‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 34 sur 130 · ÉCOLE MÉDICALE D*ALEXAI«D1IIE · texte numérisé non relu

ÉCOLE MÉDICALE D*ALEXAI«D1IIE

num; il parait avoir décrit les organes génitaux femelles sur des cadavres humains; il voit comme Érasistrate, mais, comme son rival, sans en reconnaître Torigine et la terminaison, les vaisseaux lactés remplis de cbyle; enfin, il énumère dans un bon ordre la succession des divers mouvements de la respiration. Hérophile et Érasistrate poussent très-loin Tanatomie des vaisseaux, mais déjà en rattachant les veines au foie et en mettant de l'air dans les artères, on avait retardé pour de longs siècles la découverte de la circulation. Avec les progrès de l'anatomie, avec les premiers essais de physiologie expérimentale, la pathologie du cerveau se dessine, mais celle du cœur reste longtemps à rétat rudimentaire ; car, c'est surtout pour cette portion de la pathologie qu'on ne peut rien ou presque rien sans Tinterven* tion des moyens physiques de diagnostic.

Si le diagnostic anatomique a fait pour certaines maladies de notables conquêtes, la médecine s'écarte des voies qu*Hippocrate lui avait ouvertes. D'abord la poly pharmacie prend des proportions si effrayantes, qu'il n'y a plus de maladie, plus de symptôme qui ne trouve un remède à son adresse ; puis, ce qui est plus fâcheux, c'est qu'au lieu de recueillir des observations, on décrit des types de maladies où s'effacent à peu près entièrement les individualités morbides : il n'y a plus de grands cliniciens, mais des nosologistes; on a des cadres factices et des descriptions de fantaisie qui ne représentent aucune réalité substantielle, et cette méthode règne à peu près exclusivement jusqu'au xv* siècle, où commencent les consilia ou consultatiotis. Les médecins d'Alexandrie se montrent surtout en défaut dans l'importante question des fièvres ; ils ont perdu de vue cette grande unité morbide qui se traduit par la rémittencc; ils n'ont plus la notion de la fièvre pseudo-continue, qui se fractionne alors en phrenitis^ lethargus et camus ou fièvre ardente; en d'autres termes, les formes particulières de la fièvre rémittente, si bien établies par Hippocrate dans les livres I, II, III, IV, VI et VII des Épidémies^ deviennent des maladies spéciales ; on ne comprend plus Hippocrate, soit qu'on n'exerce plus dans le même milieu que lui, soit surtou| (|u'on ait change de point de vue.

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