GALIEN
Cela dit pour Tanatomie descriptive, voyons ce qu*il Taul penser de Tanatomie philosophique de Galien.
V Utilité des parties est une œuvre dans laquelle Galien s'efforce de prouver que les parties du corps sont si bien construites, et dans un tel rapport de cause à effet, c'est-à-dire dans un rapport si exact avec les fonctions qu'elles ont à remplir, qu*on ne saurait rien imaginer de mieux.
En outre, partant du principe aristotélique, que la nattm ne fait rien' en rain, l'auteur cherche à justifier pour tous les organes et pour toutes leurs parties la forme et la structure de ces organes ou de ces parties, eu égard aux fonctions auxquelles ils sont ou auxquelles il les croit destinées. Ce n'est donc ni un traité d'anatomie, ni un traité de physiologie (1); cela est supposé connu ; mais un ouvrage dans le(|uel anatomie et physiologie sont les deux voies qui conduisent à prouver la sagesse de la nature. C'est la thèse des causes finales appliquée & l'étude de l'organisation.
Le problème des causes finales est ainsi posé par Galien :
l"" La nature ne faitrienenvain. — 2'' Par conséquent on peut, on doit même trouver â priori ce à quoi servent toutes choses dans l'animal; on doit et l'on peut démontrer qu'une partie ne peut pas être construite autrement qu'elle ne l'csL — S"" Comme déduction logique, on arrive à constater que chaque effet est dans une relation exacte avec sa cause ; en d*autres termes, qu'il existe un rapport nécessaire entre les ronctior«s et la disposition des organes. — h"* D*où il y a lieu d'admirer la sagesse de la nature ou de Dieu (2).
(1) Nous avous vu où il fallait chercher l'anatomie descriptive ; on trouvera U physiologie cipcriraentalc ou théorique, d'abord daus les Administinitions anatomiquesy puis dans le traite Du mouvement det muscies^ dans les traités Sur le pou/s y Sur la respiration. Sur les facultés naturelles, dans les Dogmes (tHippoertite ei de Platon, dans quelques chapitres de V Utilité des jHirties,
(2) DesrarteSy qui abusait des causes iinalcs en anatomie, où il se croyait pbn HÙr de ses connaissances, ou mieux, parce qu'il ne savait guère l'anatomie, a t^t, en parlant de la physique proprement dite, cette phrase qu'il n'aurait dû oublier en aucune circonstance et qui est vraie pour toutes les sciences : n Nous ne tirerons jamais nos considérations, à l'égard des choses naturelles, de la An que Dieu a pu se proposer en les faisant, parce que nous n'avons pas la prétention de