‹ Histoire des sciences médicales v. 2Chapitre 56 sur 130 · CINQUIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ÉPOQUE

C'est Hippocrate qui a fourni le fond du système médical de Galien, c'est Aristote qui a donné la forme. Toutes les doctrines conciliables de la Collection hippocratique, celles surtout qui semblent émaner de Técole de Cos, en représentent la (rame ; tous les procédés logiques de VOrganum ont constitué la chaîne ; le travail de texture appartient au médecin de Pergame, et c'est déjà un beau titre de gloire. Les parties qui nous apparaissent comme les plus originales dans l'œuvre de Galien sont Tanatomie, la physiologie expérimentale et les recherches sur le diagnostic local (1). L'anatomie se présente sous deux aspects :

(1) Sans parler^ bien entendu^ ni de Térudition qu'il déploie dans ses Commentaires sur Hippocrate ou dans ses autres écrits ; ni des considérations plus dialectiques toutefois que scientifiques qu'il présente sur les humeurs, les qualités, les facultés, les tempéraments, ou sur les généralités de la médecine; ni de ses recherches, plus sérieuses, plus médicales, sur les causes et les symptômes des maladies, recherches qui agrandissent singulièrement le cadre hippocratique; ni de ses livres trèsprolixes sur le pouls et sur la respiration, où l'on rencontre cependant quelques observations ingénieuses ou vraies; ni des nombreux détails historiques ou pratl-

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anatomie descriptive et anatomie philosophique* Sans doute Galien n'est pas le premier qui ait publié un Manuel de dissection ou des monographies sur divers points d'anatomie, mais on n'entrevoit pas à travers les débris de Tantiquité un ouvrage aussi complet que les Administrations anataniiques^ des traités aussi exacts que ceux Sur la dissection des muscles^ ou des nerfs, ou des vaisseaux. Comme je ne pouvais pas répéter devant vous Tanalomie de Galion» ni même énumérer toutes les découvertes ou perfectionnements qu'on doit au médecin de Pergame, j'ai voulu du moins mettre hors de doute, par de nombreux exemples, un point capital dans l'histoire de cette anatomie : c'est que Galien n'a jamais disséqué de cadavres humains, mais seulement des animaux. Pour cela il n'y avait d'autre voie à suivre que de retrouver en lisant Galien et en interrogeant la nature, les exemplaires sur lesquels il avait fait ses dissections. Cuvier soupçonnait que Galien avait disséqué des magots, mais il n'avait pas, que je sache, poursuivi la démonstration. J'ai répété, d'après le Manuel des dissectiofis et les monographies pré-

qucs qu'il fournit sur toutes le8 parties de rhygiènc,de la matière médicale ou de la pliarmncolofne, ni des rênsei^omcnts et des préceptes utiles que renferment, soit les Comttumirtires sur Ici lirres chinir^caux d'Hippocrate, soit la Méthode thérnpeftfique, qûe»it pour une bonne partie, conwcrée aax ulcèrea, vax plaies, tux inflammaUAhs externes, soit enfin le truite Sur ks tumeurs. Ce sont des quAstiont importantes, il csU yrai^mnis secondaires dans un livre de la nature de celui-ci. -^J*ti signalé les points principiiu\ de la théorie du pouls et de la respiration dans mes éditions du Traité du }ïouls attribué à Rufus et du Commentaire de Galien sur le Timée de Platon. -M Rctt« enfin sa méthode thérapeutique, Tondée sur une connaissance raisonnée et parfois expérimentale des indications ; comme cette partie ri importante a été bien Iraitée par M. Uavcl, dans sa thèse déjà citée (Exposition des principes thé' rnpeuiiques de Galien, Paris, 1849, in-4'), j'y renvoie volontiers mes lecteurs. — Je consfille aussi de lire un très-bon article publié par le docteur Gasquet dans Jiritish and forcign medico-chirurff. Journal (t. XL, octobre 1867, p. 472 et suiv.)sur la thérapeutique spéciale de Galien. Après des coniidénitions générales, l'auteur sVcupe d'abord des médicaments, ou nouveaux ou abandonnés au temps de Galieni puis de l'usage qu'il fai^it, soit des agents de la matière médicale, soit des médications pharmaceutiques dans le traitement des principales maladies internes. 11 serait fort à souhaiter que l'auteur poursuivit ces études si intéressantes. -^ Quant aux do(*trines philosophiques de Galien, on en trouvera l'exposé dans mon ottM'ogt' intitulé : /la médecine^ histoire et doctrines, deuxième chopitre.

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