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THÉORIE DBS ACIDES ET DES AGRES

tir6 des vaisseaux, puis la corrosioa et la consomption des os produite dans raaéyrysme par ce sang, indiquent qu'il contient des parties acides I L'acrimonie de l'esprit acide est tempérée par tous les corps gras, mais avec plus de difficulté, à moins que, par Tadjonctlon du sel llxivieux» on ne facilite Tamalgame.

« Ainsi, d'après mes conjectures, je tire les conséquences suivantes : c'est dans les glandes conglobées (ganglions) que m ttdi l'union de l'esprit volatil avec Tesprit acide, ce qui ressort de la liquidité de lalymphe ; c*est dans le pancréas, au contraire, que se fait celle de l'esprit acide avec l'huile, ce que prouve la viscosité de la piluite des intestins ; c'est dans les glandes maxillaires {glandes conglomérées) y enfin, que s'opôre l'union de l'huile avec l'esprit acide et l'esprit volatil, ce qui est attesté par la consistance moyenne de la salive entre la lymphe et la pituite. Ma conjecture sur l'origine de la lymphe par la combinaison de l'un et l'autre esprit, est encore confir* mée par les affections diverses familières aux glandes conglobées, ou qui tiennent à leur mauvaise disposition. Telles sont les tumeurs strumeuses qui naissent en elles d'humeurs tenaces, ayant la consistance du plAtre, tenant surtout à un esprit acide, et qui s'y rassemblent. Les affections qui accompagnent la mauvaise disposition de ces glandes sont le coryM, l'étemument, la toux, etc., affections qui naissent d'un esprit acide intempéré, comme le montre râcreté acide ou acido-salée des humeurs excrétées. Je pense que la lymphe, en tant qu'elle se compose, pour la plus grande partie, de l'esprit animal, prévient par son retour dans ]m veines la trop copieuse évaporation de cet esprit, et que c'est une grande prévoyance qui fait qu'elle est rendue au sang refluant du cerveau et du cervelet, où elle laisse en abondance sa partie la plus spiritueuse l Je pense encore que la lymphe, en tant qu'elle a en elle quelque chose de l'esprit acide, dispose le sang qui descend au cœur de telle façon, que ce sang rencontre celui qui monte et qui a été imprégné de bile dans le foie ; or cette rencontre a lieu dans Toreille droite du cœur et dans le ventricule droit. Là où tout est tempéré, tout est doux et ami de la nature ; mais là où soit quelque chose, soit le tout, est vidé plus ou moins, et de quelque manière que ce soit^ là il y a une effervescence nuisible et contraire à la nature.

« J'ai candidement communiqué à tous et mes conjectures douteuses et mes opinions plus probables, désirant uniquement que ceux qui traiteront le môme sujet s'inquiètent moins de renverser le sentiment des autres, que d'étayer et de corroborer le leur. La vérité étant une, celui qui la possède, la possède tout entière ; celui donc qui prouvera qu'elle est avec lui, fera par cela même crouler les opinions de ses contradicteurs (1). »

(i) Voy. aussi Disput, IX, i, 2, oà Sylvius dit qu'il ne veut ni fOuSHr ni iii|poftr ta dictature; il n'y a qu'on maitre t reipérience l

568 SYLVIOS DE LE BOt

On ne peut pas être à la fois plus humble en paroles, et en Tait, plus superbe, car non-seulement Sylvius plie ses lecteurs, maisia nature aux fantaisies de son imagination.

Si de ces états pathologiques très-vagues nous passons à quelques individualités morbides mieux limitées, nous trouverons les mêmes principes rigoureusement appliqués (1), d'où résultent deux grandes classes d'affections : celles qui viennent d'un excès d'acide et celles qui sont engendrées par un excès d'alcali {acre). Par exemple, les fièvres intermittentes et catarrhales (2) ont, comme l'arthrite (S), leur siège ou leur foyer dans le pancréas et dans les glandes conglobées voisines (A) ; elles dépendent des altérations acres, acides , ou lixivio-salées, ou muriatico-acides des sucs contenus dans ces parties, et aussi du mélange de la bile plus ou moins viciée, altérations qui produisent l'effervescence. Non- seulement tous les genresde fièvres, mais tous leurs plus petits symptômes (6) sont expliqués par la nature, le degré

(i) Ia peste et la syphUis {sojei Appènd» ad Praxim, tract. 11 et III) n'échappent pas non plus à ces théories; pour la première de ces deux aflecUons, que SylTins croit en partie divine, il n*ose pas rejeter absolument les amulettes (§ 510)^ et (I 51 f) le mercure autour du cou Tauté par Paracelse, mais pour sa Tertu contre la syphilis.

(2) Pour toute fièvre, le signe pathognomonique est tiré de la fréquence du pouls. — Dûp. IX, 5 et suiv.

(3) L*arthrite (goutte) siège dans les ligaments et les membranes ligamenteuses^ non dans l'intérieur de rarticulation ni dans les os ; il le prouve par des raisons théoriques. Elle a pour cause efficiente une humeur acre, bilieuse (mêlée à un sel liuvieux, fixe ou volatil^ et abondant) et séreuse^ ou acide; cela se reconnaît par la nature de la douleur. Gomme le paroxysme de l'arthrite est toujours accompagné de fièvre, ce n*est pas seulement l'humeur primaire qui est alTectée, d'autres le sont aussi. Append. ad Praxim, tract. VIII, i-26.

(à) Append. ad Praxim, tract, VIII, 26 et suiv. Cf. Tract, X, 195 et suiv. — Gela rappelle évidemment le duumvirat de Van Helmont On peut encore rapprocher des idées de Van Helmont celles de Sylvius touchant la dissolution des calculs dans la vessie à l'aide de lithotriptes, particulièrement de l'esprit de nitrcMethod, meef.,11, xxty, 6-7. Dans II, xvt, on trouve des détails à relever sur les cathéters.

(5) Quoiqu'il s'efTorcc, au point de départ des indications thérapeutiques, d'attaquer le mal à sa racine, Sylvius fait surtout une médecine de symplùmes, fondée sur le caractère chimique ou mécanique de la maladie. Avec son système de nosologie, il était difficile qu*il en fût autrement.— Voy es, pour la doctrine des indice-

CHimaME ET MÉCANISME. 560

et le siège précis de ces altérations chimiques et physiques des humeurs (1). Nous nageons dans un véritable cloaque. — Quant à la subdivision des genres en espèces, elle va h l'infini.

De tout cela qu'est-il resté 7 très-peu de chose dans la médecine scientifique, mais beaucoup dans la médecine popuhire.

Sylvius fait un mélange du chimisme et du mécanisme. Nous avons déjà vu (p. 565), que la mécanique joue dans Tobstruc* tion un rôle prépondérant pour la production de Tascite. Quant à Thydropisie en général, quelle qu'elle soit, la cause seconde la plus fréquente, la plus puissante, doit être attribuée également à l'obstruction, mais la cause première est chimique : les sucs blancs I en devenant trop visqueux par suite de leurs altéraiions chimiques intrinsèques, engorgent les vaisseaux qui se rompent ou s'éraillent ; lorsqu'ils sont, au contraire, trop séreux, alors ils s'échappent à travers les tuniques. Sylvius soutient d'ailleurs que la matière deThydropisie est fournie non par les artères ou les veines, mais par les lymphatiques et les lactées ; les artères et les veines ne peuvent produire que l'inflammation et la suppuration, parce qu'elles ne contiennent pas seulement du sérum (2). 11 convient donc de combattre l'hydropisie par les correctifs des sucs, par les corroborants des vaisseaux, par l'expulsion médicale (diurétiques, sueurs, évacuants) ou chirurgicale (paracentèse) de la matière extravasée.

Vous voyez donc, Messieurs, quelle distance sépare la théorie

tioiis, p. 560 et niiv.^ Methodus medendi^ l, xu, et Àppendix ad Praxinif tract* VI, §§ 73 et 8uiv.

(1) Vojei Praxis med.^ I, xvii et suiv.

(2) Append. ad Praxim, \l, § 2, 25 et suiv., et 13 et suiv. — Gependaot Sylvius fNinit admettre (§ dO et suiv.) que le sérum s'échappe asseï facilemeut des vaisseaux ; mais ce n'est pas pour produire directement Thydropisie, c'cst^ au contraire, pour aider à la guérison de Thydropisie par les sueurs, lesquelles se produisent, tantôt naturellement^ tantôt contre nature, mais toujours aux dépens du sérum du sang. — Nous avons déjà montré plus haut quelle idée Sylvius se faisait des sécrétions à propos du lait (p. 562, note 1). — Aux 29-37, notre auteur explique à moitié bien à moitié mal pourquoi, dans les hydropisies, les pieds gonflent pendant la station et se dégorgent pendant le décubitus, tandis que c'est le contraire pour r«dème de la face*

570 STLnUS DE LE BOB

mécanico-chimique de SyWius de celle des modernes touchant la formation des hydropisies. 11 ignore absolument l'influence des affections du cœur, comme du reste on l'ignorait de son temps, sur la production de cette maladie ; il retranche justement aux vaisseaux la part qu'ils y prennent mécaniquement ou dynamiquement ; et même sur le rôle des reins il est moins avancé que Van Helmont.

L'homme qui use volontiers de cette forme de rhétorique, jt soupçonne j je suppose^ est au fond le plus affirmatif des dogmatiques : cependant il n'a pas craint d'écrire ces deux phrases : « N'admettez rien pour vrai^ dans la médecine ou dans les sciences naturelles, qui ne soit démontré vrai, ou qui ne soit confirmé par l'expérience à l'aide des sens externes (t). — Je n'ai pas livré à la jeunesse mes opinions, mes suppositions, mes doutes comme fondements de la médecine, mais j'ai proposé des conclusions qui ressortent de mes expériments (2) fermes, inébranlahles, et bases solides de notre science (S). » — C'est ce même homme qui se pose comme praticien par excellence (practictis), comme clinicien (clinicus)^ en opposition aux magistri doctorales ou medici cathédrales et theoretici de son temps (4).

En résumé, malgré d'incontestables mérites, et , en certains points, une réelle supériorité sur Van Helmont, je ne comprends pas, je l'avoue, le grand état qu'on fait de Sylvius. J'ai pu au moins m'indigner contre Paracelse et m'irriter contre Van Helmont; quelque chose me soutenait, m'excitait : mais Sylvius est d'une monotonie désespérante (5) : pas de relief, rien

(1) Dùput. IX, 27; cf. Àppend. ad Praxim, tract. V, 288, àih et tract. Vil, 278, 279.

(2) G*e8t sans doute d'après ses expériments qu'il conclut, par exemiile, que les fièvres viennent de Tobstruction résultant de Taltération des sucs, car il a trouvé, à Tautopsie, les organes empâtés ! Quand il dit que les fièvres malignes tiennent à l'alcalinité des sucs et à la grande fluidité du sang, cela résulte pour lui non d'expériences et d'observations fermes, inébranlables, mais de pures vues de l'esprit.

(3) Cf. Praef, ad lector.^ 5; Disput, med., III, 1. (à) Append. ad Praxim^ inet. VI, 61, 62, 252.

(5) Sprengel a remarqué, non sans raison, que le système de Sylvius était trop simple et trop bien ench^dpé pour être vrai. On pourrait félre la même réflezioii-4

OUYM AUX iLftyiB US POETES DBS HOnTAUX. S7i

contre quoi on puisse s'emporter, rien non plus qui excite parfois l'admiration ; rien qu'une série de propositions apboristiques, enchaînées les unes aux autres par une suite de raison^ nements factices, car ces propositions reposent bien plutôt sur des hypothèses qu'elles ne sont puisées dans les réalités.

Nous voulons cependant donner acte à SyWius de la déclaration suivante :

c Lorsque, il y a cinq ans et plus, je fus appelé à professer la médecine, je ne négligeai rien et j'employai toutes les forces de mon industrie et de mon esprit pour hâter les progrès de mes auditeurs et en faire de bons médecins. Dans mon enseigne^ ment je ne me suis pas contenté de les précéder dans la voie que j'avais suivie pour la recherche et la connaissance de la vérité, mais je les ai, pour ainsi dire, conduits par la main à la pratique médicale en usant d*une méthode tnconnu^ à Leyde ei peut-itre ailleurs f c'est-à-dire en les menant chaque jour à Thôpital public pour visiter les malades. Là j'ai mis devant leurs yeux les symptômes des maladies, je leur ai fait entendre les plaintes des malades, puis je leur demandais leur avis et les raisons de leur avis sur chaque affection observée, sur ses causes et son traitement dogmatique {raUonnet)^ et, chaque fois qu'il y avait désaccord entre eux, je conciliais le différend en leur suggérant diverses raisons aussi solides qu'il était possible ; puis j'interposais mon jugement sur chaque point. Avec moi, ils constataient les heureux résultats du traitement, quand Dieu accordait à nos soins le retour de la santé, ou bien ils assistaient à l'examen des cadavres, quand le malade payait Tinévitable tribut à la mort (1). >

Si le professeur de Leyde n'a pas su profiter, pour améliorer son système, de cette heureuse et féconde idée de forcer la porte des hôpitaux en faveur des élèves (comme on l'avait déjà fait à Utrecht), du moins il adonné un exemple qui ne sera pas perdu, et qui commande notre reconnaissance. Quoique cette porte doive rester longtemps encore entrebâillée, elle finira par s'ouvrir à deux battants pour laisser passerles vrais réformateurs de la pathologie.

propos do Urouisais. La nature u'et t pu li simple ni si méUiodiqua, au moins dans ce que nous connaissons de ses lecreU.

(1) Episiola,ttipolof€ika, p. S«7. Cette Mfittoia porte li dite <toiOS4«

572 rOBTUNE OE L'iATROCmme AU XVU* Sl&GLB.

Ni Paracelsc n'a le premier imaginé la chimiairie, c'est-à-dire Tapplicalion de la chimie ou de Talcbiroie à la médecine (1) ; ni Van Uelmoni n'est l'inventeur des procédés d'analyse qu'U met en usage ; peut-être même n*a-t-il pas tous les mérites qu'on lui prête pour l'emploi plus méthodique des médicaments diimiques. Si je parcours \ Histoire de la chimie^ de M. Uoefer (2), je trouve plus d'un précurseur de Paracelse au xvr siècle, et de Van Helmont au xvii*. La chimie technique a fait entre Paracelse et Van Helmont de notables progrès ; entre Van Helmont et Sylvius, qui profile d'une longue suite de recherches plus ou moins régulièrement dirigées» il y a aussi quelques noms que l'histoire n'a pas oubliés; enfin, parmi les contemporains de Van Helmont et de Sylvius, on trouve des médecins ou des chimistes qui ne sont les élèves ni de l'un ni de l'autre. En plaçant ainsi ces deux hommes dans leur milieu respectif, on peut les apprécier à leur juste valeur.

C'est de 162& à 16AA que Van Helmont a publié ses principaux ouvrages ; eh bien 1 (sans parler des travaux de Bernard Palissy, travaux qui s'éloignent de notre sujet), en 1668 dans sa Magie naturelle^ et surtout, en 1608, dans son traité De la disêillation^ J.-B. Porta, au milieu de toutes sortes de preuves d'une assez grande ignorance des véritables procédés scientifiques, donne néanmoins plusieurs détails très-précis sur diverses opérations chimiques et dont Van Helmont a sans doute profité.

Dans un ouvrage très- rare (3), imprimé i Venise en 1592 (Délia vecchia et rmova medicina)^ et où l'or potable joue un grand rôle, Bratti conseille beaucoup de remèdes chimiques, et célèbre la supériorité de la nouvelle médecine sur l'ancienne.

Enl62A, Thomas Reinesius, à la fois traditionnaliste et chimiste, publiait sa Chimiatria^ où, vantant Theureuse intervention de la chimie dans la médecine, il cherchait à montrer que les anciens employaient beaucoup de remèdes métalliques, cl que Galien avait même remarqué l'utilité qu'il y aurait à séparer

(1) Voyci plus haut, p. 365, note 1, et p. 545, note 3.

(2) Deuxième édition. Paris, 1868-69, 2 vol. in-8. Celte bistoire a été notablement améliorée dans la seconde édition. C'est un livre sérieux et vraiment instructif.

(t) 11 «e trouve à la bibliothèque Mazarine. Ualler Jie Ta pas vu.

POirmiE DB L'iATRÔOttlttE AO XVT STfcCU. 578

les diverses parties du vinaigre. — D'ailleurs, ajoute notre auleur. Dieu n*a pas placé toute la médecine sur la tète d'Hippocrate et de Galion ; quand il y a de nouveaux maux, il faut de nouveaux remèdes; le mal est si grand qu'il y faut pourvoir ; — et puis il y a certaines substances que nos anciens supportaient et qui ne sont plus tolérées aujourd'hui (1). Lesrégians mêmes, continue Reinesius, diiïèrent de ce qu'elles étaient autrefois ; — les substances changent aussi de nature, ce qui est poison ici peut ôtre là nourriture ; enfm combien les voyageurs n'ont-ils pas apporté de substances nouvelles qui ont été reçues avec faveur I Pourquoi donc n'en serait-il pas de même des remèdes chimiques? Pourquoi, h l'exemple de sectaires entêtés, appeler la mort sur ceux qui prônent ces remèdes et en usent?

Quelque bizarres que soient de telles raisons en faveur de la chimialrie, il n'en est pas moins vrai que cette médecine était fort en vogue du temps de Van Helmont, qui sur tant de points n^était ni plus sensé ni plus avancé que ses contemporains.

Reinesius cherche ensuite à prouver que les médicaments chimiques agissent citius, jucundiuSy tutiuSy que les autres remèdes (2) ; citim^ car ce sont des essences ; jucundius, car les malades, les médecins et les assistants le proclament; tutius^ puisqu'ils agissent seuls et sans être encombrés de toutes les parties nuisibles ou inutiles que les autres médicaments comportent. Enfin il cherche à persuader aux étudiants qu'il n'y a rien de déshonorant dans la pratique des fourneaux.

Les traités de chimiatrie de Conr. Gerhard (3) renferment des propositions pratiques sur l'emploi des procédés el des pro-

(1) Riolan^ dans un tout aulre sens, et pour repousser absolument les nouveautéS| disait aussi que la nature avait changé depuis Galicn.

(2) Dès 1606, Paul Rcneaulme publiait à Paris un recueil d'observations sous ce titre : Ex curationibus observatitmes, quitus videre est, morbot cito^ iuto eijucunde debellarij si Galenicis prceceptis chimica remédia veniant subsidio. Comme on voit, de tout temps il y a eu des Conciliateurs, Sennert est un des plus importants. Voy* aussi la Rosa nobiiis iatHca de Roscnberg^ en 1624. ^ Reueaulme a beaucoup d'arcanes dont il se loue g^randement. — La Praxis chimiatrica de J. Uartmann est de

(3) Ej-trncttm Qunestionum chimie, ^iH6, \n'^',Traet, practicus de chymiatria^ 1631, in-4.

S7ft romniB m l^iatbogbiiiib au xfW siInscjl

duits chimiques ; mais il n'y est qu'indirectement question des propriétés thérapeutiques.

Pierre Laurenberg en 1630 prêchait la méthode spagyrique, et en même temps, comme le fit aussi Van Helmont, il s'élevait avec véhémence contre les médecins qui consultaient le calendrier pour saigner et purger (1).

Ce n'était pas non plus la première fois qu'on s'insurgeiûl contre l'abus de la saignée ; Jacques des Parts, au xv* siècle, se plaignait des saigneurs parisiens; plusieurs traités ont été publiés sur ce sujet : je citerai entres autres un ouvrage peu commun et que Haller n'a pas vu, celui de Monti, Trattato délia missionedel sangtœ contro Cabuso modemo, 1627 (Bibl. Mazarine). L'auteur s'appuie avec raison sur Galien, qui est plus sobre de la saignée dans les fièvres putrides que dans les synoques vraies et pures, et qui tâche d'évacuer le mauvais sang par tout autre moyen. 11 faut saigner, continue l'auteur, dans la plénitude sanguine (2), mais la plénitude d'un sang vicié (cacochymie) ne réclame pas la saignée, à moins que ce ne soit au début, quand ce sang va se corrompre. C'est pour prévenir la putréfaction qui serait causée par la trop grande abondance que doivent être prescrites les émissions sanguines.

Monti a indiqué assez nettement les symptômes caractéristiques des fièvres malignes ou typhoïdes et aussi de celles qui s'accompagnent de péiéchies {typhus).

Le disciple le plus immédiat, le plus direct de Sylvius est le médecin anglais Thomas Willis (162&-1Ô80). Il insiste particulièrement sur la fermentation qu'il trouve partout, et à l'aide de laquelle il explique presque tout; les acrimonies des esprits jouent en même temps un rôle considérable, particulièrement dans les affections cérébrales. Du moins Willis a une bonne méthode pour analyser l'urine. Il a fait plusieurs observations importantes d'anatomie pathologique ; et sa pharmaceutica rationalis est remplie de remarques judicieuses.

(i) Voyez son Porticus Aesculapii^ 1630, et Laurus Delphica, i62i. (2) Van Helmont dit cela aussi, mais aussitôt il igoute qu'il n*y a jamais pléttiore ou surabondance de sang non Ticié. Voy. plus haut, p. 526.

FOBTUNB DB L*IATB0CHIM1E AU XTII* SllBCUB. ST5

Nous ^'oulerons, pour terminer, quelques mots sur la for» tune de la doctrine de Sylvius, répandue au loin par ses élèves qui accouraient de toutes les parties de l'Europe (1). En Angleterre, la chimialrie, acceptée par Willis avec des réserves ou des modifications, fut vigoureusement attaquée par un savant de premier ordre, par Boyle (2), au nom de la chimie ra» tionnelle^ par Sydenham, au nom de l'observation ; tout à fait à la fin du XVII' siècle, par Pitcairn, au nom de la médecine physi* que. C'est en Allemagne que Sylvius rencontra le plus de faveur, ou mieux, eierça le plus de ravages ; la chimiatrie y fut particulièrement défendue par Wedel, ElmuUer, Borrichius, Dolaeus, qui mêle un peu de mécanisme à la chimie (3). C'est non pas une attaque directe, une réfutation péremptoire, mais une autre doctrine encore plus exclusive que celle de Sylvius et non moins fausse en beaucoup de points, Tiatromécanisme, qui a porté les plus rudes coups à la chimiatrie, encore assez tardivement. Le solidisme moderne se substituait au nouvel humorisme*

En Hollande (car nul n'est prophète en son pays), il y eut d'assez bonne heure quelques résistances sérieuses. Un livre, qui, sous une forme légère, cachait cependant des arguments solides, ne contribua pas peu à compromettre, au moins pour un instant.

(1) Nous verrons plus loin qu'au temps même de Sylvius^ comme on peut le remarquer aussi du temps de Van Helmont^ il y eut heureusement un grand nom* brc de médecins qui, restant étrangers aux discussions théoriques, traitaient dis si^jets non ou peu compromis par les débats des sectes.

(2) Voyez plus haut, p. A66^ noie 1.

(3) « Jean Dolacus embrassa surtout le parti de Técole de Van Uelmont. Il appelle l'Archée tantdt Gasteranax, roi de l'estomac, tantôt Cardimelech^ roi du cœur, tantôt Microcosmeior, ordonnateur du microcosme. Aucune maladie ne peut être expliquée si Ton négli^ l'influence de nos rois. Ainsi la flèf re est un mélange vicieux accompagné de la colère de nos rois. Cette dernière est excitée lorsque des particules hétérogènes, qui ne correspondent point avec les globules du sang et les pores de nos organes, passent dans le torrent de lacirculation. On guérit laflèvrc en chassant ces substances étrangères et en apaisant la colère des rots au moyen de la saignée et des sudorifiques métalliques. U survient une inflammation lorsqu'on ferment acide sort des vaisseaux et irrite le Cardimelech. La paresse de Gaitertmax est la cause de la goutte dans laquelle la lymphe devient plus épaiiseï » Voy. Sprcngcl, Hist. de la méd,, t. V, p. llO-lll,

576 FORTtmE DE L'UTROGHIMIE AU XVII* SifeCLB.

les théories iatrochimiques, a pour auteur Swalwe, et pour titre : Ventriculi guerelae et opprobria; 1666. Le malheureux viscère se plaint de ce qu'on le surcharge de médicaments chimiques ; il soutient qu'il ne se dégage de son intérieur aucune vapeur nuisible au cerveau, et qu*il ne faut pas le balayer sans cesse avec des purgatifs et des vomitirs qui détruisent ses facultés. Ce fut surtout la présence d*acides libres dans l'économie qui fut attaquée de divers côtés et par Swalwe lui-même.

La réaction ne fut ni trés-active ni de longue durée; nous voyons bientôt la chimiatrie pénétrer de vive force jusqu'en Italie, par l'influence de Tachenius, originaire de Westphalie, et qui passa une partie de sa vie, soit à Padoue, soit à Venise. Pour ne pas trop effrayer les Italiens, il se montre en apparence fort attaché aux dogmes anciens; il s'efforce même de prouver dans un ouvrage célèbre, mais de bien peu de valeur {Hippocrates chemictiSf 1666), qu'Hippocrate était l'inventeur de la théorie chimiatrique.

Lucas-Antoine Portius, médecin à Naples et à Rome, plus attaché encore aux dogmes de Van Helmont qu'à ceux de Sylvius, proscrit à peu près absolument la saignée dans son Dialogue enire Galienj Érasistrate^ Willis et Van Helmont (1672); cependant comme les fanatiques reviennent presque toujours à la raison par un côtéi Portius veut bien admettre la saignée dans le cas (mais peut-il le reconnaître ?) où il y a menace de rupture des vaisseaux.

Les ouvrages des iatrochimistes italiens abondent en rapprochements impossibles entre les opinions des anciens et celles des modernes sur le principe de la vie et la cause première des maladies, pour montrer Tantiquité, la perpétuité de leur doctrine, qui du reste n'en serait pas plus vraie pour cela. Ramazzini lui-même, ce grand observateur, n'échappe pas aux explications chimiatriques. Il admet que les fièvres dépendent tantôt de la coagulation du sang par les acides, tantôt de sa fluidité par les alcalis. Enfin l'iatrochimie avait tant de faveur que les iatromécaniciens eux-mêmes, qui fondaient leur doctrine quand celle de Sylvius était à son apogée, ne parvinrent pas à s'en affranchir complètement.

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