FORTUNE DE L'IATROGHIMIE AU XVII" SIÈCLE
Déjà J.-P. Favre, disciple de Van Helmont, Lazare Rivière (1) et d'aulres avaient ouvert les portes de la Faculté de Montpellier à lachimiatrie, mais la Faculté de Paris, encore sous l'impression des sarcasmes ou des violentes attaques de Guy-Patin, résistait opiniâtrement, lorsqu'un homme des plus étranges, un véritable industriel^ Nicolas Blegny, ne craignit pas de causer un immense scandale en fondant, en 1691, YAcadétnie chimiatrique.
Vers la fin du xvir siècle il y eut en Hollande une singlière association des idées tiiérapeutiques de Sylvius et des affaires de commerce. Sylvius combattait par les délayants les maladies qui proviennent d'obstructions. Un vrai patriote, Blankoort, vanta comme le meilleur dissolvant le thé que ses concitoyens venaient d'importer de Chine. — L'âpre cartésien, Bontekoe, dont le vrai nom est Decker (1678), renchérissant sur Blankoort, prescrit de cinquante à deux cents tasses de thé par jour contre les fièvres. Mercure et Apollon s'entendent parfois! Le thé de Bontekoe avait pour mission de nettoyer le marais du pancréas, siège de la fièvre (2); ce sont les marais de la Hollande qu'il eût fallu dessécher, et non pas le marais du pancréas.
Nous avons dérogé à l'ordre chronologique et à notre méthode d'exposition pour rapprocher Van Helmont de Paracelse et Sylvius de Van Helmont; maintenant que nous sommes suffisamment édifiés sur l'histoire du développement de la chimiatrie pure, ou mélangée avec les dogmes de Galien, abordons résolument le grand siècle, où brifient tant de génies, aussi bien dans les sciences biologiques et naturelles que dans les lettres.
(1) Si Rivière (1589-1655) n'est pas le premier qui ait importé à Montpellier la médecine chimique, c'est lui du moins qui lui a donné la plus ^ande autorité dans celte École. Je reviendrai plus loin sur ses Oôservationes medicae qui, suivant moi, ont beaucoup plus d'intérêt que sa Praxis, En tout cas, ce n'est pas un clinicien de l'ordre, ni du rang de Sydenham.
(2) Dolneus était aussi trcs-partisau de la noble infusion de thé contre toute espèce d'àcrelé ou d'éptdssissement des humeurs.
FIN DU TOMl PaElilBR.
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