‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 49 sur 130 · MÉDECINE GRECQUE A ROME · texte numérisé non relu

MÉDECINE GRECQUE A ROME

rexercice et de porter une loi sévère contre la négligence ou rimpéritie des médecins, dont plusieurs commençaient à déshonorer la profession et à compromettre gravement la vie des malades. A peu près à la même époque, comme Ta remarqué Daniel Le Clerc, Âsclépiade pratiquait à Rome; il préféra le séjour de cette ville aux offres brillantes de Hithridate, se lia d'amitié avec l'orateur Crassus, devint le médecin, le familier de Cicéron, qui nomme aussi plusieurs autres médecins. Asclépiade tint si bien un serment passablement téméraire, qu'il ne fut jamais malade et qu'il mourut d'une chute dans un âge fort avancé. Nous savons encore par Suétone et par Plutarque que César avait un médecin (esclave ou de condition libre, peu importe) qui l'accompagnait dans ses expéditions; même pour attirer et fixer à Rome les médecins et tous ceux qui enseignaient les arts libéraux, le dictateur leur donna le droit de cité. Cette mesure prouve que depuis longtemps on était en commerce régulier avec la médecine et avec les médecins.

S'il est vrai qu'Archagatbus fut le premier médecin grec qui vint tenter la fortune à Rome, il parait également certain que la brèche qu'il avait ouverte, ne se referma plus derrière lui ; et dès cette époque Pline aurait déjà pu dire : < Nous n'avons que ce que nous méritons. Personne ne veut plus savoir ce qui est nécessaire à son propre salut. Nous nous promenons par les jambes d'autrui..., nous ne vivons que par autrui. Les biens précieux de la nature et les instruments de la vie sont perdus pour nous; nous ne gardons comme à nous que nos délices. Nous périssons sous la multitude des médecins. » Quoi qu'il en soit, les médecins, une fois établis à Rome, ne quittèrent plus la place, qui devint bientôt des plus lucratives ; ils payèrent du reste leur dette de reconnaissance à la ville éternelle, par la juste renommée dont plusieurs d'entre eux furent entourés.

Une circonstance particulière ne contribua pas peu, dans cette seconde migration de la médecine, à lui donner une vigoureuse impulsion : je veux parler de la naissance du méthodisme^ qui suscita des luttes violentes et tint les esprits en éveil. J'ai beaucoup insisté sur le caractère et sur l'histoire de cette secte, non

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que je la croie, pour le temps où elle s'est produite, préfémble à celle d'Hippocrate ou de Galien, mais pour plusieurs autres raisons que je rappelle brièvement : les origines du méthodisme sont assex mal connues; on n'a pas donné une exposition complète et raisonnée de cette doctrine ; — non-seulement le temps a épargné quelques-uns des ouvrages rédigés par le plus savant et le plus sensé des médecins méthodiques, Soranus, mais les manuscrits grecs ou latins nous ont conservé de précieux débris anonymes de la littérature méthodique ; — dans les ouvrages de Soranus, nous rencontrons des renseignements historiques de grande va<* leur et des esquisses de maladies d'une vérité saisissante ; «-*<- la traduction, par Caslius AureUanus, du traité Des maladies aiguës et de celui Des maladies chroniques^ corrigée, restaurée, confrontée avec tout ce qui reste du méthodisme, s* est, j'ose le dire, transformée dans nos entretiens ; — grâce à des recherches d'un ordre différent, le traité Des maladies des femmes a repris, en grande partie, sa physionomie primitive, qu'il avait perdue sous la main des copistes et des compilateurs (1) ; — un opuscule nouveau (2) est venu grossir encore le bagage littéraire du même Soranus; — enfin, les écrits des méthodiques ont beaucoup servi, par l'intermédiaire des traductions latines, à l'éducation médicale de la première période du moyen âge, de sorte que l'influence du méthodisme s'est fait sentir plus longtemps que ne le soupçon-

(1) Ea 18d4, j'ai trouTé àBruxeUe99 et depuis à Florence et i Oxlord, une traduction abrégée du texte de Soranus Sur les maladies des femmes, La seule inspection de cette traduction me prouva bien vite que le traité de Sorquaus, publié par Dietz pour la première fois en 1838, ne pouvait pas représenter le texte original; puis, en comparant ce traité avec le XVI® livre d'Aétius sur le môme siget, je n*eus pas de peine à reconnaître d'abord (la préface le démontre du reste] que l'ordre primitif de Soranus avait été cbangé, en second lieu que son texU avait été^ dans le dessein de donner un ouvrage complet sur les maladies des Cemmai, interpolé à l'aide de ce XV 1* livre d'Aétius : il a été plus long que difQcile de démêler le texte au milieu de ces interpolations, la plupart manifestes. De son côté, an iS6à, mon ami M. Ermerins^ professeur à l'université de Grouingue, arrivait par une autre voie à des résultats à peu près identiques.

(2) Abrégé du traité Des médicaments que j'ai découvert en traduction laliiii dans un très-vieux manuscrit de Bambcrg. De plus j'ai recueilli et inprim4 (ont les fragments déjà connus ou inédits de l'ouvrage de Soranus intitulé : Éiytmdçgm du nom des parties du corps humain*

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nent les historiens. J'ai mis sous vos yeux les preuves de toutes ces assertions, et vous avez pu juger par vous-mêmes si mes découvertes à cet égard sont des illusions de mon esprit ou des témoignages authentiques fournis par les textes imprimés et manuscrits. De même qu'Hérophile, par son aversion pour les explications et son goût pour les médicaments, avait préparé les voies à l'empirisme, de même Asclépiade, qui se rattache indirectement à Érasistrate (1), par la théorie de l'enclavement (2), semble avoir mis Thémison, son disciple, sur la voie du méthodisme par cette même théorie et par quelques-unes de ses médications altérantes et perturbatrices (3) que les méthodiques ont cependant appliquées plutôt aux affections chroniques qu'aux maladies aiguës.

(1) Voyez plus haut, page 153, sur V erreur de lieu d 'Érasistrate.

(2) La stase de quelque corpuscule que ce soit^ où qu'elle se fasse^ et de quelque façon qu'elle se manifeste dans les parties^ trouble tout le corps et produit des maladieSy la fièvre en particulier : les gros corpuscules causent la fièvre quotidienne; les petits, la tierce ; les plus petits, la quarte. La diarrhée tient au concours des atomes. Les autres maladies étaient également expliquées par la stase des corpuscules ou par la disproportion des pores. Asclépiade parle aussi du trouble des liquides et de Tesprit (d'après Caelius Aurelianus)^ mais ce trouble n'agissait que secondairement. — Galien^ en divers endroits {Méthode thér,, \, 6 ; lY^ d)^ a marqué les différences qui séparent la doctrine d'Asclépiade, surtout en ce qui touche la thérapeutique (on sait que les méthodiques faisaient un fréquent usage des sangsues)^ de celle de Thémison. Il ressort aussi du second des deux passages indiqués que Thémison avait surtout changé la théorie, et Thessalus modifié la pratique; c'est Thémison qui a inventé le diacode : c'est très-probablement Thessalus qui a imaginé ces deux cycles thérapeutiques si fameux : le rèsomptif^ pour préparer et nettoyer le corps (et non pour le restaurer), et le métasyncritique ou récorporatif ^ pour reconstituer les pores {metaporopoiesis), Daniel Le Clerc a fait connaître assez exactement ces deux cycles.

(3) Il les avait surtout tirées des pratiques de la gymnastique {frictions, gesta^ iion, etc.)^ ou empruntées au régime, usant peu de médicaments internes, proscrivant les vomitifs et les purgatifs, se laissant en cela guider moins par les bons principes de la clinique que par réaction contre l'abus qu'on eu faisait, ou pour exercer son esprit frondeur. — Cependant il n'a pas imité Érasistrate jusqu'au point de proscrire la saignée, et il a eu la hardiesse de donner le vin dans les fièvres pseudo-continues ou intermittentes. Il voulait qu'on guérit sûrement^ rapidement agréablement j précepte plus facile à donner qu'à suivre, et auquel Asclépiade luimême ne s'est guère conformé dans la pratique, au moins pour les deux derniers points. Il faut un peu se garder de Pline et ne pas se borner à Celse pour juger Asclépiade ; on doit surtout chercher sa méthode thérapeutique dans Çslius Aurelianus, je veux dire dans Soranus.

Si les antécédents du méthodisme se trouvent dans Asclépiade (1), et par Asclépiade dans Érasistrate, ni la formule, ni le nom de la secte ne se lisent encore dans les écrits du médecin de Cicéron; c'est Thémison qui, dans sa vieillesse, imagina la formule et imposa le nom. — Le méthodisme comme Tasclépiadéisme sont, ne l'oubliez pas, Messieurs, des branches du dogmatisme ; car si les méthodiques ne veulent pas rechercher les causes cachées, ni rien de ce qu'il y a d'incertain, cependant ils raisonnent sur la pathologie générale, puisqu'ils admettent diverses classes d'états pathologiques, le genre relàchéy le genre resserré^ le genre mixte. Qu'est-ce que le resserrement et le relâchement? qu'est-ce surtout que le miite, et comment Texpliquer? Peut-être entendait-on l'inflammation avec flux. Certes il n'y a rien de plus conjectural, de plus caché, de plus incertain. C'est bien là un système médical, tandis que l'empirisme est la négation de tout système; et c'est bien de l'empirisme qu*on peut dire, au contraire, que c'est seulement une méthode j une voie pour arriver à la cure des maladies (2).

Peu de doctrines ont eu des phases et des fortunes plus diverses (3) ; il en est peu aussi que les circonstances purement extérieures aient aussi bien servies pour en perpétuer le régne, alors que tout semblait devoir la faire oublier.

Les trois principales sources pour l'histoire du méthodisme sont Celse, Galien et Soranus : Celse, qui tient exactement la balance entre les parties, et qui, dans son appréciation, montre

(1] Ou^ comme dit un auteur ancien, celui de V Introduction ou le Médecin ^ 4 : Thcmi8on trouva dans les doctrines de son maître Asclépiade des provisions pour constituer le méthodisme. Soranus (dans Caelius Aurelianus^ Afa/ac/. chron.y I> 1, p. 287} reproche même a Thémison d'être encore engagé dans les erreurs d' Asclépiade.

(2) Il y a cela de commun entre l'empirisme et le méthodisme, que, dans les deux camps, on repousse la recherche des causes cachées, Tanatomie, même le diagnostic local, et qu'on se laisse guider par le concours des symptômes; les empiriques ne dénomment pas ce concours, et n'admettent pas de raisonnement entre le concours et le traitement; les méthodiques l'appellent slrictum ou laxum et cherchent une relation entre l'un ou l'autre de ces états et les indications.

(3) Au rapport de Galien ( Des différences du pouls, III, l),Magnus, disciple d'Athénée, avait écrit un livre Sur la choses découvertes en médecine depuis Thémison : mais on ignore s'il s'agit uniquement des innovations d'Athénée lui-même, ou, en même temps, des transformations du méthodisme,

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uii jugement aussi ferme que droit; Galien(l)y accusateur public, qui ajoute beaucoup d'injures et des discussions dialectiques interminables au peu de renseignements nouveaux qu'il donne après Celse; enfin, Soranus, qui appartient à la secte dont il Tait la gloire, mais qui juge avec indépendance et équité les adeptes ou les dissidents. C'est à lui surtout qu'on doit les détails tech* niques et les applications du système à la pathologie. Celse nous fait connaître le méthodisme à son origine, à son éclosion» au moment où il se dégage du système d'Asclépiade ; l'auteur de V Introduction ou le Médecin^ peut-être Galien^ résume les diverses modifications que le méthodisme a subies au sortir des mains de Thémison en arrivant entre celles de Thessalus (2), qui l'a perfectionné, ainsi que dit le texte, et qui a multiplié les communautés dans les maladies , communautés imaginées par Thémison (3).

(4) Voyez surtout Contre Julien, Méthode thérapeutique^ Des sectes. De la meit^ leurè secte. J'ai donné ces deux derniers ouvrages dans ma traduction des CEuor^ choisies de Galien.

(2) Galien a de téritables emportements contre Thessalus ; il loi inflige les épitbètes les plus blessantes^ entre autres celle d'âne (Méth, thér., 1, 3). Voici cet aménités : « On déteste, dit-il, les tyrans et même on s'en défait, parce qu'ils imposent leurs volontés ; on respecte les législateurs qui dictent des lois ; Thessalus n'est qu'un tyran (voy. Méth. thér,, I, 3), qu'il faut dénoncer au mépris et à la haine (Af^M. thér,, II, 1, à, S); Thessalus s'élève un théâtre et se couronne dans ses livres ridicules (Contre Julien, 6). o II parait^ du reste, à peu près certain^ par Pline, par Soranus aussi bien que par Galien et par la propre dédicace de Tbessalos à Néron^ que le réformateur du méthodisme était fort présomptueux^ passablement charlatan, et qu'il se vantait d'être le vainqueur des médecins passés et présents. Ce médecin gaucher ruinait tous les fondements de l'art; il osait (avec Asclépiade) nier qu'il y ait des médicaments A^/t^ve^^ néphrétiques, pletirétiques {Médic,, simples, V, 13), et qu'il existe des phlegmagogues et des cholagogues qui expulsent le phlegme ou la bile préexistants et qui ne créent pas ces humeurs [Contre JuL, 8)! Presque tout le traité De la méthode thérapeutique est dirigé contre le méthodisme dont Thémison a fait pousser la détestable racine; doctrine absurde où la maladie d'est même pas déanie (Méth. thér,,l, 7, 8 ; voy. Contre JuL, 1). Dans sa haine aveugle, Galien ne craint pas de faire quelques avances aux eiiipiriques (voy. par eteniple Méth. thér., I, à), pour mieux marquer le mépris qu'il professe pour les sectatesfs de Thessalus, ce prince de la folie, qui, retournant l'aphorisme d'Hippocrate : « La vie est courte, l'art est long a, se vantait d'enseigner la médeclrie en six mois, lui qui, cependant, a écrit une multitude de livres.

(3) Contre Julien, 5.

Gommé je ne puis ni ne veux reproduire ici tous les développements dans lesquels je suis entré pour vous faire bien comprendre les nuances parfois fugitives et les nombreuses contradictions du méthodisme, je reproduirai la traduction du passage de Celse(l) et de celui de \ Introduction ou le Médecin^ qui concernent cette doctrine, et j'y ajouterai quelques éclaircissements on compléments tirés de Soranus et de Galien.

Maintenant je donne la parole à Celse : c Des médecins de nos jours, jaloux de mettre en avant l'autorité de Thémison, soutiennent qu'il n'y a pas une seule cause dont la connaissance importe à la pratique (2), et qu'il suffit de saisir ce que les maladies ont de commun, c'est-à-dire les communautés des ma" ladies (i). Ces conditions sont de trois genres : la première consiste dans le resserrement^ la seconde dans le reldchementj et la troisième est mixte. En eflet, tantôt les malades n'évacuent pas assez, et tantôt ils évacuent trop, ou bien leurs évacualions, insuffisantes dans telle partie, seront exagérées dans telle autre (A). Les maladies ainsi divisées peuvent être aiguës ou chroniques, devenir plus graves, rester stationnaires, ou décliner. Il faut donc , lorsqu'on a reconnu l'un de ces états , tenir le corps relâché s'il y a resserrement; s'il y a relâchement, amener l'effet contraire; et si l'affection est du genre mixte, pourvoir au mal le plus pressant. 11 faut aussi varier le traitement, suivant que les maladies sont aiguës ou chroni-

(1) J'ai suivi la traduction de M. des Etants.

(2) En principe, les mctliodiques s'abstenaient de reclicrcher, non-seulement les

Causes, mais aussi lo siège du mal; cependant Soranus lui-môme tient bien compte

4es parties malades qu'il met la mélancolie dans Testomac, et la folie dans la tête;

<-*e qui ne rempcclie pas de reprocher à Thessalus de rechercher le siéçc du mal

dans l'iléus.

(3) La Méthode est définie (Galien, D^s sectes, 6) : la connaissance des communautés apparentes, conséquentes avec le but de la médecine et s'accordant avec lui ; ou plus simplement, comme Thessalus : connaissance des communautés qui touchent i la santé et lui sont nécessaires.

(4) II s'agit, comme on >oit, non pas seulement des évacuations alvines, mais de toute espèce de flux. Suivant Galien {Des sectes, 9), parmi les méthodiques, les uns considèrent les flux, eu excès ou en défaut; les autres, l'état même des pores relâchés ou resserrés.

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ques, qu'elles sont dans leur période d'accroissement, demeurent stationnaires ou touchent à leur déclin. Pour eux, la médecine réside dans l'observation de ces préceptes, car elle n'est, d'après leur définition, qu'une certaine manière de procéder que les Grecs nomment méthode et dont le but est d*observer les rapports des maladies entre elles. Ces méthodistes ne veulent être confondus ni avec les dogmatiques, ni avec les empiriques ; ils se distinguent des premiers en ce qu'ils n'admettent pas que les conjectures sur les causes occultes puissent servir de base à la médecine, et se séparent des seconds parce qu'ils estiment que Tart ne doit pas être réduit à la seule expérimentation.

> Pour les disciples de Thémison, s'ils sont fidèles à leurs principes, ils méritent plus que personne le titre de dogmatiques, et quoiqu'ils n'admettent pas toutes les opinions de ces derniers, il n'est pas nécessaire de leur donner une autre dénomination, puisqu'ils sont d'accord avec eux sur ce point essentiel, que li mémoire seule est insuffisante et que le raisonnement doit intervenir. Si, au contraire, comme cela parait être, la médecine ne reconnaît pas pour ainsi dire de préceptes immuables, les méthodistes alors se confondent avec les empiriques, d'autant plus facilement que Thomme le moins éclairé est comme eux en état de juger si la maladie dépend du resserrement ou du relâchement. Est-ce le raisonnement qui leur a fait connaître ce qui peut relftcher le corps ou le resserrer (1)? Ils sont dogmatiques. N'ont-ils pris que l'expérience pour guide? Il faudra bien qu'ils se rangent parmi les empiriques qui répudient le raisonnement. Ainsi, d'après eux, la connaissance des maladies est en dehors de l'art, et la médecine est renfermée dans la pratique : encore sont-ils inférieurs aux empiriques, car ceux-ci embrassent beaucoup de choses dans leur examen, tandis que les métho-

(1) Galien (Méth, ihér,^ V, 15) reproche aui «cclatcurs de Thcssalus de uiimer a tort et à travers. Ainsi, lorsqu'ils saignent pour le crachement de sang, et avec raison, ils sont en contradiction avec eux-mêmes, car l'hémoptysie est un laxum et la saignée est aussi un laxum ; ils agissent donc comme les empiriques qui saîgnent parce qu'ils ont vu que cela est bon! C'est surtout à propos des indicationf tht'rupeutiqucs que Galien a gain de cause dans sa discussion contre les mctho* diques.

digues se bornent à l'observation la plus facile et la plus vulgaire. Ils agissent comme les vétérinaires qui, ne pouvant apprendre d'animaux muets ce qui est relatif à chacun d'eux, insistent seulement sur les caractères généraux. C'est ce que font aussi les nations étrangères, qui, dans leur ignorance de toute médecine rationnelle, ne vont pas au delà de quelques données générales. Ainsi font encore les infirmiers qui, ne pouvant prescrire à chaque malade un régime convenable, les soumettent tous au régime commun. A coup sûr les anciens médecins ne négligeaient pas l'étude des communautés, mais ils allaient plus loin; et Hippocrate nous dit que pour traiter les maladies, il faut connaître les symptômes qui les rapprochent et ceux qui les séparent. Les méthodistes eux*mêmes ne sauraient maintenir leurs principes; car lors même que les maladies dépendent du resserrement ou du relâchement, elles offrent certainement des différences entre elles, et ces différences sont encore plus faciles à saisir dans les maladies par relâchement. Autre chose, en effet, est de vomir du sang ou de la bile, ou de rejeter ses aliments ; d'être tourmenté par des évacuations abondantes ou par des tranchées ; d'être épuisé par des sueurs ou miné par la consomption. Les humeurs peuvent aussi se jeter sur certains organes, comme les yeux et les oreilles, ou sur toute autre partie du corps sans exception. Or, le même traitement n'est pas applicable à ces affections diverses. De sorte que le principe général du relâchement se réduit en pratique à la considération d'une maladie spéciale, à laquelle il faut souvent trouver un remède particulier; car, même dans les cas semblables, les mêmes moyens n'ont pas un effet constant. Et bien qu'on ait en général des ressources assurées contre le resserrement ou le relâchement du ventre, il y a cependant des personnes sur lesquelles ces remèdes agiront d'une manière différente. Ici donc on n'a que faire d'examiner l'état général, et l'appréciation des signes particuliers est seule importante.

> Souvent aussi il suffira de connaître la cause du mal pour le guérir. C'est ce que nous avons vu faire depuis peu à Cassius (1),

(i) Cet auteur^ qu'il faut distinguer de Cassius Félix et de CassinsViatrasophiste^ est souvent cité par Galien et par Scribonius Larges à propos de compositions médicamenteuses.

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