LE LIVRB DES ÊTRES ^ ÊTRE ASTRIL. MS
abus »pirUibu8)j lesquels troublent et rendent malade notre corps d'apiAs le pouvoir qu'ils en ont; nous devons nous attendre à prendre les maladies sur nos corps suivant l'impression qu'ils reçoivent des esprits. — Le cinquit^me Otre qui, tous les autres étant dans de bonnes conditions, agit sur nous, est Vètre de Dieu {ens Dei). Cet Otre demande un examen parliculier, ufîn qu on puisse comprendre comment se comporl(; chaque maladie. Notez soigneusement que, comme nous l'avons déjà dit, chacun de ces êtres a sous sa domination toutes les maladies. VA, en ce t>ens, il y a cinq espèces de pestes: l'une venant dp rotre de l'astre^ Fautre de l'ôtre du poison, la troisième de l'ûtro de nature, la quatrième de l'Otre des esprits, la dernière de l'être de Dieu. Il en est de même pour toutes les autres maladies^ et c'est à quoi vous devez faire atlention et en conclure que les maladies viennent absolument de cinq principes et causes, et non d'un seul principe, comme jusqu'ici vous l'avez cru sans fondement et par une erreur palpable, en n'admettant qu'un être unique. » (Prolog,, II, /i.)
Eh bien, soyons francs, quel est le médecin allemand ou français qui ne regarde pas ces conceptions comme l'œuvre d'un esprit en délire? C'est là cependant la vraie pathologie générale do Paracelse, aussi faut-il la montrer dans tout son jour.
I. De nitr astrorum (De Vèire astral), — « Notre dessein O.Uini d'enseigner comment l'être astral peut nous nuire, je dois d'abord vous apprendre que les astres, les planètes ou les étoiles du firmament, quelles qu'elles soieni, ne créent rien de notre corps, ni pour la couleur, la beauté, les habiludes, les vertus, ni pour les autres propriétés. Kl vous devez renoncer enfin à porler des jugements sur les hommes, et à faire des hommes même (1), d'après la nalure et la position des étoiles; ce que nous ne pouvons rappeler sans rire. » {Param.; Lib. entium, 1, *J.)
Pourquoi donc tant rire de Tastrologie judiciaire quand on est si fort partisan de Taslrologie médicale?
« Maintenant que vous avez compris que nous ne tenons des astres ni noire nalure ni nos autres propriétés, portez votre attention sur un autre point, c'est-à-dire par quel moyen ces astres rendent malades et tuent nos corps (ï7;irf).. — Vous devez croire que les hommes et les créatures animales ne peuvent absolument subsister sans le firmament et les astres (2); mais
(1 i (ycst-à-clirc iinpriiner ct'rtaiiis laraclères moraux, produits de la conception^ en raison des autres sous Icsciucls ils naissent.
(2) Vo>C3s cependant plus bas, pajçe 3i)0, W^iio Ki et sniv. Il y a (voy. anssi p. Û03) sept membres printipaux : cerveau, cœur^ poumons, [vésicule du] Hel,
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ni les hommes ni les animaux ne sont créés par les astres. Prenons un exemple : la semence confiée à la terre produit son fruit d'elle-même; elle a, en effet, en elle Vétrê de la semence: cependant, sans la chaleur du soleil, elle ne germerait pas. Vous ne penserei pas sans doute que le soleil ou le firmament, ou toute autre chose engendre cette semence; ce qui est vrai, c'est que la chaleur du soleil constitue un temps, de manière que, si vous voulez amener une chose à coction et faire qu'elle produise son effet, c'est par une digestion que vous y parviendrei. Ainsi, c'est par le temps seul que se produit la digestion (1). La chose qui est digérée a son action en elle-même. Apprenez ainsi ce qu'est la digestion : Le fœtus ne peut prendre de croissance sans la digestion, car c'est la digestion qui le fait croître dans la matrice. Pour cela, le fœtus n'a besoin d'aucun astre, d'aucune planète; la matrice lui tient lieu de planète et d'étoile. La semence a besoin de la digestion ; elle se fait dans la terre ; mais, dans la terre^ il n'y a pas de digestion sans le soleil : dans la matrice, au contraire, il y a digestion sans le secours d'aucun astre. Quand bien même le soleil ne luirait jamais, quand même Mercure ferait son mouvement en arrière, des enfants seraient néanmoins engendrés et prendraient de l'accroissement, ils ne seraient privés ni de leur soleil ni de leur digestion (2). En effet, les astres ne peuvent plier l'homme d*après leur nature, et rien ne force l'homme à subir cette action. » (Chap. 3.)
On pourrait croire que, suivant Paracelse, les astres n'agissent pas en tant qu'astres^ mais comme source de quelque chose» par exemple, le âoleil, comme source de la chaleur ; au milieu d'une telle logomachie, il est difficile de débrouiller le vrai sens ; d'ailleurs en plusieurs autres passages il invoque la puissatice occulte des astres. Dans ses écrits il y a satisfaction pour toutes les opinions, même pour les plus opposées. Ici il refuse aux astres une certaine puissance conjecturale, et là il leur accorde une autre espèce de puissance non moins mystérieuse, non moins inexplicable. Tout échappe bientôt au moment oii l'on croit saisir quelque chose de raisonnable dans son système.
« 11 y a une chose qu'on ne voit pas, qui nous défend et nous conserve dans notre vie, et, avec nous, tout ce qui vit et sent. Cette chose vient
foie, reins, rate, qui sont en harmonie astrale avec Lune, Soleil, Mercure, Mars, Jupiter, Vénus et Saturne. Chaque membre a un estomac et rend des excréments, IParamir.y 111, De morb. ex tart,, tract. .IV.)
(1) Dans ce chapitre, digestio {Digest) est pris dans un sens très-général et ooo pour la digestion stomacale.
(2) Voyez plus haut, page 395, note 2.