SYLYIUS DE LE BOE
d'observation et d'analyse. Il a fallu, vous le savez, arriver jusqu'à ces derniers temps pour assister à la distinction entrevue par Darwin et formellement établie par Gerdy et M. Beau entre la sensibilité pour la douleur et la sensibilité tactile proprement dite. Encore peul-on se demander si la sensibilité douloureuse ne serait pas simplement la sensibilité tactile exaltée ou pervertie. Mais ce qui ne peut être contesté, selon moi, c'est que les impressions que nous recevons par les corps chauds ou froids sont essentiellement différentes de toutes celles qui arrivent aux organes du tact. Eh bien I Sylvius a distingué le sens de la chaleur du sens tactile proprement [dit. Il montre que la sensibilité pour la chaleur peut persister en [absence de la sensibilité tactile y ou malgré la perversion de cette dernière ^ et quelle peut être abolie ou dimiiiuée bien que le tact soit conservé. N'est-il pas étonnant qu'une notion si exacte et si bien formulée se soit perdue pendant deux siècles ? »
J'ai relu avec beaucoup d'attention les paragraphes 22 et suivants, chapitre iv, livre I du traité Methodus medoidiy les chapitres ii (§§ 28, 26-29), vi (§ 3), xi, xii, xxii (§§ 4 et 7) du 11' livre de la Praxis medica^ auxquels mon savant confrère fait sans doute allusion (car il ne cite aucun passage), et je n'y puis pas découvrir tout ce qu'il y a vu. Je reconnais bien dans le Methodus medendi et ailleurs une distinction verbale et objective entre le sens du toucher el le setis du froid et du chaude distinction que Sylvius a faite, dit-il, le premier (1), mais non pas l'indépendance anatomique, physiologique et pathologique de ces deux sens, ni rien, absolument rien qui rappelle, même de loin, les expériences physiologiques, les recherches anatomiques ou les observations pathologiques des modernes. Sylvius n'avait pas d'idées exactes
(1) Vov. Praxis med., II, ii, 24. — 11 est certain que Galicn n'a |mi8 ftit cette distinction verbale. Fidèle à la doctrine aristotélicienne^ il donne la liste des qustorzc impressions tactiles^ par séries binaires opposées^ De difpsr. puisuum, III, t. VIIl, 7, p. 692. Cf. aussi, entre autres passages : De temper,, I, 9, t, I, p. 495; 11^ 3, p. 598, où on lit que le tact est le seul juge du chaud et du froid Gcpendaat Tautcur semble insinuer que le tact analyse, distingue, asMcie les diverses impressions ; mais tout cela est fort indécis. Les plus MIct latoitiaiity entourées de taal (rcrrours, ne mènent pas à grand'c' to dteoBStratioiis, ou du
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