‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 31 sur 130 · DIRECTION NOUVELLE QUE PREND LA MÉDECINE. U · texte numérisé non relu

DIRECTION NOUVELLE QUE PREND LA MÉDECINE. U

trines, excepté pour une doctrine hippocratique proprement dite.

N'allez pas croire non plus que le principe d'autorité, et je parlé surtout ici de la médecine, ait prévalu partout et en tout point immédiatement après la mort de Galicn.

Dans l'empire de Byzance, où la culture intellectuelle décroît rapidemenl, par suile du malheur des temps, jusqu'au xv* siècle, la lettre tue l'esprit, encore pourrait-on signaler deux exceptions assez remarquables (1 ) ; mais, en Occident, soit que la forte organisation de Tempire ait maintenu pendant assez longtemps dans les écoles le goût des recherches et l'amour de l'étude, soit que plus tard l'élément barbare ait fait circuler une vie nouvelle, soit qu'un peu de hasard s'en soit mêlé, il est certain que la médecine n'était point asservie ni à Hippocrate ni à Galien ; les vieilles traductions d'auteurs hétérodoxes et l'enseignement même de l'école de Salerne à son début en portent témoignage (2); il en est à peu prés de même pour la philosophie. Encore une fois, c'est avec les Arabes que s'efface presque toute indépendance dans l'étude des sciences; la scolastique s'empare de la philosophie et de la médecine; elle met Arislote et Galien avec Avicenne sur un autel. Aussi, tandis qu'au XIII'' siècle, au plus fort de l'invasion arabe, l'esprit humain, dans le domaine des lettres proprement dites, recouvre presque toute sa spontanéité, il la perd à peu près complètement dans le domaine des sciences. Iln'ya pas lieu cependant d'être fort étonné Je cette dissemblance, si l'on veut bien se rappeler que la science, en raison de sa nature et de ses instruments, a toujours été, quoiqu'elle semble plus cosmopolite, moins indépendante que les lettres des temps, des milieux, et surtout de X autorité.

Quand la médecine arrive de Grèce en Egypte, le changement

(1) Ici nous faisons allusion au traité de médecine d'Alexandre de Trallcs, et, pour une époque un peu plus rapprochée de nous, à la virulente réfutation que Siméon Scth a faite de quelques doctrines de Galien. (Voy. mes Sotices et extraits des manuscrits médicaux, p. 229.)

(2) Au iv« siècle^ pour Oribase, Galicn l'emporlc, il est vrai, sur tous les autres auteurs par roxcellence de sa méthode et la sûreté de ses déflnitions. Néanmoins le médecin de renipcreur Julien fait appel, pour la seconde édition de sa Collection médicale^ à plus de vingt auteurs qui ne sout pas toujours de même opinion ni entre eux ni avec le médecin de Pcrgamc,

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