‹ Histoire des sciences médicales v. 2 (volume 2)Chapitre 93 sur 102 · BILL. — POTT · texte numérisé non relu

BILL. — POTT

les plus classiques. Pott est un des chirurgiens qui rappellent mieux J. L. Petit par l'originalité de ses travaux ; il a eu sur i l'avantage d*être attaché & un des grands hôpitaux de Lones, celui de Saint-Barlhélemy.

Les Œuvres de Pott se composent de monographies sur les lies de tête, la fistule lacrymale, les hernies, Thydrocèle, les Iules à Tanus, les fractures et luxations, la cataracte, les ilypes du nez, la mortification des orteils , Tamputation, tftn la carie des os de la colonne vertébrale, appelée vulgaireeni mal de Pott (1), et que l'auteur a désignée par un symôiiie qui n'est pas constant : la paralysie des extrémités inféeures. Chaque monographie est suivie d'un nombre quelquefois »iuidërable de très-bonnes observations.

PoU fait reposer la chirurgie sur les connaissances exactes en latomie et en physiologie. Ce sont là les deux sciences qui >naent au chirurgien l'exactitude du diagnostic, la sûreté de la lain, et qui manifestent refOcacité de son intervention. Il ne suffit fts seulement de guérir, mais de guérir pruinplement, proprelenC et sans faire trop souffrir (2). Pott se montre très-partisan M réformes opérées de son temps, spécialement do l'aniputaon à lambeaux ; il loue la chirurgie d'ôtre moins barbare et lus conservatrice; il réprouve les terribles machines de réducon, et défend de fouiller les cavités pour y chercher les corps Irangers. Le mémoire Sur les plaies de tête renferme des rolarques précieuses touchant la commotion, les contre-coups et i compression. Le retentissement que produisent les blessures es parties molles ou dures du crâne sur les organes contenus ans cette cavité ne s*expliquent plus par la continuité des fibres lu péricrâne avec la dure-mère, mais par les anastomoses les vaisseaux. Pott recommande, et non sans de bonnes raisons, le saigner après les coups reçus à la télé, lors même qu'ils ne emblent devoir entraîner à leur suite aucun accident. La prenière indication du trépan est fournie par les signes de corn-

(1) Cestce chirurgien qui l'a, sinon indiquéti le premier (%oy. plusliiut, p. 99H,, 1q moins le mieux (lécrite au xviir siècle, et qui a accuinpa^né cette (JeftriptMK ''observations anatoino-piilhoht^iqiic'i.

(2) Préface au mémoire Sur la fistuie lacrymale.

i2M CBlftOIGIE PftATIQCE AC XTUT SifeCLE.

pression et par les fractures ; cette opération n'est pas réclamée pour les plaies externes, quand le péricrâne reste fermemeal attaché aux os.

Le grand principe sur lequel repose la pratique de Pott, c'est qu'il ne faut pas donner de r^les trop générales, mais celles-li seulement qui embrassent très-exactement les faits recueillis aiee une critique sévère; il dit cela particulièrement pour les plaies de tête et pour celles de ces plaies qui n'intéressent que les léjaments. L'expérience lui a appris, par exemple, qu'on ne doit pas se hâter de réséquer les lambeaux de chair, car on parvient ordinairement à les réunir par cicatrisation , lors même qoe les ravages paraissent considérables. S'il se forme des clapiers, ooab ressource des contre-ouvertures. Il tient pour plus ndreoses/es blessures par instruments piquants que les déchirures ou tes largfê sections.

Pott a établi des différences essentielles entre les fistules krfmales suivant le degré d'obstruction du canal, l'altératios de b membrane qui recouvre le sac, celle du sac lui-même, de Fos, enfin suivant Tétat général du malade. II pense que souvent oa peut, au moyen de certaines précautions hygiéniques, éfiter l'opération ; d'autres fois la simple ouverture du sac suffit; nuis on f st, en quelques circonstances, obligé de désobstruer le canal et de le dilater avec des éponges préparées. Évitant les esdiarotiques, il ne permet la répression des chairs foogoeoses qu'avec le nitrate d'argent; enfin, lorsque le canal estcoa plétement fermé, il autorise la création d'un canal artificiel, en perçant Vos unguis avec le trocarl courbe, opération qiii«st encore pratiquée aujourd'hui et à laquelle M. Laugier a tenté ik substituer l'ouverture du sinus maxillaire.

J'ai entendu M. le professeur Broca s'élever avec vivacité contre la pratique de Poil dans les fractures, surtout dans les fractures de cuisse ; il pense que mettre le membre dans la flexion oub demi-flexion, et qu'employer peu de force pour la réduction, sont les deux causes les plus ordinaires du raccourcissement du membre; il vante, au contraire, les chirurgiens américains (i) quincc?

(1) Au delà de l'Atlantique les clients ont la triste habitude d'exiger apei«^*

POtT. 1?61

>nl appris à faire l'extension direcle» en employant une force graduée, continue, mais assez énergique dès le début, tandis que Poil réclamait au débuiune petite force qu'il ne poussait jamais j^-loin. Néanmoins on ne saurait méconnaître que noire au- :ear a donné des règles en général très-méthodiques pour Tex- BDsioD, la contre-extension, la coaptation et l'application des banlages ou appareils. Dans les luxations il prescrit de porter toute la force sur l'extrémité de l'os opposée à l'extrémité luxée. Il est ravis (|ue le degré de violence qui a luxé un os n'appelle pas un iegré équivalent de force pour le réduire ; il pense en même lemps que le déchirement des téguments est beaucoup plus rare qu'on ne le croit communément; en tout cas ce déchirement, s'il survient, n*a pas de graves conséquences.

Le mémoire Sur les amputations semble particulièrement dirigé contre Bilguer et son traducteur Tissot, qui prétendaient proscrire cette opération (voy. plus haut, p. 1247). Pott reconnaît quatre indications urgentes: fractures compli(|uées, tumeurs blanches, carie des os, certains anévrysmcs ou tumeurs fongueuses. On avait objecté contre l'amputation, dans le cas d'anévrysme kla cuisse ou au jarret, que cette opération était inutile, puisque généralement les malades étaient atteints en même temps de dilataiionde quelque autre gros vaisseau de l'intérieur du corps; Pott réfute cette objection par le succès durable de l'amputation. Notre chirurgien avance en outre que si les circonstances le permetlent, si l'artère n'est pas sensiblement lésée, on peut pratiquer la ligature de l'anévrysrae au-dessus et au-dessous de la Uuneur. II range à côté des anévrysmes, m lis en les distinguant, certaines tumeurs probablement cancéreuses ou fongueuses de la jambe.

Le mémoire Sur les hernies est un des plus remarquables (1). ^oU y étudie avec soin les diflerences que présentent les hemîet.

iié de« chirurgiens qui n'ont pas m éviter la claudicatioo, eu remettjuit imée ! De là, nécessité de trouver des moyens de réduction aussi

owible.

(1) Pott a TU le côlon, le cascum et l'appendice vermirulaire dans dea-mat ktairea ; U débridait ordinaireoieat l'anneau sur son doigt.

1262 CHIRURGIE PRITÎITÎE AU Xmi* SîfeCLE.

eu égard, soil au danger qu'elles cnlrainent, soil à la ftcililèâe la réduction, ou de la cure radicale, chez les eafants, les adultes et les vieillards. Il est rare (quoiqu'il en ait vu quelques cas) que la hernie s'étrangle chez les enfants (1) ; la hernie se guérit radicalement sans opération chez les enfants, très-difficUemenl chez les adultes, jamais chez les vieillards. Il réprouve tous les moyens usités par les charlatans ou les barbiers pour la cure ndicale des hernies; il eut même encore à combattre la castralioo, la cautérisation et le point royal. Il n'a jamais eu l'occasion d'observer de hernie ventrale ; il se contente de bandages conteotils pour les hernies ombilicales; quelquefois des parties de l'estomac ou du foie s'échappent par ces hernies . L'opération de li hernie étranglée parait à Pott une des moins dangereuses quand elle est faite dans de bonnes conditions ; il la pratiquait aveciatantde succès que de hardiesse. Il ne s'effrayo pas non plu s de la nécessité où se trouve parfois le chirurgien d'ouvrir oo de laisser ouvert un anus contre nature dans le cas de gangrène des intestins ; il a vu plusieurs fois des hernies non réductibles (mais non étranglées) à cause des adhérences du sac.

Dans son mémoire Sur thydrocèle^ Pott montre beaucoup de discernement dans le diagnostic de diverses espèces de cette affec'ion ("2), qu'il sépare avec soin des hernies vraies ou des hernies dites venteuses^ des sarcocèles, de l'hydropisie des bourses (3), de rhématocèle, du cirsocèle, etc. Pott n'a pas montré moins de sagacité pour la fistule à l'anus, qu'il faut se garder de confondre avec de simples abcès à la marge de l'anus (4). Dans l'opération de la iistule il défend de réséquer des portions de

(1) Pott décrit lu hernie congénitale qui renferme souvent le testicule, lldout*? J* rétranglemcnt de la hernie par le sac, étranglement que les chirur^ens franviiv entre autres Ledran et la Faye, admettaient.

(2) 11 décrit l'hjdrocèle de la tuiiique vaginale.

(3) Dans ce cas il se contente de simples piqûres pour évacuer l'eau èptncli't», tandis qu'il ouvre assez largement les hydrocèles avec le trocart qui lui>erteoii)'ii><^ temps à passer un séton, auquel il attribue la plus grande efficacité pour procunrr la cure radicale et dont l'emploi a persisté fort longtemps ; pour ma part j'y ai ea^coui*s plusieurs fois quand j'étais attaché à Thôpital de Dijon. Aujourilbiii 1« préfère les injections irritantes^ surtout la teinture d'iode iodurée et étendiie.

(4) C'est lui aussi qui a décrit le cancer du scroiiun dit cancer det

ACADÉMIE DB CHIRUBGIE* I26S

rinteslin ou deia penu, comme on le faisait encore de son temps. Si Pott ne surpasse pas, du moins en beaucoup de points il égale nos plus grands chirurgiens français du xviii'' siècle.

€ Tout est bien qui finit bien >, dit un proverbe fort applicable à rbistoire de la chirurgie française. En effet, ce sont les déplorables querelles entre les chirurgiens barbiers et les perruquiers, entre les uns et les autres et les chirurgiens de Saint-Côme, entre tou8y enfin, contre les médecins, querelles qui aboutirent finalement, par suiie de la fusion des barbiers-chirurgiens et des membres de la Confrérie de Saint-Côme, à la création de Y Académie de chirurgie, c Ce fut, dit M. Malgaigne (1), ce fut avec ces tristes éiéments qu'un homme de cœur et de génie songea à assurer da même coupla dignité de lart et l'avenir de la science, sans s'inquiéter de personne, luttant à la fois contre la rigueur avilissante des statuts^ contre la jalousie de ses confrères, contre la résistance de ses élèves. — Dès 171 A, J. L. Petit avait été nommé prévôt de la communauté de Saint-Côme. >

Je ne raconterai pas eu détail l'histoire de la fondation de TAcadémie de chirurgie ; cette histoire a été esquissée (2) , de manière à satisfaire les plus impatients, par M. Dubois, d'Amiens, secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine. Pour l'écrire d'une façon plus complète, il faut mettre en ordre et extraire tous les papiers que l'Académie de médecine a reçus de l'Académie de chirurgie, papiers que j'ai trouvés enfouis dans les greniers (3), dont personne ne s'était jamais inquiété, et qui, je l'espère, serviront bientôt à un travail définitif de la part du bibliothécaire adjoint, M. le docteur Lempereur. Ici je me contenterai de citer quelques dates et de rapporter les titres des principaux membres de cette savante compagnie.

Le 12 décembre 1731 (à), lettre de Maurepas à Mareschal,

(i) LeUreJt sur VhMoire de la chirurgie ^ p. 92.

(2) Voy. Introduction aux Éloges lus dans les séances de rAcoflimie roy«/f de chirurgie, de 1750 à 1792, par A. Ix)ui8. Paris, 1859.

(3) Voy. plus haut, note 1 de la page 1 1 .

(4) Le 8 août 1793 la convention nationale supprimait rAcadcmie de ebinirjfi«> avec « toutes les autres académies et sociétés littéraires patenta «M Méa ^r U

i26& CHIRURGIE PRATIQUE AU IVIIl^ SIÈCLE*

premier chirurgien du roi, approuvant le projet d'une Sociitf académique composée desoixante-dix membres, dont dix libres, tous choisis parmi les maîtres chirurgiens jurés ; — première séance, 18 décembre 1731. Lecture du règlement et formalioa du bureau: Mareschal, premier chirurgien du roi, président; J. L. Petit, directeur; Morand, secrétaire; Maleval, vice-secrétaire ; le Dran, secrétaire pour la correspondance ; Garengeot, secrétaire pour les extraits ; Bourgeois, trésorier. L#a Société se réunissait les mardis de chaque semaine de trois à cinq heures, dans la grande salle Saint-Côme. Tous les chirurgiens-jurés de Paris étaient associés.

La paix fut bientôt troublée, d'abord par les nnembres de h compagnie de Saint-Côme qui, mécontents de n'être qu'associés, intriguèrent de façon qu'on établit un certain nombre de places muables ou temporaires. LaPeyronie, qui avait succédé & Mareschai, prit lui-même cette fatale décision qu'il devait si bien réparer plus lard par ses largesses. On fut, au bout de quelque temps, obligé de revenir à l'ancienne organisation. — Avec la Peyronie apparaît un homme qui devait être à la fois l'âme el l'une des gloires de TAcadémie, et par suite de toute la chirurgie française: Louis, d'abord aide de Morand, qui avait succédé à J. L. Petit, puis définitivement secrétaire perpétuel.

Avant de parler des chefs de cette noble et puissante compagnie, je dirai quelques mois de ses membres les plus distingués ou les plus en renom, laissant dans l'ombre les personnages de troisième ordre. Ça et là, et pour ne pas trop rompre Tordre chronologique, je citerai quelques chirurgiens français contemporains, mais non associés de l'Académie.

R. J. Croissant de Garengeot (1(5^58-1759), homme île plu> de savoir-faire que de savoir, a été plutôt, par sa jactance, sa mauvaise foi, une honte qu'une gloire pour la chirurgie française; il a audacieusement pillé une grande partie de ce qu'il rapporte d'important en ses Opérations de chirurgie. Dans la première édition (1720) il cite quelques chirurgiens de Paris

nation ! » Seulement, il faut remarquer que c'était la Peyronie et non la nation qn' «vait doté l'Académie de chirurgie.

GAREMGEOT. — MOHARDi 1265

I dépouille (1); dans la seconde (1731) il supprime tous les is de ceux qu'il a volés! Cependant il n'était pas assez paude son propre fonds pour en être réduit à cliasscr ainsi, I permis, sur les terres d'autrui; car, outre qu'il était un rateur adroit, on trouve dans son livre plusieurs bonnes ^squi lui appartiennent légitimement. On lui doit la c/<?/(|ui le son nom et (|ui sert à arracher les dents ; il a défendu avec îur les droits des chirurgiens contre les prétentions des mens. Ses recherches les plus originales paraissent être celles se rapportent à l'usage du trépan, au bec de lièvre, aux her- 1 (pour les débrider il se servait avec succès d'une sonde canie, perfectionnée par lui), à la paracentèse (il évacuait tout quide d'un seul coup et avait recours ensuite à la compresi réhabilitée par Monro), à la taille latéralisée ('2). Conlraircit au sage avis de J. L. Petit, il pousse trop à la suppuration plaies contuses ou avec déchirures. Pas plus que ses conlemains, Garengeot n'est très-érudit, car ce n'est pas dr l'éruon que de prendre le bien de tout le monde; ses ran.'M lions concernent des livres qui étaient écrits de son louip**. •hirurgie, au Tiwu' siècle, est toute personnelle; elle ne propas de l'autorité, mais des libres recherches; c'est là précint ce qui en fait le très-grand mérite et la force.

rand (1697-1773) est, comme homme, et comnu» chirm

un des membres les plus renoimnA» ih^ rAcsidôinii» a- .;*-

î(il appartenait aussi à l'AcadcMiiie des h.i.'mr.v), ,,Miiw

gage scientifique ne soit ni très-coiisia.'Mahlr uiiu^tm^

), et qu'il ait compromis son nii^rito par «» vuiiit-. i>w

»iqu'il oùt pris à Winslou loiilc son niinloiiiii', »» U m^uU^ »mà à sont encore assez à la mode do non jour»- '*"* **«**

(1724), il doit égaicmcnl hrniir«Hi|» " l>"»K»- » ' ogifif 1 728.

oiHirahon fie la taille par Inpp""*' '"''"" • ^" -rigée tle toux sei fié faut s, 1730.

m.Cfflr's' (l'Cftirurf/ir, I7«H. m iili ••••'"■ ilicT le Di^roHis linns h-ffit* f "" £»»**""' '' Son élève rniclarji, rhirin /«' '• '^* .«•••—•• fi*nrmr^ fi f'*itj 1740, ■< ••*■ ••^••^ * fils, J. F. Clênicfii Mi*ia»«'l •* — •••

iSM CHIRCBGll PiATlQUE AtF ITIII* SIÈCLE.

loué jmbliquemtntj parfois avec malice ; pais dans des noies restées longtemps manuscrites et publiées pour la première fois psr M. Dubois d'Amiens (i), le panégyriste officiel se Tenge des éloges de commande ou des ménagements de situation, par des critiques assex améres. Peut-être plus d'un secrétaire perpétuel a-t-il tenu la même conduite? Est-elle bien noble T Je ne le pense pas, quoiqu'il m*en coftte de relever cette tache dans le candm de Louis, qui a montré cependant plus de courage pour Le Ca( ; mais le chirurgien de l'hôtel royal des Inyalides était un plus grand personnage et avait plus d'attaches que le chirurgien de Rouen (2).

Ledran (1686-1 770) a établi une école anatomiqne à bCbarité et il a été un des maîtres de Haller ; ce sont là deux grands titres devant la postérité ; il fiit de plus un homme d'antant de savoir que de circonspection , de sincérité que de modestie, on praticien des plus exercés et des plus habiles. Il a été Télève d'an chirurgien dont il n'y a plus d'exemplaires, de Jacques Petit u qui a vécu à l'Hdtel-Dieu depuis l'âge de treize ans jnsqu'i celui de quatre-vingt-dix-sept) si singulièrement occupé de son état au service des pauvres que, si Ton en croit la tradition, il o*a pas passé le seuil de la porte de cet hôpital, pendant les qnatrevingl-quatre ans qu'il y a exercé la chirurgie, quoique sa réputation le fit désirer au dehors > (3) . — Louis distingue particulièrement les Observations de chirurgie^ avec des réflexioss (1731) ; le Traité des plaies d'armes à feu (17S7), qui était t tout en préceptes, comme le second était tout en exemples >. Wts^ plus réservé à l'égard du Traité des opérations^ 1742 (4).

€ La vente du baume vert (Louis, Éloge de Ledran^ p. 162), avait fait faire une fortune inespérée à la famille de Ledran

(i) Voy. Éloges,,, par Louis^ p. S80 et stiW.^ et p. XLII et suW., les nf^" éclaircissements .

(2) Ou voit aussi que Louis ne pensait pas aÎMohtmeni tout le bien qu'il disait «ii^ ouvrages de J. L. Petit.

(3) Élofje (le Ledran^ p. 163, dans les Éloges par Louis.

(4) Voy. aussi Parallèk ctef différentes manières de tirer la pierre hors df ''■ veséie, 1730.

LBDBAN. — LAPAYE. i26l

et la soutenait. Mais ce commerce ne panit pas offrir une ressource assez stable. Le seul moyen de l'assurer était de mettre le jeune Ledran dans la chirurgie. La réputation du baume était un présage de celle qu'acquerrait un chirurgien qui passerait pour en avoir exclusivement le secret, et qui saurait, par les connaissances de son art, en faire un usage raisonné et méthodique. L'abbé Feuillet déploya toute son éloquence pour prouver h son neveu : f que Dieu ne lui avait fait parvenir la connaissance d'un remède si souverain que pour rendre de grands services aux pauvres et faire subsister honorablement sa famille; qu'il ne pouvait prévoir que de la satisfaction, étant assuré, au moyen de ce remède, de pouvoir guérir tous ceux qu^il panserait, et même ceux à la guérison desquels les soins des autres chirurgiens au-^ raient été donnés en vain. Touché par ces raisons, le jeune homme sacrifia enfin ses propres inclinations aux espérances de aa famille, elonle plaça en conséquence & l'Hôtel-Dieu de Paris, 80U9 la eonduile de Jacques Petit, premier chirurgien de cette maison >.

De la Paye' ( — 1784), quoiqu'il ait peu écrit, est une des gloires de la chirurgie française, un des membres de l'Académie de chirurgie qui ont jeté le plus de lustre sur cette compagnie. Ses Principes de chirurgie (1788) ont eu au moins six éditions ; ses notes sur Dionis (17 AO) ont eu également un grand succès, quoique Louis prétende que de la Paye eût mieux fait de laisser te livre de Dionis périr de sa belle mort. Après avoir été l'élève de La Peyronie à la Charité, de la Paye fut attaché pendant dix ans, en qualité d'interne, i l'Hfttel-Dieu, et suivit l'armée en 1733. 4 Formé en de si bonnes écoles que celles où les occasions d'observer sont habituelles, où les faits de pratique si diversifiés se renouvellent sans cesse >, comme s'exprime Louis dans son Éloge^ notre jeune chirurgien devint rapidement un des maîtres de l'art. Ses observations sur le bec de lièvre, ses re. marques sur le trop grand nombre d'instruments destinés à l'opération de la cataracte, sont des modèles du genre ; il ne fut pas moins bien inspiré dans son examen de la méthode d'araputition à lambeaux.

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