêlent au suc nerveux en le pénétrât comme autant de coins qui détruisent les cohésions ou lasso» tiens hétérogènes dans ce suc.

Pour que le kina ait le temps de produire tous ces effets, il^ f ^ être administré assez longtemps avant le retour du paroxystf. I ^^ Il importe également de soutenir l'effet du médicament par Js doses assez fortes et fréquemment répétées. Il se peutqoc'^ médicament, en concentrant son action sur les nerfs de TestouK et en agissant par sympathie sur les autres nerfs, empêche lei^ | . "^ tour du paroxysme ; mais ne vous y fiez pas trop, car cet eSkid trop éphémère ; l'autre voie est plus certaine, et Cole daigne mii' nous apprendre comment on mène sûrement le quinquina ensi^ stance de l'estomac au cerveau. C'est en l'alcoolisant ou eofiO' dulant, suivant la méthode de Talbor (1), ou en y mèlanl'l' amers (2) : cela lui donne de la rigidité et augmente ses (p^ styptiques, caries amers possèdent ces qualités au suprême de{K et c'est pour cela qu'avant la découverte de l'écorcedu Péroi^ les administrait quelquefois, non sans succès, contre lesflèïïi'* termittentes légères. Comme les maladies chroniques se raitick^ presque toutes au genre nerveux, que presque toutes les t^

(1) Voy. plus haut, j>. 726, note 1. — En France on écrit TaU>ot.

(2) Après avoir débarrossé les premières voies avec des vomitib végétaux.

W. GOLC — DES âÉCRÊTIONS. 865

iqnent alors de ton, il n'est pas étonnant que dans plusieurs de maladies le quinquina réussisse aussi bien que dans les fié- ; intermittentes (1).

Die a aussi publié, en 167â, un traité De secret ione animali^ s lequel il montre qu'il n'y a pas de Tunction dont la connaisse importe plus au médecin, soit pour la conservation de la é, soit pour le (railement des maladies, soit pour élablir la lé de l'iatromécanisme, que la simplicité et la grandeur des :édés employés par la nature. Il s'excuse de n'avoir pas refait expériences physiologiques ou vérifie les observations annliqaes qui font réloimemenl du siècle, parce qu'il n'y aurait ( pu ajouter ou (\\x'elles suffisent à son sujet (:î), et d'user mtiers de conjectures, car la théorie des sécrétions a été [Q^alors à peine ébauchée [Prvface).

l'ouvrage est très-dialectique : Culc subdivise les sécrétions secretioues ad privattnn (nutrition de chaque partie), cl ad ^licum lisfun; les sécrétions qui servent à un usage public {simples ou mélangées; on appelle nussi les simples /;^y/>'.?- Bi, parce qu'elles servent à rcntrclicn cl à la perfection de *lg)Disme; elles sont constituées [)ar le chyle cl le sac uci- 'J? (S) ; les mélangées sont dites cjcvn'tives ou déparalives, ^ndu qu'elles séparent un fluide qui s'échappe du rorp-. ^me excrémcntitiel ; les cxcrélivcs reganleiil à leur \hur oitservation de l'espèce {spcrnVy lait), ou relie diî riiidivirtr) '^e^faeces^ etc.). Enfin, parmi les cxcrélives, il y /mi a auv?î K

^) On tait, on cfTct, que le quiiuiuiii.i ou le Milfati* (\r kiniiir f*î »u |i rwa-

^^'tcaiettr, non-seulomeiit dans les fit'\rrs iiitmiiiUinili*^ ou t^unU*H'vt,m^

^ lUie foule d'autres uITi'Ctions, soit iié\ral;?ii|ii('<, «<oit itiilntttut'iUnft^t V tmm»

^ ^»^ exemple), et dans plusieurs dy>«Ta>it-*, ou iiialiidir- t lirMn^^ -,

*) Cependant, il dit au eliup. v. qu'il a le piviuirr f/n m^ d ;il#vr. |ttw-«m<

'^Hpeiiion, la nature glanduleuse de la surfai-r inirrin! d< i mVssAt. %f^^.*

'^itai. Peyer et Brunner ont en effet écrit aprr^t |;i |iiil#Sa#.4aAMi«

^ — On peut dire jculeinenl que leur:» riMlirnlii-- ou» Ui^^u

••llcidc Tiiutcur anglais Soy. plus haut, p. Oî>4j.

0 Pour la défense lUiquel il s.mtiiMit, daui h: rli.ip. ii ui«i.

'^ le* lémérairc» auteurs qui en niaient reti^lrm,. , ou mm

't en doute .

DAREHVEftC.

866 lATROMÊCANISME. — ÉCOLE ANGLAISE. .

rcduciiveSy comme est la bile, parce qu'elles sont en partie utiles, en parlie excrémeniitielles. Elles agissent comme ferments par leur parlie utile. Cela n'est pas bien nouveau ; on trouve à peu près les mêmes divisions à propos des glandes dans Wharton(l). Noire auteur admet aussi des sécrélions contre nature : la matière de riiydropisie ; le pus(cbap. u).

A lire attentivement le cinquième chapitre, on voit quelasécrêlion n'est pour Cole, à peu près comme pour Willis (2) qu'uoc fermentation (3) qui exige dans la masse du chyle ou du m^ certaines condilions parliculières, et, dans les canaux excréteurs (partie mécanique de la doctrine), des conditions correspondantes {grandeur et figure des pores), Lasécrction réclame un mouvemeot et un mouvement plus accéléré dans le fluide ù sècrcler, un voIuuk el une forme spéciales, une mesure dansle degré de reftervescence, pour que ICs fluides ne deviennent pas trop subtils et ne s'eicrètent pas avant le moment et par d'autres lieux que ceux qui sont fixés par la nature. Les sécrétions simplesoxx perfeciives s'ofèm par simple percolation ou filtrage (chap. vi et vu) ; quant an sécrélions mixtes et mélangées, elles exigent particulièreoieit l'intervention d'un ferment (chap. viii. — Voy. encore chap. vt-i I n il les appelle aussi de^ secretio?ies praecipitatoriae (chap. xt). I^^

Les Tentavmia medico-physica^ de Keill (4), sont (1673-1719)

^ir

{{) Voy. plus haut, p. 6A1 et note 2.

(2) Descartes est tenu aussi en grand honneur par Colc.

(3) Cette rernienlation est produite, soit par l'air lui-ruémc qui existe datfb sang, soit parles principes nitreux, acides, etc., qui s'y trouvent; sans oublier fnfluence des sucs nerveux qui abondent dans les glandes, eu raison de la nnltîts^ des raniuscules nerveux distribues ù profusion dans ces glandes par rimagivM' des iatromécaniciens (voy. chap. tx, x, xi); ces sucs agissent surtout par rtfibt''' qu'ils donnent au sang (chap. xii).

{^) Je donne en entier le titre du volume, car ce titre en indique exactcan''^ il contenu el nous montre limporlancc des sigets traités : Jac. Keillii Tenài*' || mcilko'phtfskn quinque : de snngumùs guantHaie ; de velocitaie sat»gm»ii; *■ L cordis fid snnyuincm per iofum corpus propeilendum ; de secrelione animait ;fk 90 muscuiai'i. Quiôits acrcdit medicina sintica britannicay complectens tahÊihtptf^ rationem cxcretionvwqnc pnr sùigidos tnenscs exhibcntes ; observation/es ww*^ K coniinui nd sxngulos mantes; obscrvationes variorum annonttn ; apkoritmÊt^ li ^^ ticos; dnquisitiones duas de frigoris suscrpti causa ; de corporis OHimati rt^'^ I »

KEILL. — PHYSIOLOGIE. 867

généralement considérés comme marquant une ère nouvelle dans la physiologie iatromécanique. Keill passe pour un esprit critique, sévère, judicieux. Sans doute il tâche d'échapper aux idées aventureuses, mais il est loin d'y réussir toujours. Par exemple, s'il ramène à quelques onces, huit à douze (1), la force du cœur que Borelli estimait à 135 000 livres, il tombe aussitôl (2) dans une exagération non moins grande ; il évalue le poids du sang, chez un homme qui pèse 1(30 livres, à au moins 100 livres; il compte la partie solide des os pour 10 livres, la graisse pour 17 ; le reste des 60 livres appartient sans doute aux viscères ou du moins à quelques-uns et peut-être aussi aux fibres pleines. Il est vrai, d'abord, que sous le nom de sanf/y Keill comprend toutes les humeurs contenues dans des canaux et dépendant plus ou moins directement du cœur, et ensuite qu'il résulte pour lui des découvertes anatomiques de son temps, que le corps, sans excepter les os, se compose uniquement de vaisseaux. Cependant, même avec celte manière de voir, l'évaluation n'en demeurerait pas moins de beaucoup au-dessus de la vérité, car il semble que la masse du contenant l'emporterait encore sur la masse du contenu. Avant KeiU, lui-même le remarque, on admettait assez généralement dans le corps humain une moyenne de 25 livres; aujourd'hui on €X>inpte environ 16 livres dans un corps du poids total de 130 libres, proportion qui reste à peu près la même chez les divers a n imaux. Keill se fonde, pour ses évaluations, sur des observations iiiljuleuses d'hémorrhagies, sur des calculs a priori^ et sur des S'aisonnements que ne confirme aucune expérience, enfin sur des 'apports imaginaires de volume et de poids entre les fibres proposaient dites et les vaisseaux qu'on croyait composés à leur tour

'«. — La première édition a été imprimée ù Londres, en 1718. Celle que je est de Lejde, i730^ in-4°. Elle est plus complète* Keill u encore publié Anatomky co 1698, qui^ d'après Haller, car je n'ai pas vu le li\re, (>iil un - ^ '** V^Dic; et UD traité Sur les sécrétions {An arrount of animal secn'fiom, vU ,f *> '^%J, La doctrine en est, d'après Ilaller, résumée dans les Tcntamiun.

^^i Tentamen III. — C'est à peu près, mais un peu au-dessous, l'cvalputiou luo- '«. Le \entricule gauche, ù chaque pulsation, cliei un adulte, i*«>ëul 7 OinU»it» , (ue un travail qui équivaut à un poids d'en\irou 400 i^rauime». ^^) Voy. Teniamen h

868 lATROMÊCANlSME. ^ ÉCOLE ANGLAISE.

d'un enlrelnccment d'autres petits vaisseaux, ce qu'il ne faut pas confondre avec nos vasa vasorum.

Faute d'instruments et d'expériences directes, Keill (1) donne également de fausses notions sur la vitesse du sang : dan^ l'aorte le sang parcourt un chemin équivalent h 5,233 pieds en une heure et sept minutes, tandis que dans4es plus petits vaisseaux la route ne dépasse pas, dans le même temps, un pied (2). Keill tire même de là des conséquences qui ifb sont pas contenues

(1) Tentamen II.

(2) Voy., sur les c\aluations modernes, Marey, Physiologie fie la circuiation dn sang, p. 152 sniv. — Bryan Robinsoii dans sa Dissertation sur in quantité «A* in transpiration et des antres excrétions du corpSy trad. L[aviroUc], Paris, 1749, à la suite du Pharmacien moderne, par Lnngrish, s'en référant à soq traité dcTliV^ nomie animale et à de nouvelles expériences, émet cette proposition vraie, peut être, s*il s'agit de canaux artificiels, mais qui serait a vérifier pour les vaisseaux : « Si une personne en santé est dans une situation donnée respectivement à l'horizoo, b vitesse avec laquelle le sang coule du ventricule gauche dans Taorte, est en ni^ sous-doublée du diamètre de Taorte; et si son corps est parraitement bien proportionné, et que son cœur soit libre des influences qui pourraient -le troubler, U vitesse avec laquelle le sang coule du cœur dans Taortc est on raison sous-quadruplée de la longueur du corps... En sorte que le sang coule du cœur dans l'aorw des personnes bien proportionnées, qui ont 72 pouces de haut, et dont le cœurni-sl pas troublé, avec une vitesse qui lui fi.Tail parcourir i 5,48 pouces dans une minute.» Une table permet d'établir des proportions pour toutes les tailles. — Dans « mT'me traité, Uobinson fait voir que la transpiration, en Angleterro, en IrUude? dans la Caroline méridionale, est beaucoup plus grande le jour que lu nuit Umii» que, d'après Sanctorius, c'est le contraire en Italie. C'est donc une ^audc em-urdc* prendre pour absolument vrai cet aphorisme de Sanctorius et d'autres de inèoe nature. Cependant on lui a de grandes obligations pour avoir ouvert la voie — Robinson pense que Vexcès d'acide de l'air distend les globules du saug veiotii dans les fièvres inflammatoires (d'où la teinte noire ou noirâtre, comuie dawU putréfaction), tandis qu'il les resserre dans l'état de santé, d'où la couleur rutilaole. ou violet-indigo du second ordre. Dans la proposition 24 de VÉconomie nnimalf.K est dit que l'acide de l'air, par son mélange avec le sang dans les poumons, confen» la vie en dissolvant, en atténuant le sang et en lui conservant sa chaleur. — I^ nombreuses expériences faites par l'auteur sur lui-ir.éme, sur d'autres pcrsomvj^ et sur des animaux, relativement à la proportion des aliments solides et liqni^ avec la transpiration normale, les urines et les selles, sont résumées on une suite* tableaux statistiques. On trouve aussi des rcL-herches sur le poids proportionnel')* cœur et du foie avec le Corps chez divers animaux. Voy. p. 881, où il est ncrt question de Robinson.

KEILL. — PHYSIOLOGIE. 869

très-légitimement dans les prémisses ; surlout il cherche à les justifier par des raisonnemenls inacceptables (1).

Keill (2) admet, avec Boreili et Guglielmini, que les muscles sont composés de fibres el de fibrilles, que les fibrilles sont con* stituées par des vésicules enchaînées les unes aux aulres,eldont le gonflement, volontaire ou involontaire, par le sang et le suc nerveux, donne lieu à hi contraction et aux mouvements. Voilà, dit-ii, qui est certain ; ce qui Test moins, c'est la manière dont se produit ce gonflement [inflatio). Par une suite de raisonnements, Fondés en partie sur les causes finales, Keill décide qu'il faut ajouter des globules d'air au sang et au fluide nerveux, glo* bules soigneusement enfermés dans une membranule d'où ils ne peuvent pas s'évader. Cet air est fourni par le sang qui en contient beaucoup, comme le démontre la machine pneumalique(3). C'est en vertu d'une attraction particulière que ces globules s'insinuent dans les vésicules. A lire attentivement cette partie du cinquième Tenlamen^ il n'est guère possible de douter que Tauleur a pris pour des globules aériens, soit certains globules sanguins (peut-être les blancs), soit le point lumineux des globules rouges, qu'il a vus au microscope dans les capillaires (â) .

(!) « Pour renouveler entièrement la quantité et la nature du sonp, il faut user •ouveut et pendant lonf:r<cmps des médicaments, ta marche du sang étant d'autant plus lente qu'il atteint un point plus éloigné de quelque grande artère ; puis, dans les parties extrêmes, le sang ne peut se mêler que tardivement avec les médicaments. Comme le cours du sang à tra>ers les glandes qui reçoivent les artères issues immédiatement d'un tronc volumineux, est beaucoup plus accéléré et plus rapide, it se peut qu'une grande partie des médit aments soit évacuée en peu de temps; ce n'est donc pas tant la grande quantité de médicaments que leur usage répété qui rcoouTellera la nature du sang. Il ressort aussi de là que lorsqu'on croit expédient de modifier le sang à Taide des eaux minérales, on doit en boire fréquemment et non beaucoup a la fois; si en elTet ces eaux sont rapidement expulsées parles évacuations, on n'atteint pas le but qu'on se propose. Quand on les in;zurgite dans un petit espace de temps, elles ne se mêlent qu'avec une faible partie du sang, alors réconoroic animale en est nécess.-iirement troublée. »

(2) Teniamen V.

(3) Le sang, à l'état normal, ne contient pas d'air en nature, mais des gaz (oxygène, aiote, acide carbonique) qui existent dans ce liquide soit à l'état de complète dissolution^ soit sous celui de simple combinaison.

(4) a Les particules du sang s'attirent mutuellement avec une grande force ; et \c%

870 lATROMÊCANISME. — ÉCOLE ANGLAISE.

Mais jusqu'ici, direz-vôus, Messieurs, on ne voit pas que soient justifiés les éloges donnés à Keill, ni en quoi il se distingue des autres iatromécaniciens. D'abord Keill, dans la Statica brilannica (1) , a réformé Sanctorius en plus d'un point et a étendu, par des observations bien faites, le domaine de la statique : il montre l'importance qu'il y a à entretenir les fonctions de la peau, et les heureux résultats qu'on obtient en agissant sur cette membrane, surtout pour les maladies chroniques ; à ce propos il vante, non sans raison, plusieurs des pratiques usitées par les médecins mithodiques (2). Keill a trouvé presque la vérité pour la force do cœur; enfin il a introduit dans la physiologie l'idée newtonienne de l'attraction pour expliquer les sécrétions ; il prépare de loin les voies aux Stevenson, aux Nicolas et Bryan RobinsoD, à Clifton Wintringhâm, dont les uns font intervenir, soit an éther, soit l'électricité, et dont les autres commencent à avoir quelque soupçon des propriétés spéciales de la matière orgn^ nisée, en même temps qu'ils substituent (Stevenson) des explications chimiques aux explications mécaniques pour la production de la chaleur animale.

globules sont formés par cette attraction des particules du sang. liOrsquc^ pour moa agrément, j*ai examiné au microscope le cours du sang^ j*ai plusieurs fois obserré que le globule sanguin comprime dans les passages les plus étroits des vaisseaux prenait la forme sphéroïde ; puis qu'après sa sortie de ces passages^ porte dans ui lieu moins étroit^ il reprenait, par suite de son élasticité innée, sa première forme sphérique. Il me pacaît très-vraisemblable que ces modifications, dans la fomie, sont dues à un globule aérien^ revêtu d'une légère membrane sanguine (p. 100}. ■

(1) D'après des principes que semble lui avoir en partie empruntés Robinsoo.— Yoy. plus haut, p. 862, note 2.

(2j On lit à ce propos, dans Disquisitio de vi attrahente^ p. 198 : o La coramnnauté du lit intéresse fortement la santé ; il y a en effet une grande attraction entre des corps nus couchés sous les mêmes couvertures et placés l'un à coté de Tautre; ils se réchauffent mutuellement et sont enveloppés comme d'un nuage du souffle chaud de la perspiration. La plus grande partie de la vie se passant ainsi, rien d'étonnant que des corps unis parle mariage se communiquent mutuellement Icurf qualités. Dans cette union^ le pruritus se propage ; la matière qui s'échappe d'un corps souillé, afTecte de la maladie vénérienne celui qui est sain (il fuut plus que le coucher cote à cote. — Boerhaave. Aph. 1440, croit aussi aux cfRuves vénériens). Dans cette union, enfin, l'ardente jeunesse réchaufTe la vieillesse, eir<* voit languir et s'étioler la jeune fille aux chairs succulentes, rapprochée d*un vieillard desséché. » Mais pourquoi deux effets si différents dans deux cas semblables-

KEILL. — PHYSIOLOGIE. 871

C*esl dans le quatrième Tentamen que se trouve rcxposé de la doctrine de Keill sur les sécrétions.

Le sang est un ûuide saturé de divers corpuscules, dont les JDS s'attirent mutuellement, tandis que d'autres attirent les parfcules du sang et y adhèrent; c'est par cette attraction que le mg est susceptible de coagulation; que le sérum surnage, et ne la quantité de sérum répond à la force de Tattraction ; bien lus les corpuscules du sérum s'unissent mutuellement, si lelque partie de l'humide est chassée par la chaleur ; enfin est f union diverse des corpuscules qui forme les diffémis liquides aptes à la sécrétion par les glandes. Tout se passe >nc ici en vertu des lois qui président à la cohésion des partitles matérielles (p. 60).

Apres avoir rappelé les lois générales de Tattraction, Keill en 1 ane application spéciale à la sécrétion du sperme et de la le, liquides très-consistants (ienacissima), et qui sont tamisés ercolantiir) au voisinage (?) du cœur, là où la force d'adhésion it le plus puissamment.

c La bile devant se mêler au chyle qui va de l'eslomac au duotoum, aucun lieu n'était plus favorable pour la séparation de

bile d'avec le sang que celui où est placé le foie (1). Mais si

foie avait reçu tout son sang directement des rameaux de l'arre cœliaqne, les particules dont se compose la bile, tendant ce lenteur l'une vers l'autre en raison du mouvement effervoscent testin, ne se seraient jamais rencontrées ; c'eût été inutilement le la nature aurait placé ici le foie. S'ccartant donc de la méode admise qui envoie le sang par les artères à toutes les par- M du corps, elle a imaginé la veine porte; cotte veine ne ent (3) pas de la veine cave, comme toutes les autres, mais elle »rtde loutela longueurdes intestins, de l'épiploon, deTeslomac, î la raie etdu pancréas, afin de conduire au foie le sang apporté

ces parties par les artères cœliaques et inésenlériques. cet artifice^ le sang, conduit par un long détour, s'avance

(1) KeiU est aaseï purtîMin dc« causes finales ; on en trouve plus d'une preuve Hf wc% écrits. Cette considération est eu ({général étrangère aux ialromuthématiciens.

(2) KeiU oublie que les veines ne viennent pas de la veine cave, mais s'y rendent proche en pn>cbe.

872 lATROMÉCANlSME. — ÉCOLE ANGLAISE.

lentement afin de donner aux particules dont l'union (opérée par la force de l'attraction) doit engendrer la bile, le temps de s'incorporer, f/esl à cet office que la nature a destiné la veine porte, dont les auteurs qui ont traité de réconomie animale n'ont tenu presque aucun compte, quoiqu'elle soit la plus remarquable entre toutes (4) » (p. 63-64).

Cet exemple montre que, siKcill a mis en avant une idée nouvelle, Tattraclion, il nen a pas tiré un grand profit. Voici ce qu'il pense de la sécrétion des esprits animaux : ces esprits lai semblent rentrer dans la catégorie de ces humeurs qui sont formées des plus petites particules du sang, puisqu'elles sont filtrées par les plus petites glandes.

L'économie animale tire un grand avantage de ladislancccoDsidérable qui sépare le cerveau du cœur. Autrement les particules du sang agitées par le poumon auraient pu obstruer les petits canaux des nerfs et pénétrer dans les glandes d'où sont sécrétés les esprits animaux. Il en résulterait infailliblement Tapoplexie, la paralysie et le léthargus.

Keill, ne voulant pas s'arrêter en si beau chemin, tâche d'appliquer sa théorie des sécrétions à la pathogénie. Le corps animé, dit-il (p. 87 et suiv.), est une machine dont les mouvement» et les divers offices naissent, sont mis en action et sont régis par les sucs que le sang dans son circuit rejette par ses propres émonctoires. Sans ces sucs, pas de coction des aliments, par conséquent pas d'entretien du sang; le sang ne reçoit point l'impulsion du cœur, ne réagit pas sur le cœur; point d'inspiration ni d'expiration de l'air vital, de perception dans les organes des sens; point de mouvement ou d'agilité dans les membres. Puisque les fluides qui sont régulièrement tirés du sang donnai au corps animal la vie et la santé, pourquoi une mauvaise sécré-

(1) Keill rappelle ici que le voluoie des branebes artérielles d'un tronc sar^ le volume du tronc lui-même, et sur cela, il foudc toutes sortes de calculs k^ Tement à la proportionnalité des troncs et des rameaux des vaisseaux entéro-aMM*' tériques^ pour en déduire le mode de sécrétion de la bile et dos autres liqin^ •ninnt qu'ils réclament une plus ou moins grande rapidité du sauç, un pte** ^Mins graud éloignement du cœur.

KEILL. — PATHOLOGIE, 875

lion des humeurs nepourniil-cllc pas causer des maladies? Mais si quelque sécrclion dépasse la mesure normale ou s'écarle des voies naturelles, il en résulte ladiarrliée, des sueurs excessives, le diabète; que de tourments surgissent, quelle langueur atteint le corps et même l'àme! L'ictère, la suppression de Turine et des menstrues montrent qu'il n'y a pas moins de péril lorsque les sécrétions pèchent par défaut ; des maux aussi grands résultent du changement dans les qualités des sucs; tels sont la colique, Tardeur d'urine, les ulcérations des intestins, des reins, de la vessie, et de la bouche elle-même par la vertu corrosive de la salive.

Keîll cherche particulièrement à faire jaillir quelque lumière sur la nature inconnue du diabète, sur ses symptômes et ses causes, afin de déterminer la véritable méthode (jie traitement. Les symptômes qui précèdent le diabète sont des douleurs légères, vagues, et des soubresauts des tendons, (|ue suit bientôt une abondante émission d'urine, d'une saveur douce comme du miel, glutineuse au loucher et de couleur pAle; puis viennent la soif, raccélération du pouls, la langueur des esprits et une grande faiblesse; le tout croit et décroil selon la mesure de l'écoulement. La cause de cette maladie est évidemment quelquefois Tabsorptionquotidienne vi en trop grande quantité d'une liqueur généreuse ; et plus cette boisson approche de la nature des esprits, plus elle est nuisible, en pénétrant le sérum d'un liquide spiritueux.' Si celle cause n'est pas la seule, clic sert du moins à expliquer toutes les autres.

Les.selsdu sanget de l'urine ne se liquéfient pas dans l'esprit vineux; en d'autres termes, les particules qui composent ces sels s'attirent elles-mêmes plus fortement qu elles n'attirent les particules de ce fluide; cha(|uc jour donc la quantité des sels retenus s'augmente encoulantabondamment dans les vaisseaux capillaires, en irritant les fibres de ces vaisseaux, d'où les douleurs et les iressaillements dans les parties charnues et les tendons. Dès que le sérum du sang, entouré de globules sanguins, se trouve saturé, les sels, entrant en contact avec les globules, les tirent de tous côtés, lesdissolvent et divisent l'ensemble du sang. La partie rouge da sang, liquéfiée dans le sérum, et poussée à travers les

87& lATROMÊCAMISME. — ÉCOLE ANGLAISE.

glandes des reins, donne h l'urine une douceur pareille à celle que le vinaigre reçoit de la lilharge, en s^incorporant aux sels et en changeant leurs figures et leurs proprîélés.

N'êles-vous p;is en effet. Messieurs, éblouis par ces raisons qui s'échappent de la théorie des sécrétions.

Voici qui est plus raisonnable : c Une évacuation excessive diminue les autres sécrétions; ainsi, une abondante émission d'urine devra produire la suppression de h salive et du fluide dérivé par les nerfs; c'est pour cela que ceux qui souffrent da diabète, sont, suivant la quantité d'urine excrétée, altérés, languissent, et qu'ils perdent leurs forces. »

Mais bientôt la théorie reprend ses droits; c'est en vertu de celte théorie que l'indication thérapeutique consiste essenlielteitient à obtenir la séparation {disjunctio) des sels et du coagn* lum sanguin; or, pour remplir cette indication, il n'y arien* mieux qu'une large absorption d'eau dont la quantité égale celle de l'urine évacuée! De toutes les eaux celle qui sort d'oi terrain calcaire est préférable aux autres ; la chimie, en effet, démontre la faculté qu'elle possède d'attirer les sels urineoL Telle paraît être l'eau de la fontaine de Bristol. |j^

C'est par cette méthode que Keill prétend avoir arraché à la mort un malade qui rendait par jour six congés d'urine.

Quelques noms (1) terminent la liste des médecins anglais d*

(1) Cockburn passe, aux yeux de quelques autours, pour un ialromaUiénialiô* Après avoir lu son Oeconomia corjïoris animalis (ou physiologie du corçs buowii)» Lond., 1695, je pense avec Haller que cet ouvrage n'appartient à aucune fe«*^ Cockburn est un homme éloigne de toute exagération, acceptant les opiDioM ^ tient pour les mieux prouvées ou les plus probables^ aussi bien les chimi^ne^f les anatomiques, comme il dit. Pitcairne raccusc de plagiat, mais je voisplulotfi* Cockburn aréruté la théorie de Pitcairne sur la trituration desaliments dansrcstfl»*- Cependant il dit que les particules subtiles de lu bile pénètrent dans k Aï*» comme autant de coins, pour le rendre plus fluide. — I^ sang n'est le iiéfft ^ cune Termentation; c'est lui, considéré dans sa masse, qui nourrit le corps; Coctt** ne veut pas que, pour cette opération, on sépare le sang rouge comme inutile^c^" lymphe plastique comme matière essentielle de la nutrition. — Le sang se menti' impulsion, et la chaleur lui est communiquée par le mouvement. — Lefcrt»* respire pas, etc. — I^ même Cockburn a publié un livre intitillé The natvr^^

FREIKD. — THÉORIE DES MENSTBUES. 875

i XVII* OU du commencement du xviii* siècle, médecins it, au moins par certains côtés, rattacher à Técolc ialroenne; nous mentionnerons d'abord Freind (1675-1722) (1673-1754). Freînd, aussi érudit (1) que médecin, dans son premier ouvrage, V Emmenologia ou traité des s femmes (170S), ce flux périodique par une théorie le, comme Pitcairne l'avait déjà fait, et en se conformant îpes de Bcllini, « homme d'un esprit admirable » (2). 'reind, les menstrues ont pour cause finalcy ainsi que le alien, d'entretenir la santé de la femme dans l'état de a remédiant à la pléthore, et de procurer par leur rétcnarrilure du fœtus pendant la grossesse. La seconde prost à peu près vraie chez la femme, si l'on ajoute toute- «tte fonction est intimement liée à Tovulation ou à la et à la rupture d'une vésicule de Grafl*. 11 reste et peut- Icra longtemps encore un c point mystérieux m , je veux question très-difficile à résoudre pour la cause finale de nation, puisque les femelles d'animaux, h l'exception de quelques femelles de singes, en sont privées.

précédé par Charleton, attaque avec beaucoup de i théorie des ferments qu'on avait mise en avant depuis mme cause efficiente des règles'; quant à lui, il adopte

w (diarrhée^ Uenteric et dysenterie), l^mlrcs, 1724^ in-8, 3* édit., où «s remarques juilicieuses sur les méthodes éniéto-cathartique etastrin-

marche et les symptômes des divers flux, d'utiles observations et des lU historiques. L'auteur avait pratiqué sur mer et dans les armées. Haller i Une, mais il cite d'autres ouvragres qu'à mon tour je n'ai pu trouver. Traité sur les maladies des marins et sur In saignée flans les fièvres, is que la partie publiée en 1696 (elle contient 19 observations). éênt la seconde partie (1697), l'auteur prescrit de se servir du tlierte compter le pouls. Du reste^ il n*y a rien de plus rare dans nos bihlio- . de plus difficile à se procurer^ dans le commerce, que les ouvraf^es ritt en anglais à la fin du \wf siècle, ou au commencement du xvin% \ oavrages écrits en italien ou en espaj^nol à la môme époque.

doit des Commentaires sur les livres I et lll des Épidémies d'Hiple histoire estimée de la méd^-cine, «lepuis Tialien jusqu'au xvi* siècle. 1 (chap. vu), il l'appelle : « Tlicoriac medicinalis inveutor primus. » ihéoriesurles fièvres intermittentes.

876 lÂTROMÊGANISME. — ÉCOLE ANGLAISE.

encore ici ropinion de Galien : les menstrues tiennent à la pléthore; seulement il veut expliquer mieux qu'on ne Vu fait comment la pléthore est cause des menstrues, et quel est le mécanisme de la menstruation chez la femme. C*est le sujet de trok chapitres (3-6); pour la démonstration, Freind invoque particulièrement les lois pesées par Sanctorius, dans sa Stalique^sMX^ rapport des pertes et des réparations dans réconomie animale. Chez la femme, il y a moins de matière perspirable que chez l'homme, parce que la rapidité du sang est moins grande, attendu rétroitesse de tous les vaisseaux sanguins ou excrélcors. 1 " — Leur tempérament étant plus humide, leurs chairs, pte molles, ne poussent pas facilement les humeurs au dehors;enfin leur vie est oisive et sédentaire : de là une tendance marquée aux congestions vers la matrice. — Cetorgane estdans* position perpendiculaire, tandis que chez les animaux il ^ horizontal; les vaisseaux qui s'y rendentonl, eux aussi, unedirfr tion perpendiculaire chez la femme et horizontale chezlcsafr maux ; — le tronc de Taorte est plus volumineux chez la feffl* t|ue chez Thomme ; — enfin les veines ulérines .sont dépourrïfl de valvules. Voilà en vertu de quels « principes simpte* indubitables » Freind explique comment les femmes onlWb ^ règles et que les animaux n'en ont point. Reste la questioa*} périodicité.

Rien de moins embarrassant : puisque les femmes d'odII" une perspiration abondante, il faut bien qu'il s'accumule dej^ en jour dans les vaisseaux plus de sang qu'il ne convient. Eh w* i., comme cette accumulation se produit en raison de la quai* d'aliments ingérés, et de l'absence de la perspiration quid«^ se faire en proportion directe de celte quantité, il arrive qoe*"* les trente jours environ, la pression sur les vaisseaux élanlW forte, le sang s'échappe (I). Aussi la suppression ou la difl*"

(1) Comparant, dans ce même chap. vu, fa théorie du flux menslnid »«<' de Bellini pour la fièvre intermittente, Freind ajoute: « Si la quantité «le U»*^ perspirable, retenue pendant plusieurs jours, reste la même, il-se prodaittc**^

ment aussi la même pléthore ; laquelle provoquera aussitôt, pour uii Icmp* flux utérin. S'il se produit quelque chose qui empêche la pléthore de p«r*^. quantité habituelle^ alors aussi la période variera dans ses mouvemeDts iccoil^ 1

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