‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 127 sur 130 · STI.?XUS D8 LB BOB · texte numérisé non relu

STI.?XUS D8 LB BOB

souvent assez pur dans le corps sans qu'on ait fait usage ou abus d*une chose manifestement acide. — Ainsi, pour ne rien dire maintenant de la génération des fièvres intermittentes, de l'affection hypochondriaque et autres maladies semblables (voy. plus loin, p. 568), il existe dans ce pays une affection très-fréquente qui attaque les nouveau-nés et qui est caractérisée par des coliques, des nausées, des vomissements de lait coagulé, des douleurs do ventre,Iequel est ballonné par les vents ; il en résulte quelquefois des hernies, la constipation, puis la diarrhée, des d^ections multicolores, enfin des accès d'épilepsie ; cette affection, dis-Je, eA sans aucun doute produite par un esprit acide qui, avec la bile, cause de Teflervescence dans les intestins grêles, ainsi qu'on peut s'en convaincre par les symptômes et par le traitement dont le meilleur consiste dans l'emploi des altérants et des purgatifs. De môme, des douleurs intenses ou lancinantes se faisant sentir tout à coup comme un coup de foudre, dans quelque partie du corps que ce soit, annoncent la présence d'un esprit acide très-mobile, et rongeant les parties douées de sentiment. Tout ce qui, dans la nature, est acre et mordant, excepté le feu, est oo esprit acide ou sel lixivieux« ou, pour parler comme Pline, lessive (i). En effet, cet esprit, ce sel, au moyen des cendres de matières brûlées, ou de lui-mOme, se résout en lessive, puis on peut lui rendre par la cuisson la consistance du sel ; c'est l'agent le plus acre (potasse caustique) dont nous puissions nous servir pour faire des fonticules à la peau, et alors il prend le nom de cautère potentiel. Je n'ai rencontré Jusqu'ici aucun agent digne du nom d'acre qui ne puisse être ramené à 1 un ou l'autre des deux que je viens de décrire. 11 na faut pas croire qu'il se trouve dans le corps un esprit acide tout préparé (t>o2^?); mais il est dégagé des mélanges qui le tempéraient d*abord, c'est-à-dire séparé et délivré de l'huile et de l'esprit volatil. La carie des os annonce la présence dans le corps de ce môme esprit trop pur, ce qu'indiquent les douleurs souvent intolérables et dues à la seule acidité. L'âcreté produite par le sel lessive demeure attachée plus fixement au môme endroit, et semble brûler la partie affectée quand l'esprit acide parait attaquer, déchirer, percer la partie dont il fait sa proie. De môme l'acidité de la salive .est souvent telle, qu'à l'égal des autres acides, elle stupéfie les dents. Quand il n'y a pas de salive acide dans la bouche, mais qu'on trouve dans le ventricule ou les intestins^ sans qu'on oit conunis de faute dans le choix des aliments, des indices d'une humeur acide, alors je pense (puisque cela ne peut provenir de la bile amère ennemie de l'acide) que le suc pancréatique pèche par une trop grande acidité, et que cela arrive par un vice, soit du pancréas lui-môme ou de ce qui est requis en lui, soit du sang qui afflue vers lui. Le sang artériel fournit aux glandes la matière des humeurs acides ; sa coagulation en grumeaux, lorsqu'il est

(i) Uxivïum, dissolution de sel de potasse. Voy. PUoe, xiv, 120; xv, 67; xxvm,

Page 1