MONOGRAPHIES ET RECUEILS D*ORSRRYATIOIIS
Je transcris dans la traduction de Vergnol la descriplion do procédé adopté par Verduyn : « Avec la main gauche ayant fortement empoigné cette partie du gras de la jambe qui est aadessous de la ligature, il faut d'abord, de la main droite, enfoncer la pointe du couteau courbe, et la faire sortir de l'autre part, si prés des os qu'il est possible, pour ne perdre rien des chairs, et d*un seul coup les trancher [suivant leur largeur] jusque prés du tendon d'Achille ; puis couper transversalement sur le devant de Tos le cuir et les chairs, suivant la méthode ordinaire, en séparant du même couteau le périoste et ce qui est entre lesdeox os. Après avoir retiré en arrière la portion du gras qui a été laissée, il faut scier les os, et avec Téponge mollette trempée dans Teau tiède, nettoyer promptement la plaie afin qu'il n'y resle aucune esquille, ce qui pourrait retarder laguérison. Après quoi il faut défaire la ligature et renverser, sur la partie mutilée, h portion de chair qui a été conservée, et l'y bien ajuster en h comprimant de la main et la poussant de la partie postérieve de la jambe vers l'antérieure ; puis garnir les bords de laphie avec le champignon, la charpie> les étoupes, ou avec qudffit autre astringent propre (dont il faut peu), et envelopper tout k tronc avec la vessie ramollie, l'attachant avec les bandes d*eftplâtre adhérent; on peut ajouter une seconde vessie danslasécessité. »
L'appareil de pansement est beaucoup trop compliqué, et b jambe artificielle, imaginée par Verduyn, aété condamnée àca«( de son poids énorme. Mais c'est bien du chirurgien hoUamiais que date la vraie réforme de la pratique des amputations, pratiqua qui n*a fait que des progrès insignifiants durant le xvii* siède.
Le Sylloge physico-medicinalium castium tncantationii^ vnlgo adscribi solitonim de G. -A. Mercklin (1644-1702), poUif en 1698, est un des recueils les plus curieux pour l'histoire àt^ médecine magique ; l'auteur lient dans cette question unjo^
(lu voliimo se trouve une lettre où Van Wlooten rapporte trois cas de surcèsokk» par la nouvelle méthode, et la réponse de Verduyn, Quel est ce « fameux cbinrnci' «le liOndres, dont parle Verduyn, dans sa traduction, et qui aurait eu ridée, ■•• sans (]u elle ait ou de retentissement, de l'amputation à lambeau avant Vcn)B!>- C'est sans doute Lodnam, dont le procédé a été publié en 1679.
AU X¥ir SIÈCLE. 969
iDilieu plus prudent que scientifique ; il ne nie pas (ous les faits d'incantations, mais il ne Jes accepte pas tous non plus. En de telles questions, les compromis paraissent impossibles ; Tautorité iles témoins, la probabilité des faits ne prouvent rien ; c'est le principe même qu'il est difficile à un médecin d'accepter.
Saviard (1656 1702) a publié, Tannée même de sa mort, son
Hecueii (T observations chirurgicales (au nombre de 128), dont
une seconde édition avec commentaires a été donnée, en 178A,
par Le Rouge (1). Je souscris en grande partie au jugement très-
fo^orable de Haller sur cet ouvrage; toutefois je trouve que
Saviard est trop prompt h blâmer les confrères et trop pressé de
se donner des éloges. 11 a attaqué avec acrimonie le lithotomiste
Jacques Beaulieu ou Baulot. Toutefois il remarque, non sans
finesse, mais peut-être non sans injustice (2), (|U6 frère Jacques
doit sa grande réputation à ces cinq circonstances, dont quatre
au moins contribuent encore à la renommée de nos charlatans
r 'empiriques : c r parce qu'il n'opère pas de la même manière que
!? les autres lithotomistes(a/>;7^m//6r/em/i5e intéressant la prostate,
* le corps et le col de la vessie) ; 2* parce qu*il a beaucoup de bar-
> diesse tant à opérer qu'à vanter ses prouesses ; S"" parce qu'il k. Memble être désintéressé (de quoi il pourrait être blftmé, de par ^ l'Evangile, pour montrer plus de zèle et de vertu qu'il n'en faut
•eloQ la science et selon Dieu I); à"" parce qu'il porte l'habit de moine et qu'il parait dévot ; b^ parce qu'il assure que tout ce qu'il
> •ait de la chirurgie lui est venu par inspiration divine, de sorte que ^ l'ayant rien dépensé pour se faire instruire, il veut aussi enseigner - *« d*autres gratuitement ce qu'il sait. » Ce dernier trait serait un . *oiîf de louange plutôt que de blâme ; nos chirurgiens empi-
. v^Qes ne sont pas aussi communicatifs. Pour en finir avec la ^^ique, remarquons que Saviard a des procédés un peu barbares
(t) Lt plupart des olMervaiiom oot été recueillies par Sa\ianl lui-inêine ; quel-
Des lui oot été communiquées par dautres rhirunriens. ()) Betalieu a compté un grand nombre de succès dans tous les pays par où il ; Safiard ne semble tenir compte que des revers. — Dionis, en st-s (>/*e/(j-
ef
^^de chirurgie^ après avoir é}^iilcmept fort nialtrailé frère Jacques, reconnaît ^lïeiidanl qu'il y a du bon dans sa méthode, mais à ctmditiou d'èlre mise en praline par un chirurgien habile anatomiste.