PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX
Je n'ai trouvé qu'un seul texte en iaveor de l'action dynamique des nerfs, c'est au traité Des administrations anatomiques (m, 0) , où il est dit : € La puissance du nerf n'est pas en raison de sa grosseur. »
Celte théorie présente encore une autre face. Galien assimile Taction des nerfs à celle des cordes qui tirent et font mouvoir : ainsi le nerf du diaphragme vient de haut, et s'insère au centre de ce muscle, pour le soulever. Des nerfs du larynx, les uns se réfléchissent autour d'une pouUo, afin d'abaisser les muscles inférieurs ; les autres agissent directement de bas en haut sur les muscles supérieurs ; ceux de l'estomac se soutiennent et s'entortillent autour de lui, afin de ne pas être déchirés par son poids quand il est surchargé d'aliments (1) . Voici maintenant une doctrine mixte, mécanique et vitale (2) : Les nerfs servent à trois choses : aux mouvements, aux sensations (8), et, ce qui fait un peu double emploi, à avertir le sensorium commune des choses utiles ou nuisibles, de sorte qu'il perçoit la douleur et le plaisir. Cette dernière propriété ne se rattache pas à un état plus ou moins grand de dureté et de mollesse ; d'où vient-elle? Galien ne le dit pas ici ; mais on n'a qu'A parcourir le traité Des facultés naturellesj pour reconnaître qu'elle répond aux facultés altératrices et attractives. C'est elle qui fait que les entrailles ne sont pas ulcérées par les excréments, que la vessie n'est pas corrodée par l'urine, que nous sentons la faim, la soif et le besoin des excrétions; c'est la force de résistance vitale, la tonicité reconnue par les modernes; c'est, comme diraient certains physiologistes, la volition intérieure et instinctive.
(1) Cetto théorie se rultachc cvideinuiciit à lu confusion (lo8 tendons et des nerfs.
(2) De rutugc deti pariiet^ V, 9.
(3) A ce propos, Galien répète, comme il l'a d^à dit plnsîcun fniii, qac tont uerf |)nsik>Ue eu môme temps lu vertu icnsitive et la motrice, et qu'il Inisuie (mi ([uel(]ue s<irtc échapper celle dont a besoin l'organe auquel il w rend. Ori démontre qu'il n'avuit pas une idée bien nette de la distinction de« nerfs du mouvement et de ceux du sentiment, ou du moins qu'il ne l'a acquise que très-tard ; rnr ou voit, (Inni le traité Des lieux affectés f que la pathologie Ta mis sur la ?oie de ce que raiiatomie, la physiologie et le raisonnement ne lui avaient pas d'abord cnscii^riié.
22^ GAMEN.
Physiologie expékimentale. — Cerveau. — Galien a répélé un très-grand nombre d'expériences, afin de délerminer quelles sont les parties qui tiennent sous leur dépendance la sensibilité et le mouvement.
Si l'on incise, ou si l'on enlève sur un animal vivant la duremère qui recouvre le cerveau et le cervelet, l'animal ne perd ni le mouvement ni le sentiment (1). 11 en est de même quand on coupe les hémisphères cérébraux sans arriver jusqu'à un ventricule : la lésion du quatrième ventricule paralyse (2) l'animal; celle du troisième un peu moins; celle des deux antérieurs n'entraîne presque aucun trouble, surtout quand l'animal est jeune ; le trouble est un peu plus marqué chez ceux qui sont vieux.
Quand Érasistrale, voyant un boeuf blessé entre l'occipital et la première vertèbre devenir aussitôt immobile, attribuait ce phénomène à la seule lésion de la membrane, il ne savait pas que le quatrième ventricule, qui Unit là, avait aussi été atteint.
Du reste, Galien ajoute : Les contusions accidentelles, ou les lésions involontaires produites par le trépan, entraînent les mêmes résultats. Il acimellail, en outre, que, Ve-'iprit se reformant peu à peu, l'animal recouvrait le mouvement et la sensibilité, une fois les parois du ventricule cicatrisées (3). Au milieu de ces propositions ou vagues ou fausses, un seul point, mais il est important, est à retenir, c'est que les expériences de Galien ont ruiné la vieille opinion sur le rôle physiologique des membranes.
Gahen faisait ses expériences sur la moelle épinière en particulier et en public. Il se servait ordinairement de petits cochons; il aurait préféré des singes, mais la comparaison avec l'homme aurait pu révolter les spectateurs. Il faisait coucber l'animal sur une table, lui liait les quatre membres et la tête avec un
(1) Les chOEUs se posscul de la mcEiic raçon quand on iacite sL-ulEment le nétrilime des nerfs et les tuniq jcb de la moelle. {Ofs itogm. //"Hipp. fl dt Pial., Vtl, 8.)
(2) Comme Galien ne détermine rien en disant le (|unlrièine (entriculf, on pourrait, i la rigueur, soupçonner qu'il n produit, en laurlmnl Ut luberrulci qua-drijumeaui, le phénomène remarquable eonilalé par M. Flourens, — Niitnns en pasuul, que Galien avait cunslslé que riiiflHmnwtion deii nerfs el du ccrteau (lêlertnine des tonvulsinns partielles ou générales. {Drs lieitr a/feclU, III, 8, \tt. — IMlllllDd»!, I, 1.]
(3) De,,hgm. .rili,.i<. ri .le fiai., \\\. A.