MÉDECINE INDIENNE D*APRÈS LE RIG-VÊDÂ
Souras. Mais c'est surtout dans YAtharva- Véda que nous voyons la magie, ou du moins les jongleries sacerdotales (c'est-à-dire les imprécationfi et les actes conjtiratoires^ au lieu de la simple prière conliaiile et résignée), intervenir pour le traitement des maladies.
Nous n'avons rencontré que trois noms de maladies, celui de \a lèpre, puis la consomption ou phthisie {Raddjayakc/ima)^ puis enfin , si nous ne nous trompons, une allusion allégorique à rciïusion de sang {dournaman) qui accompagne l'avortement. Enlin, il y a quelques passages qui se rapportent à la piqûre des serpents ou autres betes venimeuses, piqûre très- redoutée des Aryas, qui voient du venin partout, contre laquelle il existe plusieurs conjurations, et dont les médecins, dans les siècles postérieurs, s'attachent particulièrement à combattre les consé- (juences fatales. Aussi, les meilleurs médecins, comme on le voit au temps d'Alexandre, étaient ceux qui se montraient les plus habiles dans le traitement des morsures venimeuses. Peut-être pourrions-nous trouver dans cette crainte des serpents les origines reculées du serpent d'Esculape; ce qui serait un souvenir des légitimes préoccupations de nos ancêtres, car les serpents sont répandus à profusion dans flnde et dans les pays avoisinants (1).
Telle est la première période, ou, si Ton aime mieux, la première phase de la médecine chez les Aryas : quelques termes vagues d'anatomie; très-peu de physiologie; deux ou trois noms de maladies; nulle mention de moyens thérapeutiques; une seule allusion à un médecin; mais non plus ni dieu spécial de la médecine, ni prêtres médecins, et, par conséquent, ni temples dont on essaye de fiiire des cliniques, ni jongleries qui simulent un traitement. On y remarque seulement une foi pure, simple, naïve, enfantine en la puissance des agents du monde extérieur invoqués sous la personnification divine; un abandon absolu, et certainement désastreux, du malade et de la maladie, non pas aux
(1) La mortalité provenant, dans Tlnde^ des morsures de serpents vcRimewc, est même plus ^ande qu'on ne le suppose généralement. Ainsi le docteur Shorlt^ (le Madras, a public un relevé dans lequel il montre qu'en 1866, il est mort Justin'à 1890 personnes de cette cause^ rieu que dans la préskicocc de Madras,
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forces bien dirigées de la nature» mais à tous les hasards da moMvemenl pathologique. Celte preiiiière période de TbistoiR de la médecine devrait plutôt s'appeler : absence de toute méit' cine. Cependant ce n*est pas, tant s'en faut, Tétat sauvage; oi entrevoit môme, durant ces siècles sans date, quelques leniatiw qui préparent à une intervention plus réelle et plus eiBcace de Thomme pour le traitement de ses maladies. Dans les denuém sections du Rig- Véda^ l'invocation aux plantes prend un sets plus médical, quoique ce soit le prêtre qui fasse office de médecin et que l'action des plantes soit en quelque sorte soumise à la prière du prêtre.
La période des invocations nous conduit à la période de cobjurations (1) , où nous voyons apparaître Tusage superstitieux de plantes et d'autres moyens physiques plus déterminés. Las d'il* tendre avec patience la bienveillance secourable des divinités protectrices, les Aryas attaquent le ciel de vive force et contraignent par des charmes les dieux à leur venir en aide; le résultat n'est pas meilleur, mais l'imagination est plus satisfaite; on croit aux sorciers quand on ne croit guère ou qu'on croit mal en Dieu.
On objectera peut-être que ce n'est pas dans des hymnes qu'il faut chercher des documents sur l'histoire des sciences et en particulier sur l'histoire de la médecine (2), et que, par conséquent, '^
(1) Pour plus de détails, voyez iioii Hecherches sur Vétal de la médecine durmU \ la période primitive de Vhùtloitedrv Hirtdfjus (Paris, 1867, in-8) . Voici l'indicatioi des principaux chapitnrs : UU^ut ittaUirivun de la santé. — Les incdecias et la magie, — Des maladies «l lifu ypitù^af^ médicales. — Physiologie générale; idée de la vie, — Génération; «-uIv^Um^mI; «oing aux nouveau-nés. — Anatomie. — Usage superstitieux des plajiUv». -- '^^urMlions.
(2) Le docteur BcoIjv, duu^ uau- htéMUum intitulée: Introduction à l'hittoùt générale de la médeeimf; étu^L* »U4 ftutimnlion et le caractère de la science ckes les peuples primitif* du motiJAi tUiMdi» ht t tmtion jusqu'à l'ère grecque (Bnixellei, 1867, in-8), a prétendu lelaiji i iji»u^ii<; primitive de la médecine sans laitier « parler ni les faits » ni le» U-xU-t. ii ut- nmnoM aucune source ni de loin ni de près; il met Quinle-Curce a%«'f liob»ut i p«niii les orienUlistes, et cite comme des autorités Lamé-Fleury et Ix^franc î Mai» * «; Jii'»t pas seulement en Belgique que des hommes, fort intelligents d'ailleurs, pi'rd«;nt luur temps et le font perdre aux autres eu traitant des sujets pour leiu|uels ils ne »ont pas sufQsummcnt préparés.