‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 53 sur 102 · DE LA CHIRURGIE AD XVII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

DE LA CHIRURGIE AD XVII* SIÈCLE

façon de vivre qu'on a accoutumé d'ordonner dans les autres plaies. 11 faut donc couper toute la partie qui a été attrapée, laquelle il fautaussi guérir, carie calus y étant venu (comme nous l'avons remarqué) et la production du péritoine étant bouchée, le passage est fermé au boyau et à l'omentum. J'en ai vu plusieurs qui ont été guéris en cette manière par un Espagnol , lequel attirait quantité de personnes à soi par la douceur de sa cure (laquelle se faisait par une seule piqûre) comme aussi par la promesse de la durée d'icelle ; mais il la faisait acheter excessivement cher. »

Au chapitre xvi il est question De la ponction de la matrkt qui est descendue : c Les anciens qui guérissaient les maladies des bêtes (et comme Chiron Centaurus, entreprenaient aussi de traiter des hommes), quand le siège, le membre viril et la win étaient descendus, après les avoir piqués légèrement avec des pointes subtiles ou même frappés avec des orties vertes, te lavaient incontinent avec du fort vinaigre, car c'est une choss certaine que ces parties s'iront cacher en leur lieu naturel. Voill ce qu'en enseignent les vétérinaires Apsyrtus et Hiéroclès au liv.l, cli. 48 [Veterinaria; éd. Ruellius, T 59], Mais qu'est-ce qui empêche qu'on ne puisse faire le même essai aux hommes de ce temps» vu principalement que par le moyen de ces ouvertures inseasibles on ôle en partie la cause qui pourrait derechef les faire descendre, à savoir ce sang mauvais et corrompu. > (Trad. Bonet.) — Ainsi, notre auteur voudrait qu'on fouettât et quoi ponctionnât la matrice tombée ou peut-être renversée !

Séverin passe ensuite aux incisions de la peau du crâne ou Je la face contre les catarrhes qui descendent sur les yeux, et contre certaines douleurs invétérées de la tête ; il parle aussi d'une fouk d'autres incisions que lui-même n'a pas toujours pratiquées, mais dont il rapporte des exemples tirés d'autres auteurs et qui avaient pour but d'évacuer des matières contenues dans le foie, daoste reins, dans le ventre, dans la poitrine (empyème), et même potf faire sortir l'urine de la vessie en cas de rétention. Certes il y* ] dans beaucoup de cesfaits relatésavec complaisance plusde chi^o^ gie barbare que de chirurgie rationnelle. Séverin s'étend longue* ment sur la forme à donner aux incisions suivant les parties oi

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; affections; il mentionne aussi les conire-ouvertures dans les

ipîers purulents et en énumère les indications ou contre-indi-

;ions.

Dans une longue série de chapitres (30 à lâO), notre auteur

is suivre aucun ordre, mêlant et distinguant au hasard (mais

donnant çà et là des observations^ qu'il puise ailleurs ou î Ini appartiennent), parle des plaies, des ulcères, des tumeurs, \y dans quelque partie qu'elles siègent, réclament incision ou (ïision ; on y voit confondus l'adhérence des paupières, le îi, la laryngotomie, la sortie du nombril, l'hypospadias, le linaosis, l'imperforation de l'hymen (membrane qui n'est ni torelle ni ordinaire) ou du fondement, les fistules simples

c fourchues » le panaris, l'herpès et autres espèces d'ulcères, ; cicatrices vicieuses, la morsure de chien enragé, les aflfec- •ns des yeux, les polypes, les hernies, les condylomes, les cors X pieds, la nymphotomie, l'ongle incarné, les amputations, les étions des nerfs, des muscles, des tendons, les sutures. £n lisant ces nombreux chapitres, où les autorités sont accuodéeSy il n'est pas difficile de constater que, malgré son éner- !]iie revendication en faveur de la thérapeutique efficace, Séverin ft fait que rarement de grandes opérations. Le chapitre 102 Duve en particulier combien, au xvii'' siècle, était petite «torité des chirurgiens, et combien les opérations aujour- ^ui les plus simples semblaient de blâmables témérités. Il ^t de l'amputation des membres. Voici ce chapitre, une des B^ les plus curieuses de l'histoire de la chirurgie : ^ Il faut rapporter à la chirurgie efficace et résolue l'amputa- *m tant des membres pourris que de ceux qui ont souffert par ^TliGcation, ou infection par poison, comme aussi de tous m qui dépendent des préceples de l'art, pour éviter la mort. nécessité est si évidente de cette opération que nul ne passera tn médecin qui la rebutera ou fera dilficullc de s'en servir. Je Meraî de toutes par ordre. Quant au premier, pour faire voir Vertement et le plus clairement qu'il sera possible une chose 5 semble difficile à plusieurs, je dirai en peu de mots ce que î remarqué en l'hôpital des Incurables. Un homme âgé de \^ nommé Bartbélemi Chiocca, étant tombé dans le feu ecv

délibéré de couper avec la scie l'os de l'épaDlâ, uq pc du coude, après avoir fail une ligature pour âter I( Car quel remède [)ourrail-oQ trouver pour retenir les viennent à se choquer et entre heurter l'un l'autre, o rive une douleur violente et convulsivo aux nerfs el siLles si leurs ligaments sont consumés? Comme de çail ù toute heure le patient de mort ou de passer un vie, je trouvai à propos de le couper, tout de même q mine un mauvais citoyen pour conserver la bourgeoi malade ayant connu ma délibéra lion, il mena un tf ses larmes et éjulalions, que, la chose ayant été ra supérieurs qui n'étaienl pas éloignés, il obtint qu'elle voyée de quelques jours. Mais cependant les doul veilles le travaillèrent en aorte, et il avait tellement , dernier des maux qu'il déraillait presque. Quand il se cet état, il me supplia instamment au nom de Dieu ii à exécuter ce que j'avais délibéré auparavant, qu'il si soufTrir toute rigueur de la chirurgie. J'eusse dési tenu ce langage au commencement, car il ne me i assez fort pour supporter la douleur. Ayant donc lais en arrière, je lis en sorte par les médicaments qu étaient venus noirs commencèrent à se séparer. Ce quelques-uns des nôtres, ils crurent que l'agglulinati

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à la trépanation^ que Ton pratiquait en ce temps-là pour impies migraines, pour la manie, ou pour des maladies jx, et qu'on rejette ou qu'on hésite à faire de nos jours pour raves blessures du crâne. 11 est aussi question, dans cette e, de la trépanation des côtes dans Tempyùme afin d'éviter strtics molles des espaces intercostaux; du limage des dents ; i résection des fragments d'os qui sortent à travers les p:aies les fractures ; de la rupture de la rotule après une fracture consolidée. Enfin Sévcrin affirme avoir guéri à Thôpital foule d*exostoses en ruginant la tumeur jusqu'au vif et en îquant ensuite la poudre catagmatiquc.

I Pyrotechnie chirurr/icale (1) du même auteur est divisée oatre parties: considérations générales sur les effets du feu; liverses méthodes de cautériser ; — variété des instruments iUlrcs moyens n is en usagé ; — affections dans les(|uelles rient la pyrolechnic ; — parties sur lesquelles il est permis ou Qdu d'appliquer le feu. — Les fomentations, les ^ains chauds, arfums, qui renferment en eux une matière ignée, les étuvcs, Olation, font aussi partie de la pyrotechnie. — On y trouve diapîlre spécial sur les ventouses. La dernière partie est conée à rénumération des nombreuses maladies internes et rnes dans lesquelles on employait le feu. Il y est fait grand des fonticules ou cautères^ dont Séverin a le premier déter- I ]a place au bras dans la région celluleuse limitée par les nions de la longue portion du triceps et du deltoïde. brerin avait raison de prémunir les clients contre la crainte I douleur : il fallait, en vérité, que ce fût un vain mot pour Ipft malades aient continué si longtemps à se soumettre à do Ils Ir.iitements; il fallait également que les chirurgiens fus- |«QSsi barbares qu'ignorants et englués dans les vieux préiule la chirurgie ariibe, pour livrer les patients à de si hor- ■Ttorlures, quand un seul et rapide coup de bisluuri ou de

-JLntiQl la Chirurgie cfficaa* redoutait encore io fer, autant elle cmployail le ^Bc liardiessc et même témérité, par la raison tout*' simple (|ue le daniier y rst ;.,«P|)uri;iil et que la manipulation usl moins diflieile.

Le premier livre du irailè be recondita abscessm concerne surtout le pronostic de ces afteclions ; il question des parotides malignes. — Dans le deuxièn] parlé des abcès par congestion qu'il faut ouvrir tout d« avant leur maturité. Sèverin préférait l'ouverture rouge. — Le troisième livre est intitulé : Des abd On y rencontre la mention de tumeurs cystiques i enlevait avec une certaine hardiesse, malgré la prés gereuse des vaisseau». Il décrit des anévrysmes d'un lume ; il en a guéri par la ligature et l'tncif ion. Dans il dît avoir pratiqué la laryngotomie. — Lu quatriér occupe par les luiiicurs, abcès et autres maladies an: toutes les parties du corps.

Il n'y a aucun ordre dans ce livre, mais beaiico dans les détails. On y remarque de curieuses auta observations; par exemple il y a une observation c mis, ce semble, de reconnaître des embolies dans 1« — Séverin a observé des tumeurs dans le bassin che: tique. Mais, à côté de cela, il a pris pour un re queues, et fait figurer comme tel, des caillots fibrini cœur. — Le cinquième livre traite des maladies des liérement des abcès qui en proviennent, des tumeui du spina veiilosa, peut être de la carie de la colonne mais d'une f-ipoh moins esplicile. — Le livre sixién ainsi dire, la suite du cinquième, puisqu'il eslqueslii

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ur lesquelles Séverin se montre aussi embarrassé que les kiernes. Contre les engelures non ulcérées, il préconise les oîgalions de cinnabre, puis des onctions; contre les engelures érées, il pratique des onctions avec des cérats desséchants. i remar(|ué avec raison que les engelures pouvaient causer graves désordres aux articulations ou aux os quand elles sont érées. — Le huitième et dernier livre est consacré aux anles gangreneuses, au croup et à la laryngite suflbcante. Les \es de Séverin ne sont pas très-nettes à cet égard.

a encore publié, en 1650, à Padoue, un volume intilé : Vipera pythia^ id est do viperae nalura, veneno^ medi-

; demonstrationes et expérimenta nova^ en trois livres (1) . le premier, l'auteur étudie la nature, à la fois terrestre et leste, de la vipère, les causes de ses vertus alexitères, ses ifelirs, ses habitudes. Il signale la puissance vitale que conservent ■tronçons d'une vipère coupée en morceaux ; il étudie son mode ^génération (vivipare; ovov ipare auraii-ll dû dire); sa strucne, les histoires plus ou moins fabuleuses qu'on avait débitées

qu'on débitait encore sur son coinpte. Dans le second livre, il Aerche les sources et le siège du poison de la vipère. Le troime est consacré à la préparation et aux propriétés de la théine. — Entre autres problèmes que l'auteur cherche à rédre, il y a celui-ci : la vipère et les autres serpents ont-ils été •crvés dans l'arche de Noé, et pourquoi? — La vipère n'a

naturellement de poison (pas plus que l'homme et le chien ftoni naturellement enragés); elle acquiert la propriété veniise en raison des localités, du ciel, de la manière de vivre, de instances fortuites, de l'excitation qu'on lui fait subir! Du ixis, Séverin ne croit pas que la queue de la vipère soit veniitse. La source du venin est dans une émanation du fiel, car € seulement quand la vipère est en colère que sa morsure est Séreuse (cela explique comment les psylies et les marses ma-

) Voy. aussi «â ZooAomyi fleM'yrntea iùMi). Ii«r^ tr^^-curuiui (.iHàU-tàiàui «!•.> V^lés sur l'asatomie et la phMiol#>$fi<i humaine «•( <tom|»ar«ti«<», 4uii»i i|ur itonie tpéciate d'oo fcnmd uombr** d'animauf*

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