DE L* ANIMISME
sa volonté à des objets aussi variés que nombreux. Ce laBgtge pompeux revient simplement à dire, suivant la définition trèsvulgaire, que la physiologie est la science de la vie; il n'arri^ que trop souvent à Stahl de dissimuler les vieilles idées sous des | façons parliculières de parler. Toutefois, ici il n*y a pas d'équivoque possible : c'est l'âme, l'âme seule, Tàme intelligente, et cependant inconsciente , qui est la formule adéquate de la vieil de ses manifestations. Le corps est le sujet de Tàme; il ne s» rait même pas, en raison de sa propre constitution tout (ffpr nique, avoir la moindre utilité réelle pour aucune autre séstance que pour Tâme (1).
Le corps animal, en raison de sa composition, a, plus que toil autre corps, une tendance intrinsèque inhérente à la corraptioi; mais par l'incessante intervention, constante, durable, vigonrM (mais voy. plus haut, p. 1029 suiv.), d'une force conservatrm il échappe à cette corruption plus que tout autre corps (§ i à préambule) . La vie (enfin voici une définition) est donc la coiservation d'un corps éminemment corruptible par une force sp ciale qui est Tâme agissant d'une manière instrumentale i fèk des machines organiques disposées harmonieusement tantdtfi leur action particulière que synergi(|ue, ce qui surtout constitM la santé (§ 5-8.— Cf. chap ii, § 1).
(1) Du mixte et du vivant, § 133-13&. — Ailleurs on Ht : « L'hénutoseOltt acte (le l'àme agissant par ses facultés vitale et végétative ; acte eo Tertu di^ les parties nutritives des aliments se chaugent en une liqueur dissimilaire, iiub# est en tout convenable dans l'espèce, et qui, se répandant à travers divers <vé» (on taut qu'organesj, est distribuée en quantité suffîsante, à Taidc d*uD mouTCflctf naturel et libre, dans tout le corps. C'est ainsi que par une assimilation nltÂii^ des substances alimentaires s'accomplit la nutrition et se maintient lavkJvfliP animal dans son entier. Deux sortes d'actes bien distincts doivent être obserréi d* tout corps animal ; mais, dans le corps buroain, nous avons à en constater lement trois bien remarquables, savoir : 1*> la nutrition vitale ou la incessante et successive des parties qui composent le tout, ou bien, euéjsi^* temps, la conservation et le maintien de la crasc vitale (qui s'opère par Y\ intime et spécifique des molécules constituantes) : mouvement durant lequel T dissolvante et délétère de l'air ambiant ne peut absolument rien sur ks CI' vivants ; 2*» le mouvement local et la sensation qui sont le complément facB^" l'animalité; 3* enûn, et spécialement chez l'homme, le perrectionnement cmt0^ indéfini de la raison ^ en ce monde, n De la sanguification^ t. VI, chap. i *!■•
^TAttt. — WïSIOLOGIE GÉNÉRALE. 1Ô37
tsque le corps n'est fait que pour Tâme, puisqu'il n'est rien slle, qu'il n'a par soi aucune utilité, que r&me est tout en oorquoi avoir attaché un tel boulet à l'âme, pourquoi lui donné une surveillance si délicate et si difficile? Il eût ieux, pour éviter tant de peine et tant de maux, de ne que des âmes délivrées de tout travail, et par consé- . à Tabri de caprices, d'incertitudes, et non exposées aux rras ou aux mésavenlures que cause la maladie. Voici Finie et singulière réponse que Stahl fait à cette question . I, § 3) , c*est que l'âme ne peut naturellement et absolument Bans le corps (i) à l'égard des choses qui, dans ce monde, iiennent directement à Tinitiativc de son acte principal; à-dire que l'âme ne peut avoir aucune pensée, aucune conince, aucune communication avec le monde extérieur sans srceptions sensorielles. Mais alors on pourrait, retournant la e de Stahl, affirmer que Tàme a été faite pour le corps, en e celles des actions de ce corps qui sont du domaine de la lologie; ce ne serait plus Tâme qui aurait besoin du corps, le corps qui aurait besoin de l'âme pour penser ; de subie corps deviendrait objectif. Si le corps n'a besoin de l'âme pour penser^ il n'a probablement pas besoin d'elle pour ^ et les êtres qui ne pensent pas n'auraient point d'âme. Enfin, me ne peut pas penser toute seule (2), il est à craindre que ctrine de Stahl ne tourne, malgré son auteur, vers une sorte Datérialisme ou d*organicismc ; il dit, en effet, § 5, que le 8 a deux fins : se conserver au moyen des actions vitales de e;étre utilement employé par l'âme à la pensée ou du moins B manifestations. Ces diverses propositions, quoi qu'on en , ne tiennent pas très-solidement ensemble. D ne comprend pas non plus (§ 7 et suiv.) comment il y a entre NTps et l'âme un intermédiaire qui n'est plus V influx dont il a
I Cependant plus haut, même page, notre auteur dit que le corps xVéUkép l'âme. Cf. aussi p. 1040. '^
I Si au moins l'auteur se contentait de dire que Tàme sans le corps M peaf ■anifester ses pensées extérieurement et pour ainsi dire niaténelIliilpBt .. déCtrine de Stahl sur les limites distinctes de la puissance spiritueUe et i\ le bien orthodoxe? Voy. plus, haut p. 1023, note 1*
1038 DE |.'4NmK314P.
élé question plus haut, page lOSA, nydU une cUqsù réelle dl((èrdDle du corps par son principe et (ouïe sa nalurei et qui a, par son tnmatcrialité et son activité^ un double rapport avec Tàme. Celle chose ou ce principe c'est le mouvement ionique (voy. p. iOâà), qui encore une fois devient une sorte de seconde âme, ûq iU moins une Turce distincte, indépendante del'ânoe, dont cetteiott ne peut se passer; car c'est son instrument Immédiat. Pourquoi donc ce principe ne suffit-il pas à caractériser et à détenointf la vie? A quoi bon rjntervention de l'âme qui y est assenie? Pourquoi en conclure que le corps est fail pour Tâme et nonpov lui-m^me? Surtout comment ajouter que l'âme gouverne di!^ed^ ment, immédiatement le corps sans le concours d'un ai^ agent, comme si ce mouvement-principe n'était pas un vérilaiik agent tout immatériel (|u'il est? C'est une logomachie deTUt laquelle un commentateur prévenu peut bien s'eitasier, oaii qu'un vrai physiologiste ne peut prendre ^u sérieux. Heureo» ment notre auteur s*empresse-t-il d'arrêter les « ineztricabki complications » que soulève l'étude de l'action et de la réadii du matériel et de l'immatériel, surtout de Timmaiériel, parb production des actes vitaux, et il trouve mieux son compte i critiquer les opinions émises avant lui sur les trois dmesioufi' nées par Galien, sur les esprits, sur l'archée, etc.
Ce qui nous étonnera non moins que ce qui précède, c'ast que Stahl (ch. ii, § 2 et suiv.) revient à son insu, mais lréy-ps> sitivement, aux théories mécaniques et chimiques. Voici s» propres paroles : < Pour que les mouvements ordinaires des mganes, et ceux plus exquis encore des sens, puissent s'exécalff dans le corps, il est indispensable que ce dernier soii doué du* son entier d'une souplesse très-grande; aussi toute matière d'ofl* ' trop grande rigidité aurniieilù été impropre a une telle cûï0' lance. C'est pourquoi il a fallu le concours d'une matière qui, bi* que d'une certaine ténacité, Kii propre k celle sou/j/esse ou fleiiii' ///('requise. Telle est la mixtion fuiicido-adipeuse doniseiroix^^ pourvues toutes les parties flexibles du corps et dont les mois souples ont aussi leur part. Comme cette mixtion mucidtHiii' peuscj surtout dans son état de flexibilité requise, se lru«»* d'une nature aqueuse^ et que, comme on le sait. Veau et la grés^
STAHL. — PHTSIOLÛGIÇ GÈ>ÈBAU. tflf
Dire files aucune aiûaiàc JuraLk-, mais qa elle» Htfki 29 ne sujettes à une prompte désagrégation /«ri«.rii/fi^<i/f, suite que cette mixtion du corps animal porte en elle ce caractère et qu'elle se trouve endéremeot exposée à uae iissoluiion putride. Dés lors, quoique la vérilable raisos lu corps aniqial ne dépende pas tani de sa mixtion qoe Iructure particulière des organes (en sorte que le corps mstruit exige une matière propre, soit à Xacte même de Iruction, suit même à V usage pour lequel il a été destiné}, lanifesle néanmoins une profunde dissoMtioti dans cba* sinfiniineni /jelilsalome$ qui forment et constituent cette Jnsi mélangée, il en résu.te évidemment, par le tait, la ntière de toute la structure du corps. » y il faut que les corps soient mous pour sentir , et /itxiUeê ieux répondre aux sollicilatioiis de l'âme; ainsi, ce n'est lement parce qu'il est un mixte^ mais un mixte fermenque le corps est sujet à la corruption (voy. p. I05«^). ire, ou l*âme, ou la force vitale a la puissance diverse snr attire; tandis que pour le mijctum elle partage son empire » altérations macrocosrniques putréfiantes (§ VI). Galien )puis longtemps dit a peu prés les mêmes choses en d'au- *mes, et les ialroinécaniciens ont repris et accepté uQe le ces idées en les modifiant.
aspiration est un acte tout mécanique ({ui consiste à sou* Iresser, mettre en érection les vaisseaux du poumon pour e sang et en activer la marche (sect. 11, ch. i, § 17) ; en e son élasticité expansive, lair augmente mécaniquement mr du sang {ibid.^ § IS). Voyez aussi sect. I, ch. iv, § Q
eut surprendre encore, au milieu des violentes déclamaî Stahl en faveur de Tomnipotence de l'âme, d'autres traits ai matérialisme biologique (1) . Ainsi, au chap. iv, art. 3,
§ lA du chap. v, il esl «lit que Vénergie de respn'l ost eu accord ot eu ION manifeste a.yec Vcner^ïc de l'économie corporelle. — Aux g li-13Stalil « pa* savoir pourquoi le principe conservateur^ l'Ame, a une puissance si ne U vie de l'bomme est naturellement très-courte. Ce n'est certes pas ravoir à son service une àme si intelligente pour en être réduit à do pareiU
lO&O t)E L^ANIMiSllÊ.
§ 6, après àvoii" clécril les divers tempéraments, Slahl ne fait pas difticullé d'expliquer les différences physiques et morales qu'ils présentent par la proportion organique qui existe entre les méats et les humeurs, en même temps que par le mouvement également analogue et proportionné aux conditions organiques sdoo lesquelles ce mouvement est convenablement réglé et administré. Cette proposition est immédiatement suivie d'une autre tout i fait inattendue, et qui suivant moi suffirait à ruiner toute sad(Ktrine : « Il est essentiel que le corps exisie et soit même vkmi avant que l'âme puisse agir sur lui^ en lui ou par lui / » De sorte que non-seulement le type du tempérament, mais le corps himême, sont créés d'avance et sans que l'âme y soit pour rieo.llj a aussi quelque chose qui n'est pour rien dans ce système, c'é la logique.
En ce qui touche les fonctions spéciales étudiées par StiU,/f '^ " me bornerai à vous signaler deux questions fondamentales, k sécrétions (1) et la nutrition, oii nous trouverons [ilus d'ooeilk empruntée aux mécaniciens. « On a voulu {Theoria med. •»* |^ ch. VI, § 3-7) assigner à chacune des particules humorales It plus petites, et à chaque méat ou pore livrant passage àcelfr meurs certaines formes déterminées et spéciales, de telle se* que h capacité de ceux-ci correspondrait d'une manière inw* ble et absolue à la dimension et à la proportion eiactes to particules humorales. Avant de démontrer ce qu'il y a d*ahs<* et d'inadmissible dans ces sortes d'opinions, nous allons tiek' de faire comprendre comment \ti sécrétion des humeurs s l^l^ complit ordinairement sans gêne, sans difficulté réelle et m'^l'r'!^ avec une convenance remar.juable. Ce qu'il y a de bien doIi*|'5»^ d'abord, c'est que, dans le perpétuel et incessant moufe^^l^^ ■ progressif des humeure, les vaisseaux et les méats sont cii*|^ nuellementdans un certain état de plénitude, de telle sortefi'
doutes ou ù de telles assertions qui soumettent eu déflnitive rAme au corps pli*<i^ que le corps à l'àmc.
(1) Les sécrétions se divisent en sécrétions proprement dites, opérttiM it"* de laquelle les liquides tirés du sang restent dans le corps, et let eicréliait»^ à-dire la séparation d*avec le sang des matières qui sont expulaéeshorf^tf^l^
STAU. — FET^aCBUKlE SrfeCUiJL. I Ml
eûste pas un libre eldiracl futssa^ eatn r-eHjrësoàé ciyidllaÊre is artères el les dernières ruoiticaïUoiis Teineiises, àt tnMifrr Elire commaniquer par ce morai lesUnoncs TeÎMm ai«ec les imières dinsîoiis artérielles. D y a ea œUe dranstaBoe m riain retard et an certain e^«rf de nèsisioMce^ josqu a ce que, r le retraii d'une quaniué qœkonqne de sang de rexiranité t dernières ramifications veineuses, il soit permis i une non* Ile quantité dliumeurs de pénétrer dans la cavité de ces petits bseaux veineux et de rentrer ainsi dans le torrent de la volation ; de manière que ces humeurs, entraînées <rrec le Wff, après avoir subi entre les extrémités artérielles et veineu- I une espèce de balaocement , trouvent enfin accès dans les extré- Us capillaires des veines. Durant cel intervalle de]temps, leshusors, 5«coi/ée5el comprimées entre les parties molles poreuses criblées de méats, ont pu facilemenl deveuir de plus en plus léres et subtiles ^ et aples à s'échapper à travers les tnéats extrêment exi^s des parties plus compactes. Alors, une fois que ces fseurs^ sont aifisi distribuées a) et ta, le reste du sang, quand Ml enfin poussé dans les veines, a acquis nécessairement un ■s haut degré de consistance ; ce qui établit d'une manière Mrévidente la raison naturelle de ce phénomène énoncé ci-des* n sous forme paradoxale.
m Ce qui démontre de la manière la plus évidente la réalité de K faits, c'est 1» la petite quantité des humeurs épaisses relannent à la quantité des autres humeurs; 2" la délicatesse de iflare àe&vcUsseaux lymphatiques^ telle qu'au travers des mailles K forment leur tissu une certaine quantité d'humidité aqueuse lUgère peut encore se séparer des parties les plus épaisses de ^/mphe par une sorte de transpiration ; Z* l'observation exacte /Ja vraie consistance du lait, telle que l'expérience nous la preste. 11 est évident et certain, en effet, que, lorsque l'on tire trop ^^ndamment ou trop souvent le lail^ ou qUe l'on ne met pas assez long espace de temps entre ces fréquentes succions, devient de plus en plus ténu el aqueux^ tandis qu'il est d*aukt plus épais et consistant qu'on met un plus long intervalle ^re ces mêmes opérations. On peut encore trouver des preuves i^entes de ces mêmes faits dans les exemples des substances
§ 5, après avoir décrit les diver - '^> ^^^^'^^ ^
difficulté d'expliquer les dil»- . ' ' ^® liquides. elk^i
présenlent par la proporlîr ^n^»s que, lorsqu'elle
et les humeurs, en mêr. . i eW^ esl alurs en bien
ment analogue et prc / ''"s chargée en couleur. .
lesquelles ce raouvp . ;' ■' ■ '^^ ^" °^"^ *PP"- *"^ '"^ :
Cette propositîor / ' '^ dire qu'ils sont d'auiaui j
fait inattendue , '^ ^^ souvent répétées, tandis qw ]
Irine : c II c • correspond toujours à un reurd fte
avant que ' ue la défécation, à tel point qu'elles ne ^jdI
que nop .tec peine et sous forme de petites ftoM/wduriseï mAmp ^^rés un long séjour. »
a ar^-^e semble que Thypothése de Slahl vaut bien ïhypote II* mécaniciens tant bafoués par lui et s'en rapproche, qod'F ^rt que l'antagoniste de Hoffmann puisse faire pour monlrw 1^ difficultés que soulève l'absolue proportion récif^^ ** particules humorales et des pores sécréteurs ou co/fl/eî'''*(')'* lui-même admet qu'il y a un certain rapport de dimension (?' du chap. VI, et § 2 de l'art. 1" du chap. vu) avec la consis^»"^^ la ténuité des humeurs; c'est en vain qu'il ajoute qu avec fkîPf" thèse des mécaniciens il faudrait que chaque humeur sétf^^ fût parfaitement homogène, ce qui n'a pas lieu, les \{0^^ plus simples en apparence constituant toujours un mélanp-
Dans la nutrition (sect. III, §11, 7) l'âme manifeste, au «^'!* de l'appétit, qui est un désir, une volonté ^ une puissante é''"^^ tant de volition que île direction motrice proportionnée àd^ tentions de fins certaines. — Ce n'est pas la mastication q«i*^ la sécrétion de la salive; c'est un acte arbitraire dépenWy | acte de la volonté, et du désir ou de la répulsion. La preuve^** que la salivation se produit en dehors de la mastication (i"*'
(1) Stnlil prétend (cliap vu, art. 1, 8 ^) 'l^c la hmplie (y compris le«*ï^'' pas assL'i (i'iinportuucc din.Tto t'ii nuMlcciiu^ pour qu'elle devienne l'obji'i'^C' fondes méditations et réclame un secours direct de la paît du nuMit'in'. ■^'^'^ lui, le A"érî/m (art. 2) étant le résultat du mélange de di\ erses <ubstanci'> j-î*'*^ esl sécrété, uon par un seul et même or^Mue, mais par plu>iL'ur$ orpiao. »'*''' éléments qui le constituent. — La sécrétion et excivlion des mcnstnirf ^ '" triM septénaire {c\u viii, § 10) ; les hémorrhoïdes «ont uue oicrélioa ^aià^'
STAHL. — PHYSIOLOGIE SPÉCIALE. iO&S
§ 1(5-17). Slahl (§ 18 et suiv.) admet wn^ fermentation digesHve dans restomac, mais sans qu*il soit besoin d*un ferment spécial développé dans Testomac ; il provient des aliments et aussi de la salive (1). Cette fermentation (§ 23-2A) est activée par le suc pancréatique et par la bile dans la partie supérieure des inteslins, il n'y a pas de différence essentielle entre les vaisseaux chyliféres et lymphatiques (§ 27) puisque le chyle est destiné à être changé en lymphe (2).
« Il est manifeste que la nutrition (Theoria med. vera^ scct. III, § A9) s'accomplit formellement par un mouvement simple et direct, mais si hicn réglé, que toutes les plus petites particules du corps entier sont parfaitement agencées selon leur nombre exact et leur position spéciale ; car, de même qu'il n'est pas possible que dans le corps humain il y ait un seul linéament physique fabriqué ^ans raison, puisqu'en effet toutes les parties, les plus petites comme les plus grandes, y sont remplies de méats ^ A*interstices^ de pores^ et ont des formes particulièrement propres à leurs usages, de même aussi on ne saurait admettre que de telles dispositions, de si parfaites distributions des plus petits on des plus grands atomes puissent provenir des mouvements 'de la matière errant au hasard, et bien moins encore qu'elles puissent suivre des mouvements réguliers et des effets successifs propres a atteindre un but déterminé et raisonnable. II nous sera facile maintenant de découvrir la vérité du phénomène de la nutritioui d'en étudier tous les secrets à l'aide de la raison, et de démontrer ensuite que Vacte suprême et formel de 4CeUe importante fonction, vulgairement appelé assimilation^ esi « jivéritablement un acte inorganique^ c'est-à-dire s'exécutant sans i'inlermédiaire d'aucun organe ou instrument, mais d'une maiére immédiate^ par un mouvement très-spécial, ou, eu d'autres 'Kermès, avec une mesure, un ordre et une régularité admirables.
sorte que l'assimilation nutritive consiste d'une manière abdue : 1* Dans la séparation de corpuscules nourriciers, extraits
la lymphe lors de son trajet dans les organes, et lorsqu'elle
porte au delà du lieu où l'apposition doit s'effectuer; dans la
(1) Voy. pliii haut, p. 916, une explication à peu près semblable de Hoflhiano, (S) G'etl pnaqne le cratnire qu'il aurait faUu dire.
iOA& DE L'animisme.
séparation, disons-nous, de tels corpuscules, convenables à la consistance de toutes les parties, d'avec d'autres corpuscules de nature dilTérente ; 2° dans le rapprochement ou Tapplication successive par le mouvement; 3° enfin dans la juzta-position et h coUocation de ces particules dans les parties ou elles doivent être fixées pour un temps. Ce phénomène est exécuté d'une ma* nière absolument convenable et conforme au nombre de ces corpuscules, non en vertu de la quantité de la matière, mais scIod les besoins continuels des organes eiix-mémes durant toutelam de rindividu. »
Toujours préoccupé de l'emploi intempestif de la physiqoei Stahl ouvre son traité de Pathologie spéciale par celte déclanilioo, que toute considération qui ne mène pas le médecin à la décooverte d'indications et d'agents thérapeutiques en parfait accord avec elle-même, doit être regardée comme étrangère k*h vraie théorie médicale ei reléguée dans la physique pure. Par exemple, si l'on ne fait attention dans une blessure qu'à la cause physi'|ue et îiu résultat matériel, on ne pourra tirer de là aucune indication, puisqu'on ne voit que des fibrilles coupées, et quil est aussi impossible de les compter que de les rajuster bout a bout pour en obtenir la réunion directe. Exemple mal choisi s'il efl fut, et qui prouve que Stahl ne savait guère ce que c'est que la réunion par première intention, et à quelles conditions elle s'opère! Voyons si le reste de la pathologie spéciale répond h ces débuts.
Pour Stahl, la maladie est une exception; les hommes exempL< de maladie sont en bien plus grand nombre que ceux qui en sont atteints ; en tout cas les maladies sont peu variables, quant i leur espèce, chez un même individu. Voilà, je crois, une assertion fort contestable dans la teneur absolue où elle est préseotte. La suivante, que les animaux sont encore plus rarement et ci moins grand nombre que les hommes, atteints de maladie, demande aussi vérification. Stahl prend de là occasion pour recommander la vie sim[)le, active, exempte de passions et d'érootio». et pour faire indirectement un procès à la civilisation trop avancée; fautant de banalités sur lesquelles il ne faut pas 8*arréler.
STAHL. — PATHOLOGIE SPÉCIALE. i0&5
Bientôt apparaît le naturiste qui veut prouver que toute réoergie vitale est employée h expulser spontanément les rnala* dîes et à rétablir la santé (i).
La plupart des maladies et même toutes celles qui ne proviennent point d'une cause externe violente, n'ont aucune puissance directe et naturelle sur le corps ; mais il est encore plus évident que toutes les maladies subissent nécessairement, de la part de Féconomie vitale, une réaction telle que cette activité seule suffit, sans lé secours d'aucun agent artificiel, pour combattre, subjuguer et éliminer ces mêmes maladies. Par ce moyen non-seulement le corps retrouve son ancien- équilibre, mais il est encore rétabli dans l'intégrité même de la structure et de la texture de ses tissus, partout où il y avait eu lésion. Ces phénomènes ne s'accomplissent pas en des cas rares, à l'aide d'expédients et de méthodes éventuelles et forluites, mais bien par des moyens et suivant des procédés universels et si constants, que, si ce n'étaient certains obstacles individuels et accidentels, les guérisons spontanées, l'expulsion des matières, le soulagement et le rétablissement complet des parties et des actions auraient invariablement lieu.
c Sans aller chercher des témoignages en dehors de notre sujet, nous citerons, continue Stahl, la plus grande partie du globe, l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, et, dans notre Europe, les classes rustique, plébéienne et militaire, qui constituent l'immense majorité des habitants (2). Il est bien reconnu en effet, par de nombreux exemples, que les maladies ordinaires et même les affections pestilentielles, si dangereuses d'ailleurs, sont amendées et même guéries sans le secours de l'art, mais seulement d'une manière spontanée (3); de telle sorle que, à bien appré^
(1) Theor. medU vera : Pathol. génér,, I, iii^ 1 et suiv.
(2) Bordeu, dans ses Hecherches sur tktstoire^ dit la même chose.
(3) « La plupart du temps (deux fois sur trois)^ le médecin n'a rien à faire et ne Itait réellement rien dif tout. Les maladies à traiter présentent trois conditions. Or voici quelles sont ces trois conditions : la première, c'est lorsque la nature coucourt, par son acte efflcace, dans la curation des maladies tt qu'elle intervient d'une manière satisfaisante; lorsqu'elle fait, dis-je^ assez régulièrement et convenablement ce qu'il est urgent qu'elle fasse. La seconde, c'est quand la méthode mcdi- . cfttrice de la nature, dons quelque sens qu'on la prenne^ soit dans son action ordi-
iOM I>E L^AHimSIfB.
cier la chose, tous les moyens thérapeutiques, tant préconisés, ne méritent ici aucune prérogative (1). Ajoutons que ces diverses alTections morbides, ainsi guéries sans la médecine, n exigent liseur leur guérison ni plus de temps, ni de plus pénibles épreuves, Lii des sensations plus désagréables et plus prorondes, que dans les cas où l'art médical triomphe de ces maladies; c*est lice que démontre l'observation.
t Une circonstance digne de la plus sérieuse considéralioo, c'est que, non-seulement plusieurs maladies spéciales, mab encore presque toutes les affections morbides, sont sponlanément guéries, après un laps de temps parfaitement délenniné, tant chez les enfants, les adultes et les hommes faits, quediei les vieillards affaiblis par Tâge. Ces phénomènes s'opèrent ta moyen de l'expulsion sensible de certaines matières dont l'éfacuation, l'excrétion et la disparition définitive sont d'autant plos difficiles que le mal fait plus de progrès et qu'il devient, cornine on le dit vulgairement, plus intense et plus opiniâtre. Sauf quelques cas, bien rares d'ailleurs (sect. IV, § 2), la seule chose qo'ail à faire le médecin, c'est de prêter une main secourable à l'adivilé spontanée de la force vitale. Cela est si vrai, qu'à bien cob-
naire, soit du moins dans son action particulière, à Tégartl de» hommes le? pi* robustes^ est tout ù Tait contraire et opposée h ces maladies. La troisième, eofii* c'est quand chez quelques individus l'énergie de la nature n'est pas coD\eiiabkiNft et suftisauiment constante à elle-même^ que la matière morbide exi^e réelleuwii* ou du moins qu'elle admet un secours étranger. Dans les deux premier* c^Mhbti(ms, non-seulement il est utile que le médecin demeure simplement spectiteor A' ce qui se passe^ mais il faut et il est absolument nécessaire, dans le secoml tx* surtout; qu'il n'intervienne jamais en aucune manière. » (Du mixte et du rirnsU §104etsuiv., t. II, p. 454.)
(1) Voy. aussi Du mixte et du vivant y § 101, 152, 153 (où l'on recommiD* surtout.dc ne pas faire violence à Vnutocratie de la nature). — Aussi X'htnri*tion à la Theoria medica ver a, où les distraction t de l'âme conservatrice 5*»oin' tachées au péché originel. — Dans Ars sanandi cum ex.^pectatione (en réponsf. VArs curnndi cum niuia expectntione de Gédéon Harvée) Stahl maintient (^ proposition que la maladie consistant dans la corruption de la matière, la nataree^ chargée de mûrir et de séparer ou de sécréter cette matière ; mais en même tenv* il combat les exagérations de Harvée, et assigne au médecin le rùle qui ct^^ ^ diriger la nature ; il ne veut pns qu'il reste un simple contemplateur des sc^ P«tliolo^0è8.
rer le fait en lal-méme, on peat dire que le nédecm B*esl ibsoloment nécessaire à la maladie, attendu que b natore sooYent, par sa propre énergie spontanée, diriger et accomelle-même la gaérison. Cependant Finterrention de fart det acddefUeUenkeni et indiTÎdaellement indispensable, tontes )is qn'il sanrient dans le cours de la maladie une complicapar suite d'une trop grande violence que Tagent curateur, son trouble» ne saurait dompter, tant à cause de Taltéradirecte et profonde de l'organisme, qu à cause de Fimpui»- ^ où est l'énergie vitale d'atteindre normalement son but, snfin à cause du besoin où se trouve en général cette force lanée et propre de la nature d'être secondée pour ramener nomie animale dans de meilleures conditions. » où Ton peut conclure que la mort rCesi pas iaml la conséce directe de la maladiey que le résultat d'wie fâcheuse f provenant d'un défaut de résistance de la pari de la force e(l). N'est-il pas constant, en effel, que sur des milliers livirlus indistinctement atteints d'une seule et même maladie, m seul ne succombe et que tous recouvrent la santé? Témoin rriole et bien d'autres affections de ce genre.
est l'âme qui tue ou laisse mourir le corps, dit M. Lemoine; ment et pourquoi ? Stahl lui-même pose encore mieux la lion : La question n'est pas absolument : pourquoi l'homme rt, mais pourquoi il meurt au bout d'un espace de temps rminé ; ou plutôt : puisque l'homme peut ne pas mourir lant un long temps, pourquoi ne le peut-il pas toujours? *quoi est-il nécessaire qu'il cesse de vivre ? irfois Stahl renonce à expliquer le fait. C'est sans doute que Tgie de l'âme est limitée quant à sa durée, qu'elle s'épuise iffaiblit à la longue ; mais pourquoi cet épuisement et cette lissance? On ne peut trouver (et l'usure naturelle?) aucune m pour laquelle, au bout d'un certain temps d'une si courte )de, l'énergie active, l'eut* rgie qui forme et répare le corps, uisse et fasse peu à peu défaut. Parfois, sentant «|ue la mort relie est une grave objection contre l'animisme, Stahl essaye,
Yoy. ptiB haut, p. 1029 et 1036.
^ChS M L*AmifISIIE.
par an subterfuge ingénieux, mais arbitraire et qui ne tùlqK déplacer ta difficulté, de décharger Fânie de la responsabilité^ la mort Tait peser sur elle. C'est que l'âme aurait sous son poivoir la structure du corps tout entière, mais non pas leméh^i matériel dont elle forme le corps ; or c'est de ce mélange et de a corruptibilité que viendrait tout le mal. Les influences étran|eRi du chaud, du froid, de l'humide, agissent sur ce mélange, et,i un moment donné, leur action peut devenir assez puissantepov vaincre toute résistance que l'âme tenterait de lui opposer.
A l'appui de ces considérations, et comme en étant une iDltf* prétation fidèle, nous citerons, avec Stahl, cette sentence il philosophe Sénèque : « 0 homme, si tu meurs, ce n'est pas fB tu sois malade, mais bien parce que tu es en vie ; c'est là m calamité qui te menace même alors que tu jouis de la plus parCà santé. » Voilà un aphorisme très-philosophique, mais pea physiologique, sous la forme qu'il a prise en passant par la boock de Sénèque.
Stahl résume sa doctrine dans les trois propositions suifaoKs qu'il développe longuement (sect. Il, Prol., § 3) : 1"* Lecoips humain possède une très-grande aptitude et une naturelle &^ position à être malade ; 2° malgré cette suprême prédispositioa. il existe dans l'économie animale un remarquable éloignemeat pour un tel genre d'altération organique; S"" il se trouve enfifl, entre ces deux conditions opposées et contraires, un étatinle^ médiaire, c'est-à-dire une disposition probable du corps i ce^ taines maladies qui l'atteignent réellement.
Il est bien trisle que le second de ces aphorismes ne soit pas le seul vrai ; nous ne pouvons guère nous consoler des deux autres par la seule pensée que la nature qui a fait le mal saura le rép»rer par élimination partielle et locale ou par l'expulsion générale, définitive, hors de l'économie, des matières en voie de se décomposer ou déjà corrompues (sect. II, chap. iv, § 2); carc*cst là la méthode universelle des guérisons spontanées, en vertu d'aae réaction de l'énergie vitale contre l'énergie morbide.
A proprement parler, il n'y a que trois causes générales et tnw espèces de maladies : la pléthore (sect. IV, chap. i) générale ou
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tê\e (1), i laquelle se rattachent les divers genres (Thémorrhata; Fépaississement da sang (ibid.^ chap. ii) (2), d*oii lescon* liions distenliyes qui se traduisent par des hémorrfaagies inter* Mlles ou externes, même par le rhumatisme, TinOammatioD, Il le premier sujet matériel est la stase d'un sang pur^ stase i explique la douleur, la chaleur, le gonQement, la rougeur la tension (chap. m de la II* section) (3) ; car ce sont li les ilables causes qui fournissent la malière, Toccasion et comme sUgation d*un grand nombre de maladies (ch. m, § i); enfin mouvements insolites des parties qui donnent naissance aux smes, à la débilité, à la paralysie, à l'apoplexie, aux conyul- , etc. (A) .
mouvements liés à une cause extraordinaire, étant unis à le cause, sont purement passifs et disparaissent avec la cause, (dis que les mouvements qui s'exécutent en vue de cette même ne, mouvements essentiellement vitaux ^ sont actifs, en ce
[t) U y a des pléUiores qui naiMeiit ex vitio mentis; elles se giiérisseDt cba les hMt par une épisUxis^ chei les femmes par un flux utérin, et cbei les boaunes 'les bémorrboïdes, qui sont, pour Stahl, une des voies que U nature emploie le fioofent et avec le plus de succès dans la cure des maladies. U a même écrit fienget une dissertation spéciale : De motus hemorrhoidalis et fluxus hemorrhol' ^ «Hversitate^ etc.
i On lit ici (§ 1) que le sang a un élément vitai^ une vie qui lui est propre» (I 6) ne s'épaissit pas aussi souvent que semblerait le commander sa con« naturelle, c*est qu'il se produit une pression et un ébranlement par son bernent local incessant. Borelli ou Bellini n'auraient pas mieux dit ! Eofln SUhl ^cbapitreui, § 1, que la pléthore n'occasionne que de rares et légères incom- (comme si les hémorrhagies éUieot des affections si peu dignes d'attention), que les plus graves maladies uenoent de l'épaississement du sang, atteint ins l'intimité de sa constitution* ' Voy. aussi Positiones de mechanismo motus progressivi sanguinit, 1695. -k sont pas les loUméciniqncs qui expliquent la stase ; c'est Vàme qui U produit. . encore Inflammationif vera pathologia , 1698; De obstructione vasorum ., 1713.
> Soit une longue discussion sur la question de savoir si les mouvemenU patbosont, ou non, dans leur principe, dépravés et contre nature, si l'on doit les Jrer comme des lésions de fondions des parUes affectées ou plutôt si, au • de vue de l'ordre moral et final, le corps, en Uni que vivant et devant être Vré, n'est pas U cause réelle, l'instrument direct, et surtout le Out convenable ^cetsaire de ces mouvements extraordinaires.
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par un subterfuge ingénieuZi • ? ilrulre celle cause» "^'^^^^^
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ATappu' levient à nos causes occasionnelles, puisqueUe» prétatior ^endrer la pléthore ou répaississement du sang. U phlIoBT^^^^. classe embrasse les choses dites conlre 'nature, qui tu ««""A'iiI le corps par violence, par exemple les brûlures, te ca' ^ions, les substances acides, acres, celles qui sont trop \ ^ ifingentes, ou les contraires, les doses élevées de médicaraenis »
./ifs, les coups et blessures.
En conséquence ile celte manière de voir, Stahl émet les propositions suivantes (P«M. .7>ér.,sect. V et dernière, § 19) : < Loiû de négliger et de dédaigner, avec l'arrogant orgueil des systèmes inodeinesja vieille et constante maxime des praticiens de Tancicnne école, enseignant que les remèdes spécifiques et appropriés à la spécialité de l'élat morbide ne doivent êlre employés qu'après l'usage préalable des remèdes universels, noos devims au contraire l'accueillir loyalement et en faire, quand il le faut, une sage application. Si l'on ne consi<lére pas avenglémenl cet aphorisme au simple point de vue empirique, oe qui serait contraire d'ailleurs à Tintention de ses auteurs; si, daa> une alYeclion donnée, on ne s'en tient pas toujours el quand même à la mélhode générale des évacuations de toute es[iècf regardées comme indispensables, mais qu'on s'explique raisonnablement le fait et qu'on en vienne à l'application formelle d^^ moyens convenables à chaque espèce morbide ; si enfm, vu le retour fréquent de la plupart des maladies, on porte h temps s» n attention sur une médication plutôt préservatrice que nMI^' ment cwntlve^ on retirera certainement de toutes ces \}vkoMlions des vérités pratiques et des avantages dogmatiques bùn autrement salutaires (|ue ces élucubrations contradictoires qni
8TAHL. — rATBOCOGfB SPtCULB. IfSl
Il la raine de toate solide thérapeutique et d'une Mge théorie. Ton veut savoir franchement notre avis sur cette question, M dirons, en terminant, que, loin d'attribuer à ces causes rentices une sphère si étendue d'activité et une efficacité maté* Ile directement capable de produire formellement, pour par le langage de Técole, les affections qu'on leur assigne, on de r imprimer une raison d'être toute spécifique et un caractère licalier, au moyen d'une énergie d'action physique et imméte, nous pensons au contraire qu'on doit plutôt les prendre, prés leur véritable mode d'agir, pour des causes générales, ignées^ occasionnelles, conjointes tout au plus, et capables, i de provoquer directement ces affections, mais simplement irriter. »
Comme dominant le cadre nosologique apparaît la fièvre avec i causes générales ou spéciales, ses caractères, la diversité ses modes et de ses attributs (1). Elle est considérée (sect. IV) BDme une afftction subalterne et bienfaisante dont Y intention l la même que celle des hémorrhagies, en atténuant le sang r le mouvement local.
On diffame la fièvre, Stahl la réhabilite ; au lieu d'être l'en- ■nie de l'homme, elle est au contraire sa meilleure auxiliaire. le n'a d'autre cause qu'une cause morale. S'il arrive que la ifre s'aggrave outre mesure et qu'elle semble être la cause de mort qui survient, c'est encore par suite de Taggravation de maladie contre laquelle la nature fait un dernier et violent EhI* Les fièvres intermittentes et périodiques surtout prouvent qu'elles ne sont pas des effets de la maladie, mais des acde la nature. La raison des périodes et des paroxysmes des ivres est double : à des corruptions plus dangereuses, c'est-à«
'i) La fièvre (scct. IV, { 2â) est considérée comme uu acte vital, cicrétcur, sécrér, moteur, une énergie appréciatrice des choses qui doivent accomplir le salut; UrésaKe que Tàine des l>étes, moins intelligente que celle des hommes, ne sus- I 0fmiB Irès-rarenient cet acte merveilleux ! 0 folies des systèmes ! — Voy. aussi mmioeratia naturae^ 1696, et De fehria rationali ratione, 1701; Febrisin génère §oria, 1701. 11 y est dit que les hommes seuls sont exposés à la A->vrc, et qu'on ■C jamais mieux portant que lorsqu'on a été bien guéri d'une fièvre; car la ftèfre m dépuratif du corps (J)e febriwm pathohgia in génère, 1 702).
1052 DB L'ANIimilB.
dire plus présentes, la nature oppose aussi une commotion oodlinue du sang ;... à des corruptions plus lentes, elle oppose aon des commotions plus modérées. (Lemoine, Le VitaUsme^ elc.^ page 82.)
Stahl étudie les hémorrhagies spontanées oo presque spoMnées^ qui ne dépendent d'aucune cause occasionnelle ou fortnile; elles ne sont jamais ni précédées ni accompagnées d'aocmi sensation fâcheuse remarquable. Cependant il range parai m hémorrhagies celles de l'utérus, du poumon (hémorrhagie sak- 5titutive des menstrues ?) , des reins, à côté de celles do Bal Quelque considérable que soit une hémorrhagie spontanée (dki sont ordinairement réglées par des temps déterminés), db n'affaiblit pas Téconomie et n'y cause aucun trouble notabk si elle ne devient pas subitement immodérée ; or, c'est jaitement le contraire lorsque la saignée (!) ou un accident qielconque donne lieu à une perte équivalente de sang (2* partie^ sect. I, Préamb.). Il n'est pas besoin de faire remarquer la ta* selé de presque toutes ces propositions, contre lesquelles li dh nique proteste, si le système du pouvoir personnel et intelligeil de Tâme leur est favorable.
Des deux affirmations suivantes, tirées du même Préambak. Tune est d'une vérité douteuse, l'autre est plus conforme i To^ servation, mais trop générale : les sujets qui ont des bé0O^ rhagies périodiques, régulières, faciles, non-seulement jooiMl d'une bonne santé, mais sont réfractaires à bien des maladîei; toutes les fois que dans le cours d'une maladie il survient unta Ij sanguin périodique et réglé, la maladie disparait à peo frk |i complètement. Enfin, la suppression brusque d'un flux péri»* dique habituel est presque toujours fâcheuse, ce qui estvértt par Texpérience (J).
(1) « Les hémorrboïdes sont plus fréquentes et plus communes chei kt qu'on ne le croit^ surtout dans les climats du Nord. — Les hémorrhoîdes» b ^ tique, la néphrite, Taflection calculaire, ont entre elles et avec la goutte des litf* des corrélations, des connivences, sinon invariables, au moins habiutelle& ' '^ existe une grande diflcrencc entre le mouvement et le flux hémorrhoïdal (ckip ^ |17).
STAni. — PATHOLOGIE SPÉCIALE. 1055
Les condilions internes déterminantes (ici un nouveau retour vers le mécanisme) des hémorrhagies sont Tamplitude des vaisseaux et la forte impulsion du sang qui provoque son épancheinent et son extravasation. — C'est surtout chez les jeunes gens OQ les individus vigoureux et pléthoriques que se rencontrent de telles conditions. Les causes externes sont au nombre de dnq {Paih. spéciale^ chap. i. § 3) : 1° Les mets fortement épi* «A, appelés vulgairement échauffants^ ayant la propriété de raléfier ou de dilater le sang ; 2° les boissons spiritueuses et les Iqaears alcooliques; S"" la grande chaleur de Tair atmosphérique, llûrs surtout qu'il est imprégné d*humidité; l'aune forte com- ■Otion de la masse sanguine par des exercices corporels trop iolents; ô"" enfin, le passage subit d'une température chaude lans un milieu froid.
Il y a aussi, bien entendu, des hémorrhagies par causés mumatiques. Stahl range dans cette classe les lochies des mîmes en couches, et les hémoptysies produites par un effort Soient, il appelle passives les hémorrhagies par cause externe i étrangères aux actes vitaux.
Ce n'est pas directement et par une simple efficacité physique ne la pléthore produit les hémorrhagies ; il faut, le plus souvent, n moteur accidentel, une commotion (l'ivresse, par exemple, ou S8 mouvements impétueux dans les maladies), une émotion, un rgasme. Ces flux, affectant presque toujours le type périodique et rasque toujours critique, ne peuvent être attribués ni à Tacrilonie ni à l'obstruction des voies. C'est, par conséquent, au oint de vue moral de leurs /ins^ usages et destinations curages, et non au point de vue mécanique ou physique que en émorrhagies doivent être considérées.
Il nous parait inutile de suivre Stahl dans les délaife m j ntre sur chaque espèce d'hémorrhagies spontanées; idérations suffisent amplement pour révéler l'esprit résidé à toutes ces recherches. Nous arrivons
c D'après son acception étymologique et propre, estian {Pathol. spéc.^ sect. II, § 1-3) indique
105/1 DE L*AN1IIISME.
d'activité qu'un simple état de passivité; ajoutons même à cela que la congestion peut être considérée comnne la véritable source des divers états passifs qui, sous les noms plus spéciaux de fluxion^ à' engorgement y de stdse^ A' obstruction^ semblent en dépendre directement et en provenir naturellenoieni. L'effet immédiat, direct et prochain de la congestion, c'est la stagnatm qui, prise dans son vrai sens et dans la réalité des choses, ne désigne pas seulement un obstacle apporté dans la circulatioi de la masse humorale, mais indique surtout Véiat respectif iiè voies et méats; état sous lequel la circulation ayant encore lieo, il survient néanmoins, par Vafflux d'une quantité de sangptos grande que de coutume, un embarras dans la promptitude et dans la régularité ordinaires de la marche progressive de ce liquide^ et, comme conséquence de ces phénomènes, la diitmsion anomale des vaisseaux et des tissus voisins de la congestion, ainsi qu'une altération apparente dans la sensibilité ^{\t volume de la partie affectée. 11 est donc avéré qu'on doit en* tendre par stagnation non l'arrêt simple et réel du saogdiu une partie du corps, mais bien un embarras mécanique dans sa libre et naturelle circulation. Ceci une fois admis, on comprendra aisément que Tengorgement et la distension des organes destinés à recevoir et à transmettre le sang, ainsi que le surcroit de sensibilité qui en est la conséquence, ont pour cause déterminante le ralentissement de plus en plus grand de la marche progressive de ce liquide, malgré une énergie impulsive égale et uniforme d'abord, mais devenant successivement plus intense. La distinction que nous venons d'établir est des plus importantes. tant au point de vue organique^ c'est-à-dire des phénomènes physiques qui se passent en ce moment, qu'au point de vm médical ou des symptômes pathologiques qui accompagnent et suivent cette altération de la sensibilité locale, en se manifestant tantôt par un profond sentiment d'irritation, tantôt, mais pte fréquemment, par un acte réciproque iV ébranlement local et de répulsion, afin de prévenir les effets prochains d'une stase imminente, en provoquant de puissants et énergiques mouvemest» constricteurs dans les parties lésées : par ce moyen, en eftt* les humeurs qui, par leur séjour trop long, seraient pea i t^