STLTIUS DE LE BOE
Médecine pratique. — Fidèle à son système de division et de subdivision, Sylvius traite dans sa Praxis medica^ soit des symptômes comme s'il s'agissait de véritables unités morbides, soit d'affections non localisées, très-vagues , et qui dépendent de cent causes différentes ; soit enfin de divers états pathologiques qui peuvent se manifester dans un appareil, par exemple dans Tœil, dans l'oreille. Il ne semble admettre qu'un petit nombre de maladies spéciales : les fièvres, l'hydropisie, Tépilepsie, la paralysie et diverses affections cérébrales, dont plusieurs même ne sont que des symptômes, enfin la peste, l'arthritis, les maladies éruptives. Ainsi nous trouvons des titres comme ceux-ci : De la lésion de la soif, de la faim ; De la difficulté de prendre les aliments y de les avaler; Lésions de t inspiration et lésions de F ex* pirationde tair ; De la séparation défectueuse du chyle cTavec les excréments; De la mauvaise sanguification du chyle dans le ventricule droit du cœur ; De la génération ou de la sécrétion défectueuse des esprits animaux dans l'encéphale; De la génération vicieuse du suc pancréatique ; TÀsion de la confection parfaite du sang dans la rate; De la perversion des sueurs; Lésion de la génération ou du mouvement du lait (1) ; Lésion du
spéciaux. — On remarquera que cette thérapeutique est tout humorale, puisque, à quelques exceplions près, les mcdicaments sont des modificateurs de la quantité, de la qualité, ou mémo du siège des humeurs.
(i) Voici un passage qui prouve de nouveau combien SyWius, ignorant du mécanisme des sécrétions, se laisse aveugler par l'esprit de système et combien les théories préconçues out quelquefois de puissance pour faire sortir des expériences tout autre chose que ce qu'elles contiennent : a C'est dans les glandes des mamelles, lors de son passage à travers ces «glandes, que le sang se change en lait ; toutefois, je ne crois point que ce soit par la seule tainisation (pet'colationé) à travers les pores: des glandes mamillaires (comme l'admettent plusieurs personnes suivant qui toutes les fonctions naturelles s'accomplissent de cette manière, — c'est-à-dire, mécaniquetnent, — ) que le sang se change en lait, mais par l'accession d'une autre chose qui donne au sang sécrété ici une couleur et une consistance bien différentes de celles du reste du sang. Non-seulement un raisonnement solide, mais des expériences multipliées attestent que les liquides préparés dans les glandes participent plus ou moins à une acidité quelquefois plus manifeste, quelquefois moins apparente et cachée par d'antres qualités concurrentes. Deuxièmement, il résulte de nombreuses tkpériences chimiques que Tacldc change en couleur blanche la couleiir rutilante.
THÉORIE DBS ACIDES ET DES ACRES. S6i
retour du sang des veines au ventricule droite et à ce propos de r inflammation. L'inflammation est considérée comme un enclavement ou une extravasation du sang, phénomènes qui se passent dans les capillaires ou dans un parenchyme poreux (1) et qui produisent l'effervescence en raison de la disparation de certaines parties salines et de la présence de certaines autres (2). On comprendrait encore que plusieurs de ces questions soient Tobjet de remarques particulières comme introduction à la pathologie spéciale ; mais en faire autant de chapitres de cette pathologie spéciale, c'est la preuve d'un esprit très-court et tout entier livré à la recherche des catégories médicales factices dont on trouve malheureusement trop d'exemples dans les ouvrages didactiques. De r acidité et de r acrimonie. — 11 est temps de voir quel rôle jouent V acrimonie ^ les acres, les âcretés^ les acides et l'effervescence, dans la pathologie de Sylvius; en d'autres termes, il est temps de quitter le côté galénique de son œuvre pour envisager plus particulièrement le côté iatro-chimique. On peut dire de la pathologie de notre auteur que le cadre est galénique et que le tableau est chimique ; car la plupart des maladies, ou du moins des états pathologiques, sont expliquées et traitées chimiquement; la plupart des indications (3), et Sylvius insiste beaucoup sur ce sujet, sont fondées sur le rapport supposé entre la maladie et le remède ; or, ce rapport, il cherche très-souvent à l'établir d'après la nature chimique de la cause efficiente et l'action également chimique du médicament, surtout en ce qui touche les absorbants et les altérants ; attendu que ce sont les
Troisicmcment^ on sait, par les mêmes expériences, que cet acide coag:ale et épaisait tout ce qui est coagulable. Ce n'est donc pas sans un motif grave que nous pensons qu'il se prépare dans les glandes des mamelles un liquide acide, mais tempéré, qui, mêlé aux parties du sang sécrétées du reste de la masse, rend ces partics plus consistantes, plus intimement mélangées, et leur donne une couleur blanche en les changeant eu lait. » Praxis med.y III, x, 41, d2, d4-47. Ainsi la sécrétion du lait n*est qu'une opération chimique de teinture avec coagulation*
(1) Voyei p. 544, note 4.
(2) Praxis tned., I, xL, 14 sui?..
(3) La mulUplicité des divisions pathologiques a entraîné la multiplication portionnclle des indications, et a donné lieu à un nombre infini de formules.
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médicaments qui agissent sur les affections des qualités sensibleSi propres ou communes, pour les faire rentrer dans Tordre (1).
L'augmentation delà soir(2) vient de Tâcreté de la bile et da suc pancréatique effervescent, ou d'une humeur salée qui descend de la tète ; traitement diluant ou acide (i, S, 5). — Le dégoût est causé par les humeurs viciées ; il porte sur les doux, les acides doux, et plus rarement sur les acides forts (in,iO). — Lorsque les aliments ne séjournent pas le temps voulu dans l'eslomac, cela tient tantôt et le plus souvent aux humeurs bilieuses salines, tantôt aux sucs pancréatiques acides doués d'une acrimonie volatile, d'où s'échappent des souffles acres et mordicants, tantôt enfin } des catarrhes acido-salés et acres qui arrivent de la tête an gosier (3); on emploie l'eau de chaux {alcalins) sous forme de lessive contre l'acrimonie salée (VI, 7, 8, 14). Les altérations du suc pancréatique et de la bile sont presque toutes rattachées à ces qualités (x et XI). — Les esprits ou les sucs acides, les acrimonies salines, les oléosilés volatiles expliquent la plupart des douleurs intestinales (XIV, 19, 22, 23, 27-80). Le traitement est réglé en conséquence par les contraires {Ibid. 39 et suiv.). . Sylvius admet toules sortes de vomissements de matières amères, acides, acres, salées, douces, qui, contenues dans les intestins, peuvent être rejetées, en raison du mouvement péristaltique. Comme conséquence de ces catégories qui sont
(1) Voy. Method. med., II, xxii et suiv, — Dans les Tomitifs et les sudorifîques^ les substances chimiques dominent également, surtout les roercuriaux et les antimoniaux. Syhius fait un grand usage^ comme altérants^ détergents et purgatifs, des antimoniaux^ et môme des mercuriaux^ dans les fièvres intermittentes ; mais il a soin de recommander une prudence qu'il n*observe pas toigours, car il donne la pondre d'Algarotb comme vomitif.
(2) Je tire mes exemples du I«^ livre de la Praxis medica, le seul qui ait reçu une rédaction définitive ; mais les autres livres de ce traité et tout le second livre du Methodus medendi sont remplis de propositions sur la puissance des acres et des acides. — Le premier numéro que je mets entre parenthèses indique le chapitre; le second et les suivants, quand il y en a plusieurs, le on les paragraphes.
(3) Les catarrhes qui descendent de la tête jouent presque un aussi grand rôle dans la pathologie de Sylvius que dans celle de Galien (voy. p. bàh, note 3); seulement, Sylvius s'enquiert de lenr nature chimique, sans négliger cependant l'étude de leurs qualités physiques.