PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE
scalpel, il divisait la peau et les muscles postverlébraux, disséquait ces parties sur les côtés, afin de mettre à nu la partie postérieure des vertèbres. Quand il expérimentait sur un gros animal, avant de couper la moelle, il enlevait une partie de la région postérieure du canal rachidien. Sur un animal jeune, il pénétrait entre deux vertèbres, et faisait la section transversale de la moelle avec un couteau pointu de fer de Norique (1). Mais Galien a soin d'avertir que les faces articulaires étant légèrement obliques, le premier coup de couteau doit en suivre la direction, et le second, diviser la moelle perpendiculairement à son axe. Puis il ajoute : 11 faut couper la moelle dans sa totalité, à moins qu'on n'ait le dessein de la diviser seulement par la moitié. Est-ce la moitié antérieure qu'il laisse intacte, ou l'une des moitiés latérales? Il est présumable qu*il faut entendre ce dernier sens, car il dit immédiatement après : Si l'on coupe la moelle longitudinalement sur la ligne médiane, le sentiment et le mouvement persistent des deux côtés; si l'on incise obliquement ou transversalement une des moitiés latérales, le sentiment et le mouvement sont anéantis du côté et au-dessous de la section, et l'animal est à demi muet ; il l'est tout à fait quand la division de la moelle est complète (2). Si l'on coupe la moelle à son origine, soit entre la première vertèbre cervicale et l'occipital, soit entre la première et la deuxième, Tanimal périt aussitôt (3). Entre la troisième et la quatrième, la respiration est abolie et tout le tronc et les membres sont immobiles et insensibles. Entre la sixième et la septième, les six muscles supérieurs qui du cou vont au thorax,et le diaphragme, conservent leur action. Entre la septième et la huitième il en est de même. L'animal respire alors seulement avec le diaphragme, comme il fait quand il n'a pas besoin de grands efforts respiratoires; car, s'il a couru, s'il est agité par la lièvre, ou accablé par la chaleur, le diaphragme est puissam-
(1) Cet instrument, fabriqué par Galien, ressemblait aux couteaux en forme de pieu {scolopomachaeres)^ c'est-à-dire eu forme de lancette. Le machaere différait du scaljjel en ce que ce dernier ne coupait que d'un côté, et que la pointe rabattue formée que sur le bord tranchant.
(2j Des admin, anat,, VIII, 6.
(3) /6m/., 8 et 9; cf. 5.