CBIRURGIE PRATIQUE AU XVIII* SIÈCLE
A lire Y Éloge que Louis a fait de Quesnay (1694-1774) elles propres écrits de ce chirurgien, on reconnaît aisément que c'était un homme de plus de jugement, de travail et de littérature que de génie. Ses trois ouvrages les plus connus Sur la suppuralion (1749), Sur la gangrène (1749), Sur les effets et F usage dt la saignée (1750) ont vieilli, bien qu'ils renferment de bonnes observations. Son ouvrage sur la saignée a du moins contribué i détruire bien des préjugés touchant l'utilité spéciale d'ouvrir toutes sortes de veines du corps (1). Ses Mémoires sur le trépan et les plaies du cerveau, insérés au premier volume Ae&Mémoi' resde f Académie de chirurgie^ ont conservé plus d'importance; enfin son Examen impartial des contestations des médecins et des chirurgiens est un précieux document historique, et il paraft que Quesnay lui-même y attachait beaucoup de prix (2).
Ici je veux rapporter quelques lignes écrites par Louis {filage de Ledrany p. 168), au sujet de la manière dont Quesnay considérait les observations, f M. Ledran a dédié ses observations aux élèves en chirurgie, et le titre porte que c'est en faveur des étudiants qu'on y a joint des réflexions. M. Quesnay a envisagé la chose sous un autre point de vue. Il assure, dans le premier tome des Mémoires de l'Académie, que les observations ne peuvent instruire les jeunes chirurgiens que lorsqu'elles sont interprétées par des maîtres savants et expérimentés. C'est une restrictioo aussi judicieuse qu'importante. Il faut lire et méditer les remarques de ce grand maître sur l'usage des observations. C'est ua chef-d'œuvre vraiment philosophique et le fruit des plus profondes connaissances. Souvent les observations n'éclairent p£ même ceux qui les communiquent, et les observateurs envisa-
(1) Quesnay a eu dans Bagieu un redoutable antagoniste ; ce chirurgien àpskèt entre autres travaux, en 1756 et 1757, deux précieux volumes intitulés : £i*«^ de plusieurs parties de la chirurgie diaprés les faits qui peuvent y avoir mff^ où il suit volontiers Ravaton, Louis et Sharp, en ajoutant beaucoup de son pr«r^ fonds. On lui doit aussi {Mémoire dePAcad. de chir., t. H, p. 274) un MémoirtPf cette question : s*il est plu9 avantageux d'attendre que fa tiature sépatr lapvt^ d'os saillante (après les amputations) ou de la réséquer par une seconde amp^t^ réponse affirmative à la seconde question).
(2) Voy. p. 283, note, pour ses liecherches sur tfiistci^ de la chirurfie»