DIONIS. M
[er (1) ; chirurgie divisée en quatre sections : synthèse ewj), diérèse (séparation) j exérèse (extraction) y prothèse lacement) y une des sections négligées par Marc-Aurèle Se* description des instruments les plus usités, des pièces reils et des bandages (2); une prédilection beaucoup trop 3 pour les tentes et autres moyens de cette espèce ; condamtrop absolue des sutures enchevillées et de celles avec ; on les a conservées en les modifiant et en les simplifiant, dis» dans la seconde Démonstration^ s'élève contre les prérelatifs à la ligature du cordon ombilical ; il donne d'assez iréceptes pour le traitement des plaies du ventre avec ou (Sue des parties qui y sont contenues; il a corrigé la suture lietier; il est en progrès sur Saviard (voy. p. 969) en ce >ncerne la cure de Texomphale, pour lequel, dans les cas lires, les bandages contentifs lui semblent suffisants; en les circonstances il conseille l'incision, qu'il considère du comme très- dangereuse, presque toujours mortelle, ainsi 'a expérimenté deux fois; aussi veut-il, pour éviter ce péril, se passe plutôt de chemises que de bandages; il décrit pluespèces de tumeurs du nombril. Dionis se montre aussi ireonspect pour l'opération du sarcocele. Le chapitre sur la mtèse est un de ceux dont on peut tirer encore profit, ration césarienne sur une femme vivante est condamnée assez mauvaises raisons.
uis (3« Démonstration) repousse énergiquemenl les pros des chirurgiens qui se vantaient de fondre les grosses » avec les lithontriptes; il conseille la ponction au périnée I on ne peut pas pénétrer dans la vessie avec la sonde et y a une complète rétention d'urine; il a imaginé pour ation de la taille, en s'en référant à la méthode du frère es, malgré la critique qu'il fait de cette nouveauté (3), de rer dans la vessie très «près du col, sans intéresser Turèthre;
1 parcourir^ en effet, V Armamenlarium de ScuUct, on comprend aisément Doyen âge et à la Renaissance on était loin dn « cito, tuto etjucunde n de
/oaTrage est accompagné de nombreuses planches. 'Of. ausii plus haut, p. 969, et note 2.
99/1 DE LA GHIRUBGTR AU XVÏI* SIÈCLE.
le petit appareil ne convient que pour les enfants, le grand Psl de beaucoup préférable pour les adultes. Dionis prétend que W haut appareil est moins dangereux que le petit et le grand; il voudrait qu'on usât plus souvent de cette méthode invenlée p;ir Franco (ou plutôt par Jean des Romains). Gomme Saviard, il nie les camosités de Turèthre et n'admet que des vices de cicatrisation à la suite des excoriations qu'entraîne la blennorrhagie.
Dionis soutient que de toutes les mauvaises présentations dans l'accouchement, celle de la main est la plus fâcheuse ; il déclare l'extirpation de la matrice mortelle, € jusqu'à ce qu'il ait été désabusé ». La récente extirpation pratiquée par M. Péan l'aurailà peine convaincu ; en tout cas il y a, même aujourd'hui, peu d« chirurgiens qui oseraient la tenter. — A propos des hernies (A'' Démonstration) y on trouve une curieuse description de remèdes, internes et externes, inventés par le prieur de Cabriéres, remèdes que le roi mit gratuitement à la disposition de ses sujet, et qu'il prenait la peine de faire composer devant lui. Dionis na pas trop prolesté. Blegny , « dont le nom seul n'est que trop connu», rivalisant de zèle avec les chirurgiens herniaires, avait imagiK un bandage à ressort qui n'est plus usité. — Notre auteur ùi' une violente sortie contre les médecins qui prétendenl cnnlrôler les chirurgiens dans l'opération de la hernie étranglée, et qui,a« grand détriment des apothicaires, envoient chercher les droiu^ chez les Jésuites et chez les Sœurs de charité. C'est ainsi qui' se venge d'être obhgé d'approuver et d'accepter les remMt du roi.
Notre auteur (0' Bémonstr.) rejette presque toutes les incfeiofi? qu'on pratiquait sur la tête et que Séverin décrit encore sonsk nom de chirurf/ie efficace; il n'admet guère que le trépan. H* avec beaucoup de raison (|ue le pronostic est toujours M^^ dans les plaies de tête ; il admet la théorie ancienne du cf)f^' coup y et rapporte deux faits à l'appui ; du reste son diagn<^ n'est pas très-ferme, et les indications pour le trépan ne soiilp* très-assurées. — L'arrachement imaginé par Fabrice dcBikl* lui stmblo la meilleure manière de traiter les polypes A^^ (7'' Démonstration),
Dionis recommande trés-particulièrement (8* Démotistra^l
--iJ
OiONis. 995
DS l'opération de ranévrjsme (il traite surtout de ceux qui rviennent par la piqûre de l'artère pendant la saignée, — anéfsme faux-comécutif) (l), l'emploi du tourniquet, inventé deis trente ans, au siège de Besançon, par un chirurgien de Tar- « ; mais au lieu d'employer la ligature de l'artère au-dessus aa -dessous de l'ouverture du sac, il préfère les boulettes de )ier mâché trempées dans une eau styptique. Lorsque le cas dge, il veut bien qu'on ait recours à la ligature, mais à la ature médiate.
Encore un mot sur l'amputation et je termine ce résumé qui carte un peu du cadre que je me suis tracé ; mais nous mmes en France, et il faut bien excuser cette irrégularité. »l surtout comme chirurgien consultant des armées que Dionis ea occasion de pratiquer ou de conseiller l'auiputation des smbres. Le choix du lieu d'élection est ainsi réglé : pour la isBe, aussi prés que possible du genou ; pour le bras, aussi te que possible du coude; pour Tavant-bras, ie plus bas posile; mais il y avait divers avis pour la jambe : les uns vouent, afm d'éviter les embarras d'un trop grand moignon et ^trouver plus de facilité dans l'emploi des moyens de prothèse, hre la section près du genou, tandis que les autres prescrilient de couper le plus bas possible si le pied seul était maide; quant à Dionis, il tient pour la pratique du Hollandais Soogen, qui conserve de la jambe autant qu'il est possible, pourvu s'il soit loisible de ménager les mouvements du genou (2;. La ^sarticulation dans le genou est formellement condamnée ; on ▼onlu la remettre en honneur de nos jours ; les résultats de la i^tiqne de M. Velpeau (j'ai été témoin de plusieurs cas) ne sont
U) Dionis soutient qu'il n'y a pas d'opération qui soit souvent aussi difOcile ù bicu ^cuter que la saignée,; aussi dangereuse parfois et aussi coinproinettaiilo pour la *^itation du chirurgien; il cite ù ce propos un cliiruririen oepeiidant fort célèbre *^ Ters l*an 1670) qui avait piqué onze fois Tarière en un an ! mais aussi il faut * an décharge qu'il faisait presque toutes les saignées de Paris. — Voy. aussi, ' te phlébotomiste lies, qui a^ait gagné une immens*; ft»rluue, Bordi'U, dans fte- "tA^-j surChist. fie la méd., p. G04, édit. de Uicherand. S) Je ne vois pas que Dionis ait connu le procédé de Verduyn, (Cf. plus haut,
d96 DE La chirurgie Atl XVIl* SIÈCLE.
pas faits pour justifier celte revendication. Dionîs ne se prononce pas sur le procédé qui consiste à rétracter en haut les chairs avant de scier les os. Ici se trouvent des réflexions fort sensées contre le merveilleux emploi de l'eau de Rabel dans les amputations, bien que le sieur Kabel eût été patronné parle roi et par M. de Louvois. Dionis préfère, avec Guillemeau, à tous les procédés recommandés pour la ligature des artères après Tampulation, celui qu Ambr. Paré employait dans certains cas et qui consistait à comprendre le vaisseau et une partie des chaire dans une anse de fil double ou triple passée au moyen d'une aiguille, procédé que Dionis avait même modifié, mais qui a été heureusement remplacé par la ligature immédiate.
Dionis n'oublie pas (4*" Démoristration) de noter qu'après le succès de l'opération faite sur le grand roi par Félix, les fistules étant devenues fort à la mode, tous les courtisans (il en a vo plus de trente) sollicitèrent ardemment l'opération pour le moindre suintement hémorrhoïdal, et se fâchaient quand on ne répondail pas î\ leur désir. Notre servilité ne va plus jusqu'à ce point. On rirait aussi de toutes les précautions (|u'on prenait, au rapport de Dionis, quand il s'agissait de saigner le roi ou quelque prince; mais peul-êlre y a-l-il encore des belles dames qui croiraient, comme en ce temps-là, que si Ton jette dans un seau d'eao fraîche le sang extrait par la saignée, le sang qui reste dans le corps se trouve rafraîchi.
On prétend (juc la guerre est la meilleure école pour former les chirurgiens; sans doute; mais encore faut-il que l'esprit do siècle soit enclin vers les réformes, et que le chirurgien ait pris, grâce à plus de savoir en analomie, une confiance raisonnéeet une véritable hardiesse. Ces deux conditions, c'est le miliefl» c'est le progrès régulier et pour ainsi dire fatal des diverses p^ ties de la science, et non les hasards d'une mêlée qui lesfoat naître. Quel temps fut plus fertile en combats que le moyen ip et la Renaissance, et cependant quelle lamentable chirorgiel Ambroise Paré lui-même, malgré son ^énie particulier el te belles occasions qu'il avait eues, ne se dégage pas coroplétemeit
WISEMANN. 997
de la routine. A quelle époque y a-t-il eu des guerres plus longues et plus nombreuses que sous Louis XIV ? Néanmoins la chirurgie n'est pas encore bien brillanlc au xvii* siècle. C'est dans un temps relativement plus calme, du moins pour la France (mais alors tout élail préparé), que la chirurgie a pris définilivement son essor. Ce n'est pas la guerre qui a rendu Séverin moins timide que ses contemporains, ni la guerre non plus qui a engagé Magatus à propager une nouvelle uiéthode de pansement; on ne voit pas, d'un autre côté, que l'Anglais Rich. Wisemann, que l'Allemand Matth. G. Purmann aient sensiblement amélioré l'état de la chirurgie, bien que tous deux aient pratiqué dans les camps et sur le champ de bataille ; ce sont les nouvelles et grandes méthodes préconisées par l'Académie de chirurgie qui ont préparé les illustrations de la chirurgie militaire ; les Percy, les Larrey ont pu alors profiter de l'expérience des champs de bataille.
Wisemann, homme d'aulant de loyauté que d'expérience, n'est pas un beaucoup plus grand chirurgien que Séverin ; il emploie one foule de médicaments actifs, mais sa chirurgie est peu efû-
• cace (1) ; ce n'est poinl, à proprement parler, un véritable opérateur.
Wisemann pense que les simples topiques astringents et un
' bandage approprié peuvent presque toujours triompher des varices, el, quoiqu'il ne désapprouve pas l'opération, qui consiste à inciser le peau et à faire sous la veine variqueuse une double ligature avant l'excision, cependant il n*a jamais eu l'occasion n constaté la nécessité de l'employer (chap. 15). — Dans les anévrysmes il marque trop de confiance pour les bandages , les astringents et les escharrotiques; il cite quelques exemples à l'appui de cette préférence ; néanmoins il se décide à l'incision et à la ligature dans les cas qui résistent à ces divers modes de trai-
(1) Eighi chirurgical Treaiises : tumours, ukers, diseascs of the anus ; King*i
'Evii (scrofules ou mal du roi) Woumh ; et Gun-shot wounih (blessures par armes
à feu); Fractures and luxations; lues venerea. J'ai sous les yeux la 6« édition.
Londres^ 1734; la première a paru en 1676. Un des mérites de ce livre, c'est de
CWiteDir beaucoup d*oluervations.
996 DE LA CHIRURGIE AU XVF» ntK»
pas lails pour justifier celle reveadi ^ ^^^
nonce pas sur le procétic qui coç ^ j^ ^ ^^Ipenl
chairs avant de scieries os. ^ f^ ^icamcol
sensées contre le merveilleux ,: ^ % iHrationdu
amputations, bien que le f ;' | .^ ^- ^^ jile5(ffll
et par M. de Louvois. r^^^ ^ ^ ? ,^jp, ÎV.
.ux topique)
dans une anse d; , - ^ . ^ii^^ f une canule. -
qui consistait à co> y. |". | # "^ avec te te'
Dîonî' . *1 sait qu'il n'y a pas rupture dt^ ^ hemeo»- u
guille, procéi^./ ' ,„....„Mînn ^./-ActneBl k\
inlroductioO ^^C^
u «^..J«m« ^ -^ * imrouucuoi* ,^i/*^*' . ,
heureuseme, jcfiiî^' ^prilonedaK
fvisemann ait parlé diSt''^ ^enwi"^
succès -•» inguinales ou scrotales (chap. 28). l^ r^ ®"J "^ élar ^/e n'offre ordinairement pas de dangers, ffl^^ qttonaiiî pi "jcoup d'embarras au chirurgien par la difficolf^|/ïete^ ^pnir réduite ; elle cause aussi des coliques et v^^ ^ /abric* fliissomcnts Wisemann recommande les bandages d^^ #^e, "* Synis et Smith. Dans l'opération de la hernie k\x^i\i.t^^' servait de la sonde cannelée pour le débridement. -^ ' ^4^ préférer la ligature à l'incision dans les fistules à l'anUS» ^ lui a valu un assez grand nombre de revers (III, 5). -'^ .-^^ mier chapitre du livre IV contient quelques détails hislorf^^ sur la cure des scrofules par les rois de France et d'\tî? jj terre ; ces derniers avaient, comme on le sait, usurpé cepouvi? en envahissant la France (1). — Ce livre, où il est aussi que5lio^ de plusieurs espèces de maladies des os, est des plus curieiw.- Dans le livre V, à propos de blessures simples et récentes» il fit fort de l'avis de Magatus contre l'abus des tentes cl plumas^eac et crmtre les pansements trop fréquents; mais il use trop volontiers d'emplAtrcs, d'onguents, de décoctions, de poudres, etc. On ne pourrait pas écrire sur les plaies de tête, ni sur lesphi« d'armes à feu, ni mémo sur les fractures et les luxations, iafl?
(1) Quant à lui, moins favorisé du cîti, ii a été mluil ù enlewr, a\r-f*un: ^ grande lianlicbsi'^ du rostc , des lunieurs sorofulcusos dans des régions trc^ooMidùt--
""^ ann. Sa manière (li> procéder dans les plaies des
^«rmes à Teu el dans le spliacèle des niembree
N^opinion l'amputation devait titre réservée
\pritre était tel qu'il n'y avait pas lieu d'es-
\^autres niojens (1). Il dut perdre par cet
■ "de timidité une très-grande ijuantitéde
"^^ \Wisetiiann se servait du couteau en
!^"S ,^, Vtentait de faire relever fortement
. •' ^ '^^ ^ de pratiquer la section ; il pense
i 1, 16) aouvelluineut inventé,
..iiinaires, remplacer la ligature des
aiie simple datterie? Mais quand on est sur
"X ï>».^ -»AilailIe, coniLiic il faut arrêter le sang immédiate-
It^lcTe ^ *ejT;er Igs chairs de la putré faction, on a recours au
"*^^*ï \V- ^^' ^"^nt l'amputation, pour comprimer ces mêmes
"'"■ ^. ^Gmanu employait le tourniquet, assurant qu'il n'avait
.p.^^- "Montré un homme assez fort pour empêcher, par la
tCtt ftv. '^'^ 'l'^s mains, l'écoulement Ju sang.
- çç^j *"^its montrent suffisamment le caractère de ta chirurgie
- ^tt **lide de Wisemann ; eu dire ici davantage serait ni'écar-
*'*<Jn plan.
^- van Solingen a joui en Hollande d'autant de réputation cO e chirurgien que comme accoucheur; mais je lis trop pénibielWCut 1,. hoilandaisà travers l'allemand pour avoir pris une conlUiissuacQ suffisante de ses ouvrages; je ne pourrais guère en par* 1er 'lue d'après la savante analyse qu'en a donnée Haller dans sa Bibliothvca thirurt/ica ; y y renvoie donc le lecteur et je suis obligé (l'agir de nume pour les œuvres chirurgicales de J. de Mmiilt, ou J. de Mur.-)llo {Schrîfien von der Wuiidarzney; l(i91), qu'il m'a iié impossible de me procurer, soit à Paris, soit chez les hhraircs d'Allemagne.
(I^Seiiliïtiiriil, [jour les|)lnie?.lp«Brticiilalioii9, aiVon tc décide i |)rnliqiicp l'«nifiiilitiiiii. Il laul la triirc nmnl que le miiliiiJo «il perdu ws iorett (uvoiir r|ii.> Xc trffiU «uicnl t'puisi*; vi, li],
(3) Il rrjolte l#> comprueecM aduiiU'ciî |iuur cri uhi^l' |>ur <u [>lu|><irl des clii>
1000 DE l'obstétrique AU XVII* SIÈCLE.
Un des hommes sur qui la pratique dans les camps a exercé une assez heureuse influence au xvii* siècle, c'estMatlh.Godofr. Purmann ; non qu'elle i'ait rendu un chirurgien beaucoup plus entreprenant ni plus habile que ses contemporains (1 ), mais parce qu'elle en a fait un observateur zélé et attentif. Sa Véritable chirurgie d'armée (1680) ; sa Grande chirurgie (1694) ; ses Observations chirurgicales (1710) ; le Barhier de la peste^ sont remplis de détails variés, de matériaux importants et d'observations qui cependant ne doivent pas être accueillis sans quelque réserve, car Purmann enregistre peut-être trop de succès et ne parle pas assez des revers. Les ouvrages de Purmann, quoique la plupart aient eu plusieurs éditions, sont devenus assez rares dans le commerce, et on ne les trouve même pas tous dans nos bibliothèques.
Au xvir siècle la science et l'art des accouchements avaieÉ '] suivi le mouvement général ; il suffira de citer les noms bislo-. riques de Louise Bourgeoise, de Marguerite de la Marche, è Mauriceau, de Paul Portai, de Peu, et surtout de G. Manquai de la Molle (la France, celte fois, prend décidément le haut di^ pavé) : de Solingen et de Deventer, en Hollande ; de Justine Se» ] gemundin, de Ânna-Elisaboth Horenburgin en Allemagne. Les préjugés sont vivement combattus, l'observation clinique iDte^ vient, de bonnes observations sont recueillies; le mécanisme des accouchements est mieux connu; on étudie mieux aussi lesdi^'eis genres de présentations, les opérations de dystocie devienneal 1 plus rationnelles, et les soins à donner à l'enfant et à raccoucbée j sont dirigés suivant les régies d'une meilleure hygiène.
(1) Voy. plus haut, p. 996-997.
V le iviii" siftie. — Esquisse île l'Iiis- .tret ilp la cliimïc biologique iliiranl ce
Hi j ^'"' siècle ne conslitue pas une périodede notre histoire ;
^es .^'"Onologie, ni surtout le développement el la succession
, (Jjij, ■•^Irines ne permettent une pareille distinction. Nous avons
ifc Vi ^"'' P^'' exemple, que l'ialromécanisme se développe et
■» . |j ^iii d'une façon non interrompue, el sans revêtir des carac-
l 'T^^ Irès-pnrliculiers ni très-nouveaux, pendant la seconde moî-
^ , ^ ^ duxvji' siècle el pendant la première moitié du xviii'; nous
**0n8 que beaucoup de mérlecins ont illustra ces deux siècles
^ ^J* commençant à écrire dès le xvii° ; la séparation du xviii'
^ 3ïec le xvri" siècle est donc toute faclice, et ne sert qu'à soula-
* ^tf la mémoire.
** I^ iviir siècle esl la suite directe, immédiate du XVII'; on con-
* ij^ue â marcher, mais longtemps encore dans les mêmes voies.
* "*^tlJIe époque ne fui plus féconde en systèmes : à l'iatromécat ^îsme succède le solidisme sous toutes les formes; mais en ce K ^laps, comme au siècle précédent, l'esprit d'observation poursuit sa roule parallèlement à l'esprit de système, pour prendre ^DGn le dessus, surtout dans le domaine de t'anatomie et de la chirurgie. L'analoniie conserve religieusement l'impulsion et la *Bélho(le qu'elle avait reçues nu xvn' siècle, seulement on néglige '*iri peu les recherches sur la structure des tissus qui avaient été ÏWrt^es à un si haut degré de perfection, pour aljorder plus résolument l'analomie descriplive proprement dite, laquelle récla- *tiait encore bien des soins. Quels noms plus célèbres dans l'bis-
1002 CONSIDÉRATIONS GÊNÊUALES SUR LE X¥UI* SIËCLE.
toire de celle science que ceux de Valsalva, de Winslow, de Sènac, de Lieuiaud, des Monro, des Hunter, d'Âlbinus, de Saiidif(al, de Camper, de Malacarne, de Morgagni, de Mascagui, de Scarpa, de Wrisberg, de Soemmerring, de Vicq d'Azyr? — La physiologie ne fait pas autant de progrès; et loin de servir à U reforme de la médecine, elle ne fait que prêter secours aux systèmes exclusifs de pathologie générale qui, paraissant suffire à loul, quoiqu'ils ne reposent sur aucune conception réelle e! critique de la vie, détournent Tattention des expériences et des observations praliques. Quelques questions cependant soDt éb* cidées : la mécanique animale, la théorie des organes des sens, la puissance dynamique du système nerveux, quelcjucs points de Thistoire delà circulation sont en progrès. Quoique la bonne méthode ne ?oit encore ni régularisée ni uniformément acceptée, bien qu'on croie plus encore, en certaines parties, au raisoniiement qu'aux expériences , néanmoins il y a un mouvement a avant qui se révèle d'année en année jusqu'au moment à Haller, l'historien et le rénovateur de la physiologie, Tient donner à cette science une direction qui ne s'est plus ralentie.
Cependant il ne faut pas cacher que, même chez Haller, cQ chercherait en vain une de ces grandes découvertes en apparence inopinées, radicales, comme fut celle de la circulatios, dont on a été malheureusement si longtemps à tirer les véritahte conclusions qu'elle comporte, (i'est à Lavoisier qu'était réserw cet éternel honneur; après lui, les deux pôles de la médecine étaient trouvés : la circulation, à laquelle on n'a presque riei changé depuis Harvey, et la respiration, dont la chimie plusnK> dorne a modilié la théorie sur quelques points. C'est parl'e^ rimentation, non par le raisonnement, que llarv^y et LavoL^i^'f avaient fait ces deux conquêtes; l'un en usant de ses yeux. Tautre en se servant des réactifs et des balances. Bichat est venu qnelqw^ années plus tard compléter celte imposante trilogie de savaDtq«J protègent encore la médecine comme autant de cénies lutélairs-
Les lh(N)rifs niédical«.'s du xvin" siècle re|)osent sur une fbj*' logic h\pollnHi(|ue ; celles du xix'" procèdent de la phvsiologi^-^* ir'riincnlalr; Tanalnmic? était fort avancée au xvir siècle, et jUf' tout au xvur ; toutefois, cette excellente anatomie n'a scni *
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SDR LE XVITI' SIÈCLE. lOOS
a; nouvelle et éclatante preuve de sa stérilité quand elle rcbe seule et sans appui solide du côté de la physiologie et de ïliolque.
iCS deux premiers tiers du xviir siècle sont employés à achela ruine de l'autorité des anciens, mais en même temps à ter ces anciens tant décriés pour avoir imaginé des systèmes ; Toisième partie de ce siècle est employée à restaurer et à idre l'empire de la médecine clini(iue, sans toutefois mettre lux systèmes. D'un autre coté^avec Uarthez et Pind se fait r l'idée des éléments morbiJi s et de la méthode nosolo$;ique. Jà, chirurgie, qui n a pas eu à subir aussi despoliquement et me façon aussi continue le joug dos théories, se dégage tout à ipde l'obscurité où l'avait maintenue la médecine, et, forte de Iles les connaissances anatomiques, normales ou pathologiques, camulées depuis près de deux cents ans, elle se révèle au grand ir dans une Assemblée que le monde entier enviait à la France, 9ui a placé notre pays au rang qu'occupaient jadis l'Italie, Qgleterre et la Hollande.
lessieurs, au miheu de ces flots toujours grossissants de la îiature médicale au xviu* siècle, le zèle le mieux soutenu se ave submergé ; il est absolument impossible de lire tout ce s'irllprime, et par conséquent il m'est impossible de vous enfuir avec pleine connaissance de cause des innombrables duclions qui toutes à la fuis sollicitent l'attention de l'hislo- 1- Du moins j'ai prissuin d'élu'lier par mt»i-mêinc les princi- •X monuments de cette époque mémorable, et dans b; tableau tlje compte seulement vous présenter l'esciuisse, je tjlcberai ïïietlre en relief et sous leur vrai jour les personnages h\s plus ^Sîdérables et les écrits les plus importants ; en d'auli'^is iXies, les personnages et les écrits qui man|uenl les princi- 8s étapes que notre science a parcourues d'une fatjon si biiltc, sinon toujours par les voies les meilleures et les plu?
î'^est ainsi que nous étudierons ensemble ranimiMiir ;iv«;' lll; l'anatomie pathologii|ue avec Morj^a^Miî ; la lli/"ni' i. K^ilabililé avec Haller; ses ap|)iicaLi()u.s à la palbolo^i». i^^
1004 HISTOIRE DE L*ÂNATOMIE
Gaubius ; ses déviations cl son mélange avec le mécanisme dais le système nervoso-dynamique de Cullen, dans l'incitabilité de Brown. A la fin de cette longue et pénible carrière nous t^OQT^ rons le système des organismes spéciaux et isolés de Bordea; le vitalisme décidé de Barthez ; et nous serons conduit à dire quelques mots de Bichal et de Broussais, deux échos deHaller, comme notre école d'anatomie pathologique, représentée par les Corvisard, les Bayle, les Laennec, est la continuation de l'école anatoniique de Morgagniet de l'école clinique de Vienoe.
Je serai très-bref sur Tanatomie; elle est si avancée qu'y insister ce serait refaire devant vous un cours d'anatomie classique moderne. Je veux seulement vous en signaler les tendanca et vous indiquer les principaux traits de détail. — Remarquons avant tout qu'au xviii* siècle, comme du reste, en partie, ai xvii% Tanatoriiie présente un caractère tout scientifique parla forme même sous laquelle elle se produit : il y a abondance de monographies, c'est-à-dire de recherches spéciales el originales, tandis que les traités généraux, c'est-à-dire les résumés des travaux d'autrui, sont comparativement moins nombreux.
H faut signaler, par ordre de mérite, parmi les grands anatomisles, les Italiens d'abord, puis les Hollandais, les Fran#ais,te Anglais cl les Allemands. — Ant. Paccliioni (1(565-1726) a écrit sur la stjucture et les usages de la dure-mère , sur les glandes qu'il y a découvertes et qui portent son nom (1) ; enfin sur lesvai^ seaux lymphatiques qui, s'échappant de ces glandes, rampenli la surface convexe de la dure-mère. — Dans son beau traité ^m^ roreille (2), Valsalva (1660-1723) étudiait très-exactement 11 1
(1) De durae mcningis fàbricn et usu^ 1701 (Lettres à Fantoni sur le Bi^ sujet, 1715). [ci l'unutomie n'e$t pas désintéressée; elle sert parUculièreii^ ^ soutoiiir la théorie de l'irritabilité et des mouvements propres de cette mcmbf* (voy. ce que j'en dis plus haut à propos de Baglivi, p. 802 et suiv.). — De gUiwi^ conghhatis (luvne matris^ 1705, et d'autres Dissertations sur les mêmes sujets, p»" hiiées en J721. Ses œuvres ont été réunies en 1741.
(2) De aure httmann^ 1704. — Valsalva mêle à la description des parties dfs rs*" ques de physiologie, de pathologie et même quelques recherches historiques. L'*' vrage est accompagné de bonnes planches. Valsalva a publié aussi des àxisexVSf*
AU XTIII* SIÈCLE. 1005
ctare de cet organe. Il décrit les plus petits muscles du pa- D« ceux de la trompe d'Eustachi, et à cette occasion les rousdu voile du palais et du pharynx, les vaisseaux du tympan et lerfs. Ce traité n'a été surpassé que par celui, plus complet, exact et plus pénétrant, que Cassebohm (17iS), disciple de slow, a écrit de 1730 à 1735.
tnlorini (1681-1737) est célèbre pour ses observations déli- \ sur les muscles de la face, du larynx, de l'anus, du pénis, le corps jaune dans l'ovaire (1). Il est dommage qu'il ait facilement adopté plusieurs des idées de Bellini et qu'il i encore à la semence de la femme.
-B. Bianchi (1681-1761) dans son Historia hepatica (1710; lèilleure édition est celle de Genève, 1725, avec planches), isseOlisson en beaucoup de points, mais sans avoir fait entièsnt oublier VAnatomia hepatis. Cet injuste adversaire du ^e de rirritabilité de Ilaller a aussi publié diverses monoihies sur les conduits lacrymaux, les chyliféres, les organes taux et urinaires, etc.
u nombre des monographies qui se rapportent à des sujets -spéciaux et limités, nous ne devons pas omettre les rechers de Fr. Pourfour du Petit (1664-1741) sur l'anatomie des I, sur le nerf intercostal (grand sympathique) qui ne vient des cinquième et sixième paires, mais s'y rend et fournit, par termédiaire du ganglion ophthalmique , les esprits aux nerfs lires (*2) ; sur les paralysies alternant avec le côté du cerveau int d'apoplexie, recherches qui se trouvent pour la plupart s les recueils de l'Académie des sciences ; — celles de Duver-
« cala/HMcte, sur les reins succenturiés chez les animaux. Viugrt lettres de Mor-
i développent^ commeutent, et parfois rectifient les recherches de Valsalia sur
îttrents sujets que nous venons d'cnuraércr.
)Voy. son traité De structura et motu fibrae, etc., 1705, et surtout ses Obser^
^t^t anaiomicae^ 172A, qui sont, avec les Ailversaria de Morgagni, dont je parle
Vho, un des ouvrages les plusprécieuT du xvui' siècle.— Ses dix-sept planches
omiques avec les Commentaires de Girard (1775), sont un des chers-d'œuvre du
I* fièctc.
t] Les expériences physiologiques valent mieux que Tanatomie qui est fort
die.