‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 55 sur 130 · Uj. Los uialièius preiuiêies · texte numérisé non relu

Uj. Los uialièius preiuiêies

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DIVISION DK U MÉDBGUIB.

t0MatipéMi^#ihragiwa iMrtfiUèrii. Ui léwiiaiMMil fMl|tiMi In.CMQiîQiii de drogaUitHi d'herbomtMt dt pwrAwMun tt 4* Mgî^iaDi; ^ ne Tut qw tapftivameul et «iv#o t« relAcihooifAi dM piwiirs qu9 les pédecîai leur abandonn^reni m ymiide partie U loin de préparer lea p^icamenu. Plue tard mtmt il y eut d«i plmnmcnutê^ ea Uire. eliargée de Tapplieaitoii dsa fimèdei »• dmeii o'étaieoi dee eapdeee d'iofinotere eu d'aide, Mount éuûmt lea aides des Aaelépiadea ; eoeore ces dereiera étaîenbâla p#iir la plupart dea éiims qui & leur tour pouvaient devaair dea mitres ; de tout tempa les médeeîQa ont eu dea aides UbrM •u eaelavasi comme ou le voit par les ouvrages de Platou et d^Hip* poerate.

Aînai ui la rkiwlom^ ni la fiham^mfmH^ M furent jaiuaîi usa diviaiou de la roédeeiua ; autant vaudreit dire qua bi (Âtirur« gie ne eomprenait que T^lude des instruments, ot que la di^ tiqu^ n'embrassait que celle de la maU^ de rtiyiriàne.

0 aillôurs. avant les Alexandrins, du temps d'Aristophane, de Théopbraste et certainement longtemps avant em% il y avait des pbarmacopoles, ot jamais on n'a regardé leur art eomma

une division de la médecine.

Je n'en finirais pas si je voulais rapporter et surtout examiner en détail toutes les opinions plus invraisemblables toi nnes que les autres, émises sur cette phrase de Celse par les bia* toriens. Je ne disouterai donc ni celle de Sohube(l) partagée par Weber (2); suivant ces deux auteurs, il s'agit du libre développement, dans toutes ses branches, de la médecine longtemps comprimée et resserrée par les Ascléplades et par les philosophes (9); — ni celle de Jacobson(A), qui prétend que Celse a entendu parler de renseignement et non de la pratique; idée iogénieuaeimais sans fondement; ^ ni c^Ue de M« Rosenbaum ; si j'ai bien compris sa pensée, il interprète le passage de Celse qui nous ocoupe

(i) Schubd, Biii. mmi , f, iiS suiv.^ part u, cap S« (S) Weher, Spee. mm. Cehiedit, p. iS.

(3) « U BédeeiM, ail Weber, esl urne fleur dual lee péUOei» a'stefd fm$rrk dass le calice, reapeat cette enveloppe et s'épaaoaiiieBl a« wfkdk* a

(4) Jacobson, De antiq. med. Ualmst., f 7SS, mrk; p. t.

iOU CEI.SË.

d'une façon tout à fait inadmissible dans les notes ajoutées à la nouvelle édition de Sprengel. Il suppose que Celse a entendu non point deux parties de la médecine par les mots diététique et pharmaceutique, mais deux systèmes médicaux d'après lesquels toutes les maladies étaient traitées par le régime ou par les médicaments. Il allègue en preuve les Hérophiléens et les Érasistratéens; mais il est évident, et par le texte du médecin romain, et par les explications que lui-même donne en divers endroits des mots diététique et pharmaceutique, enfin par tout son livre, qu'il s'agit bien certainement de parties et non de systèmes. D'ailleurs, avec une pareille manière de voir, que faire de la chirurgie? Pour admettre l'opinion de M. Rosenbaum, il faut donner au membre de phrase où il est question de la chirurgie un tout autre sens qu'aux deux précédents ; mais tous se tiennent par des liens étroits et l'ordre d'idées ne change certainement pas; il faut, de plus, admettre que, pour la chirurgie, Celse a entendu qu'il s'agissait d'une séparation d'avec le reste de la médecine, en un mot d'une partie distincte. Mais qui ne voit où conduit une pareille interprétation dont le critérium est dans l'imagination et non dans les textes?

En résumé, la division rapportée par Celse aux origines de l'école d'Alexandrie, mais plus ancienne, puisqu'elle se retrouve déjà dans Platon (1), et à quelques différences près dans le traité hippocralique De la bienséance, est toute scientifique (2);

(1) Voy. Galicn, Vtrum medic, an gymn, sit hyg., t. V, p. 847. Voyez aussi, sur Tunion, eu égard a la pratique, de la médecine et de la chirurgie au temps d'Hippocrate, M. Littrc, Argum. du Serment, t. IV, p. 616-617.

(2) Le passage suivant, tiré d'un livre très-curieux attribué à Galien {De partihm artis medicae, l,p. 16 (inter iibros spurios, éd. des Juntes), me paraît venir en confirmation de cette opinion; il y a d'ailleurs, dans une partie de ce passage, une analogie singulière et tout à fait curieuse, même pour la forme, avec la phrase de Celse : « Sunt enim quidam, quos possis audire, sécantes totam artem in phar- « maceuticen, et chirurgicen et diaeteiicen, id est, in eam quae medicamentis^ et a eam quae manuum opéra, et eam quae victus ratione medetur... Nonnulli vero in « therapeuticen, id est in curatricem, et eam quae hygiène, id est salubris appelci latur; alii et prophylaclicen... inter has in prima statini partitionc introducunt; « sicut quidam et analepticon, etc. »

DE LA MflDEClNE DANS PMNE. 205

ccst une classification didactique l'ondée sur la thérapeutique, comme d'autres ont été établies plus tard d'après des points de vue différents. Celte division n'a point de correspondance dans. la distinction de divers ordres de praticiens; elle s'explique très-bien par le développement de la science, par le besoin naturel à l'homme de classer les objets de ses connaissances et de ses recherches, atin de trouver un fil conducteur et de conserver dans sa mémoire ce que l'étude lui a appris; ajoutons enfin que c'est une grave erreur de regarder la pharma* ceiUique comme identique, soit avec la pharmacie^ soit avec la pharmacopolie et encore moins avec la rinzotomie.

Quand on écrit sur l'histoire générale de la médecine, il n'est pas possible d'oublier Pline, ni de lui refuser une place, si petite qu'elle soit, et certes elle n'est pas tout à fait petite. S'il est vrai que Celse en son beau langage résume toute la médecine ancienne, Pline, en son style énergique et concis, nous révèle presque tous les secrets de la médecine populaire et superstitieuse ; il a aussi donné le ton et fourni la matière à tant d'ouvrages du moyen âge, qu'il ne faut presque jamais le perdre de vue, pas plus que Galien ou Avicenne ; enfin, la plupart des recettes actuelles que les bonnes femmes ou les charlatans mettent effrontément en circulation sous leurs noms, dérivent de Pline ou de quelquesuns de ses émules du iv% du V ou du vf siècle.

Mais là ne se borne pas encore le rôle de Pline ; il en a un autre plus élevé et non moins important (car je tiens pour trèsimportante l'histoire de la médecine populaire). L'auteur de V Histoire naturelle nous a conservé, au milieu des innombrables extraits qu'il a faits dans une multitude infinie d'ouvrages, une foule de textes empruntés à de très-anciens médecins, et nous a fait connaître leurs pratiques médicales, ou du moins l'emploi qu'ils faisaient des substances tirées des trois règnes de la nature.

Dans les trop fréquents passages anonymes, on distingue assez aisément l'origine médicale et l'origine populaire des receltes ou des prescriptions, quand des investigations attentives au milieu des débris de notre littérature ne nous font pas retrouver ces passages chez les auteurs conservés, chez Dioscoride, par exemple,

iM DB LA MiOCaHB DàN8 KUIB.

chez Hippocrate, et aussi parmi les rragmenta des Aleiandrins oa de leurs prédécesseurs immédiats. — Enlevez à Pline comme aut outres compilateurs tout ce qu'ils ont emprunté, il ne leur reslôra rictt en propre; mais, en revanche, de quels Irésore rhistoire ne se trouvera**t-eUe pas enrichie aux dépens de leur érudition, et combien d^auteurs ne reprendront-ils pas ce qui leur appartient légitimement I

C'est là, Messieurs, une des premières régies et des plus essentielles de la critique historique. Avant de croire à ceux qui vous vantent roriginalilé des compilateurs, des abréviateurs ou des encyclopédist<^il> originalité à laquelle souvent eux-mêmes n'ont pas prétendu, vérifiez les assertions, écoulez les échos de la tradition médicale, înlerrogcÉ tous les textes conservés, et vous verrez les illusions d'un esprit prévenu ou mal inrormé s'évanouir à la lumière de ces recherches rétrospectives sur les sources originales dos travaux de seconde main.

SovvAmt : Galion, son cnraotèrc. •— Ses iriivro». — Son influcnn». — Go qu'il représente clans la médecine ancienne. — Comment on doit envisager son aut^ toniie descriptive et son anatoniic philosophique. — Théorie des causes finales.

Messieurs^

L'œuvre de Galicn (né à Pcrgame l'an 151 de J. G.) ésl le point culminanl Ho la médecine gt^ecqne^ Avanl Galien, tout monte ^{ tout converge vers un étal qu'on pourrait croire définitif; après lui, tout commence à descendre et tout semble un moment se dissocier pour une ruine inévitable. Je ne saurais ni mieux résumer ma pensée sur Galien, ni la présenter sons un jour plus vrai, qu'eu disant de ce grand médecin qu'il est à la fois le représentant du dogmatisme le plus exagéré et te chef de l'école expérimentale la plus avancée» — Ses raisonnements sont aussi déraisonnables, que ses observations sont précises et sûi^esy quand il veut bien regarder la nature au lieu de faire des actes de foi, parfois un peu hypocrites, envers Ilippocralc ou Ârislole. Ainsi, Messieurs, s'il nous a fallu sacrifier sans miséricorde une bonne partie de la physiologie et presque toute la pathologie et la thérapeutique générales deGalien; si les excès de son imagination ou les éclats de sa vanité ont souvent attiré le sourire sur nos lèvres, nous avons, en mille occasions, admiré ses belles descriptions anatomiques^ ses vues si élevées et si justes sur le diagnostic local, sa pei^picacité dans le traitement de celles des maladies qu'il avait nettement déterminées.

208 CALIEN.

Les écrits de Galien (I) dcmonlrcraient h eux seuls combien sont tantôt bienfaisantes, tantôt funestes, mais toujours impérieuses, les influences de la physiologie sur la pathologie, puisque tout ce qu'il y a de bon et tout ce qu'il y a de mauvais dans ces volumineux écrits provient de la bonne ou de la mauvaise physiologie. Galien aurait pu, en certaines circonstances, mieux user des instruments qu'il avait entre les mains et montrer un esprit plus indépendant ; toutefois, si nous voulons apprécier ses doctrines et mesurer ses efforts avec équité , n'oublions pas qu'il était difficile, pour ne pas dire impossible, d*aller beaucoup plus loin que lui dans le milieu scientifique où il se trouvait.

Galien, malgré son peu de courage civil ou médical, qui ne lui permettait ni de suivre l'empereur à l'armée, ni de restera Rome durant la peste; malgré les emportements et les injustices de sa polémique» malgré sa puérile jactance et sa fausse humilité) malgré un ilu\ de paroles inutiles, une obstination fatigante de raisonnements qui l'ont trop souvent égaré hors de la bonne voie que lui-mèuie avait cependant si largement ouverte par l'anatomie, la physiologie expérimentale et même par la clinique, Galien possédait presque toutes les qualités de l'esprit qui font riiomiiie supérieur, mais il n'avait rien -de ce qui constitue l'homme de génie. D^ailleurs le ciel lui eùt-il donné en partage celle flamme divine qui animait Hippocrate ou Platon, il n'eût sans doute ni découvert la circulation du sang, ni changé la théorie de la respiration, ni créé l'anatomie générale : au second siècle après Jésus-Christ, il ne pouvait être ni Harvey, ni Lavoisicr, ni Uichat; le temps n'était pas venu, la préparation

(1) Kti hissant do coté ïa iionibreiix livres ou détruits pur riuccndii* «lu tempe niènie de (julion ou perdus depuis lui, ou faussement mis sous son nom, on compte nujourd'imi près de iOO trail^s qu'on regarde comme authentiques. Pvii d'écri>aius, à rexcepliou des Pères ou des DocUurs de i'L^lise, ont été aussi féconds, l/ampleur du lm}{:a;;e littéraire et une cer'.aiue enflure d*un style diffus, n'(»nt pas pc>u contribué à faire le succès de Cialicii auprès «tes Arabes; or, il ne faut pas oublier que c'<>st des Arabes, bien plus que des premi< ces écoles barbaries (qui cependant connaissaient plusieurs de ses ouxr.igcs), <|ue \icnl l'autocratie de (i.ilieii en Occident, iMi mênu' temps que celle d'Aristote cl par la même voie.

SON CARACTÈRE, SOff ROLE ET SON INFLUENCE. 209

n'était pas suffisante. Il n'y a pas de génie humain, si puissant qu'on le suppose, qui soit capable de faire quelque chose avec rien; il n'y a pas un seul fait, un seul progrés considérable de l'histoire scientifique qui n'exige le concours d'une préparation régulière et d'un milieu favorable ; il faut que le temps et les générations successives préparent les voies et fournissent les instruments. Quelle qu'ait été la trempe de son esprit, Galien, a l'aide d'une synthèse qui rappelle les symboles religieux par son ton dogmatique et son intolérance, tient en sa main tout le passé et tout l'avenir de la médecine; il rattache et resserre les fils de la tradition, et le faisceau est si bien assemblé, que pendant quinze siècles rien n'a pu le briser, ni les révolutions sociales, ni les bouleversements des empires, ni l'ignorance des peuples nouveaux ou l'épuisement des peuples anciens. L'unité de la science par Galien et Aristote, comme l'unité politique et religieuse de TOccident par l'Église, ont sauvé le moyen âge. Il faut aux peuples enfants l'autorité, aux nations adultes la liberté !

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