GALIEN
mant aidé par les six muscles supérieurs, par les intercostaux et par ceuideTabdoinen. Mais, continue-t-il, voici quelques faites remarquables : Après la section entre la septième et la huitième cervicale, le diaphragme seul fonctionne, bien que les muscles supérieurs restent mobiles; si alors on coupe le tronc du nerf phrénique, ou chacune de ses racines Tune après l'autre, les muscles supérieurs entrent violemment en action, et accomplissent à eux seuls l'acte respiratoire. Si Ton ne coupe que le nerf phrénique, le thorax reste immobile; si l'on se borne à trancher la moelle entre la sixième et la septième cervicale, l'animal tombe sur le côté, mais la poitrine se meut de haut en bas par le diaphragme et les muscles supérieurs. Quand c'est le diaphragme qui reste l'agent de la respiration, les flancs s'abais* sent et s'élèvent alternativement. Lorsque les six muscles accom<* plissent seuls cet acte, ils sont aidés par ceux des épaules et de la partie supérieure du bras. En effet, si les six muscles sont paralysés, ceux des épaules viennent au secours des intercostaux ; si, au contraire, les muscles des épaules sont privés de mouvements par la section transversale de leurs fibres ou des troncs nerveux qui s'y rendent, ceux de la partie supérieure de la poitrine n'ont presque plus de force. Galien complète cette curieuse exposition en comparant, d'après la direction de leurs fibres, les muscles de l'omoplate et de l'articulation du bras aux deux séries d'intercostaux (1). C'est une idée qui rappelle celle de Blainville et de Gratiolet, sur les séries muscuaires.
Complétons la relation des expériences syr le système nerveux, pur l'indication des préceptes minutieux que Galien a donnés pour lu section des muscles, des nerfs intercostaux et des côtes ulleH-mômes, afin de constater Tinfluence de ces diverses parties nur lu respiration et sur la voix.
li^H muscles intercostaux antérieurs descendent d'arrière en Nvnnt, do la côte supérieure à l'inférieure; les postérieurs, trèsli^D^rc^ninut obliques dans l'autre sens, forment un X avec leu prt^udors; celte disposition se modifie au niveau des cartilages.
PHYSIOLOGIE BXPÉRIMENTALE. 227
On peut diviser isolément les muscles antérieurs, ou tout ensemble les antérieurs et les postérieurs, mais sans ouvrir la plèvre. Pour diviser les antérieurs seulement, on les détache de la côte inférieure avec des scalpels convexes sur leurs tranchants, puis on les dissèque de bas en haut, en évitant d'intéresser les nerfs et les vaisseaux logés dans la gouttière de la côte supérieure* La perte de la voix est proportionnelle au nombre de muscles intercostaux divisés. Quand la plèvre est ouverte, Tair entre et sort pendant l'inspiration et l'expiration; l'animal est à demi muet quand l'ouverture n'existe que d'un côté; il l'est tout à fait quand elle existe des deux; mais si on la ferme, il recouvre la voix (1).
On va chercher les nerfs intercostaux sur les parties latérales de la colonne vertébrale ; une fois qu'on les a découverts, on passe sous eux un petit crochet^ comme celui qui sert à Y opération des varices : ce crochet ne doit pas être trop mousse, pour pénétrer facilement sous le nerf, ni trop pointu, pour ne pas blesser les parties environnantes; après avoir attiré légèrement le nerf, on remplace le crochet par le dipyrène ordinaire (siilet ou sonde terminée aux deux bouts par une olive), qui le maintient au niveau des bords de la plaie : alors on passe une aiguille avec un fil de lin, et Ton serre le nœud le plus près possible de la moelle. Quand on répète ces expériences en public, on ne fait pas le nœud d'avance, mais on a plusieurs aides, qui, à un signal donné, étreignent d'un seul coup tous les nerfs; l'animal qui criait devient muet instantanément, puis crie de nouveau quand on cesse la constriction, et les spectateurs sont émerveillés de ces changements subits. Galien, qui ne craignait pas les effets de théâtre, ajoute qu'on peut varier ce spectacle attrayant : tantôt on serre un peu plus, tantôt un peu moins, tantôt tous les nerfs, tantôt un certain nombre, et la voix se modifie en proportion (2). La ligature ou la section du pneumogastrique le long du cou
(1) Des admin, anat,, VllI, 3. — Voyez aussi trois chapitre» fort importants^ tirés par Orii)age d'un livre de Galien dont on n'avait qu*un court extrait, et où il est traita (iu mécanisme de la respiration et de la voix. (Oribasc, Collecta méd.) lirres incertains^ chap. /12^ A3, AA; t. III, p. 219, suiv.
(2) Loc. cîL^ 4.