THÉORIE DES ACIDES ET DES AGEES
si fort (le son goût, notre auteur énumère successivement tous les points du canal intestinal où il suppose l'existence d'une per* version de ce mouvement péristaltique ; il descend jusqu'en bas et semble croire que la matière des vomissements arrive même du rectum. Le mouvement péristaltique, qui entraine aussi l'estomac, tient & l'effervescence des humeurs acres (bile et suc pancréatique) existant naturellement en nous, ou à des matières introduites dans le corps (xv, 3-7) ; il rapporte de prétendues observations à l'appui de sa manière de voir (§ 12); il prétend aussi établir par le raisonnement et par les autopsies que le pus et le sang qui sont rejetés par les vomissements viennent du pancréas et non d'ailleurs (§ 13); ce qui prouve bien quelle est la puissance désastreuse des idées préconçues. Il est juste d'ajouter que Sylvius attribue les vomissements de matières fécales à une hernie étranglée, on à l'iléus {invagination)^ ou à une occlusion quelconque de l'intestin grêle (§ 16 et suiv.).
L'ascite dépend de l'obstruction des vaisseaux lactés par un chyle devenu trop épais sous Tinfluence d'actions plutôt physiques que chimiques ; cédant aux efforts de TafQux continuel, ils se rompent et laissent écouler la liqueur qu'ils contiennent (xvii, 8). — - D'un autre côté, les théories chimiques reparaissent bien vite pour expliquer d'autres espèces d'hydropisies (voy. p. 669). — Comme le chyle reçoit sa perrection dans le corps par l'action continue de la respiration, qui entretient et modère Teffervescence, laquelle a son siège dans le cœur et les grosses divisions de l'aorte, la sanguification est lésée quand le chyle provient d'aliments acres naturellement ou rendus acres par des causes internes ; d'où résultent toutes sortes de maladies, la cachexiCf l'anasarque, la leucophlegmatie (xviii, 1 et suiv.).
On trouve aussi dans la huitième Disputatio (§ A2 suiv.) des détails très- étendus, et que je résume ici, sur les altérations chimiques de la lymphe ou du suc pancréatique et sur les maladies qui en résultent.
« Je soupçonne que les esprits animaax^ lorsqu'ils sont portés par les neris aux glandes conglobées {ganglions lymphaliques), s'j mélangent avec un esprit acide sécrété par le sang qui afflue vers ces glandes. Cette conjecture m'a été suggérée par la présence de l'esprit acide, observé