‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 52 sur 130 · CELSE · texte numérisé non relu

CELSE

lies maladies; cl pour la pharmaceutique, il ne se contente pas (l'indiquer la composition et Taction des topiques, il décrit aussi les préparations destinées à être prises à Tintériour, soit contre les maladies internes, soit contre les maladies externes; et même en tête de la pharmaceutique ^ il a soin de nous dire, comme s'il voulait éviter toute Tausse interprétation :cCe qu'il importe avant <L tout desavoir, c'est que toutes les parties de la médecine sont

< tellement liées entre elles, qu'il est impossible de les séparer com-

< plétement, et le nom qui les distingue indique seulement la pré- « dominance des méthodes; celle, par exemple, qui est fondée <K sur le régime, s'adresse aussi quelquefois aux médicaments; c et celle qui s'applique principalement à combattre les maladies c par l'action de ces agents thérapeutiques, est obligée d'y join-

< dre l'observation du régime dont l'utilité se fait si vivement

< sentir dans toutes les affections du corps (1). :»

Ces réilcxions de Celse n'établissent-elles pas clairement qu'il s'agit pour lui d'une division des maladies purement scientifique et nosologigue fondée sur la thérapeutique^ division imaginée

(1) Livre V, Préamb., trad. de M. des Étauîjs. Cf. aussi le Prcamb. du livre tiu — Scribonius Lar^^us (Cotnijosit, wed., chap. 68, conip. 200^ éd. de Rhudiust, p. 109), qui a pu être contemporain des dernières années de Celse, exprime la même opinion à peu près dans le;; mêmes termes. Son texte prouve de plus que tette division théori(|ue de la médecine en trois branches était une des plus répandues ; mais on ne voit pas dans ce passage que les trois branches répondissent pour lui, pas plus que pour Celse. ù trois classes de médecins. — Voici ce texte important : a Iniplicilas medicinae partes inter se et ita conneias esse constat ut nullo » modo diduci sine totius professionis detrimento possint. Ex eo intelligitur quod » neque chirurgia sine diuetetica, neque haec chirurgia (id est sine ca parte quae M medicaraentorum utilium usum habet) perlici possunt : sed aliae ab aliis ac^u- » xantur et quasi consummantur. » — Le nuMue auteur (^1(/. Caifist, eptst.) remarque que de son temps beaucoup de médecins, par ij^iiorance, encore plus que par système^ ou pour imiter Asclépiade, répudiaient l'emploi des médicaments, et se bornaient au régrime diététique; puis il ajoute, ce qui confirme encore mon seoHment sur le passage de Celse : « Naui primum (ibis ratione aptoque tenipore datis, » tentât [medicina] prodesse languentihus; deinde, si ad lios non responderit eu- » ratio, ad medicamentorum decurrit vini... post uhi ne ad liacc quidem cedunt n difiicultates adversae valetudinis, tum cuacla, ad sccliuncm \A ultimo ad ustioneni » devenit.» — Je n'ai pas besoin de rappeler que le rrrueil de recettes de Scribonius renferme de curieux documents pour l'histoire de la m<'>decine populaire M domestique.

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pour soulager la mémoire el pour permettre une classificalion plus ou moins régulière des objets d*étude d'après leur manière d'être la plus générale, en tenant compte des empiétements réciproques?

Mais oublions pour un instant le propre commentaire de Celse, et considérons les choses en elles-mêmes : ne vous semble-t-il pas comme à moi, Messieurs, qu'il serait déjà très- difficile de concevoir, au point de vue de la pratique, une division de la médecine telle que Le Clerc veut l'établir, surtout en ce qui touche la délimitation des deux premières parties qui se pénètrent incessamment Tune l'autre, «ainsi que Celse lui-même le déclare? Toutefois, comme les modernes eux-mêmes ont partagé la science en médecine el en chirurf/ie d'après des règles arbitraires, il est vrai, mais que ces deux divisions correspondent assez bien, la première à la diététique de Celse, et la seconde kU pfuirmaceti^ tique et à la chirurgie, abstraction faite de la partie purement pharmacologi(|uesurlaquellejereviendrai tout à l'heure, rien n'empêcherait d'une manière absolue d'admettre que la division de Celse était toute matérielle; les réflexions du médecin romain sur les empiétements réciproques des diverses parties, et particulièrcmentdesdeuxpremières,ne feraientmêmepas obstacle à cette opinion; aw nous voyons tous les jours les chirurgiens recourir tant bien que mal à la médecine proprement dite, et les médecins, à leur tour, entrer à main armée sur le terrain des chirurgiens, si le cas l'exige, lors même que les uns et les autres n'embrassent pas ordinairement la science dans toute son étendue.

Mais en présence de l'histoire, une pareille question n'a que faire de raisonnements, de suppositions et de comparaisons. Interrogeons donc l'histoire, ot voyons si, dans l'antiquité, il y a eu en réalité trois classes do médecins correspondant aux trois grandes divisions, appelées vulgairement rf/eVeV/V/i/e, pliarmaceu^ tique et chirurgie. Eh bien ! pas un texte ne vient, 5 ma connaissance, répondre par l'aflirmativc; tous, au contraire, permettent de conclure dans le sens opposé. D'abord il n'y a aucun témoignage direct sur lequel on puisse s'appuyer, et Celse lui-même n'eût pas manqué de remarquer cette particularité si elle eût existé. En second lieu nous voyons, par les citations, par les

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fragments qui nous font connaître les médecins de celle lonj^fue période comprise entre Érasislrale et Celse, que tous», les plui obscurs comme les plus illustres, aussi bien parmi les dogmatiques que parmi les empiriques, ont pratiqué en même temps les trois branches de Tari de guérir. Pour vous en convaincre, vous n'avez qu\^ ouvrir les Bibliothèques médicales^ chirurgicales el botaniques de Hallor, vous trouverez précisément la confirmatioii de mon assertion, et cependant, chose étonnante, Haller lui-nièiHe partage Topinion de Le Clerc, de sorte qu'il déiruil d'une main ce qu'il cherche à édifitM' de Taulro ; car vous trouvei dans l'une et l'autre bibliothèque, Mantias, Andréas de Caryste, Hîeésius, Zenon, Glaucias, Apollonius, Sérapion, Héraclide,et tant d'autres qu'il serait trop long d'énumérer (1).

Dire avec Hecker que, par suite du partage purenlenl soienli^ fjque de la médecine en trois branches, il est arrivé que chacun, suivant son goût particulier, s*est plus spécialement attaché à l'une ou à l'autre de ces branches, c'est dire trop ou ne rien dire du tout. Dans le premier cas, c'est revenir au sentiment dQ Le Clerc par une voie détournée, d*une manière moins explicite et dans un sens moins absolu; mais cette simple prédilection ne ressort même pas de l'histoire, et l'on ne voit pas qu'il y ait eu, du moins d'une façon générale, des médecins qui se soient plus occupés de la seconde (juc de la première partie. On voit, ao contraire, qu'ils étudiaient avec un soin égal tout ce qui concernait l'art de guérir. — Pi^lendre que quelques individus se sont plus particulièrement attachés à une partie qu'aune autre, c'est, je le répète, ne rien dire du tout, car cela ne constitue pas une division pratique et consacrée de la médecine ; il n'y a là qu'une tendance individuelle sans influence sur l'ensemble de la pratique.

Je tomberais moi-môuio dans une grave erreur si je n'admettais aucune division dans rexercice de Tari de guérir ; mais cette division ne répond pas du tout à celle de Le Clerc, de Haller ou de ceux qui ont partagé leur sentiment. Celse lui-même dit, dans le préambule du livre vu, qu'après llippocrate, la chirurgie, dls-

(I Oii trouvera iiiu* nouM^Uo lontirinatioii de letle unut'rsalité cios médecins aii'X.nulriiis, en cimsultanl, pniris 161 vi 103, la ik-rnièiv lolonno du TnUeau chronohgiqw (io cos médecins.

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