‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 44 sur 102 · HOFFMANN · texte numérisé non relu

HOFFMANN

leriiaave croit, comme Keill, que la maladie vénérienne peut Innsmetlre par les exhalaisons (Aph. li&l). En général, pour le traitement, Boerhaave s'en tient à la traion; aussi c'est la partie ordinairement la plus raisonnable de 1 livre.

le pense que, si les historiens y regardaient de plus prés, lucoup de réputations médicales acceptées de confiance mais iéespar des circonstances accidentelles, s'évanouiraient en parsous le regard d'une critique sérieuse et impartiale.

Frédéric Hoffmann (1 660-1 7A'2) (1), appartient par sa nais- Dce à cette célèbre université de Halle (2), qui a fourni tant médecins distingués (3) et (|ui est devenue bientôt, par la ésence de Hoffmann et de Stahl, la rivale de l'université de 7de. Hoffmann professait la physique, la chimie, l'analomie, médecine pratique et la chirurgie (A), tandis que Stahl était

L) On trouve dans Téditiou in-folio de »es Œuvres œmpii'lci ((îeiiêve, I7A4~ 8; 6 vol. in-(^ et les supplém.) une Vie de Hoffmann^ écrite par J -II. S«iiultx«, ^lèvc de prédilection. Elle a été traduite par Bruhier et ini^e (fu t^lc di* la W€ine ralionneile. On trouve à la suite une liste des nonibreu\ écrit» d<; Hull- ■I et âou portrait. Voy. auasi les Bibliothèques de Haller, et en particulinr hi ^S^héque médiaiie, ) Fondée en 1694, par Frédéric lU, électeur de HrandetHMirir, qu' r«ali»tii'

m vœu Torraé longtemps avant, pur Albert, arche viupii! tlf, M«ird4:bvtiiK.k Pkr exemple, Gœlicke, Alberti, Coscbwitz, JunkiT, ÎUuhwn, t^miiky, Kif » Cassebohm et Schultzc. Voy. Friediander Xur (if**fii/.fttf 4*^» «wrt/c. /•«• - •tfp, dans le t. III de Haeser's Arrhiv fur //. fjrn. Me0luut t^\ du uiMtM« ? ^. medie. Hnlens, Halae 1840.

i Tout novateur qu'il était ou qu'il croyait él^^, M«lliii*uu vfÊk^m^mt* k tradition et particulièrement de l'antiquité. Il a iMiblw uim U* Uin (/>f praeparatione nd iectionem veterum Tft^UAU4t^ vm'Aurmm. ^wiilt la lecture aux contempteurs ou auv ciuttiuiift d<? 1 *• rétudient pas. On y trouvera de bon» «;vub«ilb et Ut ^i «uteura qu'on doit préférer. On en p«iurrail ciUît ^éiijk une riche bibliothèque à consulltrr. — Au «le h Médecine rationnelle, HoRmann nscouiiwiiMlv ^

U d'Alexandre de Tralles, d'Arétée, de BaiAtou. de Mercurialile scoliaste d'Hip|Nicrai* . d*'

I, de Seonert, de Fabrice de Hild«:ii, û'i

ive.

006 UTROMÊGàlfISMB. -^ tOOLE ALLEMAIIDK.

chargô de la médecine théorique, de la phyaîologie, de la diète* tique, de la matière médicale et de la bolaniqiie. Ces deai vigoih reux athlètes se partageaient ainsi presque tout le domaine des sciences médicales. Quel professeur voudrait aujourd'hui prendra une si grande charge, quel pourrait suffire à de si grandi d6* voirs ?

Hoffmann, après s'être rangé d'abord dans le camp des chimiaires (1), puis un moment sous le drapeau de raaimi&ine, n sépara bientôt de Stahl (2) et des adeptes du fourneau pov devenir l'un des sectateurs à la fois les plus ardents et les plos illustres de la médecine mécanique (3),

(Ij Voy. son Exercitatio cAtwica, etc. léna 1681. -^ On retrouva enoûreçitf là (Jes Lracei de ces premières études.

(2) Voy. SCS Fund'imenta medidnae; Halle 1695. — Les Fundamenta medkàm ne sont qu'une suite d*aphorismes compreuant Phy^iènc, l'anatomie^ la pli}W' logie, la médecine mécanique, la tliérapou tique. — On y lit cet d«ui propoMlîMft « Non-seulement les esprits animaux meuvent le corps, mais Us sentent, et oSi sensation no se fait pas sans mouvement (chap. vi, apb. 16). a -^^ m QaaW flbpes nerveuses ou musculaires sont stimulées ou irritées par une certaise inaliiM, non-suulénient il se produit l-^i un afflux d'esprits, mais il se fait, par TimpalMi do l'objet, une sensation et une perception (même cbapitre, aph. 16). ■ — Ui développements se trouvent dans U Médecine rationnelle.

(3) Hnller se loue des relations qu'il eut avec HolTmann alors que ce deroier élii déjà fort âgé. — Je lire Tbistoire des doctrines d'Hoffïnann d'abord de la MéâeBfi raiionnêUe d'un grand nombre de ses nistet*taiio¥u. Voy. aussi le traits pM> thume, publié par Ciihausen : Commentarius de difpprentia inier Hoffmanmi ththnam medico-mechanicam ei Stahlii un^lico-orgnnicamy 17A6. — I^es Cmsinilafi— (17H/)) ne peu\ent servir presque eu rien à élucider la doctrine d'Hoflîoaaaiai elles lui sont en général envoyées par des médecins d'une incomparable igaocuf dans le diagnostic (par exemple des tumeurs de la base du cerveau, ou descoii^ des os du crâne, ou des polypes à l'arrièrc-cavité des fosses nasales pris peurétf migraines singulières), de sorte que les réponses ne peuvent uatureUement st fe^ dcr que sur la teneur des demandes. On y voit seulement que notre auteur coasoli volontiers ses remèdes, sa liqueur anodine, et les préparations domestiques y^vf^ ^ mediv, simplicissiin, sutnmn ff/icncio, 17.51). Les Consultations comprenneit 3li cas rangés sous ces rubriques : maladies de la tête, de la poitrine, de l'abJflfli** des membres. — llaller a donné une analyse détaillée d'une autre coUectiSB^ Consultations en einti décuries, 1V21-1739; 10 vol. in-4% Les ré/MWMr éasa**' delà F'icultéile Halle. La collection de 1736, traduite parBruhier» contient fii^ qnes parties de celle de 1 72t -1 739. — Je cite pour mémoire et comme de pnnjfl* d'esprit les dissertations suivantes : Quwl nemo aegrotorum mariaiur m

HOTFIIAIilH. NV

no s'mi proposé de réduire toute la médecioe eu an ■ftiioanét tellement lié que les principes se suivent dans plus naturel, et qu'on en puisse déduire, par descofts directes, Texplication d'une foule de phénomènes dont l'histoire des maladies, et les effets de tant de causes de porter préjudice ou d'être avantageuses h la santé, li le grand éeueil où viennent échouer la plupart dae rars et tous les sectaires : ranger sous une loi unique» I toute la physiologie et toute la pathologie, sans tenir i des laeunes de la science, ni de la multitude des faeOB mtent les problèmes à résoudre. Ce n'est pas seulement ion de trouver une source universelle d'explication qu'ils île se piquent encore d'être les seuls à éviter les hypo- 0t Beuû à indiquer la vraie raison des choses (2). C'est manque pas de faire Hoffmann, qui croit avoir trouvé içine positive, une médecine à Tabri de toute idée prélaroi qu'il y a appliqué une méthode qu'elle ne com*- , la méthode mathématique, parce qu'il fait intervenir

des symptômes 1) } — Qmd péurimi oêffroÉorum mm'MUÉur cwirti k§98 (belle consolation 1 c'est Uu Molière); enfin Ue medicit mor^ortmi etma^ rais emploi des médicements, eu particulier des éraétiques, prendre les poiir la maladie^ etc. liais puisque ce sont les symptAmes^ et noD la

tueni I «B Dissertation peu flatteuse pour les confrères. lann a écrit une dissertation (De metiicina ak funmi kyfioêken mmHô^mth il gémit sur les distensions entre médecins, dissensions si Quisililei ani 'art, à la dignité du la science^ et qui cesseraient infiailliblement sichaeun «le autre autorité que celle de l'iatromécanisme ou mienx de l'iatre- Vie ! — il développe encore cette pensée dtns une autre dissertatioB qui

: De difficuiiatihui in medicina nddiscenda (171 S); il y indiqua toutes lIMcultés qui se présentent dans l'étude de la médecine, et donne les VM pour en triompher, insistant sur la néceuité de connaître l'auatomic •lalto... f^M nstiiur verum universoe midi§ma$ prmc\piim >m êifuetwa MMi meekauka reperimdum; 1733. C'est un travail tout à fait dialec- Ve anat, in prftxi metHca usu; 1707), la physique, la mécanique, la Idleale et diététique, le tempérament des malades, les constitutions (ues particulièrei ou générales.

aussi l> genernt, fekrium^ 1715, § 8, où il est dit qu'on doit tenir pour

rien apporter dans la démonstration, comme principe ou cause pre- B*ait été auparavant prouvé et démontré clairement, ëq façon à enlewr ites. A ce propos, il s'élève contre i'aaimiswt»

90» iatbovëi:am!>he. — tnoLK. allemarde.

l'analomie, la physi-iueespériraenlale el la mécanique (1) dont H ne prouve pas. «lu reste, qu'il ait ea une connaissance Irèapprofondie (2>, surloul de l'anatonaie et de la physique eipéri-

mentale.

Nous commencerons par la physiologie (3). La vie n'esl riei aulre chose qu'un mouvemenl circulaire, vital et progressif di sang el des autres humeurs, produit par la systole el la diastole du cœur el des artères: ou, jK)ur mieux dire, c'est un raolIf^ raenl ï

des srticuuujï Cl M^c ^.«^i^»iv/u^, prt;serve 16 corps de comption (car le sang et les autres parties sont très-sujets à la p tréfaction, en raison de la diversité des substances qui les cos-

uu cœur ei aeb druric?, i^u, ^luur mieux dire, c est un raolIf^ I ment de tous les canaux el de toutes les libres, entretenn pir | l'abord qui s'y fait du sang et du suc nerveux, et qui, au mojei Ij des sécrétions et des excrétions, préserve le' corps de cofTW- 1 1

(1) Praef. (ui Med. ration. Pour les longues ciUUons de cet oaTragej'ffBpn* la traduction de Bruhier. — On peut dire de la Mffiicina raiionaiis, un desàeréei grands tra^aui d'HofTmann, qu'elle est le résumé de presque toutes les diaertitiM^ opuscules ou discours qui composi'nl la majeure partie de son œuvre. C'e$t mi le résumé de sa pratique et comme sttn testament médical.

(2) Diins la préface des ConsuUnhon^^ on lit : « Nous devons être iustniitf f l'anatomie de la coin position et structure du corps ; de la forme situation nif^ et usaf^e de toutes ses parties ; dos Tonctions de ces parties par rapport à liiicti la santé. Les expériences chimiques , physiques et mécaniques doiveat m< apprendre à connaître quelles sont les qualités^ la force et les vertus des àf^i extérieures^ soit aliments, éléments ou médicaments, ou autres corps qui^iv' constamment sur notre machine et peuvent causer des changements eoosidâiMB dans la santé, la vie, les maladies et la mort ; par là nous discemons cdltf^ sont salutaires d*a\ec celles qui peuvent nous nuire. Comment un médecin p(^ connaître qu'une maladie est mortelle s'il ne sait pas l'anatomie et sH P^ Tusage et la situation des parties? Comment pourra-t-il déterminer qiielk e<^ partie affectée et le siège de la maladie, s*il ignore la situation des viscères (tl^ fonctions? Qui pourrait apercevoir les causes et le danger d'une maladie,^ I savoir la théorie des mouvements et surtout de la circulation du sangdavtiri^ corps et dans chacune de ses parties ? Et si les principes de mécaniqae K i*** apprenaient quelle est la nature, quelles sont les espèces, les propriétés et Wcl'* de ces mouvements, comment pourrions-nous connaître l'état d'une mùiétp les variations délicates et presque imperceptibles du pouls? » Trad. Brukicr.

(3) Hoffmann appelle phUosophie la physiologie et la diététique^ car clki «^ la plus noble partie de l'art et constituent le plus éminent degré de l«s>f^' Voyei De optima phih^vphandi ratiotw^ 1741.

K-si.

VCMmiAKN. -^ PHYSlOr.OGfK. 909

I (l)y en même temps c]u*il entrelieni les fonctions de les parties, en particulier la nutrition. L'augmentation de »té du sang (c'est à-dire la fièvre) est cette nature médica-* vantée par les anciens (*2). C'est elle qui détruit les obsos et expulse les humeurs nuisibles (3). Le mouvement (ne ne doit pas être rapporté à un être distinct, intelli* loué de sentiment ; il tient à l'aillux du sang et du fluide X (A). Tout part de causes naturelles et nécessaires; tout t mécaniquement dans l'organisme sans que pour cela on nie mais on ne comprend rien à la physiologie si l'on admet un 16 métaphysique. C'est le sang qui meut le cœur, premier et dernier mourant (5), lequel à son tour meut le sang. La

tj, Putreflùm tlocln'nac Jusque amplissimo in medicina usu; 1722. C'est là Bunn vante & la Tois, contre la putréfaction, le camphre, les calcaires et la cerf. La putréraction est ia cause principale des maladies d'automne, surtout camps. Quelques-unes des maladies, qu'il y indique se rapproclieui de nos aiigneit. — Voy. encore De malignitatis natura.,. i/t ttturfjt'i ncults ; 1695. pendant HofTmann dit un peu plus loin qu'en fi:éncral dans les maladies iurtout dans les chroniques, il ne faut pas s'en remettre à la nuture pour ou changer la matière morbifique ; autrement on manquerait l'occasion •r le mal à sa racine ; il n'y a d'exception que pour certaines maladies I toute l'économie est troublée, où tout est en mouvement, — Singulière i, en vérité ! — Mais tout cela prouve que le naturisme n'est en pratique in mot, quoiqu'on en fasse grand état en théorie. La preuve de cette incon- 1 dit de doctrines naturistes, c'est que dans Différents états fie ia médecine tiecint, trad. Bruhier, HofTmaini gourmande les médecins à la fois pour ne r administrer les médicaments et pour leur empirisme qui ne leur permet »drc le bon vouloir de la nature ; et ceux qui accordent tant de puissance mlure qu'ils l'ont transformée en une âme intelligente et presque suffisante lire des maladies (voy. aussi Dissertât. De natura morbor- medicntr, me- 1699). C'est du reste dans celte Dissertation {États de la méfledne, etc, plîque le plus clairement sur le rôle très-limité de la nature, sur l'imporilya à ne pas confondre les forces naturelles du corps et celles de l'âme, it à lait distinctes et indépendantes dans leur essence. Il y insiste aussi

NO lATBOMftQâMinilé ^ ÈCOIA tUWANDB.

mort séliilt ta'esl que la oeMalion da raouveineni par répiiiM' flemenl dei tissuë et la diminution on la cessation da l*affl«i te liquides {sang et iuc nerveta)^ principes moteurs. Le sang eil entretenu^ rajeuni, réparé par la partie élastique de Tairel par les alimenisi Les eioréiions sont à pea près égalai n poids des aliments. Les maladies ne sont qu'une lésion oi qu'un trouble des mouvements naturels de resserrement el k 1 relâchement (systole et diastole) ; d'où Tatooie ou le Spaame (1). I Le livre premier de la Médecine raiionnelle n'est que le dèil' I loppement de ces propositions générales eitraites de la pniM 1 même de Touvrage. L'auteur y ajoute cependafil quelques if 1 marques qu'il ne faut pas négliger. -^ Le suc nervem est la ^ I tie la plus subtile d'un bon sang el d'une bonne lymphe; -k 1 corps est surtout une machine hydraulique, el des plus parfais l< puisque toutes ses parties^ comme le démontre l'anatomia» ni n un tissu de vaisseaux;-^ la multiplicité des humeurs* la difnM& de leur composition, nécessitent une foule d'émoiictalrei otfftfC d'excrétions; aucune partie n'a avec la tête un commeitè^fc^ suivi et plus étroit que l'estomac et les intestins; — 'l^rat également une correspondance toute particulière entre i0i>f Im ^ et le fluide nerveux ; ^^ on remarque une égale harmoaieflii'Vih^ les mouvements animaux et les mouvements vitaut (chap. 9llk«i

Hi H I .

Ici s'intercalent naturellement quelques considérations r6#L^~^

i^^nVii *

(1) Aussi dit-il dans la Dissertation différents états de la rréfiecine et àet ■^^■^ J qu'il faut plus s'occuper des mouvements désordonnés que de rintempérie ^T. ^ meurs. — Le mouvement vital du sang peut être troublé de trois maniera ^kHnl «1 i est mû par une force trop grande, mais uniforme, de la systole et de l*'*^^^*?!^ cœur et des artères ; ou bien la systole des parties où le sang circule ^^tuitif^Vf/ji ^ avec excès, le mouvement du liquide devient inégal ; ou bien uo reUihiM'flL solides entraine la progression du sang et cause des stases ; de là trois '"'^fl ' maladies : la fièvre, le spasme, l'atonie. — Voy. Dissertatio de morbonm^f^ I causis eorum proximis (1715), ^ j ' v-^

(2) £n tout ceci rien de bien nouveau, rien même qui ne se retrouve ^^j^ ^mm iatromécaniciens et dans Boerhaavc en particulier. La forme est aplioriili|>'"Vk »/: Hoffmann comme dans Boerhaavc; mais combien le ton d'Horftaiann ert \fl0^]^mÊn plus dogmatique, et combien le développement de sa pensée, mérae tonft'^^^t Wmf fausse, ce qui arrive souvent, a plus d'ampleur, de relief, d'attriit| méat ^B.» \ torité ! ^, p ;

ttomiAini« — PHTgiOLWtv. 9H

ur Forganisrae vivant et sar la oomparaiton de cet 8 Gbes rhomme et che« les animaux (1). Hoffmann n'a né non plus I occasion de faire à ce propos le procès mty mais toujours en termes décents^ et avec une pariciion.

it notre auteur, n'a pas Tormé le corfis d'une suban eii5) spirituelle active et d'une autre passive, ni d^une purement passive à laquelle il ait dû donner ensuite nent et la vie; il a dû plutôt, lors de la primitive créaoire instantanément des substances ou des forces éten^ B8 à en mouvoir d'autres ou à leur communiquer la f6 interne qui les anime^ aptes aussi à recevoir des mouvement et la force, à être mues par elles. Il se trou- I doute, des personnes, surtout parmi les Cartésiens^ eront que cette force innée dans les corps ne peut être )ibstance ou accident; car, si c'était une substance, elle on esprit on un corps; elle n'est cependant ni l'un ni Dsuite qu'on ne peut comprendre ce qu'est cette force. La st facile : Une force créée qui agit et souffre, n'est autre one substance; et, comme elle est double, l'une douée , motrice et mobile , l'autre sans étendue^ intelligente et brement ; on nomme celle-là le corps ^ celle-ci Y âme {7). •ns, nous comprenons, nous concevons suflisamment ce orps; mais il parait impossible de séparer par l'imagi- :lif du passif dans le corps et de faire abstraction de l'un ire ; nous ne pouvons, en effet, à cause de notre intellect la faiblesse de nos sens, atteindre humainement, par 3, la nature intime des êtres réels et des créatures. Mais t considérer séparément Tactif et le passif dans une créa* lOflque et faire abstraction l'un de l'autre, puis appeler

Oissertatio de natura morborutn medicntn'ce mechnnica (1699). Dans lUon HoffimaDa ënam^rc (|aclqucs-iincs des définitions données fttftot ature, un de ces mois qui de loiit temps ont été une source des plus mwÊ daat tes écoles de philotophie ou de médecine. h/ptrenita inter doctrinam Hoffm. et Stahiii, | 1-6, 16, SA, 67, itt^ mifragt renferme auisi beaucoup de remarques sur U UiérapeutiqM; rien de Millani qui ne se trovte dans la Méd^fie rationnel^.

912 UTROMÊGANISMIE. — ÉCOLE ALLEMANDE.

celui-là espnt^ celui-ci matière^ j'y donne les mains, pourvu qu'on se garde de ne pas prendre au propre le root esprit^ pour éviter une grande conrusion dans la théologie et la physique, et de ne pas tenir cet actif pour une substance on un être existant en dehors de l'âme, car aucune substance n'est purement aclive que celle qui est incréée, c'est-à-dire Dieu seul (§ &).

Hoffmann marque aussi la différence qui distingue le mécanisme divin ou naturel du mécanisme humain ou artiGciel (1). Cette distinction consiste, pour les machines humaines que l'on appelle ordinairement, par excellence, artificielles, en ce qae l'art et la manière de construire y sont superficiels, simples, exiguus et finis, tandis que, dans le mécanisme divin, le mode de construction est incomparablement plus excellent, infinimeal plus varié ; aussi c'est avec grande raison que l'art humain est appelé le singe de la nature.

La diff*érence entre les deux mécanismes consiste de plus en ce que les animaux et les corps vivants sont mus par un principe moteur répandu également dans l'organisme, tandis que pourks automates, qu'ils soient mus par l'air ou par Feau, ce principe est plutôt externe. Enfin la diiïérence capitale qui les distingue, c'est que les êtres qu'on appelle naturels, organiques, se reproduisent el se multiplient par la vertu séminale, ce que ne peuvent faire les machines artificielles (§ 7).

En d'autres termes, il y a d'un côté la vie et par conséquent Factivité dans l'espace et dans le temps, tandis que de l'autre il y a une sorte de mort avec Tinerlie.

€ L'économie de la Providence divine éclate merveillensemeot quand notre machine, composée, comme celle de tous les animaux, d'un principe corruptible, c'est-à-dire d'un mélange de fluidité, d'aquosilé, de soufre, d'oléosité, de mucilage et de fi volatil, sait se garantir dans un air humide, chaud et fortipie à engendrer la pourriture, dont elle devient la proie en peu ik temps, si la vie l'abandonne. Nous assurons donc que Dieu h

(1) Cette limitatioD du mécanisme vient plutôt d'une donnée théologiqiie q»e '^ principe scientifique, quoique Hoflhiann ait voulu séparer le< deux domaîMi. 0" reste on peut dire que notre auteur pousse la doctrine purement mécanique loin que Baglivi et qu'il a plus le sentiment des Torces biologiques.

lervée dans une tlaidilê ires-utiie ; et si eue y persisle, elle qae Irës-difGcilement se putréfier. Au moyen de ce mou* dreolaire des émonctoires, le sang et les autres humeurs ) de notre corps sont en même temps purifiés des partiiqueuses, salîno - sulfureuses, mucilagineuses les plus et les plus promptes à se corrompre (1) . Cette épuration, le le fait remarquer avec raison mon trés-excelIent patron re Stahl, est un très-bon moyen pour prévenir la cor- . En effet, la fin de tout notre mécanisme qui se nianiins notre corps tend à ce que non-seulement les alitnents ent une humidité qui par le mélange d'un air très-ténu se une vapeur ou un esprit très-mobile, instrument de

ist U ce que lloffînanu appelle la force cotisera atrice et curatrice de la >▼• plus liaut^ p. 909). On lit au § 1 0 : «t II est bien digne de remaniuc le Dait presque aucun mouvomont interne, aucun paroxysme ou solution Isdie, où ne se manifestent pas en môme temps un mouvement et une [ véhémente et plus intense des esprits à travers le genre nerveux et .X» ou du sang et des humeurs à travers les artères et les veines ; dans le »s c'est pour les médecins un mouvement spasmodique et convulsif, et ïGODd cas un mouvement fébrile. C'est dans ces mouvements solennels et itaux, quoique anomaux, que s'accomplit la nature et l'essence de tonte lu lutte de la nature contre une cause nuisible et pernicieuse. Mais lorsque (Ml le défaut des forces motrices ou des esprits, ou la gravité de la cause le, qui excitent un tel mouvement morbide, il en résulte un très-grand

91/1 lATBOMÊCANlSMC. — ÉCOLE ALLEMANDE.

l'âme rationnelle (voy. § 10, init.) mais, surtout à ce que tout ce mélanoe demeure longtemps entier ei soit préservé de la destruction et de la piièréraction, dans tous les membres, au moyen des actes de sécrétion, d'expulsion et d'atténuation (§ 9).»

« Âpres CCS explications, continue Hoffmann, il est manifeste, je pense, que, pour Taccomplissement des actions volontaires et automatiques dans notre corps, il n'est besoin du secours ni de l'aide d'une substance pensante ou agissant moralement ou librement, quoique nous accordions que l'âme a aussi son action sur les esprits et conséquemment sur le corps, ainsi que le prouvent les affections véhémentes de l'esprit. La machine universelle {macrocosme) a été construite et disposée avec tant d'artifice et de régularité au moyen de globes immenses, inorganiques, impurs, je veux dire les planètes, par l'interposition d'un fluide éthéré animé d'un mouvement très-accéléré, que cette machine est conduite et gouvernée de sorte qu'un ordre et un temps fixes président au mouvement de ces planètes, à la succession du joar et de la nuit; que la chaleur aussi est également distribuée partout pour la fécondation des plantes et la vie des animaux, sans qu'un être doué de connaissance ou d'intelligence dirige immédialemenl et accomplisse ces effets; il est plus palpable encore, puisque la nature corporelle n'a pas cette substance directrice et modératrice de ses opérations, que les machines particulières vivantes peuvent, sans cette substance interne, meuer leurs opérations purement corporelles jusqu'à une fin certaine d'agir, tenant compte cependant toujours de l'immense sagesse de Dieu qui a formé le corps de diverses parties en sorte qoe certains effets soient produits par la nécessité de la structure. •

La chaleur est une violente action de la matière éthérée agitée d'un mouvement intestin sur les parties sulfureuses des fluides, action qui dilate les pores, divise les parties du corps, subtilise les plus épaisses et assouplit celles qui sont dures (MAleanf rationnelle; Physiologie y chap. m). — La chaleur alcaliseet subtilise les parties tempérées, huileuses et terrestres du sang; c'est l'union des principts alcalins et huileux qui donne au sauf sa couleur. Le principe terreux tempère Taclion de l'élémeot sulfureux (chap. v). Sur la circulation rien de plus que daitf

HOPFHANN. — PHYSIOLOGIE. 015

Harvey. C*est raKitation qui atténue le sang et le rend vermeil (cbap. vi).

La chaleur (1), dit Hoffmann dans une dissertation spéciale, quoiqu'elle soit liée d'une façon indissoluble à la vie, n'est pas cependant une substance particulière, distincte dans Torganisme. La cbaleur est un produit du mouvement, lequel est le principe mênie de la vie. La chaleur est chargée par la nature d'assouplir et d'éloigner ce qui peut causer la ruine ou la corruption du corps. Par l'action de la chaleur se produit une spintuescetice ou génération d'une matière ténue, subtile, expansive; les pores sont maintenus ouverts et les supeifluités peuvent êlre aisément poussées au dehors. C'est justement l'oflice de là chaleur fébrile dans les crises salutaires et les guérisons sponta-» Bées.

11 existe dans la nature un certain fluide universel qu'on appelle aer(haethereus ; il environne et pénètre tous les corps; agité par un mouvement intebtin et rapide, il s'échauffe ou nous donne la sensation de la chaleur par l'intermédiaire d'une iréfnulation des fibres nerveuses ; de sorte que la chaleur est une officine de ce fluide, qui plus il s'agite, plus il augmente la sen- Mtîon du chaud. Plus les corps sont nilro-sulfureux, plus ils admetlent de ce fluide. Cela est prouvé par les substances inanimées et parce qui se passe dans les corps animés où il est introduit par la respiration, par les aliments. — Ce n'est pas le niouveroent qui dégage directement celte chaleur (car le mouve- ^iient des fleuves ou des liquides dans des tubes inertes — ce ^ui est faux — n'en dégage pas), mais indirectement en ce que ^lus il y a de particules de l'air éthércen et de matières inflam- ^Dabies, plus il y a de mouvement et par conséquent de chaleur. Clependant Uoffmann admet que la pression et l'attrition, la col- Lision dans les vaisseaux les plus étroits et les plus rigides aug-

(i) Dvpmiaiio physico-mprlicn df cau-^is cnhris nnturnlis et praHmiaturalis noHro (1699). Voy. nutwi t)e corporum motu «"jusque ctmvft (1095), oii nMMiveiiicat ctt prctenté comme une propriété iiiliéreiite ù la matiôre et «Joiinéc îniiUvciiicnt par Dieu ; ce n'est pus une substance ^pirituviie créée n part, c'est puissance qui se rc\èlc de diverses fat^ons^ suivant la niatiore qirelle meut ; non une attraction, comme dans l'aimant, mais une propntsioti imprimée dès des cboiefl et qui s'ciécute tu moyen de Tair iittin''.

916 lATROMÊGANlSlfE. — ÉGOLB ALLEMANDE.

mente la chaleur. Attaquant (comme du reste il le fait souvent) d'autres médecins sur les sources de la chaleur fébrile, Hoffmann déclare que cet accroissement tient à ce que toutes les parties du système circulatoire ne sont pas libres, et qu'il se forme ainsi des foyers d'incendie et dinflammation sous des pressions et des résistances inégales. Cette explication vaut pour les fièvres intermittentes comme pour les autres fièvres générales ou localisées.

Les excrétions et les sécrétions sont, d'après Hoffmann (voy. Des fonctions naturelles et animales^ dans la Médecine ratim- ,nelle)j les principales fonctions du corps, celles d'où dépendent le plus immédiatement le bon état de santé et les maladies. — La nutrition est une application des sucs aux fibres, en pénétrant dans leurs pores ; elle se fait aux dépens de la matière glutineuse des aliments. C'est la partie diaphane, non la part» rouge du sang qui nourrit, car le chyle ne nourrit pas immédiatement ; donc plus les chairs sont succulentes, plus elles nourrissent; aussi les Français, qui mangent habituellement de ces chairs, supportent-ils mieux la saignée que les autres peuples. — La digestion est une dissolution des aliments par la salive (menstrue) et par la chaleur ; d'où résulte une sorte de fermentation. Il n'est pas question du suc gastrique. — La bile bien conditionnée est un remède souverain pour les première? voies en servant à la digestion et à l'expulsion des matières excrc' mentilielles; mais c'est en même temps un poison si elle pèche par son mouvement, sa constitution ou sa quantité. Hoffmann a même écrit sur ce sujet une dissertation (Ij. — La perspiration, dont la quantité est en raison directe de la chalear, se foit non-seulement par les pores, mais par de petits vaisseaai cachés sous la peau. — Quelle que soit la quantité d'acides qa'oa ingère, jamais l'urine n'en décèle, parce que les acides se combinent toujours dans le sang avec les alcalis pour former des sels moyens tarlareux ou ammoniacaux. — Les menstrues soêi expliquées par la pléthore, les lois de la mécanique et ledegiv de tonicité des fibres. — Le lait est un chyle et non un sanf f^

(1) Voy. De bile medicina et veneno corporis. 1704.

HOPFIIANM. — PÀTHOLOGIB GÊNÊRALB. 917

prend la nature du lait; il est sécrété (tout fait?) dans les glandes maroillaires. — un ne trouve rien en ce qui concerne les esprits animaux qui ne se lise dans les auteurs que nous avons déjà fait connaître. Hoffmann est d'avis que les animaux ont, comme Thomme, une âme sensilive qui transforme les sensations mécaniques en perceptions psychologiques. — Le toucher est une sensation produite par le contact des houppes nerveuses avec un objet indifférent ou douloureux.

Les généralités sur la médecine auxquelles sont consacrés les prolégomènes du premier livre de la Médecine rationnelle, n'offrent ni intérêt ni originalité. La médecine est divisée en physiologie (qui comprend Tanatomie) , hygiène, pathologie et thé« rapeutique. Hoffmann pense que l'essentiel d'une médecine raisonnée est de connaître la puissance et les effets des médicaments et des aliments; il s'élève, non sans raison, contre les prétendus remèdes spécifiques; il veut que toujours une solide théorie (i)

(1) On lit daoB la préface des Consultations (trad. Bruhier) : a Je définis Vexpé' rience en médecine une observation exacte et complète de tous les états et des changemeots qui «rrivcot au corps humain. J'entends par raison ime théorie solide, physique et médicinale qui enfante des mérités certaines et incontestables quand on en lait une application juste à des observations complètes. C'est cette rai>on qui nous fait connaître les choses qui sont propres ou non à entretenir et à rétablir la santé* et par conséquent atteindre heureusement au but de toute la médecine. Plus le champ est vaste^ aussi bien que la multitude des objets qui sont avantageux ou nuisibles à la santé, plus le médecin doit s'appliquer à une étude sérieuse, afin de ne point administrer des remèdes dont il ne connaît pas certainement les effets, et

«e pas risquer de faire plus de mal que de bien à la santé Par exemple, vou-

loM-nons savoir si le quinquina peut être administré sûrement ou non dans les tèfm intermittenteSi nous trouverons les avis partagés sur cette question. Ceux ^(ui soutiennent la négative et qui prouvent par plusieurs expériences que ce remède caose i cet fièvres des retours dangereux, et même des maladies plus sérieuses et ' sonirent funestes, sont en aussi grand nombre que ceux qui eu conseillent l'usage. Tel est le sort de la plupart des remèdes, et cette ambiguïté engage souvent à prendre des partis différents et contraires qui, cependant, paraissent également avoir rexpérience et la raison de leur côté. Mais quelle est la cause de ces contrariétés? Je n*en vois pas d*autre qu'un jugement précipité et fonde sur des observations incomplètes et sur une théorie estropiée, jugement qui attribue au seul remède de bons on de mauvais effets qui viennent souVeut d'autres causes. — Voy. aussi dans Méderine t^afionneVe^ la Préface de la Thérapeutique. — La Dissertatio de cognos'

919 UTEOHÉGANISIIB. *— ÉCOLE ALLBMANH.

YÎenne au secours de la pt*atique (1). Passaot en revue les principales doctrines, notre auteur .déclare que la méthode mécanique de traiter les malades qui s'appuie principaleraent sur t'anatomie (plutôt sur une physiologie imaginaire et sur de fausses applications des connaissances analomiqaes de son temps) et sur la véritable physique, a été suivie, à la grande admiration des connaisseurs et au grand avantage des malades, et que c'est la seule qui donne la connaissance des causeset four* nit les éléments d'un pronostic certain (2)! A c-e propos il combat énergiquement le système de la nature inerte en soi, par soi, el soumise à un agent extérieur. Dieu, un être spécial ou l'ime.

Dans le huitième et dernier chapitre de ces Prolégomènit^ Hoffmann célèbre de nouveau la méthode géométrique qui conduit infailliblement à la découverte de la vérité, en posant des axiomes clairs, évidents» faciles à saisir, et à en tirer successivement et par ordre une suite de conclusions rigoureuses. Le médecin n'a rien de mieux à faire que de suivre cet exemple. — Hoffmann, possédant un système qui répond à tout, ne comprend même pas qu*une pareille voie ne soit pas praticable pour un praticien.

Cependant, Hoffmann lui-même, dans sa Dissertation star la mMecine et les médecins (3), s'appuyant sur le dire d'Hippo-

cenda corporùt humani nalura ex effeciu rcmediorum (1732) est surtout diiigct contre les empiriques.

(1) Dans la Dissertation sur la médecine et tes médecins (Perversajudiciajeic), il s'élève avec vivacité contre cette calomnie, qu'un bon théoricien ne peut pas être un bon praticien. 11 n'est pas nécessaire de voir un si grand nombre de maladef pov les l»ieu traiter ; il suffit de posséder dans la mémoire rexpérience des siècles pt^fcs et de l'appliquer à un certain nombre de malades qu'on étudie avec soin. — Apr^ avoir établi {Dissert. de»medicina Ilippocratis mechaniva^ 1719) que le corps est une machine automatique, Admirablement créée par Dicu^ dans laquelle tous les oboovements qui cntrelicnnout la \ie ou guérii>sent les maladies, viennent de caus^ nécessaires mécaniques émanées des lois de Véterneiie nuixire^ UofTuiano cherche i démontrer^ par des arguments plus ingénieux que solides, et par des textes rassemblés un pou au hasard, qu'Hippocrate est le premier médecin mécanicien. l\ dooi' répithète d'excellente à sa doctrine, et il le cite presque à chaque page.

(2) Voy. Dissert, sur la médecine et les médecins, el le chapitre n de la PaMv logie générale dans la Médecine rationnelle, où il tonne contre les hypothèses.

(3) 11 y énumère eu très-bons termes, et parfois avec une véritable éloqu^a^» .toutes les qualités que doit rcvèlir un bon et honnête médecin, 11 faut lire eacoR

HOFniANN. — PATHOLOGIE GÈHÊAALE. 919

craie, qu'il n'y aarait pas besoin de médecins si le même régime convenait à toute personne saine ou malade, si l'action des remèdes était toujours la même, montre combien varient les efTets des aliments et des médicaments suivant les âges, Jes sexes, les tempéraments parliculiers, les climats, les saisons, le genre de vie, les conditions où se trouve le canal gastro-in^teslinal, les phases diverses et mille circonstances particulières d'une même maladie chez un même malade; de sorte qu'on ne saurait admettre ni l'existence d'aucun médicament spécifique, ni la nécessité d'une multitude de médicaments, mais seulement l'usage persévérant de ceux qui sont reconnus bons (1). Il ajoute qu'un bon médecin est la chose la plus rare du monde. Au milieu d'une telle mobilité dans les maladies et de si nom- 'breuses difficultés, comment appliquer des règles mathématiques, et combien les tâtonnements de Sydenham sont mieux indiqués et plus sûrs que les décisions tranchantes de Hoffmann I

la Poittique du médecin^ publiée par les élèves de Hoil'inanu d'après ses cours^ et traxluito dans le tome II de laMtidecine rationnelle. L'auteur y traite, d'une façon ff9rt aUachaiitei de la religion, de la pbilosuphie, de l'érudition, des exercices pratiques du médecin, de sa bibliothèque, de son genre de travail, de so9 voyages, fl£ ses vertus, de ses devoirs envers les malades, les asiûstants et envers lui-niêmo, «nters les chirurgiens et les apothicaires : c'est une vraie déontologie médicale que les malades ou leurs proches feront bien de lire aussi, car les uns et les autres ont é^alenicnt des devoirs à remplir.

(1) Haller, dans sa HihliotUètiue médiaile, remarque que UolTinann était grand

PA'tijan des médicaments agréables, ce qui lui rapporta autant de profit que de

*««ioininéc. Il faut peu de médicaments, disait-il {Praef, ad Medic. ration,) avec

"vaii ijelmont ; le tout est de savoir s'en servir. On n'ignore pas que Hollmann est

* uiveoteur d'une liqueur anodine encore reçue dans nos Cjodcx, Voyez-eu la com-

J^'lion dans la préface du tome VI de la traduction de la Médecine raisonnée par

*^^*iier. — Les anciens médecins {De itraestantia retnediorum dometticorum

^ ^Bj se contentaient de peu de médicaments. C'est Galien et les Arabes qui ont

**'tiplié les formules. Les cbimiatres en ont encore ajouté de plus nombreuses. Les

^^icaineiits cbimiques out surtout plus d'activité que n'en peut supporter la nature

^**ïiiale, Hofltaann appelle domeitiqups ceux qui sont connus du peuple, qui se

^Uvcnt sous la main, dans les maisons, dans les jardins, dans les prés; ceux que

^lure ne refuse nulle part. 11 n'j a pas besoin de médicaments étrangers. Ceux

^^« la patrie nous offre suftisent. Ilolïmanii \anle les expériences faites par le

*^lïulaire et s'appuie sur les Ecritures et sur une foule d'autorités de même valeur.

^^ogue énumération de tous les médicaments domestiques.

920 lATROMÉGAIOSlfE. ^ ÉGOLB ALLEMANDE.

Dans le livre consacré à la matière et aux règles de Thygiène, je ne vois rien qui ne se trouve partout, et qui, par conséquent, mérite de vous être signalé, si ce n'est quelques renaarqoes sar les rapports du physique et du moral : la santé du corps est liée intimement à la santé de Tâme ; quoique l'âme ne préside pas i\ la vie comme premier moteur, ses troubles et ses désordres n*cn ont pas moins une grande action sur les mouvements de IW ganisme. Hoffmann recommande très-particulièrement, en finissant ce livre, de fuir les médecins et les apothicaires quand on est en bonne santé ; leur ombre seule pourrait faire tomber en quelque malaise ou maladie.

Ne définissez pas la maladie, avec les anciens, un changement de l'état naturel en un état contre nature. C*est ne ries apprendre du tout que le nom même de la maladie; suivant les principes de la mécanique, on doit dire de la maladie que c'eit une altération et un dérangement notable de proportion et d'ordre dans les mouvements des solides et des liquides, moaT^ ments accélérés ou retardés dans tout le corps ou dans certaines parties, lequel dérangement est accompagné d'une lésion considérable des sécrétions, excrétions et autres fonctions |du corps» tendant à sa conservation (1) ou à sa destruction, ou encore à créer une disposition à contracter d'autres maladies (2). Eq conséquence, la mort est une destruction totale de la circulation du sang et la complète cessation des mouvements qui se doivent faire dans les solides et les fluides; ce qui entraine après soi la corruption et la putréfaction du corps (chap. i, prop. i).

La physiologie est la partie de la science qui enseigne les véritables causes de la vie et de la santé, c'est-à-dire des mouvements réguliers, en même temps qu'elle en explique la nature et l'usage. L'hygiène donne des règles sur l'usage des choses non naturelles qui entretiennent les mouvements. La pathologie a pour objet de déduire du renversement de l'ordre des roouT^

(1) Voy. plus haut (p. 913) ce que j*ai déjà dit du naturUmede HoffmaoBiM^ loin (p. 939 sniv.) ce que jVn rapporte à propos des fièTres.

(2j Méfl. ration.; PathoL généra h : fie In maladie et de in mort ; chi|^ "i prop. 2 et 3.

BCWniANN. — PATHOLOGIE GÊMÉftALE. 921

S causes de la mort, des maladies et des effets de ces s. La thérapeutique se propose de faire rentrer dans »s mouvements ou d'en prévenir le désordre par les qu'elle indique et qu'elle emploie (I).

thologie est une science qui décrit méthodiquement, ire dans l'ordre et la liaison convenables, l'origine des I, leurs causes, leurs progrés, leur marche, leur carac- Mal, les raisons de leurs symptômes ou de leurs phénot de leur issue. Elle doit fournir des histoires complètes Aladies (2), de la nature et des lois des mouvements qui mtdans l'économie animale, et en faire l'application à la e pratique (prop. 2). — L'ouverture des c^idavres est le lent indispensable des observations quand la maladie a e fatale ; c'est le seul moyen de vérifier Texactitude du ic et d'en préparer un plus certain pour l'avenir 0).

le les anciens n'avaient ni observations exactes (??), ni issance de la mécanique du corps ; comme ils ne savaient er géométriquement de la doctrine des maladies, il s'enirellement qu*ayant bâti sur des fondements ruineux, ils m donné de solide dans l'art de la médecine (prop. 16 et gm.^t \.^ partie, chap. m). Ce qui nuit plus encore à la

» ration. ;Prolégom. à In Pathologie générale, chap. i, prop. 1. sar la manière de recueillir ces histoires, les conseils donnés au chapitre ii \peuiiqw générale yV* section, dans la Médecine rationnelle. On trouve dans e chapitre de bonnes réflexions pour ie temps sur le diagnostic absolu ou I des maladies. — « Personne ne doute, je crois (Préface des Consulta^ . Bnihier], que les obsenrations no soient le premier fondement de notre fsnonne ne peut disconvenir que les observations seules sont insuffi- , k moins que le médecin n'ait un ju^ment bien exercé, qui puisse tirer erfations des vérités utiles par le secours du raisonnement, elles ne proue très- peu de fruit ou point du tout. Aussi renconlre-t- on ciuclquefois itt» qui, après avoir pratiqué la médecine pendant cinquante années et oir recueilli des observations sans nombre, ne s'en servent que pour en oaclusions tout à fait fausses, et ont des sentiments défectueux sur les vérilités des remèdes. 1^ jugement seul ne suftit pas non plus, mais il laut i une théorie solide, physique, mécanique, chimique et médiciuaU*, bans n ne peut découvrir par les observations aucunes vérités, ni expliquer \v}f uruns cfEcts et d'aucuns phénomènes. »

920 lATROMÊGAIOSlIE. ^ ÉGOLB . '

Dans le livre consacré à la matière ^' ^Ji^onm

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/(jffibc dans une grave erreur et se contredit lui-même!

ju'il prétend (prop. Ix) que Tintensilc des eflels d'une c

est en raison directe de sa masse ; il aurait dû se cooK

de dire : en raison de .sy7 faculté jiénvlrante^ puisqu'il

que les plus terribles poisons sont ceux dont il faut à

quelques atomes pour ruiner Torganisme le plus solic

attaquant les principes mêmes de tous les mouvement

Puis, fidôlc à son système, il soutient (prop. 8) que c'est

culièrement sur les parties solides, mulrices et uerv

qu*agisscnt les causes nuisibles; car ces parties sont prii

lemenl attaquées de mouvements insolites et maladifs;

également en ces parties (|ue siègent le plus souvent le

ladies; parmi ces parties, il faut distinguer le tube moinbr

et nerveux gastro-intestinal (prop. 8-15) (2).

Ne vous semble-t-il pas, iMessieurs, entendre la voix de !

(1) Voy. Mal. itilion. ; Pathoi. yen., 2'" i».irlic, cliap. ii ri siù\.

(2) Cf. bi//'rrc/itiu ittU'r duiifrunnu Ilu/lmtinnt vt ^tohhi, % 107 il il rétal dc> prciuièrcs voies comme caust' de la pluparl lU* maladie:».

9141111. ~ PATHOLOGIB GÊNÉRàLE. 9SS

ajoute aussitdl (prop. 16) : ce qui fait que

^s souvent malades que Tborome, c'est

Tveau et les nerfs plus tendres, plus

^niques sont produites ordinaire- 'n raison de l'atonie des vaisles maladies aiguës sont le ^lis les viscères, de lésion des .1 rilation produite par une matière ^.arties sensibles, ^lon De putredinis doctrina^ ejusque amplis^ su (1722. Voy. aussi De usu campharae^ 17 ià; ! in mordis acut.^ 1(599), Hoffmann, après avoir sque l'anatomie, la physique et la chimie ren- , cherche h démontrer que la putridité et la feras à un mouvement intestin des humeurs et à ne matière agitée et très-chaude ; mais la putririt urineux volatil, et la fermentation un esprit ible. En conséquence il prescrit, pour préver la putridité, des substances qui agissent à rde-vin et des balsamiques, lesquelles ont la 3rver les corps et de déshumecter, sinon de uent les parties, et aussi, en combattant la lence, de donner au sang ce mouvement uni- .ume le plus exquis contre la corruption. Les es par putridité sont la peste et les fièvres péhectique, le scorbut. Les maladies inflammalussi putrides quand elles se terminent par la e constate au moyen des autopsies, naladies continues et intermittentes est tout I mise à côté de celle des autres médecins . VI, prop. à) : les maladies continues tienfixes, fortement adhérentes au genre ner- 'eliennent un spasme universel et permanent, bies sont peu éloignées des parties qui prénents vitaux, si elles résident dans les pre- AS les canaux excréteurs, alors- il y a inter-

922 lATEOMÊGANISlfE. -* ÉGOL£ ALUUUNDB.

pathologie que la méthode des ancienSi c'est celle qu'on vendrai emprunter aux métaphysiciens dans la recherche des causes cichées(chap. iv, prop. à). Rien n'avance plus la connaissaocedei causes que la recherche sur l'action des poisons, effets si npideSy si décidés, si clairs (prop. 7). Les mouvements morbides (notez bien cette dixième proposition) sont amenés enpartiepv les causes qui produisent les mouvements naturels, en partie pu les mouvements morbifiques qui attaquent les fibres motrices. D découle de cette proposition que, selon Hoffmann, la patholofii rentre, en une certaine mesure, dans le domaine de la pbjiÙK logie : c'est presque la doctrine moderne, mise pleinement ci lumière par Broussais. Je laisse de côté les difTérents ordni de causes et leurs nombreuses espèces. J'arrive au chapilivT qui a une plus grande importance. 11 y est dit qu'à lépd des causes morbides le corps n'est pas purement passif ; il râ|il au contraire, et résiste. Sans cette notion, il n'y a oi palhf logie ni thérapeutique (prop. 1). Aussi faut-il qu'il y ait proportion entre le corps et la cause, pour qu'on puisse ajf culer les effets de cette cause (prop. 2 et suiv.). Mais Hofloufl tombe dans une grave erreur et se contredit lui-même kt. qu'il prétend (prop. A) que Tintensité des effets d'une M. est en raison directe de sa masse ; il aurait dû se conlefl^ de dire : en raison de sa faculté pénétrantey puisqu'il » que les plus terribles poisons sont ceux dont il faut à \^\ quelques atomes pour ruiner l'organisme le plus soIitlCi^L ^ attaquant les principes mêmes de tous les mouvements (l^r Puis, fidèle à son système, il soutient (prop. 8) que c'est [»«*• culièrement sur les parties solides, motrices et nervcoA qu'agissent les causes nuisibles ; car ces parties sont prioci|^L ^^ lement attaquées de mouvements insolites et maladib ; ^'^ lli également en ces parties que siègent le plus souvent les ^ |v -, ladies ; parmi ces parties, il faut distinguer le tube meinbraK*i et nerveux gaslro-inteslinal (prop. 8-15) (2). Ne vous semble-l-il pas, Messieurs, entendre la voix de Bw*'

(1) Voy. J/t'//. ration, ;Paihol. yen, y 2*^ partie, cliai). ii et suiv.

(2) Cf. Dilfn'entia inter thctrinam lio/fmanhi et Sttihiii, | 107 cl »»>• réUit des preniicrus voies coiumc cause de la plupart des maladies.

fi

mmiàlfll. ~ PATHOLOGIB 6ÊNÉBALE. 9SS

S? Hais HofTmann ajoute aussitôt (prop. 16) : ce qui fait que âBÎmaux sont moins souvent malades que l'homme, c'est l'homme a plus de cerveau et les nerfs plus tendres, plus sibles que les animaux !

M maladies longues ou chroniques sont produites ordinaireit par la stagnation du sang, en raison de Tatonie des vais- II et par les états spasmodiques; les maladies aiguës sont le iltat de stases inflanimatoires dans les viscères, de lésion des lies nerveuses, enfin de Tirritation produite par une matière e qm s'attache aux parties sensibles.

)U8 la dissertation De putredinis doctrinal ejusque amplis" Wimmédicina usu (1722. Voy. aussi De usu camphorae^ilià; Wfo/iffn. natura in morbis acut.y 1099), Hoffmann, après avoir ftré les services que l'anatomie, la physique et la chimie ren- Hàla médecine, cherche i^ démontrer que la putridité et la ferktalion sont dues à un mouvement intestin des humeurs et à lux excessif d'une matière agitée et très-chaude ; mais la pulrit dégage un esprit urincux volatil, et la fermentation un esprit hréux inflammable. En conséquence il prescrit, pour prévebn pour guérir la putridité, des substances qui agissent à Ictr de Tesprit-de-vin et des balsamiques, lesquelles ont la ^Tîélé de conserver les corps et de déshumecter, sinon de ftcher entièrement les parties, et aussi, en combattant la ^ore et la diflluence, de donner au sang ce mouvement uni- ^ qui est le baume le plus exquis contre la corruption. Les ^ipàles maladies par putridité sont la peste et les fièvres pénales, la fièvre hectique, le scorbut. Les maladies inflamma- ^ deviennent aussi putrides quand elles se terminent par la t» ainsi qu'on le constate au moyen des autopsies. ^ théorie des maladies continues et intermittentes est tout it digne d'être mise à côté de colle des autres médecins tniciens (chap. vi, prop. à) : les maladies continues tien- * à des causes fixes, fortement adhérentes au genre ner- '» où elles entretiennent un spasme universel et permanent. ^ causes nuisibles sont peu éloignées des parties qui pré- ^t aux mouvements vitaux, si elles résident dans les prees voies ou dans les canaux excréteurs, alors- il y a inter-

Mi lATBOMÉGANISIlE. — ftCSOLB AUBMAHM.

mission, relâche dans les spasmes pendant plusienrs ti plusieurs jours. Je passe toutes les autres distinctions dies, bénignes ou malignes ; épidémiques ou sporadiq tagieuses ou non ; régulières ou non ; sujettes à recbv terminant pour ne plus revenir; simples ou compliqu ditaires ou accidentelles ; en rapport ou non avec Icf saisons, etc.; salutaires ou pernicieuses ; rares ou cor

Dans les dix chapitres de la seconde partie de la i générale^ Hoffmann traite des effets des passions de poisons et des médicaments qui agissent comme poisoi chapitres, fort intéressants sans doute, quoique déjà bî échappent à l'analyse, car les détails y abondent et lei tions générales y sont rares. — On doit seulement i que Hoffmann manifeste ici d'une façon très-partici aversion pour tous les médicaments qu'il range dans des poisons, surtout pour les préparations antimonialei curielles, auxquelles il attribue des effets qui ne peui qu'à une détestable préparation ou à une adrainistratic pestive. Et qui sait? peut-être ces effets sont-ils puren ginaires, Hoffmann ayant besoin d*y croire pour doni faction à ses préjugés théoriques.

Dans la troisième partie de la Pathologie générale de çine rationnelle ^ notre auteur traite de la naissance des par suite de la faiblesse des parties du corps (!i), de I ou de la quantité des aliments et des boissons, du dél

(1) Il y en a do plusieurs sortes : ceux qui viennent du dehors et t pnr la bouche ou entrant dans le corps par quelque piqûre ou morfor ments maladifs introduits dans Torganismc par l'air; des émanations pi mal distinguées de la seconde classe ; les uns agissent épidémiquemeit individuellement. — U y a des poisons Tormenlatifs, putrides, acres ci

(2) Hoffmann reconnaît (chap. \) la force du tempérament à Tamplei seaux et du cœur, à la rapidité de la circulation, à une grosse tête, à 1 des forces. U soutient que ces tempéraments- là sont rarement malades, beaucoup trop absolue; car la bonne sanié, uniforme, permanente^ ■ généralement pas avec cette espèce de constitution athlétique que tu professeur de Leyde.-^Voy. aussi le chap. ix où Hoffmann déduit de t les n^gles à suivre pour coii?er>cr au corps crllo gônércnse attitude.

HOFFMANN. — t»ÂTHOLOGIE 6É1IÊBALE. 925

$ sécrétions, source principale des maladies. Les maladies épidémiques sont rattachées surtout aux obstacles que l'air met à la liberté de la transpiration. Il y a deux espèces d'air (chap. vu): E^ir extérieur, et l'air qui est logé dans toutes les humeurs du M»rps et qui y pénétre par les aliments, par la respiration ; c'est l-*àir intérieur, élastique, subtil, qui donne l'aisance à tous les Dioovements (voy. plus haut, p. 915); il est en opposition avec rûr extérieur, qui lui, au contraire, comprime le corps de la plrconférence au centre et s'oppose à la trop grande dissipation lés particules à travers les pores. Or, quand l'exacte harmonie C^ rompue, toute l'économie est troublée; de là une multitude ^ maladies qui deviennent générales si l'air extérieur, en raison §e causes cosmiques, ayant perdu ses qualités naturell3S ou ses ipouvements réguliers, trouble les sécrétions et les excrétions. ,. La rétention momentanée ou la suppression complète des pierétions naturelles ou accidentelles, mais devenues une habiblide, causent les plus graves et les plus nombreuses maladies. polTmann insiste sur les suppressions de la sueur, des menstrues, pB flux hémorrhoïdal. A ces sources de maladies il faut encore lîoiiter : la faiblesse congénitale ou acquise qui toutes deux se îeconnaissent à la lenteur et au peu dlntensité de tous les mou-» fcments. La faiblesse s'acquiert surtout par les longues maladies on par de violentes hémorrhagies ; alors ces maladies donnent ■aissance à d'autres états pathologiques : par exemple l'asthme produit des enflures; les flux de ventre, la consomption; la fièvre quarte, rhydropisie ; la pleurésie, l'empyème; les calculs des Teins, le vomissement, l'ictère, les coliques et les calculs de la ^fessie, etc., etc. Il est bien évident, par cette seule énumération, qoe Hofl'mann a confondu avec de vraies maladies, surajoutées 4 d'autres, soit des complications naturelles, soit les symptômes les plus immédiats, les plus constants d'une afl*ection. Quant aux calculs de la vessie, on sait bien aussi qu'ils ne sont pas uno conséquence de ceux des reins. Dans le chapitre des métastases ou des dépôts (nuisibles ou salutaires), notre auteur est plus nattre de son sujet ; il a vu les choses à la fois par les yeux d'Hippocrate et par les siens propres; généralement il les a bien vues.

026 UTHOIIÉGANISMB. — ÉCOLE ALLEMANDE.

Voici maintenant, pour terminer celte partie^ qui forme h dernière section de la Pathologie générale^ le sentiment de Hoffmann sur le pouls, sur le sang, sur les urines et sur les crises {Thérap., sect. r% ch. 12-15).

€ Laissant toutes les imaginations galéniques à ceux quile& idolâtrent, j'ai dessein de traiter cette matière et de caractériser les différences du pouls suivant les idées et les lois de la roéonique, afin de montrer clairement combien dans la nature il ja peu d'espèces de pouls, quelle est leur cause, el de quelle uliliti est leur connaissance exacte dans la pratique de la raédecioe. Or, comme on ne connaît en mécanique que deux espèces de idoqvements génériques, le grand et le vite, à qui le petit et le leai sont opposés, je ne distingue aussi que deux espèces de poub,li pouls grand et le pouls vite, et leurs opposés, le petit et le leaL La grandeur et la petitesse, en fait de mouvement, regardeotle volume du corps qui est mû, lequel est grand ou petit, et il n* tesseella lenteur se rapportent à l'espace que le corps mû parcourt dans un temps plus long ou plus court. J'appelle dooe pouls grand une grande dilatation et un gonflement de ^a^ tère, causés par l'entrée d'une grande quantité de sang qo'f pousse la contraction du cœur; et j'appelle au contraire pouls petit une petiie dilatation de l'artère, correspondant à la pelits quantité de sang qui y est poussée. Je donne le nom de poob vite lorsque la dilatation de l'artère se fait dans un court espacer et de pouls lent lorsque cet espace est plus long. Ces espèces de mouvements primitifs diversement combines donnent deuisûosdivisions, qui sont le mouvement fort et le faible. La vitesse el la grandeur réunies font le mouvement foii ; la petitesse etb lenteur font le faible ; et ces deux sous-divisions des mour^ ments ont aussi lieu en fait de pouls. — Quant a la fi-équeooe et à la rareté du pouls, à l'égalité ou l'inégalité, ce ne sontpoiri des affections essentielles du mouvement, car elles ne se rapper* tent point à chaque pulsation en particulier, et n'ont d'applica* tionqu'A la suite et à la succession des pulsations. >

Hoffmann a tant d'idées préconçues en faveur des solides, H* fait si peu d'études sérieuses sur le sang, qu'il pense (cbap.xm, § 8) que de l'examen de ce liquide on ne peut ordinairement tif^

HOmiANN. — PATHOLOGIE GÉNÉRALE. 927

S signes trompeurs ou incertains, car la plupart des nnale viennent pas de lui, et h saignée abrège plutôt qu'elle Irit la maladie. Il use communément d'un procédé lier lorsqu'il veut examiner le sang. Soit qu'on le tire I ou du bras, il en fait couler une partie dans une pal une autre dans l'eau. Celui qui est dans la palette sert à mnaitrela quantité de sérosité et de la partie coagulable l ; on peut même en examiner la nature en y mêlant dif- I liqueurs chimiques (voy. plus haut, p. 856, note i). On )r8 avee quelle promptitude il se coagule par le mélange prils acides, de Tesprit de nitre, ou de vitriol, quelle ance lui donne une forte décoction d'écorce de quin- Les liqueurs alcalines fixes et volatiles fluidifient et itent beaucoup sa couleur vermeille ; le mélange de l'eau- ^int la sérosité d'une couleur laiteuse, et la partie rouge iouleur grise. Il a souvent éprouvé ce que fait au sang inge d'une solution de nitre, ou de sel réduit en poudre, toujours trouvé qu'il le rendait plus fluide et plus verle sorte qu'on ne peut assez s'étonner du paradoxe avancé BS écrits de médecins très-célèbres qui font les plus iqnes éloges de la vertu du nitre dans les maladies, int que le nitre épaissit et coagule le sang. — La pariang que l'on tire dans l'eau révèle les difl'érentes sub- { dont le sang et la sérosité sont composés. Car la sulfureuse, d'où dépend la couleur, rougit l'eau, et i la plus ou moins grande force de cette teinture, on peut e la quantité de soufre plus ou moins épais. Il faut cepenîmarquer que plus longtemps Teau teinte de sang reste eà Tair libre, plus sa couleur devient brune et foncée. On corc par ce moyen les parties nourricières chyleuses,qui se itent ordinairement au fond, où on les trouve en manière ons> et souvent une si grande quantité de matière gélatiqu'on peut la prendre à la main. C'est ce que Hofl'mann a (nroent remarqué dans le sang des pléthoriques d'un temmi sanguin, surtout dans les personnes du sexe qui ont ide du corps spongieuse; auquel cas l'exercice, la frugala sobriété, surtout au souper, leur font gitind bien. On

9ti8 iATAOMECAMSlIË. — ÉCOLE ALLEMAKDK.

peut aussi voir par ce moyen si le sang est fibreux, c*esl-à-âiR s'il est rempli de beaucoup de filets et comme de fibres charnues qui se rassemblent et nagent éparses sur la superficie. Celle qualité du sang fibreux s'observe particulièrement dans Vépilepsie, les palpitations de cœur, et la difficulté de respirer accompagnée d'inquiétudes. C'est un signe certain qu'il existe on polype ou qu'il ne tardera pas à s'en former un.

Quant à l'urine, je me borne à rapporter quelques remarqué spéciales; le reste appartient à la médecine traditionnelles se rapporte à de grossières expériences faites en vue de reconnaître les matières qui composent l'urine:

(( Bien qu'on pense communément, en conséquence des calculs, et du sentiment de Sanctorius, que la matière qui sortcoitinuellement par le couloir de la peau surpasse en quantité cet de toutes les autres excrétions, et que je ne doute pas qo'flfli soit ainsi dans l'Italie et d'autres pays cbauds, j'ai trouvé fV un examen exact que j'ai fait, qu'il n'en est pas de même JansMi M pays septentrionaux et froids; et ma remarque est confonK^V^ celle de Keill, qui a fait pour ce sujet nombre d'expérieM|ts dont il résulte que l'urine pendant un jour, ou dans l'espace^ vingt-quatre heures, monte à deux livres et près de six onetfi que la transpiration dans le même temps n'est que de trente' une onces, et que le poids des excréments grossiers n'efl, datf j* même espace de temps, que d'environ cinq onces. — J'ai m'instruîre par moi-même de la vérité. Pour y parvenir W fait des expériences sur moi. En voici le résultat fidèle quif^ crois, ne sera point inutile au lecteur. Je n'ai pris pendant q jours aucun aliment, solide ou liquide, que je n'aiepesé. J'< fait de même de l'urine que j'ai rendue. Voici le détail deoi pendant ce temps. Je buvais chaque jour deux mesures de légère qui pesaient au moins quatre livres poids de mire, chaque livre, au rapport de mon hydromètre, renfermait gros et demi de matière solide. Je prenais le matin cinq de café dont chacune pesait deux onces, ce qui fait dix pour le tout. Le bouillon que je prenais au diner et au montait aux environs de dix onces ; ajoutez au diner dnq de vin de Hongrie, et environ six onces de liquides mêlés ai^

HOFPMARN. — THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE. 929

aliments solides qu'on me servait : il s'ensuit que je prenais chaque jour au moins six livres de liqueurs. Rarement les aliments solides, comme le pain, la viande, les ragoûts, excédaient une livre. L'urine que je rendais pendant que je suivais ce régime, tant pendant la nuit que pendant le jour, a toujours été aux environs de quatre livres, c'est-à-dire quelquefois trois onces de plus ou de moins. A l'œil les excréments grossiers ne passaient pas huit onces. Déduisant le total, qui est environ quatre livres douze onces, des sept livres d'aliments que je prenais, il résulte que, comme je ne devenais pas plus pesant pendant ce temps-là, il sortait deux livres quatre onces, ou environ, par les pores de la peau, la respiration, la mucosité des narines et du gosier et la salive. — C'était au mois de décembre que je faisais ces expériences en gardant la maison. Je les ai continuées pendant quelques semaines. Je gardai le même régime et conservais la même agilité du corps, et le résultat de mes expériences a été presque le même chaque joui*. »

Sur les crises Hoffmann professe à peu près les mêmes doc-» trines qu'llippocrate et Galien ; seulement, s'il croit fermement ^iux crises, il est moins aflirmatif en ce qui concerne les jours critiques.

Il est temps. Messieurs, d'arriver à la thérapeutique géné- •>^ie (I), dont tous les préceptes sont rigoureusement déduits des

(i) Hoffaiann a ccrii plusieurs dissertations spéciales sur les remèdes en général

wH)do operandi remediorum physico- mechamca (1718); — De diffère» fi nw

mentorum operatione secundum diversam corporis humani idiosyncrasiam,

" *'îii) et sur leurs diverses classes (évacuants ^ 1698; aHérants^ 1698; purgatifs,

- . ^^C); fur Tusage convenable ou intempestif des médicaments sédatifs (1 724); sur

j-*^ ^^mottatiques (1698); les antheiminthiques (1698) ;lcs antiodontalgiques (1698);

■***«l sur quelques médicaments en particulier. — La plupart de ces dissertations

^^■•^ rémmées dans la Médecine rationnelle; mais elles méritent d'être lues pour

j|t^ *i«nbreux renseignements historiques qu'on y rencontre. — Dans la disserta-

^*** De veiicantium et fonticulorum circumspecto usu in medicina (1727), lIolT-

r***il K montre partisan des cautères plus que des vésicatoires. Il donne Tliisto-

r^Ufs ii^g débats qui ont eu lieu successivement, sur l'emploi des vésicatoires, entre

^«îtiles de Sa\onia, Freind, M. -A. Severinus, Septalius (pour), Alexander Mas-

'^^ (contre), BagUvi; ce dernier professe a peu près les mornes sentiments

^ Hoflïuann. — Notre auteur repousse les vésicatoires dans les aflections trùs-

DARCHBIMG. 59

030 lATROMÈCANISME. — ÉCOLE ALLEMANDE,

prémisses que nous venons de passer en revue. Hoffmann se propose, entre autres choses, de mettre à néant toutes les explications hypothétiques sur les effets des médicaments; déjuger en dernier ressort les opinions oontradictoires qui avaient eu cours ou qui régnaient encore de son temps sur l'action thérapeutique ou nuisible de certains médicaments; de dévoiler les mensonges que médecins et apothicaires répétaient à fenvi sur les merveillcui résultats d'un grand nombre de formules raslueuses (1); enfin de donner des régies plus ûxes pour la préparation et le moile d'emploi des médicaments; car il n'y a pas de science où Ton soit plus sujet à se tromper que la médecine. Mais ce sont 11) ajoute-t-il modestement, des services qu'on ne doit attendre qœ des médecins indépendants qui ne jurent pas sur la parole du maître; et il y en a peu de cette espèce ; aussi n'adresse*t-il son ouvrage qu'aux hommes savants, curieux d'apprendre et d'enseigner quelque chose de solide. Quant à lui» s'il a écrit quelque chose de bon , il en apporte le mérite au souverain Auteur de toutes grâces. (Préface de la Thérapeutique.)

Le premier chapitre est consacré à démunlrer les relations intimes qui existent entre la physiologie, lu pathologie (bien entendu la physiologie et la pathologie de Hoffmann) et la thérapeutique (2). Si Ton ne connaît pas le mécanisme du corps, et si Ion

aigfuês, très-fcbriloi, ilans la pléthore ; ils agissent non par le liquide (|u*iU foi^ rent, mais par la stimulation qu'ils produisent. Il note qu'après la découirerte àt la circulation on les avait à peu près abandonnés. <-*> l^s fonticules sont fort atiff comme émouctoircs factices, dans les aflcctions du cerveau, des yeux, de la bMirk' et quand il y a des humeurs eitravasées ou trop adhérentes à un point Hnite * corps. — Du reste il Tant toujours user de précautions^ car ou. peut ftûnàtf' moyens de traitement le môme reproche qu'aux remèdes chimiques, d'être p'' actiTs, plus excitants qu'il ne convient à la nature humaine. — Voy. aussi Dff^ gantibu* sélectif et minun cognitia (170/^) : teinture do Mars avec le UinariB,^i*^ 1^ sels, décoctions vé^fétales^ etc. ; De remediorum évacuant ium mechnmcn nfff^ Ik rati<meii69^); De medic, iusecurin et inpdit^ 1713. L

(1) On peut voir dans le cliap. ii de la 11^ section de la Thérapeutiqw féf^ L les causes pour lesquelles on i(;nore généralement les véritables proprwl^^ L médicaments.

(2) bans De toynoscenda corfMrii humant natura t\T effhtu retnediorum (l^ï (voy, plys haut, p. 017, note 1, à la i\n)y il est dit qu'il est poMible de Mf«vP<' |i les efléti qu'ont produits les médicaments pris antérieurement quelle est la t^ ly

HOFrVASIN, — THÉRAPECTIQDE GÉNÉRALE. 931

ignore de quelle Taçon le désordre de celte machine enpfondre Jes maladies, il sera impossible de les bien liaitor et de lcii(rnérir. Ce qui suit n*est guère qu'une simple répétition on i|u*un développement parfois trés«prolixe de ce qui a été rapporté ci-dessus toacbant la cause première des maladiet^, c'esi-ù-dire lo (rouble des mouvements vitaux. Le quatrième chapitre est spécialement tiinployé à celte démonstration, que les divei^es espèces de maladies proviennent de l'atonie ou du spasme, en d'autres termes d'uQe surexcitation avec extrême tension, et que cette origine des maladies lient à la correspondance, ou A la sympa^ thie des diverses parties nerveuses, comme les rouat^es se corres* pondent dans une machine ; c'est la théorie de liiglivi sou^ une antre forme. Si tout est vaisseau dans notre corps, tout est fihre dans les vaisseaux; de là tension et relâchement, ondulation, oscillation; de là encore la communication presque instantanée k tout le système par l'impression reçna dans une partie, car les ma* tiéres du plus petit volume, par exemple les poisons, peuvent exciter une i;rande agitation, une épouvantable commotion dans les nerfs (1) ; de là, enfin, la nécessité d'avoir une idée exacte de la distribution des cordons nerveux. Cela dit, lioiïmann passe en revue les sympathies des divers organes, et principalement de l'estomac, avec les parties nerveuses, surtout avec la tète (2). H cite à l'appui, pour cet organe et pour les autres, des observa* lions qui sont loin de prouver ce qu*il avance. On doit ausHi boigneusement, dans la pratique, distinguer les afl*ectionsprimi(i^«» de celles qui sont secondaires ou sympathiques (chap. v;.

Comme les autres iatromécaniciens, lioiïmann (chat- vi i^. dépendre en grande partie les altérations des liqnideh a* t^^j dre$ dans les solides. Ainsi l'émotion des vaisseaux ei i «v.-^

tuUon ntttureUe des corps, par encniple si un méilicaiiu'iil puigali: •> .... '^coBtré des fibres mnllps et qui ne rë$i;itriit pas, ou de? lilnv^ •vf<.. Hbreati C'est uo traité on les raisnnnemeuts «ont ti^s-enrtit'Vfiri'- • ^ti remarquef d'ordre fort différent snr l'eflél des n^iu-de.- |m« t^ ^^X 9evs*t AUX idiflsjnrraliii'h et ani rauscii des nialadiui

(1, VoT. plus haui, p. 92*2. I.'iiud ur pt ii<i' .iu«>i qu» k* «#»• *^iil |>as moins terribles que le» bli.-a»urL'.« dL'S tend un»

(S; Voy. aussi la ciirieuse diss^rlaliou De iufltunumtvumi^^^^^ ^^Hfjti^no muiiorum marhwum Sfvte^ îlùh; r «*l |n«i^ii»^«i^^^, ^

932 lATilOMÉCANISME. — ÉCOLE ALtBMANbE.

tion du mouvement du sang dans la Oèvre opère des changemenls considérables dans la température^ le mélange et la texture da sang, qui devient salé, sulfureux, bilieux, et finit par dégénérer en excréments. De là des sueurs et des urines salées; Tévaponition des parties spiritueuses volatiles du sang, l'épuisement de sa partie glutineuse, d'où dépendent le calme et l'aisance des fonctions, enfm son complet appauvrissement. Ge seul exemple suffit pour faire présumer quelles seront les conséquences thérapeutiques d'un pareil système. Le quinquina agit en apaisant l'ardeur du sang, et les eaux minérales purgent les viscères de toutes les humeurs impures que le mouvement fébrile y a accumulées. Il est donc bien important de reconnaître promptemeit où se portent les humeurs pour diriger le remède vers le foy^ de corruption. La recherche des signes spéciaux des divers sièges de cette corruption, ou sphacèle, ou abcès, ou panilence, ou tumeurs, fait l'objet du chapitre septième, qui certes n'est pas un des meilleurs du livre. L'étude des causes de la mort dans les diverses maladies (chap. viii et ix) offre un peu plus d'intérêt, mais elle se rapporte trop directement à la pathologie spéciale pour que je m'en occupe ici.

Revenant encore à la nature médicatrice (1), en laquelle il n'a pas toujours une foi absolue (voy. p. 909, note 2) , Hoffmann affirme que les paysans guérissent mieux et plus vite de toutes maladies aiguës ou pestilentielles, sans médecine , que les citadins a?ec les secours de l'art, et qu'ils ont moins de maladies chroniques. L'erreur était encore plus grande qu'elle ne léserait denosjoors, du temps de Hoffmann, où les paysans avaient une plus détestable hygiène et plus de préjugés ou de superstitions qu'ils n'efl ont aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, il déclare que cette natore n'est pas un être surajouté en nous ou considéré en dehors de nous, mais le mouvement propre à tout coi^s organisé , monvement progressif qui reconstitue et élimine en même temps (^; en cela il se rapproche un peu plus de la vérité, car il est certtii

(1) Méd, raisonnée; Thérapeutique yen, ^ 2* section, cbap. i.

(2) Voy. plus haut, p. 916. — Voy. aussi les § 6, 15, 20, 185-187, de D^ m inUr doctrinam Hofftnanni et Stahlt'L

HOFPIIAIIN. — THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE. 93S

qu*il y a dans le corps des mouvements pathologiques (lesquels ne sont qu'un écart des mouvements physiologiques) qui peuvent, en certaines circonstances, devenir salutaires. Pour notre auteur, ces mouvements curatifs sont des mouvements spasmodiques qui emportent le mal en débarrassant les canaux, en poussant aux excrétions et sécrétions et en adoucissant l'âcreté ; quand ces mouvements ou ne suflisent pas ou se font en mauvais sens, le médecin doit leur venir en aide ou les corriger.

Il y a aussi des maladies qui en guérissent d'autres, comme la fièvre pour les convulsions ; mais il est difficile d'admettre que la fièvre intermittente se guérisse par elle-même, en ce sens que plus le mouvement fébrile est vif et répété, plus il est capable de dégager les viscères, dont l'obstruction est la cause première de celte espèce de fièvre. Il est impossible d'imaginer rien de plus systématique et de plus contraire, je ne dis pas seulement à l'observation, mais au bon sens.

Toutefois, Hoffmann reconnaît que la nature est très-souvent insufiisante, d'abord parce que les mouvements n'ont pas toujours assez de force pour chasser le mal; en second lieu, et surtout, parce que ce mouvement (qui cependant peut changer les humeurs saines en humeurs viciées, — voy. p. 923) n'est pas capable de rendre aux humeurs leurs qualités normales! Donc le médecin doit venir au secours de la nature ; et pour la diriger dans ses opérations, Hoffmann établit quatorze lois, dont plusieurs viennent d'Hippocrate. Je transcris les principales :

On doit observer avec toute l'exactitude et l'attention possibles, dans toutes les maladies, l'ordre et la succession de tous les efforts et mouvements que produit lu nature, et même les temps où elle entreprend et achève d'elle-même la cure à l'avantage des malades.

Quoiqu'il importe de s'opposer de bonne heure aux maladies, on ne doit jamais rien brusquer ni tenter d'évacuations avant que la matière soit propre à l'excrétion, et que les voies par lesquelles elle doit sortir soient ouvertes. — Il faut abandonner les remèdes qui remuent fortement, ou évacuent les humeurs lorsque l'accès est dans sa force et quand la nature les met en mouvement; et recourir plutôt à ceux qui calment les mouvements excessirs

93& UTROMÊCANiSMfi. — ÉCOLE ÂLLUÉAMMé

OU les modèrent. — On évitera avec le plus grand soin Tusage dtt iiiédicamcnls anodins et des sédatifs, lorsque led mouvements sonl déjà languisf^anls; il convient bien mieux d'employer lei remèdes qui rétablissent les forces et qui raniment les roouve^ meiits. — Le niédi*cin emploiera les fortifiants, à la Gn de la maladie ou de racoés. pour empêcher la rechute ou une malkdie nouvelle. — Los personnes faibles se trouvent bien dès choses faibles et les forls des forles. — Préférer les remèdes simples à ceux qui sont composés. — On se gardera des fréquents chaogements de remèdes, et l'on persistera dans l'usage de ceux qai sont sûrs et éprouvés, bien qu on n'en sente pas de soulagement sur-le-champ.

A propos des vertus des médicaments, lIoflYnann (cbâp. in) émet une opinion qui mérite d'être ra|)portée et d'être méditée, car elle est encore à Tordre du jour, sous une àutrô forme, parmi les médecins modernes : Une des causés de Tignorance des vraies propriétés des médicaments est sans contredit Terreur où l'on est communément, non-seulement parmi le peuple, mais même parmi les médecins qui se piquent d'habileté, que les efl'ets nuisibles ou salutaires que les médicaments produisent résultent nécessairement de Tessence de ces mêmes médicaments. Toutes les propriétés de tous les corps dont l'univers est composé ne sont point du tout absolues, mais purement relatives, conditionnelles, et dépendantes de certains rapports et circonstances. Tous les efl'els, loules les opérations qui se font dans le corjis mal disposé n'ont point d'autre cause que le mouvement. Or, U physi(|ue et la mécani(|ue apprennent que le mouvement nf vient pas d'un corps seul, d'un corps simple, mais qu'il résulte du choc et de la réaction d'au moins deux, et que la force moir\ct d'un Corps reçoit des modifications étonnantes de la réaction d'un autre ; par conséquent, on ne peut dire d'aucun médicament en particulier qu'il produise un certain efl'et, c'est ^^A-^d ire une certaine espèce de mouvement salutaire, dans tm plus haut oudao$ un moindre degré, bien (|ue ce médicament ail en soi-même oa< force capable de produire quelque opération. D'où l'on coodut avec raison qu'il eu ocfl (l(>d( rnédicamenls comme des corpi, ^^

BOmiAIISf. — THlKAPEUTIQVB fttfttftàLB. 93S

agisseot moins »eIon l'étendue de leur sphère d'activité que selon la manière dont leur action est reçue, et que l'opération des médicaments doit être rapportée non-seulement aux causes des maladies, mais à la disposition très-variée des sujets, combinaisons dont la connaissance est si nécessaire, que sans elle toute opération médicinale est entièrement incertaine. Il est ?rai que cette connaissance exacte des circonstances rend la pratique de la médecine difficile et conjecturale en partie; c'est pourtant ce qui distingue une pratique raisonnée de l'empirisme.

Quoique la connaissance de la chimie, ajoute Hoffmann, ait fort avancé la connaissance des elTets des médicaments, il est certain cependant qu*on les connaît encore beaucoup mieux par une longue et judicieuse expérience. Mais alors que devient l'impérieuse nécessité de la théorie ?

Pour Hoiïmann, comme pour Cullen, pour Brown, même pour Broussais, la thérapeutique se réduit à une sorte de dichotomie. Ainsi, puisque pour toutes les maladies, il y a vice dans le mouvement ou dans la matière qui est mise en mouvement, ou dans celle qui y dispose; puis(|ue le mouvenunt n'est vicieux que s'il esl trop violent ou trop faible dans tout le corps, ou seuleroent dans une de ses parties; puisqu'enlin la matière ne pèche qu'en quantité ou en qualité, l'effet de tous les remèdes en général consiste h corriger les vices du mouvement ou de la ma-lière. Les altérants (1) sont destinés à corriger les qualités vicieuses de la matière; les évacuants font sortir le superflu; les fortifiants donnent du mouvement aux parties qui sont dans Tatonie, ouïe raniment dans celles où il n'est qu'alTaibli; les calmants rabattent ou diminuent ce même mouvement (|uand il est excessif et que les parties sont attaquées de contruclions spasmodiques. a Voilà donc quatre classes générales auxquelles peuvent se rapporter très-aisément tous les médicaments

(1) I.et altérants qui sont propres à absorber ou ù éinouMcr l*Qci<lv se uoiiiinont étLforùanis; les tempérants servent à calmer t-t n'priiiicr le bouilluuiiriiitMil tli-* liqueurs et Tiatcmpérip bilieuse ; les inrisifs diviîHMit ri «Ilssolvful irlU's qui «»»»» -nsqueuics et épaisses; cl les attonctssnnis enveloppciil el neutrnlisenl riirrluioiile brûlante et currosive. — Ia's aulnrs liasM-!» de niédirnuieulH nniit MilHlivlneeii d'iiprèH la même méthode^ par cicinplu les év€KunrttH en éwétuiur^, vnnntifs, smtnynyumi, sudorifiquejif à peu près couiiuc dun» lk>crbauvv.

9S6 IATROIIÊCANISMB. — ÉGOLE ALLEMANDB.

que la Providence a fait naître pour le soulagement des hommes ; et toutes les opérations du médecin pour procurer la santé peuvent aisément s'exécuter par ces différents moyens ; ce qui fait bien voir qu'Hippocrate a très-bien et mécaniquement défini h médecine quand il a dit [Des airs^ § 1. Yoy. Nat. de rhoamt^ § 9 ; Z)w régime, 1, 2] : c'est l'art d'ôter et d'ajouter ; d'ôler ce qui est superflu et d'ajouter ce qui manque ; et que celui qui est en état de bien faire ces deux fonctions mérite le titre d'ei* cellent médecin. » {Jhérap., II, h.)

Les médicaments agissent immédiatement, soit sur les fluides (altérants et évactuints)^ soit sur les solides (fortifiants et cal* mants). Les médicaments agissent de diverses manières, suivant ^'espèce des fluides ou des liquides auxquels ils ont affaire.

Quant aux spécifiques (chap. viii), Hoffmann n'appelle ptf spécifiques, avec le commun des médecins, des remèdes qo produisent sûremetit et infailliblement un effet salutaire daas certaines maladies et dans tous les sujets, remèdes en un mot qii ne trompent jamais les espérances des médecins ; il n'y en a pas dt tels dans la nature, car ces médicaments ne contiennent point/or* mellement les opérations etles effets, qui ne font que paraître duv le temps où on les met en œuvre. Ces effets résultent de l'activilé du médicament et de la réaction du corps ; les remèdes opèrent si peu en vertu de leur énergie absolue, et si bien relativement au dispositions des sujets, que si l'on donne le même remède à dii personnes attaquées de la même maladie, ses effets seront diiïé* rents dans chacun de ces sujets. (Yoy. plus haut, p. 93&-935.}— Les vrais spécifiques sont les médicaments dont la vertu est tell^ qu'ils sont plus avantageux et plus efficaces que d'autres contre certaines maladies déterminées (1). — c C'est ce qui fait donner avec raison au quinquina le nom de spécifique pour arrêter les accès de fièvres intermittentes, à l'opium pour calmer les douleurs, aux mercuriels pour guérir les maladies vénériennes (2)*

(i) Voy, Specifica quorumdam medicamentorum ef/icada (1727); De specifcù arUispasmodi'cis (1704); De purgantibus spécifias (1696); enfin. De medteamefttii specificis eorumque operandi modo (1604).

(2) C'est d'une façon moins rationnelle que Sydenham (voy. plus haut, p. 711 note 2) considérait les spécifiques.

HOrrHAlfll. — THÉRAPfiUTIQUB GfofÉRALB. 957

y en a qui portent le même nom parce qu'ils sont plus amis le d'autres des parties que la maladie attaque et qu'ils leur font incipalement ressentir leur opération. Les parties nerveuses et 3mbraneuses> et les nerfs, se trouvent très-bien des remèdes ipreints d'une huile subtile aromatique de bonne odeur, et il des narcotiques, des remèdes tirés du pavot et des astrin- Dis. L'estomac est réjoui par les acides, dont l'action réveille ppëtil et aide la digestion ; mais les acides sont contraires aux 3nches des poumons et leur causent des irritations. >

de côté ce qui regarde l'usage médicinal des bains nénox ou partiels, de l'eau froide (1) , des exercices, de l'abstinée, el de l'usage habituel de Teau en boisson, remèdes trèsniJiers à Hoffmann, et de l'action desquels il est facile de se idre compte quand on connaît son système, je terminerai cposé de ce système en résumant quelque^uns des apho* mes de notre auteur sur la saignée (ch. xi). il n'y a point de secours pluse fficace ni plus prompt pour prélir et surtout pour guérir beaucoup de maladies aiguës (sur* Il les fièvres continues el aiguës, et même les fièvres exanthéliques, sans en excepter la fièvre pétéchiale) et chroniques que ifûgnée bien appliquée ou faite avec prudence (2). Comme la ■ilade du sang demande son évacuation, son défaut et celui des oea l'interdit absolument. — La saignée est souvent très-utile t fieiUards pléthoriques, et même contribue à prolonger leurs m. — La saignée n'est point sans danger dans les accès ou loublements des fièvres, mais on la pratique avec succès dans empsde l'intermission. — Bien que l'ouverture des veines de éiB^ par exemple de celles du front, de celles qui rampent derre les oreilles, des jugulaires externes, de celles qui sont sous BDgue, ait une grande efficacité dans certaines maladies de la ^ comme Texpérience en fait foi, il ne faut point s'imaginer t ces saignées conviennent toujours et à tous les sujets; aussi

3 Voy. Deaqua medicina universati (1712).

5 Hoffmao a publié quelques dissertations spéciales sur l'utilité ou les dan^rers I mi^roée. — Voy. particulièrement De mayno venat^ secthnis nd viiam sannm ntjam r^medio (1714); et De venoewctione prwlenter nâmini^iromla (1723).

938 iATROMÊCâlUMB. -^ tOOLB ALLBIlAlim.

faut-il particulièrement les rejeter, oo du moins les faire précè^ der par une saignée, soit du bras, soit du pied, si le sangéuil poussé trop violemment vers la tète par quelque mouveoienl spasmodique.

La saignée produit trois effets excellents : révacuaiioD, la révulsion et la dérivation; faite mal à propos, elle cause souveAt les rhumatismes, les catarrhes, les rhumes de cerveau» la toui; quand, au contraire, elle est faite à propos, elle les prévieot mer* veilleusement.

L^évacuation de sang au moyen des sangsues peut être salutaire; mais il y a de bonnes raisons pour douter qu'elle loit plus avantageuse que celle que procurent les scarifications, mo\ea excellent pour tirer le sang peu à peu, à différentes reprises.

Hoffmann se montre peu partisan de l'application des saogsaei à l'anus, contre la suppression du flux hémorrhoïdal et contre la maladies que cause cette suppression (1).

La Pathologie spéciale de la Médecine f^afionneUe n'est qu'i* application aux maladies particulières des principes qui je vietf d'exposer. — Ici Hoffmann, excepté pour la fièvre, décrit ph" tôt qu'il n'explique, et il donne à l'appui de ses descripUoos i( des moyens de traitement employés un irès-^grand nombre (fin* portantes observations, -^ La fièvre est un état spasmodif m '^ ^^ tout le genre nerveux (2), quebiuefois salutaire. II y a*>t|^ mouvements dans la fièvre : un de la périphérie au a^^i c'est l'initial, celui qui détermine tous les premiers sympl^fl^'

(1) Voy. Ih> .wluhvitat^ flux».f hatmmrrhoù/umy 1708* (2; M Quant ù ce principe que la nature est fort occupée dunt les lii*re*«^^ nucT, poui' l'iivantafre du corps, le sang surabondant au nio\cn d'une jorif ^'*' lution colliquatÎNO que produit le mouvement intestin, nous uions ««Uc** absolument que raboiulanco du sang et des Immeurs soit la cause de U**" cela était vrai, les pléthoriques y seraient plus sujets que les autres, etl'**"^ de prevonir et d'écarter promptement toutes les espèces de lièvres ptr»>'*^ faite à propos. Je crois, au contraire, que la consomption du sanjr elta*'*'^ en parties excrémenteuses qui arrive pendant la lièvre eit plutôt l'clleU* ** *'ï,--, nécessaire de la chaleur fébrile, et qu'elle est plus ennemie qu.uuieikl»'^ puisqu'elle dissipe et détruit en même temps les forces d'où dépend c«tte^ c,

vemcnls vitaux. » {^!)€ Vwsuye convenublt: du quinquina, % 15. ;

- Ftt

qui suit M MOI eralfure ei prodoit lei efleu opfotés; inc et légitime, il i^eut juger tsi^roèmela fiéTre (l). ivres sont étudiées dans l'ordre raivant : tierce, quarte, iDd, fièvres intermittentes, anoroalee, épidémiquei ; tierce; catarrbale bénigne, yarioliques, rubteiîqMt, », miliaires; fièvres catarrhaies graves ou pété* ip pétéchiales vraies, pestilentielles , érysipélateuses, , fièvre bilieuse, fièvre stomacbale. Puis viennent les irec localisation : angines, phrénitis^ pneumonie, pleuréiritis ; inflammations de la vessie, de Tutérus, du Toie, itins (*2); fièvres hectiques, symptomatiques qui suecé-

■lure guérit en iiouMaiit ù U |»e«u et ca cicitanl d«^ aKHifeiiiMitt ^ui I fibres, mcttoDt le» liquides i-n circuUtioa et empêchent la pourrikure, «upara?aiit |Mir «les 8u«iuri tiques, ou des liqueun spiritueuseï et d'autres natura optimn febrium /tesfUefttium medicafrice^ 1713). Dans 1 état de sst-il dit, ou contre nature, le mouvement TÎtal qui pouise les liqueun du lebors eH ovtrèmeiucut déranin.' lonk|u*il arrive une contraction sfiasmoiissoaux capillaires et «les petites libres dont ils >ont composés ; alori^ par oenl inverse, il e>t ivfleclii de la circonrérence au centre (cVit aussi I du froid qui eu ciisjiiint les capillaires de la peau fait rétrocéder les i; \oy. .VtV/. rot.; Tfiér.j l, iv, 15) ; puis, si la systole et la diastole viennent r, il est derecbef violemment diri{r<^ du centre à la circonférence. Ce ;, s*il attaque tout le corps, s'appelle fièvre» L*au|fmentation du monfestole, ou le spasme, se trouve quelquefois dans cartaiaes parties seuledéranffo le cours des bu meurs ; pour cette raison on l'appelle sytumo- :c cbefstmt rangées diverses ufTcctions de la tète, des intestins, de la vessie, fm*, de» vaisseau! sécrétoires, etc. Voy. Méd.rai,; Thêrap., 1, iv, 20 et u*il se fait un mouvement alternatif de contraction et de rcl&chemenl dans ihunculeuses du dedans cl du dehors, sans que la volonté y ait part ; 11 Htèulsif ; ou s'il est énorme, épi/(*ptique. On voit enfin dans beaucoup de a f rand reUcbement nu afTaiblissement du mouvement systaltique des m il s'eusuit un retardement du mouvement progressif. Cette affection, ïu considérable, se nomme atonie ; elle prend le nom de pfwalysie quand ranta^e, et c'est une t*ausc féconde de maladies (voy. MM rat.; Thérnp,,!, I 33 on lit : « l'ne classe de mouvements contre nature qui sont causes de maladies et un dérangement du mouvement tonique (lui ne consiste lement dans une augrmeulntion de la systole ou do la contraction des Irices^ mais dans l'alternative de ce mouvement et d'une expansion ou onsidérable de ces mêmes parties. — Ce sont les mouvements convul* #•0/.; Tfiérap,^ 1, iv. 33.) Méfi, rai.; Traité di's fièvres, II, i, 2, il est dit (et cette idée a été reprifg

9&0 IATR0MÊCA1II8IIE. — ÊGOLB ALLEMANDE.

dent soit à des blessures, soit à d'autres maladies, lesquelles onl agi violemment sur le système nervoso-membraneux. Les malidies inflammatoires proviennent, comme les autres, du spasme des parties nervoso-membraneuses ; mais elles sont particolière ment caractérisées par une stase du sang faite en quelque lieu et qui distend les membranes d'une Taçon continae. La stase oq congestion générale produit la synoque et la Qèwre ardente.

La seconde partie de la Pathologie spéciale comprend enden sections les flux de sang par le nez, les poumons, l'estorriac, ta hémorrhagies de l'utérus et voies urinaires, Tapoplexie; ta douleurs et les spasmes de diverses espèces, tant intériem qu'extérieures, et les douleurs arthritiques rhumatismales, » phalée, cardialgie, calculs bilieux, douleur iliaque, spasme Ailoureux de la vessie, odontalgie, otalgic, podagre. — HoffiM donne très-souvent l'historique des diverses maladies.

Les premières affections tiennent à l'atonie des fibml des vaisseaux ; les autres, à l'irritation ou à l'excitation ent sives.

Suivant Hoffmann, que Brown a encore imité en ce toutes les maladies sont produites par l'augmentatioD, oi diminution et la faiblesse des mouvements, de sorte que produisent les affections chroniques et rebelles, et la les aiguës plus promptes en leurs évolutions. De là nait rellement une question qui mérite d'être décidée: lequel* plus dangereux, le plus ennemi de Téconomie animale, du ou de l'atonie ? Pour moi, s'écrie Hoffmann, je ne balance décider hardiment que Talonie a plus de force que le pour Qpérer la destruction de la santé et de la vie. — 11 est coup plus aisé, en effet, de réduire ou de calmer les vements excessifs et trop impérieux que de ranimer réveiller ceux qui manquent totalement (Méd, rat.] IV, â3).

sous une autre forme pnr Brown) que c'est le mouvement fébrile qui i

plus souvent les inflammations^ soit par l'àcreté^ soit par la sui

humeurs en circulation^ en formant des stases ou en provoquant dft

I^s inflammations sont ou générales, comme dans la flcvre syooqiic oa

plus ou moins localisées^ romme est la ménint;ile, la pneumonie, eU* T^T ^

nOPFMANil. -^ PlÈVRÈl Ml

ins Hoffmann la théorie des fièvres présente trop d'aspects caliers pour que nous négligions d*entrer à cet égard dans |aes développements.

1 n'y a point de fièvre où le sang ne soit repoussé de Texte-

du corps vers rintérieur, c*est-à-dire vers le cœur et les Is vaisseaux qui y sont attachés» ou il ne soit poussé vers les 38 supérieures, et ou il ne s'y amasse, de manière à proi des douleurs dans le dos et la tête, des inquiétudes dans irties voisines du cœur, des mouvements involontaires, la mité de respirer, l'oppression de la poitrine, la dureté et la lence du pouls, et, lorsque le sang est fouetté violemment les membranes du cerveau et de la moelle de Tépine, où il vre des délires, des convulsions, des épilepsies, quelquefois le commencement de la maladie, quelquefois même, ce qui lus dangereux, dans le temps de sa force {acmé). Il ne se guénfin ou ne se résout aucune fièvre ou mouvement fébrile, si ssserrement spasmodique de la surface de la peau et des 8 vaisseaux ne diminue, ou même ne cesse entièrement, et I conséquence l'égalité et la liberté de la circulation et l'ades liqueurs aux vaisseaux excrétoires, et à l'habitude extéte du corps, ne se rétablisse; ce qui est suivi d'un pouls mollet et plus fort, d'une augmentation de sueurs, de moioa de transpiration, d'une plus grande liberté du ventre

la sortie d'une urine plus épaisse, tous signes d'une bonne ; et c'est ce mouvement double qui constitue l'essence et la re de toutes les fièvres ou de tous les mouvements fébriles. , rai.; Thérap. I, iv, 10). »

i phénomènes initiaux de la fièvre (frisson, sentiment de K, etc.) sont rattachés à un état spasmodique des envers de la moelle, élat déterminé par l'impression des causes mmielles. Cette théorie est développée en plusieurs endroits crits de Hoffmann.

eatise formelle de la fièvre, ou, pour ainsi dire, sa cause ipale, consiste dans une contraction spasmodique de tous *rfs et de toutes les fibres en général, laquelle commence par ^lle épinière, et se porte successivement des parties extées vers les intérieures.

extensions des membres, Ih couleur pâle et livida di pal|iiiation elle iremUlement ilu cœur, les inquiàttii lies voisines du cœur, la difficulté de respirer, l'i corps, le bouillunnenient du sang dnns les parties cceur, le resserrement, la petitesse et la rniblesie da|i goût et l'envie de vomir, la suppression de la Iran des excréments, la limpidité et la qualité aqueuse d« Par conséquent tout ce qui peut contribuer au raceo spBBmodiijue des nerfs et dos vatisenux est tré«-pro sionner la fièvre. 0» peut melire au precnier ranj vements violente de l'ùme, et surtout la [leur et la maiiéres vénéneuses, eublilei el cauitiques qui a' tlansle corps ou y sont introduites par la contagion, I trnnspiralinn, les sueurs critiques qu'on a arrêtées thèmes rentrés, le pus ulcéreux qui séjourne dans des ajimenls trop âcrcH, les rruditég corrompues el b g^ournent dans les premières voies, les trop grandei douleurs violentes aussi bien <]ue In trop grande t nerf^ dan» les înllammaliuns, les tumeurs el lesabcj des parties nerveuses laite par quelque inslrumenl las remèdes acres et corrosifs, les bains trop froi qui sont trop chauds, ou astringents (Méd. rai.; i Prolég. 4 et 5).

HOmiANN. — FIÈVRE9. 9A8

I diversité de ces causes (voy. aussi Traité des fièvres^ II, i, fais il ne Taul pas se laisser tromper par les apparences. Il e. en effet, souvent, que le pouls s^accélère et que la chaleur lente momentanément par un exercice un peu trop vio- 9U une émotion trop vive.

rnsnon et le froid (c esl-^dira le mouvement de la péri* la au centra) sont les caruclères essentiels de toute lièvre ; flèvre est encore bien mieux dessinée si ce mouvement conique est suivi d*un mouvement contraire. Hoffmann rap- ^ ailleurs (1) les observations qu*il a faites sur la production iciello des fièvres par certaines eaux minérales dont on usa pu à contre-sens. L'action de ces eaux slyptiques lui sert à iqoer comment le froid humide a tant de puissance pour miner la fièvre. Enfin il rappelle les curieuses expériences g par Baglivi pour produire la fièvre chez divers animaux à p d'injections pratiquées dans les veines avec diverses suboas irritantes.

ins le dessein de prouver combien le mouvement concentrique i^riUaux. notre auteur s'exprime ainsi : Ceux qui meurent de m, qu'elle soit continue, intermittente, aiguë, chronique, reni dans le temps da la contraction des nerfs, du frisson, roid, et des convulsions des parties extérieures, à cause que ear, les poumons et le cerveau, trop chargés de la quantité mg qui s'y est amassée, n'ont plus la force de le faire cirr. Le second mouvement qui se fait des parties intérieures et entre à la circonférence et vers les petits vaisseaux, est plutôt .«ire et vital; il est même médicinal et il tend à la conserva-

du ( )rps ; car, pendant qu'il dure, la matière qui cause le tue fébrile se corrige par succession de temps, se dissipe i détruit; ce qui la fait cesser (2).

^ fièvre est donc un combat avec la maladie. Si les spasmes nerfs obligent les sucs de se porter vers les parties intérieures, l'iia surmontent le mouvement que font le cœur et les pou* 9 pour les porter vers les extérieures, la maladie remporte

Xfe vera truttuum fehriiium u^ieet indok (t7*23), § 12-15. Voy. ÏM geHtrtiiiotèe febrium vl 7tâ), f 7*

par celle raison criuques; ils servent aux médecins l'événement de la maladie. (§ 6-8) (2).

Nous voici donc ramenés à cette fameuse et riélici de la nature médicalrice que déjà nous avons rencontr Fois sur noire roule. A lire les passages que je viens ou de rapporter textuellemenl, on pourrait croire qui est un naturiste très-décidé. Eh bien ! voici ce qu'on graphes 27 et 34 Ae\a. Dissertât ion sur h fièvre sa/iitai doit pas croire la Oévre salutaire parce que la nature, qi qu'il y adansle corps une matière nuisible, Tail seseffoi faire sorlir par certains endroits eldans certains tempî d'une certaine proportion et d'un certain degré de i assorti à la qualité de la matière morbifique. C'est ce dire de lârae qui se fâclie à l'aspect de quelque objet mais qu'on ne peut appliquer naturellement aux m purement mécaniques (S). En effet, comme une passi<

(1) et. De generiilione felirium (1715), § 6 ; Dùsertalion rie la fièwcs, § 1 et A . — Vo). nus» le g 9 du Traité des fièvre; où it tf de veiller soigne use meut à cei rncullfs molrice* dépitrlics atec lui I U Protidencc à noire machine. 11 faut aavoir Icg respccler et en mi iliriKer. — 11 est surtout ilnngereux île cherclier à arrêter, & jufuler li linuet ; on produJI niDsi taulet sortes de caclieiiea. Salubrité rtet jtfc

(2) tiC'esl ae tromper lourdemenl que de g' i marner que IcscxcréU les jours critique» <[ui>iem]ciil après la période d'élal de In mnlidieeti

HOFFMANN. -*• FIÈVRES. if

5 d'une maladie, de même la fièvre et ié. •j-î- =•■ : i\.

; ; el toutes les fièvres ne su|ipo5enl [las nu-, r : . ulu .

de l'âme, en un mot une perception. Or. d- :-^l

ue la fièvre est salutaire, utile et produur :• . u-t -..♦!.

jisque ni la nature, ni même Tâme s*'Dïi::%-. h- -.ju^. .—

cunc manière la disposition des cau^: ri. •'i'..j^i.-

des lieux, el les fins des choses qui eii*i*;î. .ii. ::i-r. t-

rps. La fièvre, dans noire senlirnent. i.-. :- -: - ri.»-.

ire ni en soi ni relativement à y^ iji •. -. r. -»•

B est souvent ennemie, que dis jf^ ! tii^-uti' ^* •

ine, mais seulement parce qu'elle ;»! .'.... ■-.♦-;^i-

snt, un eiïet salutaire.

Jlteduclrinemérile d'être éclaircic-pciî ui -s-. . • •

îontraction spasmodique des u,t:ui:^rauf .-. ,.

leslins, produite par un émùliqu^ '-l pti* ui *■. -. .•

I soi une chose avantageuse ni -anrir-f-

on entièrement contre nature, «'i i>' '. 'i.i-....- . ..

]ui produit souvent des accid*jni- .:c..-;i:-i* . .^.t*^

elle fait sortir de ces partie? un ai;.d u- 1 .,^.. , .,

îuses et corrompues, elle est «.'i -.•?».<! .n..,,

ine chose salutaire. Il en est dh lurvw ..^.Ht* v.

iternes qui produit les hémorrii^;;*'; •; ;Witf,.n.. *...^

I en soi un mouvement saluîar- j .^la ......i.

de sang mortelles; il ne lai*-: ;...n-^ ,., .,, ..^....

cident un effet salutaire qu«j!*c . .,< .^ ^ . ;e n'enlève que le superfl-. V <. ui-.' ,„> ,.,*^. qui, considérée en flle-mém*: > f»*-'..vivn./>i. ou salutaire, parce qu'eil*: -^^ir^j. >f f,|^ , es; cependant elle produ:' .umitiiM' i»^- •*'

ir quelle csl la personne vcPb..»- ';,«i,. .'\^%*■^t^^ ^^ * fait dans toutes 1rs fiè^re^ nu ni- i«r «uit^f v<|toAf », a^ec un spasme viulenl rt ut*** .'Mi^r» .r^fK^ . et nerveuse:», qui s'éleuJ ^}||i|«ic:ui■l|MH«««. •. suivi d'un désordre exliêiu».- <*- iuiu« n» «nr" •llement que ceux qui rutrun^Hi i^f ipiM» lent {Diiterintiou sur Vu^wf 'u,ui„„t^ moM Méd, rat.; Tfiérup.f Ij if. f 9 ,|

II senleiiiciit par aeddad fi

9M lATR01fÉGAMI9ll£. — ÊGOLB ALLEMANDE.

en rétablissant la parfaite intégrité et la santé d'un corps de malade, à raison des impuretés qu'il contient.

<( Nous disons donc que la fièvre est un reoiède pour le corps par rapport à Taugmentation du mouvement intestin de chalear et à l'accélération du mouvement progressif et circulaire dans les canaux de toute espèce, qui divisent et atténuent les crudités visqueuses, lèvent les obstructions des glandes, font rentrer daoi les voies de la circulation les liqueurs qui étaient en stagnation, évacuent celles qui sont corrompues et surabondantes, et dissipent rhuniidilé; d'où il suit que la fièvre est souvent un excellent remède pour purifier et évacuer le corps. »

Hoffmann (I) ne montre pas plus de confiance dans la sagesse et la puissance médicatrice de la nature, pour les fièvres iate^ millenles que pour les fièvres continues; il blâme même trèssévèrement les médecins qui ne veulent pas, sous prétexte M laisser à la nature le temps de manifester ses salutaires inteitions, donner l'écorce du Pérou avant que la fièvre n'ait été i marquée par plusieurs accès. L'expérience prouve que oeUi crainte est absolument chimérique, et que dans les fièvres ép*. démiques graves il faut se hâter de déblayer les premières et J les secondes voies par un émélo-calhartique(2), et d'administrer le quinquina après le second, quelquefois après le premier accèd suivant l'apparence maligne des symptômes, il va même jusqu'à dire que le quinquina a plus de peine à guéiîr ot demande ptai^ de précaution quand la fièvre est déjà ancienne que si elle nouvelle (3).

(1) 1)<; rnsnyc nwvenabb* du f}uin(jnina,l 36. Dans ce même traîU', Hi (iôtriiit une à une les objections sophistiques élevées par des personnes qui oe pas employer le quinquina ou qui oui des préju(^és déraisonnables contre MMi « Olle éeorce loiiilie les fibres, entretient el aide la transpiration ; sa \erlu fébrii^ consiste en bonne partie, sinon principalement, dans cette opération ; car nous déjà remarqué que lorsque cette évacuation salutaire se supprime, et que Irsil rctés qu'elle doit faire sortir refluent dans l'intérieur, elles rourniss^nt d'i mieux la cause première des lièvres intcrmittentes/qu'il y a daiis le sang et k*' meurs une plus (,'ramie quantité d'excréments bilieux. » g 28.

(2) Voy. {^ 25 sur les inconvénients de la stase des matières visqueiues *■■ canal ^^astro-intestinal, si elle coïncide avec l'aduiinistratiim du quiiiquiui.

(3) Au § 18 llollinann remarque que la cause g^éoératrice des fièttes teutes vient raremeol des fautes de régime ou d'indigestion, niAis> qu'^taal

HOFPMAHN. 9&7

emier accès de la fièvre intermillente (maladie qui ap-

essentiellement au genre nerveux), le premier accès 16 delà même façon que pour les autres fièvres; mais la i commence pour le retour périodique des nouveaux accès. la pierre d'achoppement de la théorie iatromécanique 'es, et presque tous les adeptes de cette secte en sont li la même hypothèses : c'est-à-dire à supposer une per-

partielle de la matière féhrile, qui se réveille à des fixes, o La matière féhrile, formée de liqueurs hilicuses •hatiqucs salivaires, secondairement corrompues (voy.

p. 913, noie 1), et de la masse indigeste des aliments, iliére qui séjourne principalement dans le duodénum, ne s tout entière et tout à la fois dans le sang et le système 's; elle ne le fait que successivement. D'ailleurs, ce qui

ce ferment fébrile, qu'on me passe celte expression, ms cesse un nouvel aliment des li(|ueurs impures (|u*aple foie, le pancréas et les glandes du duodénum. 11 y a mouvement intestin, qui augmente prodigieusement penïcès, réduit le sang et la sérosité en impuretés mucila- ( salines sulfureuses qui, ne sortant pas entièrement penitennission, demeurent dans le corps et ne fout qu<; )re de plus en plus les liqueurs lymphatiques salivaire.s cl

Ajoutons, ce qui n'« c?7e, que je sache, rcmart/ué fjur ;, que, dans le temps de Tintermission, Ut pouU i^hI ln;.v languissant, et que les parties inlérieures et la p<.*jiu hoiii *oides que chaudes, ce qui est une prcuvi; cvidfMiti* quo jaiion est languissante, et qu'elle n'est pas asb<iz koïèM' ar faire sortir la quantité des liqueurs excrèmenlisi ent dans le corps. Enfin, il est très-vraisf^nblabb

es ou endcmiqucs, elles soiil plulùt uiiKeiKlm-h pu' l*roid et humide et par les iniariincs indn;cu;;i>u.\. - b^i» rmtttetti. nova hypothesis (§ 14), noire HUli;ur rc^wnl «la B les « efleU mencilleuz » que produit i'uir^ »oil t:u Mtière élastique {air ou éther èlasto/ue) nu dt» ^fi^m ut ou dîlataot les pores suivant sou du^rc di ^r son aciioa sur le Uieruioinêtre cl le 1muwmh>c • isnt U trun^ation qu'il cootriUlie part uaté.

9A8 lATROMÊCANISME. — ÊGOLE AIXEMANDE.

ton, la Force elles fonctions de cet excrétoire universel n^rveui, fibreux et vasculeux, la peau en un mot, sont déranges et détruits par les violentes contractions spasmodiques si contrairei auxquelles elle est exposée, c'est-à-dire par le resserrement coisidérable accompagné d'une chaleur brûlante, suivi d'an reU* chemenl excessif, et que cette opération si salutaire de la tnu» piration insensible se fait mal pendant tout le cours de la fiém et que la dépuration du sang et des humeurs devient fort luguissante. Toutes ces causes concourant, il est aisé de concew qu'un nouveau foyer s'amassant insensiblement et acquérant, bout d'un certain temps, une force suffisante, il survient nouvel accès. — Si le retour de l'accès, dans les fièvres iotenri'fj^ tentes, se fait en temps plus ou moins éloignés, c*est-à-dinf l'accès vient tous les jours, tous les deux ou quatre joars, change quelquefois de caractère et de période, s'il double quelquefois, j'attribue uniquement cette différence à celle impuretés, soit relativement à leur quantité, soit à leur ca plus ou moins fixe ou volatil et à leur abord plus ou moins sidérablo dans les premières voies, enfin à Tétat et à la lion des viscères, et surtout du foie, de la rate et du p (§ 20 et 21 ; voy. aussi le § 24.)

Celte théorie est très-longuement développée dans It tation De fehrium intermittentiun^ nova hypothesi^ 16W L'auteur insiste sur les effets de la contraction des fibrilles culaires (2), nerveuses et vasculaires (ces dernières sont

(1) Voy. aussi De gênerai, febrium^ i715, eiDe vera motuum febniûm^ indole, 1715. Là il est établi que ce u'est pas primitivement dans le ung^»' le système nerveux mis en un état spasmoUique que g^U le siège de la fieffé' termittence est comparée aux fonctions périodiques normales, le exemple, et aux habitudes du corps ou de l'esprit; comparaison d'auUat est-il dit (voy. De fehr, inferm,, etc. § 3) que les esprits elle système en jeu et que tout dans l'organisme se fait par poids et mesure.

(2) Hoffmann (§ 11) dit que les fibrilles musculaires sont creuses, voie pas leur cavité à l'œil nu; mais ou reconnaît que dans ses obsemtii'l scopiques sur la queue de l'anguille il a pris pour des fibrilles les plat cations capillaires. Ce qui prouve encore, selon lui, que les fibrilles fOi^^ c'est l'augmentation de volume et la décroissance de ces fibrilles par b la mauvaise nutrition.

^rz

HOmiANN. — MALADIES HÉRÉDITAIRES OAO

de fibres motrices), sur la compression et le refoulement liquides qui en résultent ; il fait aussi intervenir Xéthcr élasf dont les elTels contribuent puissamment au mouvement nlriquc qui succède au mouvement concentrique (§ 6, 7, 11, 14).

)ur achever Texposition des doctrines de Hoffmann, il nous \ à examiner ses opinions sur les maladies héréditaires. ins la dissertation De affectibus haereditariis illorumque ine (1699), Hoffmann rapporte d*abord (suivant une coutume L il B*écarte rarement) les opinions des anciens sur les causes ["hérédité morbide, et énumére les maladies qui, à leurs K, passaient pour héréditaires; puis il propose son explicamécanique, rejetant toute idée d'un être ou d'une activité iluelle [efficacia spiritualis) qui, se transmettant par la généra, est capable par lui-même d*agir ou de ne pas agir. Il n'y le des causes corporelles, physiques, agissant de nécessité lécaniques ; il n'y a que des corps agissant {corpus agens) qui iioppent dans un corps passif [corpus passivum) , en raison ; nature de l'agent et du patient, une réaction que le corps m ne peut ni faire dévier ni changer, et à laquelle il ne peut ion plus résister. Hoffmann reconnaît dans la semence, avec [ghi et Malebranche, des linéaments, des filets [stamina) ont comme les diminutifs, le compendium de l'organisme rir {théorie de révolution, voy. plus haut, p. 7M). l'on examine la nature de la semence du mâle et de celle de iielle, on y trouve un double principe : l'un tnVténu, trèse, fluide, mobile, élastique {principe spiritumx)\ VtMrh épais, plus aqueux, est accessible aux sens; r/e»! c ïîcule et l'enveloppe du premier. Ce |»reiniiîr prir"^ rigine du sang contenu dans les artères et du et cérébraf (1).

fluide a reçu dés l'origine, des mains du dit sa puissante parole, la vertu immuable de une certaine figure, une forme et un

:'e»t là prêciwoient. Hil-il, la rause de l atliibiimWBrl les trop grande» perte» de seiut-Dce.

950 lÂTROIIÉGAmSIIE. — ÈGOLB ALLSHAHM.

choses externes corporelles qui agissent sur lui dans toute la masse du sang et jusqu'aux parties les plus intimes du corps; c*est d'après cette impression qu'il produit dans d'autres choses une réaction proportionnée et un eiTet équivalent, a peu près comme il arrive pour les sens (§ H).

Telle est, Messieurs, en quelques mots, la théorie des ressemblances et des monstruosités séminales ; elle a le mérite d'être très-simple, si elle ne possède pas celui de satisfaire les hommo plus exigeants que Hoffmann.

Par cette théorie on peut comprendre aisément Comment let maladies des parents sont transmises aux enrants. Presque totf les auteurs ont jusqu'ici toujours attribué Forigine des affection héréditaires ou à la mauvaise conformation des parties solifo ou à une certaine disposition originelle vicieuse des parties i* quides ou des esprits eux-mêmes, laquelle par la semeore* transmet aux enfants. Les maladies qui tiennent au monveseri ou au vice des esprits, au sang ou aux humeurs, ne se propiic'l^ en aucune manière , mais celles-là seulement qui ont ^Ë^ racine dans une mauvaise disposition des viscères ou àesfMw^ solides. Les maladies, en effet, qui ne tiennent qu'à rioteo^l^du sang et des humeurs ou à quelque sel irritant sont soptf^l?^; ^ ciellcs et se dissipent facilement (I), attendu que ces inteinpMt|«if^ ces écrites, sont promptement modifiées ou détruites parle vement circulatoire, et qu'on ne saurait admettre'une far» mentescible multiplicative qui éclate plusieurs années aprb naissance.

Hoffmann croit donc fermement et professe que touteste Jadies héréditaires, quelles qu'elles soient, naissent d'une vaise disposition et configuration des parties solides extert^ internes , des viscères , des émonctoires , laquelle di affecte ensuite notablement les parties fluides et spiri C'est en effet une chose connue et admise, que les parties reçoivent leur principale force, leur tempérament et leur des parties solides ; et, celles-ci étant viciées et lésées J«* tonicité, leur force et leur mouvement, il ne peut qu'en un grand dommage pour les parties liquides qui font effort pelum /acie?ites corporis noslri).

HOFFMAim. 951

L'auteur réfute ensuite, en s'appuyant sur l'autorité de For* tunalus Fidelis, de Diemerbroeck et d'autres, les objections tirées de ce que des enfants sains sortent de parents malades, et réciproquement de ce que des parents estropiés ont des enfants irréprochables. Ces réfutations sont aussi fausses que les objeC" tiens.

Le système de Hoffmann a été défendu dans l'université de Halle par Schulze, Buchner, Nicolaï, Nietzky, Eberhard, qui adopte la théorie des esprits nerveux et une partie des doctrines de Halier sur l'irritabilité. Les plus importantes discussions, parmi les adhérents de Hoffmann ou dans le camp des dissi-^ dents, ont précisément porté sur ces deux points, aussi bien en Italie, en Angleterre qu'en Allemagne.

Hoffmann a repoussé plus de lecteurs qu'il n'en a attiré; la masse de ses œuvres épouvante ; et pour justifier un éloignemenl aussi mal fondé que préjudiciable h l'histoire des doctrines médicales, on a répandu le bruit que c'était un auteur difficile à lire, ennuyeux, fatigant. C'est un jugement à reviser, une mémoire à réhabiliter. Sans doute on ne lit pas Hoffmann avec le même plaisir et aussi couramment qu'un bon livre moderne; mais j'affirme qu'après avoir longtemps partagé le préjugé vulgaire et avoir longtemps aussi reculé devant les volumes in-folio qui composent les œuvres du célèbre professeur de Halle, j'ai éprouvé une impression toute différente que celle que j'avais acceptée de coniiance, lorsque je me suis décidé à étudier ses écrits. Hoffmann a traité des sujets les plus divers et toujours magistralement : les considérations générales, souvent élevées, s'entremêlent aux propositions particulières; le système, tout faux qu'il est, est largement et fermement dessiné; le style a de l'ampleur; l'éru- «lilion est variée; ta critique est (ine, vive, mais honnête. Soffmann est un penseur, un philosophe; en même temps il taontre parfois les qualités dun observateur attentif et fort judicieux. Aussi, pour toutes ces raisons et pour d'autres qu'il serait trop long d'énuménT, je place Hoffmann beaucoup audessus de Roerbaave. Les petits volumes du second m'ont beaucsoup plus fatigué par leur sécheresse que les vastes in-folio du

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premier, malgré le développement, quelquefois excessif, de la démonstration.

D'où l'ennui et le sommeil s'échappent parfois inévitablement, c'est des œuvres de Stahl. Quel courage il a fallu pour les induire. Ce n'est peut-être pas uniquement Tamour platonique pour Stahl qui a soutenu le zélé de H. le docteur Blondin dansa vaste et méritoire entreprise; il a cru fermement (mais je crains qu'il ne se soit trompé) que Stahl pouvait devenir le patron-médecin de la physiologie théologique de saint Thomas, et c'est sous ce couvert que M. Blondin a présenté son travail à NN. SS. les évêques.

Je ne crois pas qu'il y ait dans toute notre histoire une question aussi difficile et aussi obscure que celle de l'iatroméctnisme. L'obscurité tient à la doctrine elle-même, mais peot-^ plus encore au mauvais style que semblent affecter la plupart des médecins iatromécaniciens, les Italiens et les Anglais surtout. Ce sont ces difficultés mêmes qui m'ont, je l'avoue, attiré et en même temps attardé; car il n'est pas facile de marchernpidement dans des chemins aussi mal entretenus ; une fois engagé, il n'y avait plus moyen de reculer ni de laisser la tâche inachevée. J'avais besoin de donner cette explication pour qo'oa ne m*accusât pas trop des longueurs auxquelles il était assa difficile d'échapper, attendu qu'il fallait, ici, faire connaître ks nuances particulières aussi bien que les principes communs datf les différentes écoles.

Après cette revue de Tiatromécanisnie, on ne peut que s'étonner de voir tant d'esprits distingués Taire aussi compléterneol fausse route, substituer les calculs mathématiques aux expériences physiologiques, réduire Thomme à une machine, n'avoir aucune notion sur l'idée même de la vie, et se complaire à à^ cher dans les sciences exactes, qui excitaient alors renlhof siasme, la solution de problèmes dont la plupart échappent <> échapperont toujours à ceux qui ne reconnaissent pas dans kf fonctions des corps organisés des forces différentes, sinon 1^ à fait indépendantes de celles auxquelles est soumise la matièK inorganique. L'inconséquence à laquelle la plupart des iatrofls*

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