DE LA CHIRURGIE AU XVII^ SIÈCLE
niaient impunément les vipères); alors le venin arrive, paràes canaux appelés ichorodochi^ du foie à la bouche dans de peû\fi vésicules gingivales qui laissent suinter le long des dents caoaliculées le venin, quand la mâchoire est en mouvement, et exerce une forte pression sur la partie mordue. Les choses se passent, en partie, comme dans les émissions de semence provoquées par de simples désirs. Le venin des chiens enragés est également ok bile noire corrompue. La vipère morle et mangée ne cause plm aucun dommage, puisque la cause accidentelle qui rend le M venimeux a disparu. Séverin sait, du reste, que les venins n'agissent que sur les surfaces dénudées, et qu'on peut les avalerel même sucer les plaies impunément. Quoique les dents de ii vipère ne soient pas venimeuses par elles-mêmes, ccpendanl, malgré le dire de notre auteur, elles peuvent conserver, assa longtemps même, du venin en suffisante quantité pour qu a« picjûre devienne mortelle. On a fait des expériences en ce sctf avec les dents du serpent à sonnettes. Séverin a pratiqué de? dissections qui lui ont prouvé que le venin de la vipère ne laiae aucune trace dans le corps des animaux morts à la suite Xm morsure.
En France la chirurgie commence à prendre le pas. Mènie avant la création de Y Académie de chirurgie nous rencontrC'D? quelques praticiens habiles, instruits, judicieux et qui auraient dû faire honte aux médecins. Au temps de Louis XIV, comme j<
l'ai déjà remarqué ailleurs (1), les médecins sont bien les (w^ giudux (jui ont posé devant Molière; mais les chirurgiens montrent autant de dignité que de savoir; ils se respectent el respectent leur art aussi bien que la science. Nous avons parlé plaî haut (p. 909) de Saviard et de quelques autres observateurs (-).
(1) Voy. (iuns Im médecine, histoire et doctrines, le chapitre inUtulé : Us^ cim (h Loin 9 XIV,
(2) Happel»ns aussi, sans compter les nombreuses productions sur les accoaM" mciils, et <|ucl(|uos auteurs de Irôs-pou de mérite; les Opérât io fis de chiruryif (1*"' de J . Giraull; les divers ouvraijrts de ,1. Viji^ier Sur ics uicères et sur les tuMeun[^ 1614 à 1G58); le Traité des bandages (1618) de J. de Marque; le» (JEi/m-ïf**rurfjiques (1677) de Lambert; le Chirurgien opérateur (16^0) de Covillinl i"!plus haut, p. 961); les étranges écrits de Fournicr {Économie chirur^icttk;
DîOîfW. M!
iirêlons-noiis un moment |Tés de Dionis, chez qui nous trouerons quelques bonnes doctrines, et qui résume Tétai de la aédecine opératoire de son temps, car je ne vois pas, à vrai dire, 'autres grands traités français sur les maladies chirurgicales îgnes d'être étudiés ici.
Le Cours (Vopérations de Pierre de Dionis (1), aujourd'hui >inplctement oublié, a joui jusqu'à la fin du xvnr siècle, même isqu'au commencement du xix% surtout en province, d'une ■ès-grande réputation. Cet ouvrage et les Principes de chirur^ te de La Faye se partagaient les faveurs des étudiants avant la fédecine opératoire de Sabalier (1796). Je me souviens même oe les deux premiei's livres qu'un chirurgien fort recherché à lijuOy le docteur Guéniard, mit entre mes mains, furent Dionis I La Faye; or, nous étions en 1835 ! Si le Cours cC opérations n'a lus qu'une valeur historique, on doit néanmoins tenir compte
l'auteur d'avoir écrit un manuel peu méthodique, il est vrai, nais très-clair, très-minutieux, où brille le bon sens à défaut l'invention : c Homo rotundus^ sani tamen judicii >, comme lit Huiler.
Ou pardonnera bien à Dionis de tenir la chirurgie pour le plus ficellent des arts et pour la première des sciences; il en parle
^^agef, 1671, etc.); les Ohficrvaiions sur la vipèn* (1670) de P.-J. Mirlion (\ulgo *mbhé Boui%it:ht)\ V Ei/itome prneœjttorum mt.'thrinae rhirurf/ictie (ICI 2) <le Pîj»ray; B Tratté t/es piaiPS ci*' télé {iOll) «le Hoirel, hal>îU' chinirjrien d'Aloii^'on; le Tmité Ee la Uihotomœ ^1681) «lu Tulot ; les Ol.srrrations de Mér\ sur hi iiiétiiode de frère ^cques (1700); In Mfintrre fie ynrrir A"? fni'tnrt'< fi li/.rffions (1685) de Laurent ^«rduc; le Maître en citirurfjir (1091) du lils de Launiil; les Oitêratitm.'i dt^clàrur- *«« (1603) de son autre lils J.-IMi. Verdue ; les Opérations thrhinn-f/ie (Paris, 1690) t«iS««oisieii J. de la Cliairière; le préeieux traité />ev maladies des os (1751, ■Vivnge iKïstliunie/ de l)u \erue5 ; le Cltn uryicn (Tho'ipdal .1096) de Bellosle ; les ^tg*érationi (1696) ilc La Vau^fujon ; la C/u'runjit* coaiplètc de Daniel Leelere (el non » «bricl-Cliarles qui a éerit V Ecole du dtiruryit'n^ 108.1 , par demandes et par ré- MMises; j'ai sous les yeux la troisième édition, 1098. L'ouvrage comprenil lanatol^ie, les opérations, bandages, appareils, la réduction des fraelures et des lu valions, Bss aulres maladies des os, les uio\ens médicamenteux. Pour les anévrysmes, Tau- ^iir De \cut pas qu'on coupe l'artère entre les deux li/atures.
(I) On sait que Dionis était démonstrateur royal au Janlin des plantes. La pre* l^iùrc édition du Cours (roitcratiouscsl de 1707; son Anatomic de lltomme suim ^^Wl les principes de la circulation est de 1690.
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avec un noble enthousiasme qui lui fail grand honneur, h^ quel accent convaincu il recommande aux jeunes gens de s'y adonner tout entiers! Gomme il est fier de pouvoir dire que se? lils ont élé de très-bonne heure sur les bancs, c qu'ils ODtfait les vingt-cinq actes du chef-crœuvre avec la dernière rigueur), et que dans la compagnie des chirurgiens ils ont puisé des lumières qu'on ne trouve point ailleurs! L'ouvrage est divisé en dix démonstrations; le cadre est plus large que celui des cbinirgiens italiens et surtout mieux rempli.
La première démoyistration comprend les opérations en général ; la seconde, les opérations qui se pratiquent sur le bas-ventre, à l'exception des hernies, l'opération césarienne, la pierre et les autres affections des organes génilo-urinaires ; la quatrième, les hernies, Thydrocèle, le sarcocèle, les maladies du rectum; b cinquième, l'empyème, le cancer des mamelles, la gibbosité, h saignée de la jugulaire, la bronchotomie ; les sixième et septième, les opérations qui regardent le crûnc, la face, les yeux, rintérieur de la bouche, etc.; la huitième, la saignée, ranévrysrae,kJ doigts surnuméraires ou adhérents, le panaris; la neuviéaKf l'amputaiion, les varices, la saignée du pied, les difformités des pieds, Tenlorse, les cors aux pieds et l'ongle incarné; enlinb dixième, l'extraction des corps étrangers, les abcès, tumeurs el la petite chirurgie. Ainsi, d'une façon générale, l'auteur spH l'ordre analomique (ou des régions), ce qui l'entraîne à mélanger les opérations les plus disparates, i\ ne pas distinguer et caractériser les divers genres d'opérations et à négliger toutes sortes de considérations générales qu'entraîne naturellement ceUe distinction. Nos chirurgiens actuels ont heureusement combiné, dans leurs traités, l'ordre anatomique et la classification des genres d'opérations.
11 n*y a que peu de points à noter dans les préliminaires: portrait du bon chirurgien ; touchants conseils sur la manière de^ comporter auprès des malades et de ses confrères ; nécessité d'èlrt excellent anatomiste; l'art a acquis plus de lumière et de f^ tesse; on a retranché ces fers ardents et ces instruments affretf que les malades ni même les assistants ne pouvaient voir ^