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touchant le vrai rôle des nerrs dans la production des sensations. Il n'y a chez lui, à cet égard, que des vues de l'esprit sans aucun soutien. « Deux sens, dit notre auteur (1), ont été jusqu'ici confondus mal à propos sous un seul nom : le sens du tact, qui perçoit la mollesse et la dureté; le sens de la chaleur qui perçoit le froid et le chaud; il Tant les distinguer tout à fait > ; puis il ajoute : c Je pense qu'on les a confondus par cette raison que ces deux sens n'ont pas chacun un organe différent, mais le même. Chacun des deux sens n'a pas un organe différent et dis« tinct, parce que l'une et l'autre qualité peut être perçue par le même organe. Ainsi la langue, organe du goût, perçoit aussi la chaleur et la dureté, et cependant le goût et le tact ne sont pas tenus pour un même sens (2) : le sens du tact a pour objet la résistance des corps ; — le sens de la chaleur et du froid a pow objet la température (S). J*ai donc raison de dire que la distinction des sens doit être tirée de la diversité des qualités objectives et non de la diversité de l'organe. »
Or, on sait (A) que le jour où l'on a cherché, mais sans preuves jusqu'ici suffisantes, à séparer la sensibilité tactile de la sensibilité douleur ou de la sensibilité de température, on a en même temps pensé que la transmission de ces deux ordres d'impressions cheminait par des éléments nerveux différents qui pouvaient être isolément paralysés. La doctrine anatomique que Ton voudrait faire prévaloir aujourd'hui est, si je ne me trompe , Topposé de la doctrine de Sylvius. Si le sens de la température est encore plus essentiellement différent du setis tactile que le
(1) Praxis med.y II, ii, 26-29; II, vi, 3.
(2) C'est comme si notre auteur disait tout simplement : la peau perçoit, d'une part, là mollesse et la dureté des corps, et, d'autre part, la chaleur et le fi*oid. Ce •ont quatre perceptions, groupées en deux séries, existant en un môme lieu, et que les mêmes causes détruisent, diminuent ou pervertissent, comme on le voit en divers panages (Cf., par ex.. Praxis med.y II, ch. xi et xii).
(8) FraxiSy II, n, 1 ; xii, 1.
(ê) Yoy. Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine, 5* éd., p. 93A; il ÏMÈgét^ Traité de physiologie, 3* éd., t. IH, p. 66 et suiv. Si on lit dans tÊê àtnt ittlearff surtout dans le second, les discussions et les recherches auxqiellaa • dumé lieu la détermination précise des diverses manifestations du sens du tacty on restera convaincu que Sylvius n'a pas même entrevu la question.
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sens tactile ne Test du sens douleur, on devrait alors, à plus forte raison, expliquer celle différence par deux ordres d*élémenls nerveux.
Quant à l'indépendance pathologique, elle ne parait pas mieux démontrée dans Sylvius, car il dit (1) : c Le sens du tact et celui delà chaleur sont toujours, dans toute paralysie grave, affectésà peu prés (2) en même temps et ensemble. Leur abolition ou du moins leur diminution n'est cependant pas de l'essence de la paralysie (?), mais une conséquence {consectarium) de la paralysie» car toujours (ici il n'y a pas fere) dans la paralysie ces deux sens sont plus ou moins en détresse. Le mouvement dans la paralysie est atteint primitivement, le sens du toucher et de la chaleur le sont secondairement, par consensus^ et avant tous les autres. Ces deux sens, étant des sens généraux, répandus dans toutes les parties du corps, n'ont pas, comme les autres sens, un organe spécial, et sont peut-être aidés, en même temps, d'une certaine manière par les esprits animaux pour produire le mouvement animal (3). > Ces propositions se rattachent d^ailleurs à toute la doctrine de Sylvius, empruntée partie à Van Helmont, partie à Galien, sur la théorie des sens qu'il déduit de la théorie des esprits animaux. Je me crois conséquemment fondé à n*admettre que dans la limite des mots, et non pas dans celle des choses, le rapprochement proposé par M. Gubler.
Il faut encore, et quoiqu'il m'en coûte, que je me sépare d'un confrère aussi distingué et aussi sagace sur un autre point, de moindre importance il est vrai, mais qui mérite cependant
(i) Praxis med., II, xui{De paralyst), 4, 5, 7.
(2) Si même fere ne signifie pas ici justement ou tout à fait. En comparant les chapitres xi ci xii du livre U de la Praxis^ on verra que les causes qui sont assignées comme pouvant abolir ou diminuer l'un et l'autre sens sont de telle natun> que, dans la pensée de Sylvius, elles agissent à la fois sur Vorgnne des deux sens,
(3) On ne voit pas ce que vient faire ici le mouvement animal. — Dans les Dictata ad HarthoL Instit, anat. (1640-1641). 1, 2, p. 879, Decute^ Sylvius dit tout simplement « que la peau est seute l'organe du tact, et, qu'en conséquence, ello a reçu des nerfs i> ; mais plus il avance en âge, plus il devient théoricien, plus il oublie ses études positives; plus il a lu Van Helmont, plus aussi il divague, ou, si l'on préfère, plus U devient vague.
QUELQUES BAPPROCIiEMENTS ENTHE SYLVIUS ET LES MODERKES. 5A9
examen. A la page 293 delà Conférence précitée Je lis: * Sylvius ne fait il pas allusion aux urines mousseuses par excellence lors* qu'il parle du son ou de la crépitation que font entendre certaines urines? » Voici ce que dit Sylvius (1) : c Une diversité de son est observée pendant l'émission de Turine : Turine est rendue tantôt en produisant un son notable, en même temps que se l'orme une écume abondante (laquelle vient d'un jet vigoureux et ne persiste pas, par opposition à l'écume catarrheuse), et tantôt elle tombe sans donner aucun son, comme si c'était de l'huile. Le son vient de ce que l'urine est séreuse, c'est-à-dire aqueuse et salée ; l'absence de son tient à ce qu'elle renferme une proportion considérable de parties oléagineuses (2). » N'est-il pas probable qu'il s'agit ici du bruit que fait l'urine en tombant dans le viise, suivant qu'elle ressemble h de l'eau ou à de l'huile, et non du phénomène de crépitation ?
Ce n'est pas seulement pour l'urine que Sylvius parle du son ; énumérant les modifications pathologiques qui se produisent dans ce qu'il appelle les maladies des qualités sensibles, soit des liquides, soit des solides (3), il étudie successivement le nombre, la grandeur, la quantité, la figure, la consistance, le lieu, la couleur, l'odeur, le son^ le mouvement, etc., etc. Ainsi vous trouvez le son du sang, delà bile, du suc pancréatique, de la salive et de la pituite, de la lymphe, du chyle, des esprits (A). Si l'on compare entre eux ces divers passages, on voit qu'il s'agit tantôt du son que ces liquides sont supposés capables ou incapables de produire par leurs mouvements, tantôt des bruits qui peuvent se faire entendre accidentellement en eux ou par eux, comme le sifflement dans l'asthme en suite des efforts de l'air contre la pituite, ou comme les flatuosités qui, dans le tube intestinal, se révèlent par des borborygmes, des vents, des rapports, et qu'on attri-
(1) Appendix ad Praxim mcfl,, tract. Y, 375, 389, Ce lont probablement ces passages que M. Gublcr avait dans la mémoire.
(2) Voy.^ sur cette apparence des urines, Beale^ De rurine, trad« OUivier et Bergeron, p. 12. — Le diabète^ dont il est question dans Praxis med,, tract. V, § 339, est- il le vrai diabète? J'en doute.
(S) Voy. plus loin (p. 558) ce que je dis de la nosologie de Sylvius. (â) Method, med,^ I, vi, 9; vu, 1; viii, 2 ; ix, 5; x, A; xi, 3; xii, 2.