‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 32 sur 130 · ÉCOLE MÉDICALE D' ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

ÉCOLE MÉDICALE D' ALEXANDRIE

n'est ni aussi grand ni surtout aussi brusque qu'il semble au premier abord. Nous avons vu, en étudiant les fragments qui nous restent de Dioclès et de Praxagore (1), s'ouvrir devant nous de nouvelles perspectives, et nous étions préparés aux transformations heureuses ou compromettantes, mais plus décisives, que la médecine allait subir à Alexandrie; surtout nous avons pu constater que ses progrès ou ses écarts tenaient uniquement à son propre développement régulier et naturel. Tout est grec dans la médecine à Alexandrie : elle ne doit rien, absolument rien à la, sagesse égyptienne, rien à l'Egypte, si n'est un milieu plus propice, des excitations plus vives et une protection plus active et plus libérale, sous le sceptre puissant des successeurs d'Alexandre, que dans la Grèce divisée et affaiblie. De même, un peu plus tard, la fille d'Esculape n'emprunte aucun vêtement étranger quand elle semble abandonner sa seconde patrie pour arriver, à la suite des vainqueurs, c'est-à-dire à la suite de ceux qui pouvaient désormais dispenser la gloire et l'argent, sur le sol de l'Italie qu'elle ne doit plus quitter, tandis que la Grèce et TOricnt devront attendre de longs jours et de nombreuses révolutions pour voir refleurir l'antique médecine.

Jusqu'ici c'est par hasard, par occasion ou par nécessité, qu'on a fait de l'analomie; mais, d'une part l'impulsion donnée par Aristote, d'autre part la curiosité scientifique des rois d'Egypte, enfin le mouvement naturel de l'esprit humain, changent le cours des choses. On étudie l'analomie pour elle-même ; on dissèque^ on compare l'homme et les animaux, et l'on cherche à se rendre compte de l'ensemble et des détails de l'organisme vivant (2); dés lors le diagnostic local se perfectionne et la chirurgie, surtout, prend de rapides accroissements. De son coté, la physiologie suit le mouvement; on commence à faire des expériences: mais ici encore les anciennes hypothèses biologiques aveuglent les plus habiles-, les erreurs relatives a la respiration et à la circulation se perpétuent, malgré toutes les découvertes anatomiqucs qui

(1) J'ai rctroiivr dans doux inuiuiscrits ;;nM's v.\ jr roriipl»- publier hiontùt def frafçincuts coi]iploU>moiit iiicoiinus do Praxa^'oro et d'autres uiédiMius ancitMis.

(2) Enlre les premiers Ale\audrins el les muilres du (ialicu, il semble que l'anatomic ait été un peu délaissée.

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