‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 28 sur 130 · COLLECTION HIPPOCRATIQUE · texte numérisé non relu

COLLECTION HIPPOCRATIQUE

ment de sang qui, partant de la tête, se portent sur diverses parties, par exemple : reins et vessie (1), poitrine (2), mâchoires et cou, hanches, ventre (3).

c Les médecins de Cnide, nous apprend Galien (A), décrivent dans les Sentences, sept maladies de la bile; un peu plus loin, ils ont distingué douze maladies de la vessie ; plus loin encore, quatre maladies des reins. Indépendamment des maladies de la vessie, ils ont signalé quatre stranguries, puis trois tétanos^ quatre ictères, trois phthisies. Ils considéraient uniquement les variétés des corps, que beaucoup de causes modifient, et laissaient de côté la similitude des diathèses qu'observe Hippocrate, se servant, pour déterminer ces diathèses, de la méthode qui, seule, peut faire trouver le nombre des maladies. >

A Non-seulement, dit encore Galien, les médecins qui ont écrit les Sentences cnidiennes n'ont rien omis des accidents qua les malades éprouvent, mais encore ils en ont décrit quelquesuns d'une manière beaucoup plus étendue qu'il ne convenait. Ce n'est pas l'objet de l'art de ne rien omettre des choses qui pea* vent être connues, même du vulgaire. Ce n'est pas là le but du médecin, qui doit décrire tout ce qui est utile pour le traitemrat, de sorte qu'il lui faudra souvent ajouter certaines choses que le vulgaire ignore complètement, et en retrancher beaucoup que le vulgaire connaît, si elles ne paraissent pas devoir concourir à la fin que l'art se propose. >

Quand on ouvre les traités cnidiens qui se sont égarés dans la Collection hippocratique, on constate précisément la même manière d'envisager la pathologie, et les mêmes divisions, parfois même en plus grand nombre, et portant sur beaucoup plus de maladies (5). 11 n^est donc pas étonnant de trouver à travers tant de descriptions d'heureux moyens de diagnostic {bruii de

(1) Malad., U, C.

(2) Malad., II, 1, (i, 9.

(3) Lieux dans r homme, 1, 9 et 10.

(4) Comment., I, textes 1 et 7, Sur le régime dans les maladies aiguës,

(5) On peut voir, par exemple, dans le !!• livre Des maladies, et dans les Affections internes, toutes les espèces de phthisies, de pneumonies, d'apoplexies, d'ictèrei, de maladies de la rate, des reins, d'hydropisies, d'empyèmes^ d'hépatites.

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frottement ou de cuir neufj dans la pleurésie; bruit du vinaigre qui bout y dans r hydrothorax) ; des descriptions très-précises {accidents dus aux pertes séminales ; angines couenneuses ou malignes; affections scorbutiques) \ des traitements singuliers {porreaux piles dans les narines de ceux qui ont perdu la parole; infusians dans le poumon^ ou du moins sur la glotte ^ pour provoquer par la toux l'évacuation des empyèmes)^ ou rationnels {incision des reitis en cas de suppuration à la suite de calculs; trépanation d'une côte pour évacuer les liquides épanchés dans la poitrine afin cT éviter la pénétration de fair), ou hardis et même téméraires {ablation ou cautérisation des polypes; ouvertures d'abcès de l'arrière-gorge; trépanation pour cer* laines a /fer fions du cerveau).

Chez les Çnidiens, à propos des aflections de la rate et du foie, nous avons de nouveau rencontré, soit les complications de la fièvre pseudo-continue, soit des maladies idiopathiques, mais tenant directement au climat, aux régions ou pratiquaient les Gnidiens à côté des Hippocratistes. Toutefois dans les ouvrages des Gnidiens, de ces médecins qui considéraient les maladies non dans leur ensemble, mais dans leurs détails, qui, en d'autres ternies, tenaient pour des affections distinctes les divers états organo-palliologiques, tous les éléments qui constituent ou qui compliquent la fièvre pseudo-continue, hydropisies, ictères, phrenilis, lethargus, causus, sont présentés comme autant d'espèces morbides, de sorte que si nous n'avions que les ouvrages çnidiens, nous serions fort embarrassés pour reconstituer cette grande fièvre, ou plutôt son identité nous eût complètement échappé (1).

Ilippocrate, dans le Régime des maladies aiguës^ reproche aux Gnidiens de prodiguer les médicaments, et d'abuser du petit-lait; il suffit, en effet, de parcourir les ouvrages que nous venons d'indiquer pour se convaincre de la justesse de ce reproche. Les formules sont très-nombreuses : on prescrit une multitude de

(1) M. Erinerins (éd. d'Hipp., t. III^ p. %\) pense^ et, je crois, uvec raison, que les Cuidiciis, du moins les plus anciens, n^avaicnt pas Thabitude ni de donner des observations de maladies, ni de décrire des épidémies ; cela était opposé à leur fai;on de considérer la pathologie.

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