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presque sec, je le fais coudre en forme de tube ; dans son canal je passe un fil d'airain (1), après que la couture a été bien rabattue afin d'éviter toute protubérance. L'une des extrémités de ce tube doit (ître assez ample pour qu'il puisse, quand on le voudra, s'adapter au siphon de la seringue, de sorte que les deux tubes s'unissent exactement, afin que par cette voie la liqueur puisse être injectée dans la vessie. Le tube en cuir doit être enduit décolle forte ^ lorsque cet enduit est bien sec, on le revêt d'une couleur quelconque et d'huile de lin ; et cela, tant pour la plus grande solidité du tube que pour empêcher qu'il ne soit mouillé et amolli par le liquide à injecter. On retire le fil d'airain et on le remplace par un autre fait avec de la baleine. Vous avez ainsi un petit tube flexible, dont l'introduction ne cause aucune douleur quand on répéterait l'opération quarante fois dans un jour (2). Les premières fois il y a quelque douleur aux environs du sphincter vésical, mais bientôt il n'y a plus à craindre cette contraction. On extrait l'urine autant de fois qu'on veut. Enfin, la vessie étant vidée, on injecte ce qui convient par la seringue adaptée au tube; mais le liquide à injecter doit être inofTensif (3). Gloire éternelle à Dieu dans les cieux, et plaise à lui d*arroser et de féconder mes travaux et mes vœux que j'ofl're aux mortels pour leur soulagement! » (vu, ZU.)
On ne sait s'il faut rire ou s'attrister de pareilles invocations à l'Eternel à propos d'une sonde et d'une seringue. On blâme le charlatanisme de nos inventeurs modernes, mais qu'est-ce que ce charlatanisme en comparaison de celui de Paracelse ou de Van Helmont?
Des fièvres. — Les premiers chapitres du traité Des fièvres sont à peu près exclusivement consacrés à des discussions, je dirais presque à des diatribes contre les écoles. Van Helmont y confond perpétuellement la fièvre avec les' fièvres; il prête aux anciens des opinions extrêmes qu'ils n'ont pas professées ; il rejette absolument, par une série d'arguments syllogistiques (A) et non mé-
(1) G*c8t notre bougie creuse.
(2) C'est une erreur presque aussi grande que de dire , de la canule d'argent, qu'une seule introduction est une œuvre de bourreau, car l'entrée si fréquente de la sonde n'est pas inofTcnsive. — Voy. aussi plus haut pour les injections dans la vessie^ d'après Paracelse^ p. 380.
(3) Alors il y a beaucoup h parier qu'il sera inerte.
{^] Van Helmont a un traité intitulé: Logica inutUis» Il n'a que trop souvent prouvé^ en eiïct, qu'il faisait peu de cas do cet instrument de la pensée et des
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dicaui, remploi de la saignée. Certes il aurait eu pleinement raison s*il avait proscrit la saignée dans certaines fiè\Tes et notamment dans les fièvres intermittentes, mais il est dans une erreur complète lorsqu'il soutient que la saignée n*est jamais nécessaire dans aucune fièvre (1). De l'abus des émissions sanguines à leur proscription, il y a une énorme distance, et une foule d'intermédiaires à observer; c'est ce que n'a pas fait notre auteur 'y aussi c'est pour cela et pour bien d'autres choses encore que je refuse à son traité Des fièvres l'épitliètc d'immartel.
Ce que je dis pour la saignée, je le dis également pour b purgation, et par les mêmes motifs. Non, je n'admettrai jamais (2) qu'un « grand praticien > ait de pareils partis pris et pour de si futiles raisons (|ue celles de Van Ilelmont, tout en reconnaissant qu'il a fait çà et là quelques remarques justes, moins cependant pour appuyer ses propres idées (car il pense que les purgatifs ont ^es qualités vénéneuses et putréfiantes) que pour combattre celles qui avaient cours de son temps sur Taction des purgatifs. Quant aux vésicatoires, ils ne peuvent être qu'une invention du détestable Moloch (3), et il les croit encore plus préjudiciables que ne
(i) « Phlebotomia esl iiiutilifi ubicumque non iodicatur neccMaria. la fehribv non iudicatur Dcceasaria: ergo phlebotomia in fcbribus est inutilis.» (iv, 9, p. 749.)— « Les galénistcs affîmicni ceci : quoique lu section de la veine soit naturellement et uniquementindiquceàcauscdc la plélhore, et quoiqu'elle n'eulc\e pas, a pro| rement parler, les humeurs putréfiées, elle rafraicfaitcepeudaut, dégafire les %eijiea(, rétablit les forces, supprime une partie de Thumeur mauvaise avec la bonne^ et, par dérivatioo et révulsion^ arrête et détourne le flux des humeurs >ers le lieu où se forme la putréfaction ; la nature soulagée accomplit alors «es autres fonctions plus heureuneneat et plus facilemeut. BeUts paroies^ dit le pourcenu mangeant M* Phommeê de k pénitepoe^ mais peu profitables à un famélique. » (iv, 13.) — Que de fois, en liiut Van Helmont, ne se rendrait>on pas complice de Tirrévérencieux pourceav I
(2) I3n des argunientsidc Van Helmont^ c'est qu'il n'y a jamais trop de san|r; cependant dans Cauterium, 29, p. 311, il dit que, si les cautères servent à quelque chose, c'est à diminuer la surabondance da sang. — Je sais qu'en Angleterre et en Allcmagae on a fait de Téritablcs primwtciameiUw coatre la saignée, mai* te* exagérations d'écoles ne sont pas généralement acceptées^ et il ne vend eocorf beaucoup de lancettes en Angleterre et à Berlin.
(3) Voyez vu, 3 et sui^., p. 7<)2. Cependant on doit remarquer que Van Hci* mont soutient (§ 4), que les vésicatoires attirent, non les humeurs gàtéi <«, vui* te séroc^ité du sang. Or, c'est en partie à cela que semble tenir l'action thérapestique des vésicatoires.
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le sont les émissions sanguines. Son opinion sur les lavements est plus riilicule, s'il se peul, car il les rcjclle moitié par pudeur, moitié pour ce motif que les lavements sont évidemment hostiles à rintestin, puisqu'ils Texcitent ou 1 irritent (1)1 Messieurs, ne craignons pas de dire hardiment que Van Ilelmont D*a pas toujours non-seulement le sens médical, mais mêmelesenscommun. Voyons maintenant ce que nous devons penser de Texplication que le médecin flamand donne du rrisson, de la théorie de Tessence et du siège de la fièvre (2).
« 1/Archéc entend, par les frissons et le tremblement, arracher Texcrément adhérent à lu partie similaire; de mîîmo que ruraignéc secoue sa luile pour se df'barrusser d'un corps étranger qui y est tombé. Mais VArchée^ voyant qu'il ne réussit pas au moyen des frissons, éveille le Bios allératifj qui consi'-te tout entier dans Vhiver et l'été, le froid, dis-je, et la chaleur, avec leur succession alternative. (Test pur l'hiver que l'année commence, se poursuivant, parle printemps et l'été, jusqu'A l'automne, qui voit mûrir les fruits. Tout ce qui est créé parla nature a un commencement, un accroissement, un étal et un déclin. Il en est de mémo de l'Archée, en tant que les semences et les choses vitales universelles imitent la nature des choses générales (3). C'est lui, et non la matière fébrile peccante, comme je l'ai dit et prouvé en commen<;ant, qui prcduit le frisson fébrile, le froid et la chaleur. Ainsi, dans les déplacements des os, les dents s*entre-choquent, et il sur\ient des frissons, comme aussi dans l'avortement. Je ne dis pas cela comme m'appuyant sur le Actif Macrocosme de Paracelse, quoique j'aie déjî\ \u que la nature de l'Universel observe le même mode dans chaque chose. I,a nature, en effet, est conséquente avec elle-même. Celui que la lutte a mis hors d'haleine, recouvre l'haleine apW»s un instant de repos et reprend des forces pour repousser le vainqueur. Ainsi, par un mouvement naturel multiple, VArchée, dans les fièvres, s'impose du repos par intervalles, puis reprenant sa vigueur, il s'elTorce de chasser la fièvre, son ennemie 1 La partie où siège la matière fébrile {h) se contracte d*abord sous forme de rides; ce qui se perçoit facilement à la région précordiale. Tout le système vei-
(1) Voy. i)e febnhus, \1l, 8 et suif.
(2) VoTOi aunti De fcbrih, vu, 8, 9.
(3) Encore et quoiqu'il 8*cn dércndc, une comparaison entre le microcoiiiie et le macrocoMnc. — V<iyei p. 522, note 2, et aussi p. 459.
(4; C ext-à^ilirc dans le duumviral ou centre stotHacho-spiénique, avec ramification au foie par le duodénum, les intestins et les voines mosaraïqucs, x, 3, A. Tous les symptômes des Uèvn>s lui ont démontre, sans réplique possible, que tel est bien leur siège (toy, p. 483). — La fièvre a donc an \inu ; c'est uu «erpent à planeurs
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neux, comme par un conBentement tacite, travaille de concert avec la partie lésée et se resserre étroitement par la contraction des fibres obliques. D'où un pouls rare, dur et petit, indice et artisan du froid. Tout fébricitant^ en eiïet, reconnaîtra facilement en lui-môme ce resserrement des veines qui est naturel aussi chez les gens en santé (i). Comme le plus souvent les artères sont associées çà et là aux veines, elles devront nécessairement se contracter ainsi que les veines par un mouvement oblique. Telle est la cause du froid dans les fièvres (2). »
« Les fièvres ont une matière qui est efficiente interne, à la manière des autres ôtres qui subsistent en eux-mêmes^ quoique toutes les maladies habitent en un corps vivant, attendu qu'elles ne sont pas des êtres de la création primitive, mais qu'elles proviennent de la malédiction attachée à la prévarication (voy. p. 510, note 3); aussi n'ont-elles pas, à proprement parler, leur être séminal qui les constitue et qui les alimente, mais un être occasionnel qui les fait naître (3)1 Si cet être disparaît, la maladie disparaît avec lui. Toutes les fois que le non vital pénètre dans le champ vital, l'Archée s'irrite et s'efforce de chasser cet étranger de son ancUornie (U). C'est ce que j*ai indi-
têtes qui a sa demeure autour du pylore et un peu au-dessous^ ou siège au-dcssouf de restoniac. On voit, en cITet, souvent naître des délires ridicules^ quelquefois dangereux, par suite de ce \irus. Ce serpent excite la soif, souvent aussi des inquiétudes^ des lipothymies^ des syncopes ou des vomissements amers, fréquents, ou qui viennent de ce qu*on ne peut garder ou souffrir la nourriture. {De febribus, j.yu, 8, p. 785.) — Plus les fièvres se rapprochent de Tcstomac^ plus elles sont malignes, et il faut un arcane extraordinaire pour les atteindre. Son principal arcanc, pour prcsqus toutes les fièvres, consiste dans TadminUtration de sudorifiques minéraux qui chassent la matière occasionnelle (i6û/.). Ahl Galien, tu es bien vengé!
(1) Il en trouve une preuve dans les contractions spontanées du scrotum.
(2) De fehribusy ix, 2-7, p. 766 et suiv.
(3) Au chap. X, i et suiv., p. 769 et suiv., il est dit que les fièvres intermittent^^ ou continues n'ont qu'un seul siège et que leur diversité vient de la matière (occasionnelle. Je saû que Broussais a localisé les fièvres dans le tube gastro-intestinal* mais si Ton veut bien comparer sa doctrine avec celle de Van Helmont, il sera impossible d'admettre rnssimilatiou qu'a voulu faire M. Rommelaere, p. A06 : « Nous ne saurions trop insister sur les idées développées par Yan Helmont dans ces lignes (le commencement du chap. x). 11 nous suffira, pour en faire sentir toute Timportance, de rappeler qu'en 1642, — époque à laquelle il publia son traité De febribus, — le réformateur fiamand exprimait des idées qui, proscrites pour le moment, devaient être reprises deux siècles plus tard par Broussais, et bouleverser toute la pathologie. Van Helmont prophétisait donc quand il écrivait les lignes suivantes : Notre époque, fertile en esprits pervers, mettra ce que j* ai dit ici, et dans beaucoup d'autres endroits, au nombre des paradoxes ; cependant ceux qui viendront après nous adopteront volontiers ces opinions, n Van Helmont a été mauvais prophète.
(4) Voilà du paracelsisme s'il en fut jamais. — Voy. p. 370 et suiv.