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ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

devaient les ébranler et peut-être les détruire ; la raison en est simple : ces erreurs, qui ont leurs racines jusque dans Homère, tenaient à toute une théorie à priori sur la distribution de Tair dans le corps; sans aucune notion chimique, il était impossible de comprendre l'action vivifiante de ce fluide autrement que par un contact immédiat et, universel. Quand l'anatomie eut ruiné sans retour les hypothèses d'Empédocle, de Diogène ou de Démocrite surla distribution et le rôle des prétendus canaux aériens, la physiologie n'eut pas d'autre ressource que de prendre les artères pour leur faire jouer le rôle de ces canaux imaginaires et pour les mettre directement en rapport avec les bronches, sans oublier cependant d'attribuer une certaine part de respiration à la peau.

Les recherches entreprises sur des points encore inexplorés, et dirigées par l'esprit d'observation, conduisirent, au contraire, a des résultats que la science actuelle a confirmés en grande partie. Ainsi le cœur se trouve dépossédé de ses fonctions sensorielles en faveur du cerveau, dont Hérophile a décrit diverses parties, mais plutôt chez les animaux que chez l'homme : par exemple, la dure-mère et la pie-mère^ la choroïde, le rets admirablcy le con" fluent des sinus de la dure- mère , le calamus scriptorius^ l'mfundibulum, etc. ; on entrevoit les relations de l'encéphale et de la moelle, on tient ces deux organes pour les centres du mouvement et des sensations (1). D'abord Hérophile distingue (ce qu'Aristote n'avait pas fait) les nerfs des autres tissus qui ont avec eux quelque analogie; puis Érasistrate (peut-être aussi Hérophile) va même jusqu'à reconnaître, en mêlant d'énormes erreurs à cette découverte, deux ordres de nerfs, ceux du mouvement et ceux du sentiment; cependant il existe, malgré la divi^ sion opérée par Hérophile, d'après les caractères les plus extérieurs, de très-regrettables confusions, au point de vue de ia structure et des fonctions, entre les nerfs et toutes les for** mes du tissu fibreux (2). — Hérophile nomme le duodé"

(1) Déjà Érasistrate cherchait à dcteriuiner le de^c d'intelligence par Tétude des circonvolutions du cerreau.

(2) Galien a consacré cette confusion ; cependant il a fortifié par de belles expériences les vues d 'Érasistrate.

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