PÉRIODES DE L*HISTOIRE DE LA MÉDECINE
sciences; enfin on s'essaye aux expériences après avoir commencé la critique des textes.
A dater de la mémorable année 1628 (1), la médecine, déjà préparée et fortifiée par de nombreuses acquisitions positives, entre décidément, quoique lentement, dans des voies nouvelles (HUITIÈME et dernière époque) ; la réforme, souvent traversée et parfois compromise par la routine ou les extravagances, ne devient définitive que le jour où Bichat, en publiant YAnatomie générale et le Traité des membranes^ rendait possible la pathologie des tissus. Cette huitième époque n'est pas sans analogie avec la quatrième, car ce sont les deux époques décisives, les deux époques où la science, après avoir essayé toutes ses forces, usé tous les systèmes, aboutit, dans la plénitude de sa puissance, à une constitution définie, sinon définitive.
J'userai beaucoup du temps présent pour juger la médecine ancienne, mais je ne me permettrai pas de porter sur ce temps un jugement qui serait prématuré; je m'arrêterai à Bichat.
Récapitulons brièvement, et jugez vous-mêmes, Messieurs, combien est à la fois glorieuse et régulière la marche de la médecine, où chaque peuple, comme dans l'histoire générale de la civilisation, vient tour à tour marquer sa place et prendre sa part d'influence. Homère et les philosophes frayent la route à Hippocrate. Hippocrate prépare les voies à Hérophile et à Érasistrate. Les écrits d'Hippocrate et les travaux de l'école médicale d'Alexandrie sont résumés par Celse en un livre admirable. Galien arrive à point nommé pour asseoir définitivement la médecine antique sur des bases si solides, que la chute de l'empire romain ne réussit pas à Tébranler. Après Galien, d'estimables auteurs continuent la tradition en Occident et en Orient : en Orient, presque tous les ouvrages grecs sont traduits en syriaque, pour passer ensuite du syriaque en arabe; dans l'empire deByzance, on abrège sous toutes les formes Galien et quelques autres écrivains; dans notre Occident, de nombreuses traductions latines pcrpoluent le mouvement et lui donnent un caractère tout spé-
(1) Dak" de lu première édition du li\rc de llarvey Sur /es mouveincnta du orur et du soHff.
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cial qui avait échappé aux historiens. Puis les Arabes viennent en aide aux Lalins. Enfin, quand s'ouvre le XYi' siècle, Paracelse, un peu plus tard Carpi, Vésale, Ambroise Paré ; plus tard encore Servet, Harvey, Morgagni, Verheyen, sont les précurseurs de Haller, de Lavoisier, de Corvisart, de Bicbat, de Laennec, de Broussais, de Bouillaud, de Hunter, de Dupuytren, de Hagendie, de Claude Bernard, et de tous ces médecins distingués qui travaillent aujourd'hui avec une généreuse émulation à élever la médecine au plus haut degré de puissance el de certitude qu'une telle science puisse atteindre.