BARTHEZ. — DU PRINCIPE VITAI
porlemenls contre les moindres obstacles, lui qui fut comblé d'honneurs et de places à Paris comme a Montpellier ; ni ses jugements si |)assionnés et si injustes qu'il a osé dire de Bichat que c sa réputation était une des folies du siècle» (1). Quelque effort que, dans un zèle pardonnable, Lordat ait fait pour mettre toutes ces remarques dans Tombre, la lumière éclate de tous cotés; la plaie apparaît toujours sous le bandaii:e, quelifue précaution qu'on ait prise pour le bien appliquer.
Une ébauche des Éléments de la sciencv de F homme avait été donnée en 1773 sous le titre : De principio vitnli hnminis, La véritable première édition, publiée en 1778 en un vol. in- H**, est devenue excessivement rare; la seconde édition n'a vu le jour qu'en 1806, Tannée même de la mort de Barthez. C'est un des plus beaux livres de la littérature médicale française ; j'en porte d'autant plus volontiers un tel jugement, que je liens ce livn* pour aussi absolument faux dans son point de départ, qu'il est n*marquable par l'habileté spécieuse des déductions (un** fois ce point de départ admis), par l'élévation des idées, par la beauU' de quelques détails, par la force du style, enfin par l'érudition (2) ; cependant, malgré toutes ses qualités, encore aujourd'hui incontestables, et, je crois, incontestées, le prcnji<*r <'tl«î( des Éléments de la science de Thomnit^ :iu moment de lifu» ap parition (1778), sur l'opinion publique ne dut pa.s ll.iltiM I jiuiuui propre de l'auteur, comme le rernaniue liordal , qui iiti» ibii* ï-aéchec décourageant à la nouveauté de bi méUioili- «i* ♦ami/MW»* en médecine, méthode ardue, héris^éi; i)*» \n\ïUz Uy. dfliii;u»A«
Ihez : « C'est un cTivllfiit iinifciiscur; • «i»! mi I»oiiiim« i«<..»i*t , -mu* a«*<^'*' Il pliTMquo, les mathéiiialiqiR'^ <l iinim* 'li lu %n(*Utï§n »■ i» .i#ii-#<*M ***' " lin trt-s-mt'chant tour qui <*t rn-dnl^'- loii im I«*i*k V»* i^^wM^-- {^ -it^^"
(1; SanHirort, plus «quitablr, icrninl 'I" *•»-•»» tt^*^!*^ -^ **^' '^ an« votre Hirliat aur.i «Jri»a«»i''' nolir iJfMiiiiiH*» ^ kuMn^ i *i** * '• «qu'on perd tout quand on ni-Kli^»- <li- pl'nn « *-mf#h|« «^ '^"J """ ijoute : « S'il était a*!K'7. ju"*!'' |>oijr m !•»!• ^ iiwn m "
frénéri'ui pour renoncer a la \iNjr*iiiiM 'p y/V* 15^
(2) Il «•♦il un liojnni'.' qui a pluf 'l un *-\*^fr* „*,* „.^.^ tenlde priucipff oppot^^s, zi-hi M. ii« ltwMft^< • ■^•*^" ualegîe ea liuBt Tun et l'autn; c
117/1 ÉCOLE DE MOirmLUDL
qui naissent de l'extrême complication dn sujet ; d'antre pin, Barthez (et c'est le vice essentiel de ses recherches) se séparait complètement de la méthode expérimentale hallérienne, alors ea grande faveur (1) ; de plus, enfin, il s'était fait de telles inimitiés qu'on saisit le prétexte de l'obscurité apparente de sa doctrine pour la condamner sans examen, et qu'on mêla Finjare à la critique. De bonnes âmes allèrent même jusqu'ft insinuer que Barthez était matérialiste et peut-être athée. Cependant Barthei ter< mine ses Éléments par cetle déclaration solennelle : t Lorsque l'homme meurt, son corps est rendu aux éléments; son principe de vie se réunit à celui de l'univers, et son âme retourne à Diea qui l'a donnée et qui lui assure une durée immortelle. »
Nous allons, Messieurs, lire ensemble et commenter les propositions fondamentales des Nouveaux éléments de la scieme de r homme (2).
Barthez (3) commence par reconnaître que les anciens onl eu trop de facilité à multiplier , dans l'étude de la nature, le nombre des causes expérimentales, t Ils ont, dit-il, introduil souvent une cause ou faculté nouvelle, pour rendre raison des phénomènes (|u'ils auraient pu expliquer par leur analog^ie avec d'autres phénomènes dépendant des facultés qu'ils avaient déjà admises. Ils ont aggravé encore celle multiplication vicieuse des causes données par rexpérience, lorsqu'au lieu d'énoncer simplement une de ces causes, ils l'ont définie par une afleclion morale ou autre qu'ils ont supposée arbitrairement dans un principe inconnu. C'est ainsi qu'ils ont donné pour cause de l'ascension de l'eau dans les pompes l'horreur du vide qu'ils attribuaient à la nature ou au principe universel.
> La plupart des modernes sont tombés dans un défaut opposé, en diminuant dans les sciences naturelles le nombre des causes expérimentales fort au-dessous de celui qu'indique l'observation.
(1) Barthez, qui, dans ses Cours de physiologie^ traitait surtout de Tusa^re <k< parties un peu i\ la Taçon de Galicn, confiait à un Démonstrateur royal le ^«mi ies préparations anatoniiques, trouvant cette besogne manucUe au-dessous de a
KQité.
(S) Je me sers de la nouvelle édition donnée par M. E. Barthei, en 1858. Dite, pré/tm.y p. i^,
BARTHEfc *— DU PRINCIPE VITAL. IIM
Quelques-uns d'entre eux ont voulu rapporter toutes les forces inoirîces des corps à la seule force de communication du mouvement par l'impulsion ; et ils ont ainsi voulu réduire à une seule force les facultés occultes des anciens, qu'ils croyaient d'ailleur» pouvoir détruire entièrement. Mais ce n'est qu'en multi^ pliant de vaines hypothèses qu'on peut diminuer à ce point le nombre des causes expérimentales, C'est pourquoi il est, par exemple, infiniment mieux d'admettre comme autant de causes les affinités particulières qu'indiquent les phénomènes de la chimie > jusqu'à ce qu'on ait découvert successivement des principes généraux de ces affinités. C'est inutilement qu*on voudrait expliquer ces phénomènes par des applications arbitraires des lois du fieul principe de Tattraction, lorsqu'elle a lieu entre les particules des corps (ainsi que Freind Ta tenté vainement pour expliquer les opérations de la chimie). Dans toute science naturelle, les hypothèses qui ne sont point déduites des faits propres à cette science, et qui ne sont que des conjectures sur des affections pa«^siblcs d'une cause occulle doivent être regardées comme contrfiires à la bonne méthode de philosopher. Leur introduction ue peut devenir utile que par un hasard heureux, dont les chances '• sont trop rares b.
Eh bien, Barthez commet juste la faute qu'il reproche aux ' anciens, puisqu'il aurait pu, lui aussi, par analogie, expliquer avec des forces déjà connues (1), et celles-là très-expérimentales, ce qu'il a voulu expliquer à l'aide d'un principe nouveau. Luimême a prêté des armes à ses adversaires, lorsqu'il dit (p. 17) que dans chaque science naturelle on ne doit point se proposer de deviner )a nature par des hypothèses oii l'on emploie des principes étrangers aux faits qui sont l'objet de cette science, d'fiutant qu'on altère ou qu'on néglige les faits, suivant qu'ils fa-
(i) U admet justemont pour la chimie des affinités particulières qui auraient dû le mettre sur ta voie de la corrtUation ou combinaison des Torces qui est le vrai principe vital ; de plus, dans ses cours de botanique où il s'occupait de la physiologie, il a presque reconnu celte unité vitale dans les plantes ; car, selon lui, la cause qui anime le végétal est une puissance active qui use des forces motrices et autres dont elle est douée suivant des impulsions intérieures primordiales et comme iosUiictives, e( non suivant des impulsions externes. Voy, Lordat, p. 821«
1176 ÉCOLE DE MONTPEIXIEB.
voriseni ou contrecarrent les hypothèses. Plus on lit le discours préliminaire de Barthez, plus on y trouve la condamnation de son hypothèse.
Barthez (p. 23) combat les mécaniciens parStahl, etFanimisme de Stahl par ces affirmations qu'il ne prend pas même la peine de démontrer : Les faits n'établissent d'aucune manière que tous les mouvements qui s'exécutent dans le corps vivant (sans être sensiblement dépendants de la volonté), soient causés par le même être pensant, dont l'influence détermine les mouvements volontaires. Cela, ajoute-t-il est même d'autant moins probable que la nature et les facultés essentielles de oel être n'ont été jusqu'ici définies que par des notions purement métaphysiques ou théologiques, c Dans Tétat actuel de nos connaissances sur rhomme, on doit rapporter les divers mouveroeals qui s'opèrent dans le corps humain vivant à deux principes différents dont l'action n'est point mécanique et dont la nature est occulte. L'un est l'âme pensante et l'autre est le principe de la vie. » — Si ce mot, principe vital, n'est pas une pure abstraction , si c'est un être dont l'action n'est pas mécanique, mais presque spirituelle, pourquoi alors ne pas se contenter de l'âme qui s*acquillera aussi bien de TofTice ; si c'est au contraire une réalité, il n*y a pas de raison logique contre Stahl, pas de motifs pour ne pas admettre avecBordeu(voy. p.ll72, notel)et avecVanHdmont, autant de ces principes de vie qu'il y a de fonctions à accomplir. La bonne méthode de philosophie que Barthez invoque à chaque ligne, consiste, non pas à affirmer, mais à prouver, âne rien inventer sans nécessité ; il fallait donc prouver que le principe existe, ou prouver que Taccomplissement des diverses fonclion? en a absolument besoin. Notreauleurse contente d'afTîrmer(p. 581 que la seule expérience nous fait connaître le principe de vie dont les lois sont d'un ordre transcendant, par rapport aux loi? de 1.1 pbysi(|ue et de la mécanique; après quoi, il réfuie prune succession de sophismes ou pétitions de principe ceux qui regardent y organisation avec les forces unies comme une raison suffisante de la vie.
Tout en se réduisant (p. 32-42)à un « scepticisme invincible» sur la nature du principe vital dansThomme, Barthez reconnaît
RARTHEZ. — DU PRINCIPE YITAI^ 1177
néanmoins, en ce principe, des facultés et des modifications de ces facultés, ou des aiTections de ce principe, pour expliquer les modes de la santé ou de la maladie. Ce sont même toutes ces brillantes imaginations qui lui ont, dit-il, permis de rectifier les régies anciennes louchant la thérapeutique des fluxions et de la paralysie saturnine, attendu que, d'après sa théorie, les maladies sont essentiellement des suites d'aflections du principe de vie ; à peu près comme elles peuvent résulter des mouvements ou désordonnés, ou thérapeutiques, de Tâme. Après une telle proposition^ peut-on affirmer qu^Barthez n'a aucun rapport avec Stahl ou Van Helniont? On ne voit pas, en effet, pourquoi l'âme ou les archées n'auraient pas autant de droits ou de puissance que le principe vital. De plus, le principe est ainsi élevé à la qualité d*un être dans un être. C*est donc, quoi qu'en dise l'auteur, une création substantielle, un véritable ontologisme. La seule différence essentielle qu*on puisse noter entre Barthez, Stahl et Van Helmont, c'est que Barthez, quoi qu il en dise, a souvent montré une heureuse inconséquence dans les conclusions thérapeutiques qu'il a tirées de sa doctrine.
Après ces réflexions préliminaires, qui, déjà, nous disposent
mal en faveur du principe vital, nous arrivons au cœur même
du sujet : t J*appelle, dit Barthez (p. 47), principe vital de
l'homme la cause qui produit tous les phénomènes de la vie dans
le corps humain. Le nom de cette cause est assez indifférent et
peut être pris à volonté. Si je préfère celui de principe vitol,
c'est qu'il présente une idée moins limitée que le nom d'impettnn
A'^îem (tI> èvop;*wv) , que lui donnait Hippocrate, ou autres
'^^Hfis par lesquels on a désigné la cause des fonctions de la vie.
"^ ï' paraît que les principes de vie ne diffèrent des principes de
"""^^Uvement qu'en ce que les premiers déterminent et modifient,
P^** des lois beaucoup plus compliquées, Faction des parties de la
"^^^^îère. On peut observer une échelle de gradations assez mar-
^^es depuis les principes de mouvement les plus simples jus-
^^*aux principes de vie qui engendrent et conservent les corps
^^anisés des végétaux et des animaux. >
1.6 deuxième paragraphe de cet extrait n'est-il pas la preuve
1178 t^CÛlA Oe MONTPEUni.
qu'ua effort de plus dans la compréhension des forces suffisûl l expliquer la vie ; c'est une question de plua ou de moins, mène d'apràs la déclaration de Barthe^ (p. AS).
c Le premier coup d'œil que le^ hommes jettent sur l'aniicfi leur présente une étendue immense et fiie sur laquelle ils m^ portent tous les mouvements des animaux* des éléments et di corps célestes. Ils ne reconnaissent de l'activité que dans ces ëln mobiles et tout le reste de la nature leur paratt brute et inaniai A mesure que l'intelligence s'élève, elle découvre que tools les parties de la matière ont une activité qui leur est propre,! qui manifestent les divers principes de mouvement qui les td» ment. »
BartbeiK rappelle, dans une note, que les anciens philosopiw avaient constamment donné un principe d'animation h la matiéiv. Il eût été mieux de dire que, parmi les anciens, les uns croyaiMl tout simplement la matière animée par elle-môme , mais sni posséder aucune idée expérimentale des lois de la nature braM ou animée ; et que, suivant les autres, il y avait autant de difinités (ou principes de vie) qu'on reconnaissait de mouvemeni ou d'actes vitaux ; c'est exactement le même motif qui a fait crk le principe vital, car l'invention d'une entité résulte néce?Mi^^ ment de l'ignorance des lois de la nature et des mouvemeot» innés de la matière.
Les solides réflexions que fait Barthez (p. 52^53) surles forcesqui maintiennent en équilibre les atomes et les particulesdes malièret brutes et des corps célestes auraient dû également le porleràcoidure que la résultante des propriétés vitales suffit à expliquera mouvements de Tàme, comme l'affinité de l'attraction pourrégfcf les mouvements cosmiques et l'agrégation des pierres. Son pnicîpe vital pour l'homme équivaut à Yâme des astrês, admise dans les sphères célestes par les anciens. Revenant sur desofii' nions d'abord moins tranchées (voy. p. 1175. note 1), relatif* ment aux plantes, Barthez reconnaît aussi, avec les animis** une puissance vitale dans les plantes (p. ô6 et suiv.); tùé^ I somme il est bien contraint de réduire cette puissance à ï^ libre et à l'action réciprorjue des forces motrices et sensilii**- Tout cela d'ailleurs est fort obscur, puisqu'il semble croire^
BARTHEZ. — DU PRINCIPE VITAL. iiW
temps que c'est la puissance vitale qui est douée de ces brces (1). II serait plus vrai de dire que la puissance vitale i de la combinaison de ces deux forces ; que c'est une :ie naturelle, spontanée, et non pas, soit une force gênéoit une création substantielle (2).
ivant à l'homme , Barthez pense qu'il faut , pour mieux tre les forces du principe vital, les étudier séparément des 9ns de l'âme et de celles du corps simplement organisé (3); \eu\e phrase prouve que, contrairement à son prétendu ûsme sur la nature du principe vital , il le considère au comme quelque chose à part du corps et de l'âme, quoile sache ni s'il existe par lui même, ni s'il est simplement ide du corps humain vivant. Évidemment les idées ne sont mcordantes malgré les prétentions contraires de Barthez. principe vital n'est pas (cela est démontré par l'observajoumalière) plus uniforme en ses allures, ni plus parrait ai naissance, ni plus persistant jusqu'à la décrépitude, que î pensante ; encore moins. D'un autre côté, si l'âme est trop le (p. 103) pour s'allier avec la multiplicité immense des 'ements et des sentiments et les tendances opposées qui 'Ut dans l'homme à chaque instant de la vie, pourquoi le ipe vital aurait-il plutôt celte faculté? ne faut-il pas, au
M. Flouren8, qui adoptait une partie des idées « admirables n de Barthex^ N)iir relier toutes les propriétés de la vie, un point central, un nœud vital i ine doctrine anatomique substituée à une doctrine métapbysico-physiolomais qui ne vaut pas mieux.
Lordat prétend (p. 168 et suiv.) « que les affections qu'éprouvent les Huides du bumain sont un f^and sujet de contestation parmi les physiologistes. Quand ►ù on s'est permis d'affirmer que la vie est le résultat de l'organisation, on ^cé de dire que les fluides, dont les molécules mobiles ne sont susceptibles n arrangement constant^ sont des corps inertes qui doivent leur constitution, oosenration, leurs mouvements intestins, leurs mutations, à l'action des i ; et alors II faut fermer les yeui sur une multitude de faite qui ne s'accor- :iuUement avec cette manière de voir, ou en donner des explications tout à rpolhétiques. • — Mais pas du tout ! Les liquides sont vwant^i comme les i, aussi bien pour les autobiologistes que pour les animistes, les mécaniciens
vitalistes, Voy. aassi p. 95, où il est dit qu'il est impossible de passer par gradation du
à rame, c'ett<>à-dire de U matière à TespriU
fîoeo
llt^I) ÉCOLE DE MONTPELUEl.
contraire, supp«>ser alors plusieurs principes, ce qui revient, soit g^j aux arcbées de Van Helmont, soit à la fédération de Bor(ieD,50d '^ enfin à la multitude des forces synei^étiques. D'ailleurs Barthaz ^^, semble bien regarder le principe vital comme simple. ^ ,±>
y est-ce pas le cas d'appliquer à Barthez le mot que loHnéflK jo^r emprunte à Condillac : Cela prouve l'incertitude que pecmi Im^ avoir des opinions a priori , où des physiologistes , f aillnf! î^^ très-éclairésy croient reconnaître le caractère de révidence (p.l07, note) ?
Voici encore une bien singulière façon de raisonner. Bartbei (p. 11!) semble apporter comme raison de Texistence da priicipe vital, qu'on ne sait rien de certain sur ce qu'est le cerp; et rien de solide sur les esprits. Que sait-il donc lui-même de positif sur le principe vital, être créé de toute pièce et qui n'aps même pour lui le suffrage de la conscience humaine ou deTapérience directe et personnelle? Il se peut, dit Barthez (p. lU* kce 116), que, d'après une Iqi générale qu'a établie TAuteurdeli T^Jq nature, une faculté vitale douée de forces motrices et sens- k ^j tives survienne nécessairement à la combinaison de inatièRS Wjp dont chaque corps animal est formé, et que cette faculté reslt 1^ raison de tous les mouvements vitaux. Si c'est le principe \iulq« l rfi donne la vie, il se trouve confondu avec la nature ou avecto lir*r Il se peut aussi que Dieu unisse ù la combinaison de m^^ qui est disposée pour la formation de chaque animal des forte Vt vitales qui subsistent dans cette matière et qui, dans Thomiût» |.? diffèrent de Tàme pensante. Si les deux suppositions sont a4missibles, pourquoi préférer la plus compliquée ? Pourquoi stftout tirer une partie de la démonstration de la doctrine, non pas directement de l'étude des faits, mais indirectement de rimp»*sibilité de conserver à l'àme le rôle que Stahl lui avait assiguéî
« Le principe de vie (p. 117-118) dans les animaux peut étrt détruit sans aucune altération sensible dans l'intégrité et datf les conditions physiques des organes. Il est des poisons, et il en est même de caustiques, qui font périr très-promptement , el dont la force délétère ne laisse point de trace de lésion dansas* cune partie du corps. Réciproquement le principe vital sonit longtemps à des lésions très-considérables des organes les ptQ$
BARTHEZ. — DD PHINCIPE VITAL. IfSl
JelSy comme du cœur el du cerveau, el à la suspension de onsqui paraîssenl indispensables , comme est la digeslion imenis.
* Dans les élats violenls de danger ou d'irritation que le pe vital ressent obscurément, il imprime au corps des sments que ne peut opérer aucun changement mécanique essaire dans les organes ; mouvements qui sont tout autres sux produits dans Tétat naturel par ce principe, et qui sont lires à ceux quune âme libre et prévoyante devrait et pournprimer au corps pour le soustraire au danger. La terreur souvent dans un animal des tremblements et descontracviolcntes des organes extérieurs qui lui ôtent tout pouvoir dérober par la fuite à l'objet qu'il redoute. > première proposition est une erreur; la seconde est con-
à l'existence d'un principe indépendant de la matière : :ela pour(|uoi la mori, si le principe veut retenir la vie? ne sorte A harmonie préétablie entre les aflections du prinvital et l'organisation du corps qu'il anime, fait que ce ipe essaye dans les diverses espèces d*animaux des mouve- > relatifs à des organes qui n'existent point encore ou dont mation est trop imparfaite. L'oiseau que la chaleur a fait i de son œuf loin de sa mère, et par conséquent loin du le qu'il pourrait imiter, s'essiiyc à voler lorsque ses ailes encore trop faibles pour le soutenir ; le jeune veau fait 't de tête avec lequel il doit un jour frapper des cornes, î avant qu'elles soient nées, etc. (p. iH>i. »
bien, l'harmonie préétablie des forces ne suffit-elle |)Rn t ce qu'on demande au principe vital?
Le petit canard qui a été couvé sous une poule, et qui ^ loin de l'eau, témoigne de l'inquiétude et de l'impaU^M*. îrcival a remarqué qu'on le voit faire les inémoH ïwmm^ s que s'il nageait, sans qu'il connaisse sa destiniilMtt. s lent pour lequel ses plumes onctueuses et ses pal juses sont préparées. Swammerdam a tiré un lifr' Purmé de la matrice de sa mère : à peine ce petit; i l'eau qu'il se mil à nager et à se mouvoir i iiire usage de tous ses orgaues aussi bien i^\
\it^J, teOLE M WOflTPELUtB.
montra tout autant d'industrie qu'elle, soit en se relirsnl to I sa coquille pour aller à fond, soil en en sortant pour rett*oiileri la surface de l'eau (p. 119). >
Toujours même confusion de nature et de principe fiud. Les autres raisonnements de Barthez prouvent seulement qœ b animauiont des instincts plus définis que Tbomme eiplosilvolontaires.
c Quelle que soit la manière d*eiister da*principe de lavil^ on a une preuve très-vraisemblable que ce principe a one eu* tence distincte de celle du corps qu'il anime» dans les rësorr»tions de divers insectes et d'autres animaux, qui sont opérés par rhumectation ou la chaleur après une très-longue intemftion de toutes les apparences de la vie (p. 1^2). >
Comment supposer qu'un principe vital inimatériel sommeik et se réveille par Teau chaude; ne s*agitMl pas plutôt de propriétés éteintes ou engourdies? Mais alors pourquoi notre priicipe vital ne reviendrait-il pas aussi s'il a une telle vertu nsRScitante? Il y a là quelque chose qui est voisin de Tabsurde-hi si le principe vital est une simple faculté vitale, où réside-t-Hkf Pourquoi disparail-elle et revient-elle quand les autres ne M que s'engourdir? Ce sont précisément ces mêmes faits np(*" lés par Barthez, ou d'autres faits analogues en grand Donke (révivifications partielles, grefl'es animales, autonomie de< Siments anatomiques, tendance impérieuse, presque fatale, ilt restauration ou à Tacquisition du type, etc.), que MM. P. Bert<* Vulpian ont mis en pleine lumière par la méthode elpérine^ taie, et invoquent pour réfuter victorieusement l'hypothèse pv tuile d'un principe vital.
c On n'a pas su ou voulu m'entendre quand on a assuré qv je fais consister la nouveauté de ma théorie (ou manière defctf en physiologie et en médecine, dans l'adoption d'un principe vital, comme d'un être dont il sufiSsait de supposer l'exislence^ l'action pour expliquer toutes les fonctions de la vie. >
Barthez, en effet, loin de vouloir expliquer les fonctions de h vie par le principe vital, a précisément pour but d'expliquer oi de justifier le principe vital par ces fonctions. Il n'explique, ei
BARTËKt. -^ m) l>RlliaH VITAL. 11 SS
eûet, ni la circulation, ni la digestion, etc.; il teut &u contraire montrer par la diversité, encore plus apparente que réelle, de ces fonctions une justification de son hypothèse d'un principe régulateur universel; mais il n'y réussit guère, et il aurait mieux fait d'étudier expérimentalement toutes les propriétés vitales de la série des tissus dans les diverses classes des animaux, et de réchercher, par une observation attentive, quel était le lien de ceâ propriétés dans la série animale.
De ce qui précède on peut conclure que Barthez n^a pas démontré l'existence du principe vital; qu^il n'y a pas nécessité dMnventer ce principe ; qu'il n'y a même pas possibilité, car ce principe met immédiatement, et de soi, à néant toutes les propriétés attribuées expérimentalement, même avant Barthez, à la matière vivante, à laquelle elles sont inhérentes. Non-seulement te principe vital ne rend compte de rien, ne résout aucune des difficultés que présente le problème de la vie, mais enepre il compromet toutes les vérités ac(|uises et qui seules peuvent mettre sur la voie de la solution. Ce principe a de plus un vice radical irrémédiable, c'est qu'il est hors de la portée de l'expérience et que la biologie est avant tout une science eipérimentale. C'est aussi une faute non moins irrémédiable que de livrer, à l'exemple des animistes, le principe de la vie aux discussions des philosophes et des théologiens, où, d'un côté la mobilité des jugements et de l'autre l'absolutisme de la foi ne permettent jamais de regarder le problème en face.
Ajoutons encore quelques réflexions sur le principe vital, qu'on le considère comme inhérent à la matière ou comme un être distinct. Ce principe, cette force qui réunit ou rassemble toutes les autres, où réside-t elle? dans quel système organique? Si c'est une force générale, elle ne peut pas habiter un tissu isolé; et si elle est en effet générale, il faut la tenir pour indépendante : alors nous retombons dans une variété de l'animisme. Mais, dit-on, Tunité de l'organisme résulte d'une force de cohésion vitale, comme l'unité d'une pierre de la cohésion physique ; tout se tient naittrellement dans les êtres vivants par l'agencement des difiérents systèines organiques. Cette coordination, cette unité.
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t>ATHOLOGtE SPÉCIALE. 1185
veau, ou du moins le système nerveux, quel qu'il soit, ne peul-ii pas être considéré comme le régulateur suprême là où il existe, et là où il fait défaut, dans les plantes, par exemple, la vie est si simple qu'elle se réduit à une seule propriété, la nutrition et encore par imbibition et juxtaposition.
Franchement, difficultés pour difficultés, je préfère celles qu'on peut résoudre petit à petit, par la méthode expérimentale, sans rien préjuger d'avance, à celles que l'on tranche d'autorité par on mol derrière lequel s'abrite l'ignorance de la physiologie.
Les propositions suivantes résument la théorie des maladies nilig^es et nerveuses, d'après Taclion du principe vital.
c Dans les maladies nerveuses (t. II, p. 39 et suiv.), le système . entier des forces du principe vital est affaibli par une altération I habituelle qui s'est introduite dans les forces sensitives et dans leur influence sur les forces motrices. » Voilà certes une défini- : lion qui n'apprend pas grand'chose ; elle revient à dire que les maladies nerveuses sont des désordres du système nerveux. -fiuthez ajoute que, si les affections vaporeuses sont si fréquentes -de son temps, c'est que les passionsy sont moins vives qu'autre- -ftns et qu'il y a c plus de passions faibles ». — On doutera de la fàleur de cette explication qui pèche de tous les côtés. — < Les ..vapeurs ou névropathies ne tiennent à aucune lésion permanenie de tel ou tel organe. Très-variées dans leurs effets, elles doivent être distinguées de l'hystérie, de l'hypochondrie et de l'état nerveux qui est borné aux organes digestifs, quoique chacune de ces affections différentes puisse coexister avec les vapeurs et même contribuer souvent à les produire (1) » .
Pour le traitement Barthez mélange les remèdes sédatifs et les excitants, avec les toniques et les nervins ; ces moyens impriment assidûment au principe de la vie des affections qui effacent
(1) « U e«t encore essenliel de recounaitre et de bieu distinguer d'autres causes «ai concourent souvent à produire Tétat constitutif des maladies nerveuses ou vaporeuses. Entre ces causes, les plus ordinaires sont : un vice des humeurs de ■aiore goutteuse, une humeur acre et irritante, qui se porte sur les nerfs ; c'est ^ana affection générale des solides qui rend la libre roide ou lâche et fait le strie ou le iaxum. m DÀAIHBXKA. 75
particulièrement lésés. Si l'on ne réussit pas, on pt avec succès à l'usage combiné et alternatif de i et excitants ; mais cela constitue une méthode m et que Baithez appelle mélhodtj perturbutrice, ei cure au principe vital des impressions qui se su contraire, qui rompent la chaine de ses alTectioi et qui l'amènent, comme par des sortes d' oscilla dans l'ordre naturel de la distribution et des con ses forces 1
C'est {'affaiblissement du système nerveux qui dies nerveuses ; c'est encore l'affaiblissement de a qui donne naissance aux maladies malignes (p. lesquelles sont accompagnées d'une véritable forces de tous les organes. Barthez ajoute (en cela avec les bons praticiens) qu'il est (rès-imporlan cet état de rêso/ulion des forces laquelle caractéri maligne, et réclame les analeptiques et les cordia de simple oppression des forces; d'autant que, dai sion, des évacuations convenables dèveloppeni promplement l'action des forces radicales qm éteintes.
» Lorsque le sysième des forces viiales (p. 52) t ment et en même temps par lea sympathies des a( organes, dont les efforts ne sont point liés l'un à I font en des sens divers ou contraires, ces sympa
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cherche ensuite dans la théorie des sympathies une 1, plus que douteuse, dans la majorité des cas, des accise manifestent après les grandes opérations : c On doit sans doute à une seroblahle cause la terminaison l'ont les amputations et les plaies fort étendues, lorsque, sur suppuration, on vient à charger l'estomac d*aliides. On voit, peu après cette erreur de régime, surabattement extrême des forces, auquel succèdent râla difficulté de respirer, le délire, les mouvements et la mort. Il semble qu'on n'a point encore va ce le dans son vrai jour. On a reconnu qu'il ne peut être a seule résorption du pus ; ni de la gangrène, qui n'est née dans la plaie lorsque les symptômes mortels se dé- ) a donné (même récemment) pour raison de ce fait trèsble, que la digestion stomachique et la suppuration sont illementempêchées, tandis que tous les organes du corps concourir à l'une et l'autre fonction par des concen- 3 leurs mouvements. Mais comment la seule suspension IX fonctions, dont chacune peut être longtemps arrêtée n danger pressant, aurait-elle aussi soudainement des irtriers? Cette mort prompte est sans doute causée par 1 non harmoniques que le principe vital fait en même ns tous les organes, lesquels sympathisent jusqu'à un 3gré, et au travail de la digestion et à celui de la suppu- [forts qui font une distraction pernicieuse des forces rincipaux organes. »
K a une manière de traiter les fièvres intermittentes perqui ne recevrait pas aujourd'hui l'approbation des prajisque le quinquina n'y tient qu'un rang secondaire, ju'on doit combattre un accès présent de fièvre iotar^ pernicieuse, qui est manirestement accompagné €fm nodique des organes précordiaux ou autres pari m principale du traitement le plus sur et le \f\m\ iblir l'activité des forces sensilives par le 1) donné convenablement et à assez grandes
lei, commcilii reste Brown (voy. plu* haut, p. 1130;, :citante qui tient, pour aiofi dire, le vertu oarcoUqiie
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PATHOLOGIE SPÉaALE. 1189
se réduit à cinq règles fort bien résumées par Lordat (p. 380) : La fluxion imminente, la commençante et celle qui se fait par reprises, exigent la révulsion. Suivant la seconde, la fluxion avancée, fixement établie, qui a déjà formé congestion, dont les mouvements ont peu d'activité, ou qui a le caractère chronique, demande les attractions dérivatives. La troisième, qui se rapporte aux fluxions très-rapides avec grande congestion, ordonne des évacuations locales, que par prudence on fait ordinairement précéder de la révulsion et de la dérivation. Dans ces mêmes cas, il peut être nécessaire d'employer alternativement, et i plusieurs reprises, les évacuations locales, les attractions dérivatives et les révulsions. Dans les fluxions chroniques qui reconnaissent pour cause excitatrice Taflection d'un organe éloigné de celui où les mouvements se portent, la quatrième règle prescrit de pratiquer des attractions, non près du terme de la fluxion, mais près du point dont elle part^ comme disent les praticiens. La cinquième règle porte que les remèdes qu'on emploie comme révulsifs, et surtout comme dérivatifs, ont d'autant plus d'efficacité, lorsqu'ils sont appliqués sur les points du corps qui ont les sympathies les plus fortes et les plus constantes avec l'organe par rapport auquel on veut opérer une révulsion ou une dérivation.
On trouve dans ce Mémoire des remarques sur l'emploi des vésicatoires, de la saignée et des ventouses comme agents dérivatifs et révulsifs, dont quelques-unes, bien comprises et isolées, ne manquent pas d'une certaine utilité ; mais elles sont, en général, vagues; la théorie médicale y est aussi incertaine que la physiologie en est fausse. Lordat dit qu'à Montpellier les élèves de troisième année savent ce livre par cœur. J'espère que les choses ont changé depuis 1818 ; ce qui est certain, du moins, c'est que nos élèves de Paris ne pourraient pas se contenter d'un pareil livre, où les idées ne sont ni absolument anciennes, ni tout à fait modernes, où elles manquent surtout de l'appui des observations cliniques, et qu'on n'y trouve pas une définition exacte de ce que Barthez entendait par maladies fluxionnaires.
Pans son cours de médeçipe çliniquci que nous ne connais-