MONOGRAPHIES ET RECUEILS D'OBSEBVATEORS
pour la cure prétendue radicale de l*exomphale {observ. 9); qu'il use d'une véritable brulalilé pour pénétrer dans la vessie en forninl les rétrécissements et en donnant lieu à d'abondantes héinunhapies (voy. par ei. observ. 73); qu'il ne parait pas savoir reconnaître rabaissement du renversement de la matrice.
Saviard a été heureusement inspiré quand il a imagm ifihserv. 6A) d'aviver, après les avoir réunis, les bords d'une iibtule ancienne, suite d'une opération de taille ; mais les moyens employés pour rafraîchir les bords et pour les maintenir eu contact ne seraient probablement pas approuvés de nos joui^. Les observations 3 cl /i contiennent la relation d'une imperforation de l'anus chez un enfant nouveau-né, et de l'hymen chez une jeune fille. Dans \ observation 5, il e>t question d^une femme (|ui étiil prise d'œilème aux membres supérieurs chaque fois qu'elle avtil ses règles. Saviard (observ. 7) traitait l'anévrysme par l'incisioi do la tumeur et par la double ligature au*dessu6 et au-dessous de celte tumeur ; mais il se pressait beaucoup trop de le ver le premier appareil. L'observation 107 est consacrée à un malade qui avait une multitude de pierres enchatonnées dans des cloisunnemenlf de la vessie. On doit rapporter aussi plusieurs observations relatives à des accouchements laborieux on compliqués. Enfin, je relève dans \ observation 100, à propos d'une moi*8ure par un chat enragé, de curieux détails de mœurs. Malgré une vive opposition, Saviard, esprit furt, avait fait Tautupsie de l'individu qui avait succombé aux suites de cette morsure, et il ajoute :
« Au reste, celte ouverture mil dans la suite beaucoup d'alarme dans l'hôpital ; la peur saisit quelques dames religie^ises et d'autres particuliers qui avaient assisté à celte ouverture ; H. le chevalier de Ponlcarré. qui en était, fit le voyage de Dieppe pour être plongé dans la mer ; les dames religieuses prièrent M. .Mêdavid Gnmcey, archevêque de Rouen, de les venir gTjérir pnrlî préparation et l'application d'un remède secret qui lui était particulier cl dont il cachait soigneusement la composition ; et coiiiffit» il fallait que celle application se fil à jeun, et que la composition du remède devait élre i»oitérée pour chaque malade en particulier, il était plus de trois heures après midi avant que les dernières guéries pussent manger. Cependant ces dames n'étaieut
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eooore bien revenues de leur crainte par cette mystérieuse ration ; elles firent venir le jeune chevalier de Saint-Hubert, BûDS toucha tous et nous préserva de telle sorte qu'aucun de l p'a eu dans la suile la moindre atteinte de ce mal. » iciley (voy. plus haut, p. 888, note 1) a publié un recueil trop connu d'observations (1) et d'autopsies. On y remarque des nrations sur les convulsions et la céphalalgie à la suite d'in- :>n syphilitique ; d'excès de sensibilité de la peau d'une partie orps; de prurit vulvaire; d'hystéries avec des formes partitifs ; d'asthme ; de convulsions chez les enfants, aveo auîq; d'une femme infectée de vérole par un enfant à qui elle •ait la sein, etc.
t mantionneraiy en finissant; les ObiervaiiofieM (i614 et lôAl)« 7mêêUia (1613) de Félix Plater (Iô36-lô41), où l'on trouva iours relations d'autopsies ; — les douze décades d'obser<« »08» ou Praxis medico-chirtirgica tationalii (éd, de 4695) de iiy« ; l'auteur, très^heureux dans la pratique, est en théorie Hsoup trop cartésien ; — les dix Décades miscellaneorum U:maiium (1625) de J.-B. Gortesius (1554-lôgU), où Tau* ' traite de toutes sortes de sujets, de médecine, de chirur-* d*anatomie, de physiologie et d'hygiène; on y trouve d'in- Mants détails historiques et pratiques sur l'autoplastie ; — les ervationes medicae (1684) de Antoine de Heyden (1772 — ), Aeekren (l682),deHagendornius (1698); — les Observationes iico-physicae (1680), ouvrage posthume de Hellwig (1600- 4)) publié par Schroeck; — enfin, les nombreuses Ce/t^z/rie^ ktervaiiofis rédigées par Fabrice de Hiiden (1560-1634) dut 89 longue carrière, et qui appartiennent pour une petite tje au xvr siècle et pour la plus grande au xvir. Ces Centuçontierment, outre le résultat de la pratique de Fabrice, Bnud nombre d'observations empruntées à d'autres auteurs
) Observationes quaedam medico-practkne et physiohgicae, inier quas nli- '•^o fusius agitur de asihmnte et hydrnphohia^ quarum eiiam decem uitimis 'duntur administrât iones totidem corporurn, etci; Lugd. Bat. 1703 cl 1738, 8®. ^ titre annonce une tlisstTlation sur les vaisseaux Hu fœlus ; c'est la 33^ (»bsorii, p. 177 ; la planche se trouve à la fîn du voluuie. Je u'ai trouvé ces Obserqa'k la Bibliothèque impériale.
972 DE LA CHIRURGIE AU XVll* SIÈCLE.
oa qui lui ont été communiquées; elles fournissent aussi de notables renseignements historiques.
Les recueils périodiques du xvii'' siècle, et en particulier les Éphémérides des Curieux de la nature et les Mémoires de t Académie des sciences^ les Transactio7\s philosophiques^ sonl remplis d'observations de médecine et de chirurgie. — Les ouvrages de Ruysch abondent aussi en observations médicales^ chirurgicales etd'anatomie pathologique.
Cette longue mais incomplète énumération prouve combien il y avait de mouvement en dehors des écoles, et combien la méthode d'observation cherchait à se faire jour à côté de l'esprit de secte et d'hypothèse. Mais on a lieu de s'étonner que Uil d'empressement & récolter les faits, souvent tant d'ex«ictitudeile( reproduire, n'ait pas plus contribué à écarter de la pathologie H de la thérapeutique générales toutes ces conceptions a priariifi ne reposent absolument sur rien. Malheureusement les faits soit isolés, sans attache, sans lien, rassemblés presque sans autre M que de satisfaire la curiosité ou le goût pour \ histoire natwét^ et ne parlent pas plus à ceux qui les voient qu'à ceux qui te lisent. C'est à nous maintenant d'en faire notre profit; maisqv ouvre et qui connaît ces vieux ouvrages? Quelques chirurgieBs: encore moins de médecins.
La chirurgie au xvir siècle, surtout celle qui est représenK» dans les traités dogmatiques, les seuls dont je veuille m'occuptf ici (1), ne diffère pas très-sensiblement, si ce n'est en paroles, de la chirurgie au xvr siècle. Les efforts vers le progrès srf surtout manifestes dans les recueils d'observations dont vs^ venons de parler ; mais rien encore ne fait nettement pressent cette grande et noble chirurgie du xviir siècle, cette chiroriP^ SL qui repose sur des connaissances solides en anatoroie, surB> diagnostic raisonné et sur des essais satisfaisants d'analofl»^ pathologique. En Italie, car c'est encore en ce pays, au début*
(I) Voyez plus haut les recueils inobservations et les monographies^ paiW^ renient les ouvrages de Geijrer, de Marchetti, de Tulpius, de SaTÎard, de VeH^J*-
Siècle, que la chirurgie cherche le plus activemenl à sortir des ornières, en Ilalie nous trouvons, au xvii' siècle, Magatus (1670« 1647)elMarc-Aurèle Séverin (1580-1656); — en France, Pierre Dionis ( — 1718) ; Saviard (voy. plus haut p. 969) ; Baulot ou BeauUeu, ou encore Frère Jacques (1651-171 A), le célèbre lilhotomiste; Bellosle (165A-1730), disciple fervent de Magatus; Mareschal (1658-1736), un des hommes qui, sans écrire aucun livre (1), ont exercé le plus d'influence au xviii'' siècle sur les progrès de la chirurgie en proposant avec La Peyronnie, à Louis XV, la fondation de TAcadémie de chirurgie; — en Angleterre, Richard Wisemann, chirurgien de Jacques II; — en Hol« lande, J-J. Rau (1658-1719), un des plus habiles promoteurs de la Caille latéralisée ; Verduyn (voy. plus haut, p. 967); C. van Soliogen (mort vers 1702}; Palfyn; — en Allemagne, Purmann; Seuliet (1 595-1 6A5), connu surtout par son Armamentarium (1063), ou Arsenal de chirurgie, ouvrage précieux pour la description et rhistoire des instruments, et pour les observations qu'on y rencontre; Murait (1655-1733), et quelques autres chirurgiens de moindre renom. Nous commencerons par l'Italie, et en Italie par Magatus, renommé pour avoir tenté de simplilier les panse« lîieiils, ce qui était une des réformes les plus utiles et les plus urgentes de la chirurgie.
César Magatus (1579-16A7 ou i6A8) pratiqua la médecine à Rome, à Naples, à Bologne, fut professeur à Ferrare, et finit par mirer dans l'ordre des Capucins, sans cesser d'exercer son art.— Magatus ne se vante pas d'avoir eu le premier l'idée de modifier le pansement des plaies; il raconte, au contraire, qu'il avait vu celle nouvelle méthode mise en pratique par la plupart des chirurgiens de Rome, mais qui agissaient ainsi plutôt par empirisme que par raisonnement; c'est lui qui, élevé dans les anciens errements, s'est chargé de réduire cette pratique en doctrine (2). On peut
. (i) Set OUervalions out étô publiées par divers chirurgiens^ ses élèves, ou dans lec deux premiers volumes des Mémoires de r Académie de chirurgie. Il avait peribctionaé le haut appareil pour la taille.
(2) De rara medicatione vulnerum^ etc. La première édition a paru à Venise •• 1616, in-r*; rédition de Francfort, 1733, en deux volumes ia-4<», beaucoup
91U DE LA CHIRUROIR AU XVIl*' SIÈCLE.
ajouter aussi que déjà le chirurgien Wfuia (— 157(5) avail signalé l'abus des tentes (I, 2). Deux questions sont en litige: les plaies creuses (car il s'agit surtout de celles-là) doivent-elles être remplies de tentes? Faut-il renouveler souvent l'appareil et les visiter une ou deux fois chaque jour?
Magatus énumère les quatorze raisons assignées en faveur de l'ancienne méthode : les principales sont qu'il faut toujours absterger et dessécher ; qu'on s'expose à voir la putréfactioa, même la gangrène se produire si l'on ne panse pas Irès-souvesl les plaies; qu'il y a nécessité de renouveler journellement les médicaments et d'eu observer les effets ; de donner un prooo6lie quotidien; d'éloigner les causes d'irritation; enfin, qu'on 9*tfl toujours comporté de cette façon, et qu'on s'en est bien troufé, parce que c'est un procédé rationnel, tandis que la métboée opposée est nouvelle^ trompeuse. La preuve c'est que les bov auteurs, les auteurs patentés n'en ont pas parlé I Ergol Cesootli précisément les objections que Magatus lui-même avait commeMi à proposer aux chirurgiens qui suivaient les préceptes condamné. De luit^ il y répond par des arguments de Tordre logique plutôtqie de Tordre scientifjque, et il invoque les raisonnements plutôt qte des expériences bien suivies. 11 faut nous contenter de ce genre d'argumentation à la mode en ce temps-là, puisqu'elle a condirt Magalus dans la bonne voie, et qu'il a fini par s'en rapporter à sa propre observation.
La première raison pour s'écarter de Tancienne pratique, c'«l que Ton conserve mieux la chaleur et que même on Taocrolt «» pansant rarement les plaies ; or, la chaleur est nécessaire potf leur guérison. — Seconde raison : ce qui retarde le plus et empêche même la cicatrisation des plaies, c'est Tafflux d'humetir! vers lesdites plaies; or, plus on irrite les plaies en les déooumA
plus correcte et plus complète (c'est celle dont je tne fkers)^ contient la r^plN* si};ut'0 par le frère de Magatus aux attaques dont la doctrine de celui-ci anit * l'objet, el de plus uuc très-bonne préface de Crégut sur Télat des scifoc»»^ cales au xvii'^ siècle tt au coniiuenremenl du xvui'. On y toiI qu on 9y»* sain, Zumbo, avait inventé les représentations anatoraiqucs en cire colorie, H ^* J,-B. Bianchi, à Turin, et Desnoucs, en France, aTaieot porte cet art à uf*^ dcfîré de perfectiou.
M.^GATUS. 975
en les bourrant de charpie, plus on dissipe la chaleur naturelle, plus aussi on aiïaibh't les parties, et plus on les dispose aux fluxions. — Troisième raison : Galien a dit, dans sa Méthode thérapeutique^ qu'il faut surtout éloigner des plaies simples ou creuses tout ce qui oiTense la nature; or, il n'y a rien d'aussi Gonlraire que Tair ambiant qui refroidit les parties. — Quatrième raison : Uippocrale déclare, dans son traité Des fractures ^ qu'on nuit beaucoup à la coaptation et à la cicatrisation, en découvrant et en i'utiguant sans cesse les fractures et les plaies. — Cinquiâmemenl : Si le nouveau mode de pansement est jugé si excellent parles maîtres, on doit tenir pour certain qu il engendre moins de parties excrémentitielles que l'autre. Ënûn,rexpériencc prouve qu'avec cette méthode les plaies guérissent plus heureusement et plus vite quavec l'ancienne; cette seule raison suiSsaitl Magatus ne veut pas qu'on défasse le bandage avant le quatrième jour; il est d'avis qu'une plaie simple réclame ordinairement sept à huit jours pour se cicatriser, quelquefois moins; il en a vu se cicatriser en quatre jours.
Quanta l'ui^age des tentes et des gdteaux de charpie, [lour la défense desquels les traditionalistes avaient d'aussi bons arguments que pour les pansements fréquents, Magatus n'a pas de peine à établir les bons principes ; il n*allcgue que cin(| raisons, JDais elles sont en partie valables : loin qu'il soit bon de tenir les lèvres de la plaie béantes, il faut au contraire les rapprocher ; Galien lui-même Taûirme, et, en de telles circonstances il use de médicaments liquides versés au fond de la plaie. Kien ne prouve fnieux l'inutilité et le danger des tentes que les désordres (déchi- J^res, douleurs, afflux d'humeurs, effusion de sang, etc.) qu'on proiluit dans une plaie quand on les met ou qu'on les enlève. En •'imbibant de pus et d'autres détritus, la charpie ne peut qu'entretenir le mal et offenser la partie (1, 1-7).
Magatus donne ensuite la détinition des plaies, indique leurs différenceSy leurs signes, leur pronostic; il entre dans toutes Portes de longues considérations uu discussions sur les phénomè- ^^8 et accidents que présentent les plaies, sur les diverses condi- *^Ons où elles se trouvent ^ c'est une section de son livre ^Xirémenient fastidieuse, et toute galénique. Après quoi, il entre
97() bE LA CHlRUft(WE AU XVll' SIÈCLE.
dans (les délails non moins prolixes sur la cure, tant interne qu'externe, des plaies en général ; et là, il rapporte des exemples et cile quelques autorités (1) pour établir Texcellence de sa méthode.
Le second livre est consacré à l'histoire de chaque espèce de plaies en particulier; l'auteur s'arrête avec une prédilectioo marquée sur les plaies de tête. On y trouve plusieurs remarques importantes (2), mais dont l'énuméralion nous entraînerait trop loin (3). Notons seulement qu'avec Ambroise Paré, Magatos prouve (car le préjugé existait encore) par de longs et nombreo arguments, que les plaies par armes à feu ne sont point empoisonnées ; tous les désordres que cause la balle, le danger qu'elle fait courir viennent de la violente contusion ; il a néanmoins poor ces plaies plusieurs huiles (entre autres Thuile aux petits chiens} ou onguents particuliers. (Appeml, De vulner, sclopo inflictis,]
Sennert avait attaqué Magatus assez vivement ; celui-d, prétextant de ce qu'il était devenu moine et ne voulant plis s'occuper des affaires de ce monde, s'abrita .derrière le nom 4 son Hère Jean-Baptiste et écrivit une verte réplique en den parties, où il reprend et corrobore les preuves déjà données 6fi faveur de sa méthode et auxquelles il en ajoute de nouvelles. I invoque tour à tour les autorités, l'expérience et le raisonneroeit contre les pansements fréquents et l'usage des tentes; maisfl ne donne pas de règles bien fixes pour le renouvellement te appareils.
(1) D'aburd. pour les besoins de l.i cause il sVlait appuyé sur les léaKHgHP' d'Hippocratc et de (rnlicn ; ici, plus soucieux sans doute de sa propre répolatiai» i^ incline ù dire que la nouvelle méthode leur était inconnue, aiinsi bien qu'à Ct^* k Avicennc et aux autres, excepté peut-être à Paracelse (I, AI -A3).
(2) H redoute les contusions du cràue plus peut-être que les fracture;, t ctf* des chances de ^Mn<jrène inlerne et des accidents de commotion. On doit ttk^ff avec la rui^iiie toute la fêlure loi*squ'elle ne pénètre pas, et trépaner si elle iotèK* l'épaisseur du crâne. Il pense qu'une tarife fracture du crâne fait office de Ip^ Il défeud de retirer les corps étau^ers qui ont pénétré dans les plaies aTiotl'rf^ blissement de la suppuration ; ce qui semble une mauvaise pratique.
(3) Au chapitre 1^^, il se défend vaillamment contre les médecins qui ratti*^ de pénétrer sur leurs domaines en traitant des maladies internes produites ^^ affections chirurgicales, et il montre comme Sévcrin, mais mieux que Itt*^ tristes résultats de la séparation de la médecine d*avec la chirttiyie.
MAGATUS. -^ SARGASSANI. 977
ineassani (1669-17 1 8) est l'apologiste le plus passionné, le déeaf le plus ardent et le plus instruit de Magatus ; ses œuvres é\é réunies sous ce titre : Dion. Ândr. Sancassani Dilucida-i fisico-m&liche tendenti a richiamare la medicina pratica preziosa purita in cuice la lascio il grande Ippocrate; cou ' iraliati concernenti a taie important issimo argomento. — 1-1738. h vol. in-folio. — Ce recueil, très-rare en France, impose d'une foule d'ouvrages dont les auteurs sont plus ou is favorables à la doctrine de Magatus : Pelagio, Zambeccari^ D. Yan der Heyden, Pisoni, etc. Le texte de la plupart de ces "^es est accompagné d'éclaircissements^ de commentaires, Btires, de dissertations par Sancassani. On y trouve aussi la talion des objections faites de divers côtés contre la méthode Dnisée par le célèbre réformateur. On remarquera particument dans le premier volume une statistique des résultats fournissent les deux méthodes de traiter les plaies, statistique lée par Magnani, Pictro Cessoni et Mario Cecchini, durant lée 1700, à l'hôpital du Saint-Esprit à Rome. On regrette stnent de n'y trouver presque aucun détail sur la nature des sures. 11 est bien entendu que tous les avantages sont pour la ique de Magatus. Le second volume, en tète duquel se trouve brève notice biographique sur Magatus, écrite par son neveu sp. Magatus, est rempli en grande partie par h traduction du nirgien d hôpital de Belloste (// i^ero Magati redit ivo) avec iilucidazioni , les additions cl les aphorismes de chirurgie de cassani, qui a réuni aussi un certain nombre ïï observations Belloste (6* partie) et les siennes propres; elles sont très- Dbreuses. Les deux derniers volumes renferment la suite des ervations de Sancassani, des lellres et îhvXvq^ testimonia o\i iogiesen faveur de la nouvelle méthode, la Défense deMagapabliée sous le nom de son frère, enfin Y Art de sucer les în, par Anel.
Sa laissant de côté la plupart des explications et hors-d*œuvre abondent dans ce recueil, on y trouve une foule (l'observais qui peuvent servir à l'histoire de la chirurgie.
lAUHilBO. 62
976 DE LA CHTRUBGtE AU tVII^ SIÈCLE.
Marc-Aurèle Séverin paraît avoir été très-frappé de Tabaiv sement et du discrédit dans lesquels était tombée la chirurgie au XYii* siècle (1); il en attribue la cause (I, 5, — voy. aussi chap. 10) à la fatale séparation de la médecine et de la chirurgie; de là découlent nécessairement, faute de notions théori«iues, U négligence des chirurgiens dans la recherche des causes et delà nature des maladies, leur mépris pour la lecture des grands aateurs, leur ignorance presque complète de Tanatomic, laquelle peut seule donner fermeté à la main et assurance dans le diagnostic ou le pronostic. Les chirurgiens ont été réduits à la misérable condition de manœuvres timides ou aventureux qui n'ont ni souci de leur dignité ni soin de la réputation qu'ils pourraieci acquérir en se montrant plus hardis. Séverin rapporte àcesujel des exemples à peine croyables, soit de la timidité des chinifgicns, soit de la témérité des charlatans. — A Ten croire,» n*osait plus (aire la plus simple opération, ou bien on portail k fer et le feu sans savoir ni pourquoi ni commenl. Notre auteur» plaint aussi de la mollesse de ses concitoyens qui se refuseoti souflrir la moindre douleur, ce qui nous rappelle rostrackoe dont Arcliagalhus fut victime lorsqu'il voulut importer à Ronwh mille chirurgie des Grecs (2), au lieu de se contenter des simpkî usités dans la médecine populaire.
Séverin prend occasion de ces remarques touchant la lOiwrdise (les chirurgiens et la préférence qu'ils donnent aux niédiiauîcnts sur rem[)loi des instruments tranchants ou surrus-i:? des cautères actuels, pour faire la guerre à Paracelse, «liororce ambilienx, ennemi juré du parti des Grecs d, qui a doimélelrisl? exemple de celte chirurgie bâtarde où Ton vante les baumes,te
(1) II l'sl hoîi (le iiiotlre sous les yeux île mes lecleiirs le. litre Taruiuiio tl an;"lieux i\uv SiNcrin a donué à sou ouM';i};,'e : De r/ficfiu rn*:dk'i/if.i iihii lll ifà'jii'' eu/en quasi /nfi/iu, ferri t'ynistjuc viribiis art/inia, ruurfa^ sir*» e.v(t'rnn >•»>•' .'W! •• telriora ri onittimnciorn ma la collitlifutvr^ proff.'ruftfuf\ p.rtinguhntur, n^J^'f" tiffus- ncfiuf /H-ftf/iHotids e,L'i>erijnrnt(t^ inctfiodi fulcùncnU), auctontntii O'wm/m^*^^^' ()l>ns fuitc/ifir in artc dt'siili'j'ntum, — La prj'iiiicre édition est do Kraiicfon, !*••• — (Juel uiédecin qui se respecte oserait aujttuni'iiui iuscrire un pareil litre «iiî»* d'uuc de st?s oMiMes. H«>au('oup de nos aueiens ont poussé nu\ <lerniêi\'SliiiiiU^f'*' trecuidanoe, et, traiiclious le mot, le charlulanisnic professiouiiel.
(2) Voy. plus haut, p. 177.
SÊYERIN. 979
on|[uents et où Ton tolère seulement les escharotiques (I« 8 et 9). Il faut une chirurgie tranchanle et non émoussée (11» 11), une chirurgie où prudence ne soit pas synonyme de lâcheté et d'absence de savoir (1, 10). Il n'y a pas de chirurgie cruelle (l) quand elle procède, non au hasard, mais avec méthode pour le soulagement ou la guérison des malades (1, 12 et 13). Séverin va sans doute un peu loin lorsqu'il veut nous faire croire que la douleur est très-supportable par elle-même, et qu'on doit tou- Jours être disposé à la souiïrir pour la santé et l'intégrité du corps (1, 13). Il est pleinement dans son droit lorsqu'il affirme que la chirurgie active, efficace, herculéennne^ est moins dangereuse el rapporte plus de gloire que la chirurgie indulgente, efféminée el d'aventure, ou qu'il s'élève contre cet absurde raisonnement qu'il y a prescription contre la chirurgie virile, puis qu'elle a été atiandonnée depuis si longtemps. Séverin n*a pas de peine à montrer que c'est l'ignorance, la barbarie et les préjugés qui sont la aeule cause de ce délaissement (I, lô).
Mais en quoi consiste cette médecine efficace entre les mains de Séverin? Ne croyez pas, Messieurs, qu'il s'agisse d'imaginer de grandes opérations que n'avaient pas tentées les anciens pour remédier à des affections mieux connues et jusqu'ici négligées, ni même de revenir à la pratique savante des Alexandrins et des habiles chirurgiens qui vivaient au temps de Galien, et dont Orîbase, Aétius, Paul, ou Rhazés nous ont conservé tant de inréeieux extraits. A lire le fier préambule de Séverin, on ne t'attendrait guère, en effet, à trouver dans son livre si peu de ^èhose de la grande chirurgie. C'est cependant à quoi il faut se "désigner quand on ne s'en rapporte pas au titre et qu'on pénètre Ira cœur de l'ouvrage lui-même.
I! y a trois espèces de chirurgie : la composiiive ou synthèse; \ti divisive ou diérèse; Vextractive ou exérèse. La principale ^fgnité de la chirurgie consiste dans la diérèse, c'est-à-dire dans
(1) VoyM la coiilradictloii ! Sôvcrin (1, 12) semble accuser Tagliacozzl de faire ^ttnc véritable bourberie daiis ses belles opérations d'autoplastie. Il iic ménage pas pluftlabrice d'AcquapcndenU*, mais avec plus de logique, car ce cbirar^cii il pour les cur«f do«ce< et focilei .
980 DE LA GHiRURi&IB AU XVII* SlkCLK.
les ifîcisiotis (I, 18), auxquelles il faut joindre les câutérisalioBS par le fer rouge. Cette seule division prouve déjà que Séverin n'avait pas une idée ni bien netleni très-large de la chirurgie, car la diérèse n'est en général, à proprement parler, qu'un préambule, qu'un préliminaire aux véritables opérations, c'esl-à-dire à l'ablation des tumeurs, à l'extraction des corps étrangers, à b séparation, des parties gâtées : ce n'est qu'un moyen de pénétrer dans les cavités, vers un vaisseau à lier, une hernie à réduire, etc., etc. — S'agit-il de tout cela pour Séverin? Non! mais de la section de la peau du front [hypospaihisme) ou de l'occiput {pmcyphismé) pour des affections qui sont aussi bien du ressort de la médecine que de celui de la chirurgie (c'est ce qu'il appelle Vexothérapie ou traitement externe, par opposition à Voitothéropie ou médecine interne), de la scarification, de l'arlériotomie, de Touverture des abcès, de l'excision. AjoutouN cependant, que la lithotomie est rangée sous cette rubrique.
Cela dit, Séverin, qui avait déjà donné, au début de son traile» une histoire un peu fantaisiste de la chirurgie héroïque et de la chirurgie suivant les diverses nations (I, 2 et 3), expose les méthodes suivies depuis Paracelse jusqu'à lui (I, 19-21), et aborJe dans la seconde partie les opérations en particulier. On voit aisément que son cadre est extrêmement restreint. Ainsi il pass^ successivement en revue Vartériotomie et ses nombreuses espèces, qu'il célèbre pour toutes sortes de maladies, donnant des exemples à l'appui : — la cautérisât ion des mêmes artères;la phlébotomie , où il indique une multitude de veines à saigner: — la cirsotomie (H, 37), ou opération des varices, laquelle codsiste, soit en une simple ouverture, soit dans la section complet de la veine, comme la pratiquait Fallope et comme notre auteur lui-même la recommande.
« Quant à moi, fondé sur le raisonnement de ce personnap (Fallopius) et l'autorité de Galien au livre III de sa Méthode tHrâpent,^ c. A, et au liv. Il Des médicaments selofi leurs genrt^ ch.2, etsur Aetius, Te/mi., Serm. XIV, ch. 4, lesquels avertissait que si les varices sont jointes à un ulcère, jamais il ne se cobs^ lidera, quelque peine que l'on prenne, j'ai guéri très-heur«usernent, et contre toute opinion, des ulcères de deux, trois, sep^^
SÊVERIN. 981
dix ans, voire des plus invétérés, en coupant les varices qui étaient aolour, lesquelles empêchaient la consolidation. J'ai fait le premier celle sorte d'opération dans Naples, ayant néanmoins été criminalisé au commencement parles gouverneurs et intendants de l'hôpital qui croyaient que Ton mettait les patients en un évident danger; mais les bons événements qui ont suivi, par la grâce de Dieu, lequel a favorisé ce qui se faisait à bonne intention, ont fermé la bouche aux envieux et à ceux qui ne comprenaient pas bien l'affaire. Or, d'entre ceux que j'ai p[uéris, quoique ce ne soient point gens de marque, je veux principalement faire mention d*un frère mineur de la province de Rome, nommé frère Antoine Cavensis, lequel ayant porté l'espace de douze ans un ulcère, effectivement petit, au talon, mais extrêmement opiniâtre et incurable, je le rendis sain au mois de septembre, l'an 1625, ayant coupé la petite varice qui était dessus. Et un autre nommé Dominic Ferrarius fut guéri d'un semblable ulcère en l'an 1629. Or, c'est une chose digne de remarque que, quoiqu'il y ait une grande douleur en ces parties qui sont au-dessous, il ne reste aucun mal après avoir coupé les varices qui sont beaucoup au-dessous {sic). Il faut aussi remarquer que toute Tenflure des parties inférieures disparaît, cl que la partie revient à son état naturel sitôt que l'on a coupé ces entortillements, tout de même qu'une plante vient à sécher sitôt qu'on lui a ôté Teau qui l'arrose. Il faut encore admirer ceci que nous avons découvert avec contentement en un homme travaillé des varices : il avait au-dessus du genou, en dedans, des varices entortillées, lesquelles, montant en haut, faisaient comme une petite colline, et s'allant rendre vers l'aine, vcnaimt à descendre insensiblement en bas de ce tubercule. Ayant donccoupé la varice en cet endroit, je fis expression du sang (|ui était dans ce tubercule autant qu'il me fut possible, et du bout qui était resté au bas, le sang coulait abondamment au commencement ; mais, mon industrie étant de- • vcnne inutile, il se fit un abcès en la partie, comme l'ulcère fait par la section était déjà mondifié. Voici donc ce que j'y ai trouvé digne de remarque, c'est que le sang qui avait croupi dans ces replis entortillés, étant refroidi par la discontinuation de l'inlluence de la source, n'avait pas pu garder sa consistance, et par consé^
gaa de la ghikurgib au xvn'' sièble.
quent y était corrompu. Et ce qui est encore plus admirable, les veines mômes étaient aussi pourries; mais néanmoins, Fulcère ayant élé au bout de quelque temps mondifié, cet homme fut guéri.
» Outre toutes ces cirsotomics que j'ai exercées en ces membres, j'ai encore fait particulièrement celle du scrotum (varicocèle?), laquelle est tellement abolie en notre siècle qu'il semble une chose absurde et téméraire de Fentreprendre. Néanmoins j'ai guéri quelques-uns en notre hôpital et hors d'icelui. Sou» ma conduite Jean-Dominic Moschius a guéri Augustin Pharensis, dek société de Saint-IIorace Gambaveta au couvent de Sainte-Marie de Grâce, à Naples, quoique Aetius tienne au Tetrab. IV, serin. 2, ch. pénult., que ces opérations sont très- difficiles > (traduct. de Th. Bonet, Bibliothèque de médecine et de chirurgie).
Séverin, appuyé sur Tautorilé d'Oribase, confirmée par k docte Sébastien Travus, professeur à Turin, et par Montuus, célèbre la scarification et entre dans de grands détails sur m merveilleuse erticacité contre les maladies internes ou cxteruea. Sous le titre de paracentèse il comprend diverses 0|)érations(ruB genre irès-dilTéreiU : les ponctions de la dure-mère, l'ouverlure des hydatides, celle des diverses tumeurs des paupières ou de la surface du globe oculaire, des hémorrhoïdes, Topéralion rie Thydrocèle, etc. ; enfin la véritable paracentèse. Nous donnons ici les chapitres 13 et 10 qui fourniront un nouvel échantillon de la pratique du temps et aussi une idée des préjugés auxquels Séverin resta soumis et qu'il a cependant combattus avec véhémence au début de son traité. Dans le chapitre 13, il décrit une nouvelle manière de traiter la hernie, et qui est empruntée 1er tucllement à Al. Denedictus (XXXV, 37) (1).
« Il faut avoir une forte aiguille par laquelle on fora |)as>cru0 fil de soie crue extrêmement fort qui ail un pied de long ; ««nfen aussi faire une petite platine d'ivoire ou de corne ayant la figtf^
(1) Souvent Séverin fait de semblables emprunts, mais en citant parf'»i« ^ telle far-m, qu'il pourrait passer pour l'inventeur îles procédés (ju'il iléirit. " M. M.il;^ai|?ne (Intnxi. aux Œurres d'A. Paré, p. cm et suiv.), r.ipprnebe lo p**" celle de Renedielus, pour la cure radicule des liernies, de celui de Bonnet de Lj* el il ae le désapprouve pas tout à fait.
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(l'un rectangle oblong el d'un pouce de largeur ; on tiendra encore prêts les calaplasiiies el aulres emplâtres nécessaires. Le malin on concliera le malade sur le dos a|irès avoir repoussé les inlrslins. On rasera auparavant la partie; alors on étendra le scrotum afin (|ue la peau de Taine soit bandée, el le malade retiendra doucement son haleine sanscrier ; le chirurgien arrêtera de la main gauche , adroitement, la membrane, repoussant le boyau de peur qu'il ne descende en bas, et de la droite il cherchera la veine {vaisseau) spermalique qui va au testicule avec laquelle il faut attraper en même temps toute la membrane et la peau, faisant passer Taiguille trempée en huile auprès de la veine, sans appréhender ; puis tirant le filet, et Taiguille étant sortie', le serviteur prendra le filet, et mettant la petite lame dans le filet, il Ja serrera bien de sorte qu'elle soit de plat sur la peau, sans toucher à l'autre partie du scrotum, et les deux testicules étant hors du nœud ; tous les jours il faudra une fois ou deux contourner la platine qui est dans le filet, lequel, en étreignant insensiblement de tous côtés, ronge peu à peu la peau et la membrane en la serrant, et élargit le trou qui est vers le testicule où il se forme du pus, et en même temps la plaie qui a été dilatée se consolide par le moyen des médicaments que l'on met dessus, de sorte que la plaie s'ouvre peu à peu, et en même temps les bords viennent à se joindre l'un à l'autre, car le filet qui serre de tous côtés coupe entièrement la plus grande partie de ce qu'il étreint en l'espace de dix ou quinze jours. Il faut alors faire en sorte qu'il se forme une cicatrice et qu'elle s'affermisse par un calus, prenant soigneusement garde que la partie qui a été tout fraîchement offensée ne vienne à se relâcher et que le boyau ne descende derechef; parce moyen, il ne faut point appréhender que les veines venant à s'ouvrir, il arrive une perte de sang ou inflammation; "^ais immédiatement après la pi(]ûre on met par-dessus un oxy- ^l)odin de vin et d'huile rosat, et après, un cataplasme de lentilles ^vec miel ou vin, dans lequel on a fait cuire de l'écorce de gre- '^îides. Après que Tinllammation est apaisée, on en applique un ^Ulie fait de farine de froment et de résine de pin ; on déterge P^u à peu le pus, cnhn on fait venir la cicatrice sur la plaie, y ajoutant un ccrat. Mais dans cette cure il faut observer la même