‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 115 sur 130 · PATHOLOGIE SPÉCIALE. -^ ASTHME · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE SPÉCIALE. -^ ASTHME

que, aa début de ce traité, par la similitude d'une épine enfoncée dans un doigt. La fièvre n'est donc pas seulement un effort expulsif ou mouvement altératif (encore bien moins l'altération elle-même et la diathèse comme d'ailleurs on l'a cru dans les écoles) ; c*est la partie matérielle elle-même de l'Archée corrompu par l'irritation (i). »

J'ai dit (2) que le seul Mémoire de M. Rommelaere fournirait les éléments d*un jugement tout opposé àr celui qu'il a porté luimême sur Van Helroont; je vais, à propos de la pathologie spéciale, en administrer plusieurs preuves décisives. C'est à peine, Messieurs, si j'aurai besoin d'accompagner de quelques réflexions les passages que je copie dans M. Rommelaere (S) ; il me suffira de les livrer à votre bon sens médical, et avec moi vous serez justement surpris qu'un homme aussi judicieux, aussi éclairé que mon docte confrère de Bruxelles, n'ait pas un peu réprimé les élans de son admiration.

Asthme. — « Van Helmont, après avoir rapporté plusieurs histoires d'asthmatiques, remarquables surtout par l'esprit d^observation profonde (A) qui s'y décèle, aborde la question de la nature de Tasthme. Pour lui, cette maladie est due à une 5emence virulente [qui a pris pour racine et diversorium l'esprit de quelque viscère]. Cette semence virulente, ou, pour s'exprimer plus clairement (6), cette disposition morbide, a pour effet de contracter les pores pulmonaires [à travers lesquels le souffle se transmet dans la poitrine] (6).

€ Quant au siège même, au nid {nidtis) de l'asthme, il se

(1) De febribuSf xiii, 2, 3, 4, p. 774. « Febris estipsa pars materialis indignatione deturpati Archei. »

(2) Page 475.

(3) Je mets entre guillemets ce qui appartient à M. Rommelaere — et, dans son texte ou dans les notes, — entre crochets, ce qui se trouve parfois plus exactement ou plus complet dans le texte de Van Helmont.

(4) Asthma et tussis^ 21-26, p. 290-91. [Ces cinq observations n'ont rien de remarquable, si ce n* est le pittoresque des expressions; de plus, il y en a au moins deux^ peut-être trois, dont il est fort douteux qu'on puisse les rapporter au véritable asthme.]

(5) Mais pourquoi vouloir parler plus clairement que l'auteur et donner le change sur ses théories T

(6) Aithma et tun.^ 27, p. 291. [Galien croyait, et Van Helmont avec lui, qu'en rétat sain^ une partie de l'air traverse les poumona pour aller dans la cavité pleurale.l

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5S0 VAN HEUlOIfT.

trouve dans le duumvirai, qui régit toute rorganisation humaine. Si la maladie (1) ne siégeait pas dans le spiriius in/lum, si elle n'avait pas une racine intérieure stable, elle [se terminerait en un seul accès,] ne se répéterait pas [et ne persévérerait pas] (2). >

f Van Ilelmont conclut son examen sur la nature de l'asthme ea donnant ii celte maladie le nom d^épilepsie du poumon (3). Quoiqu'il siège dans leduumvirat et atteigne même l'esprit, qui dirige loui{totius rector)^ l'asthme se développe cependant particulièrement (fructificat) dans le poumon, que l'on peut considérer comme son domaine propre; le poumon, suivant l'eiprcssion imagée de Van Helmont, se trouve empoisonné par un venin , qui agit sur lui de la même manière que la canlharide agit sur les voies urinaircs (A). Ce poison doit attendre, pour agir, sa maturité et son union à Yesprit du tout, »

Van Helmont est si sûr d'avoir trouvé la véritable origine, d'avoir découvert la nature de l'asthme, qu'il s'écrie (A) : c Jusqu'ici, les causes et la manière de se produire de l'aslhme sont restées ignorées des écoles. Que Dieu soit témoin et juge, entre moi et les humoristes, combien je suis plein de commisération envers les patients si mal traités, livrés par Tignorance i de cruelles f\inérailles, privés de tout espoir et débarrassés seulement de leur argent {nummo emunctos) par les médecins qui les abandonnent... Aussi en ai-je vu beaucoup qui étaient guéris par les vieilles femmes ou les charlatans I »

[1] Ici le texte parait un peu altéré; mais je crois que M. Roromelaere «a a rendu le sens général.

(2) Astkma et iufsit, 28, p. 29i.«-[Voilà, j'ctpèro, unoeipHcationtatbfoisiUite de rintenuittcncc]

(3) Aathmn et tussii^ 29, p. 293. [« Ucot itai|ue libertatc philoMphlca «flUimi noroinare cadtscum p^motkia, » Expreasion heureuse; mnit voilà tout. — Au § 2a, on Ut : « Eft ergo asthma m koe q^iifiptiae simiie^ quod liret nou iiienteai kriat, non contrahat nervos, aut syucopen concitet, dormit tanien in aliqua sede, unde tandem contagione quadani Arclicum inquinanx, si non nervos, saltem pu^ monet contrahat. *]

(4) Asthmn et tussis, 29, p. 292. — [Dans le § suivant et dans plusieura auti>P' paMag«i du DidoM traité» Van Uelmont confond l'asUime avec Thystérk*.]

(^ Àsikma fi ht$M, IS*^ p. aftO.

PATHOLOGIE SPÉCIALE. ^ PLkURÉSiE, IIYDROPISIE. 5Si

Van Flelmont rapporte assez exaclemeni les causes occasionnelles roaliiples des accès d'asthme ; il distingue arbitrairement Tasthme sec, Tasthme humide et même un asthme mixte; enfin il proscrit avec raison quelques anciens remèdes; mais je ne vois pas qu*il propose bien clairement un traitement nouveau pour les diverses espèces d'asthme qu'il croit reconnaître : pour la première espèce, il ordonne des arcana mineralia (comme pour l'èpllepsie invétérée), déjà usités par l'école de Paracelse, et pour la seconde des confortatifs et des restauratifs.

Pleurésie. — « La pleurésie, ou, pour continuer à nous servir du langage métaphorique de Van Helmont, Vépine pleurétique, est un acide particulier formé par CArchée^ et qui, entraîné par le sang, va bientôt, en se déposant à un point de la plèvre, donner lieu à un épanchement que Ton doit considérer comme un produit de la pleurésie. Autant l'acidité est agréable à Testomac, autant elle est nuisible quand on la rencontre hors de cet organe. On doit également attribuer les coliques, la strangurie,les douleurs goutteuses, à une acidité anormale (1). »

Or voici comment Van Ilelmont a été conduit à admettre que Vépine pleurétique est un acide :

c Van Helmont dit avoir été amené à conclure à la présence d'un acide dans la pleurésie, par ces faits, que l'urine se trouble dès son expulsion et que le sang recueilli par la saignée se prend de suite en couenne, ce qui est l'effet observé à la suite de Taclion d'un acide sur le sang (2) ! »

Hydropine. *— Les anciens plaçaient la cause de toutes les hydropisies dans le foie ; Van Helmont en Ironve le siège i peu près unique dans les reins ; ce n'était en vérité pas la peine de faire tant de bruit pour substituer une hypothèse à une autre. Pas plus que les anciens, Van Helmont n'« connu les diverses ori-

(1) Pleura fUrens^ 13 et lA^ p. 319. — [Voyez aiusi^ pour tous les ravages que font les acides : A sede animae ad morhoSy 9, p. 235; Confirm, morôor, teées in afitf». sens., 13, p. 451; enfin: Volupeviventiummorbus antiquitus putatus^^i et suîT.^ p. 314 et sui?. — Nous verrons chez Sylvius de le Iloe les développements exagérés de cette théorie qui^ un moment, a trouvé beaucoup de faveur.]

2) Pleur, fUr., 18, p. 320.

gines de Thydropisie et les relations de celte affection secondaire avecies désordres du système circulatoire, quoiqu'il semble avoir entrevu que Thydropisie dite rénale était liée à un obstacle dans le cours du sang.

Apoplexie et paralysie. — « Cette maladie est déterminée occasionaliier par une cause virulente conçue dans la région précordiale (Festomac). Cette cause virulente s*y perfectionne et infecte l'Ârchée de cet organe. Dès lors celui-ci porte son action sur le cerveau, qu'il abat. Le cerveau ne souffre donc que consécutivement à la lésion de Testomac (1) . >

Je crois que cela vaut bien les fumées apoplectiques des anciens, et leurs fluxions catarrhales.

€ Si la pituite était cause de la paralysie qui accompagne Tapoplexie, cette paralysie serait ambulatoria^ parce qu'elle devrait se déplacer par suite des mouvements du malade. Eo effet, la pituite, inobediens excrementum^ se portant à droite ou à gauche, occasionnerait nécessairement aussi le déplacement de la paralysie, ce qui n'arrive pas. Voilà la meilleure preuve que c'est dans les organes mêmes, dans leur Archée vital, et non dans une pituite imaginaire, qu'il faut chercher la cause effective de l'apoplexie et de la paralysie qui en résulte (2). >

Épilepsie. — « L'épilepsie reconnaît pour cause un virus hilariant et narcotique qui se développe dans le voisinage de Testomac. Ce poison a pour effet de détruire momentanément l'action du duumvirat (3), et c'est consécutivement qu'il fait ressentir gon influence à la tête. L'Archée de la tète, atteint par le poison, forge des idées virulentes qui, en se réalisant, déterminent le summum du mal. »

Voilà comment votre fiUe est muette I

(1) Lithiàs.^ IX, 81, p. 727. [Cf. aussi ix, 52, p. 720, et presque toute la fin de ee chapitre neuTième.]

(2) De lith,, ix, 78, p. 727. — [La critique de Van Helmont est aussi ridicule que la théorie à laquelle elle s'adresse.]

(3) Voy. p. 483.

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