GALIEN. -^ PATHOLOGIE SPÉCIALE
cause de l'hémiparalysie de ces doigts, c Après la guérison du ma* lade, il s'éleva une violente discussion entre les médecins et moi, ajoute Galien, pour savoir d'où pouvait provenir une paralysie de la sensibilité seulement. Je leur répondis d'abord, comme les anciens médecins, que le mouvement étant actifs il fallait beaucoup de force pour l'exécuter, et un grand mal pour Tabolir ; qu'au contraire, le sentiment étant passif, il disparaissait sous l'influence de la moindre cause (1). Ils furent très-satisfaits de ma réponse. Mais je voulus les embarrasser, et je leur demandai comment alors ils expliqueraient la perle seule du mouvement. Voyant qu'ils ne pouvaient sortir de là, je leur expliquai qu'il y a des nerfs destinés aux muscles et d'autres à la peau : quand les premiers sont affectés, le mouvement est anéanti; quand ce sont les seconds, la sensibilité est abolie. > Galien démontre ensuite, par l'anatomie et la pathologie, qu'on peut arriver à reconnaître positivement, non-seulement quelle partie de la moelle, mais quel nerf est malade.
Ainsi Galien admettait des nerfs distincts pour le mouvement et le sentiment, mais il ne savait pas que chaque nerf, par sa double origine sur les parties antérieures et postérieures de la moelle, contient des filets destinés au sentiment et d'autres aux mouvements (découverte due à Magcndie), puisqu'il dit (2) que, quand le mouvement et le sentiment sont abolis, la moelle est malade; quand c'est l'un des deux, c'est la racine de Tune ou l'autre espèce de nerfs qui est seule affectée; encore l'une ou laulrc paralysie peut-elle être localisée suivant le nombre des cordons atteints. Toutefois il croyait reconnaître (3) que les nerfs du sentiment viennent, les uns de la moelle, les autres des gros troncs nerveux ; mais que ces branches ont leur fonction spéciale ; en un mot, que les nerfs de la peau ne sont pas les restes de ceux qui se distribuent aux muscles. Galien n'avait plus qu'un pas à faire pour découvrir les usages spéciaux des racines antérieures et postérieures, et pour répondre par avance à la question de Boerhaave : Qttis dicet : hoc moret. /toc sentit ?
(1; Vo\. au5>i 0»v fù»».!' tifle<:t>-<^ \\\ ô.
(2) /-fftt.r r///*r/'S', 1, 6. — Vo). aussi plu> haut, \u '2'2\ et su»^. 3) /Vv /i»*M.r '///'v/,'<. IV. 7. /»//•■.
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Combien le médecin de Pergame aurait hâté le perfficlionnement de la science, s'il avait su mettre un frein à son imagination, s'il ne s'était pas i laissé emporter comme un cheval indompté » par son goût pour les systèmes cl les explications, et surtout si ses successeurs n'avaient pas négligé le côté vraiment pratique de ses volumineux ouvrages (1) , pour s'égarer avec lui à la poursuite de vaines théories !
Mais revenons un peu en arrière . Après la constitution du méthodisme, il s'est formé â Rome une secte fort équivoque [secte épisyntkélique) , entrevue par Le Clerc, et sur laquelle j'ai rassemblé devant vous une série de témoignages qui prouvent, si je ne m'abuse, que, sans s'éloigner absolument du méthodisme, elle en diffère cependant par l'influence particulière qu'on y accorde au pneuma dans la production des maladies. Athénée d'Altalie ou de Tarse (environ 50 ans après J. G.) , qu'on regarde comme le créateur du pneumatismc, et dont la doctrine rappelle & la fois les anciennes écoles do philosophie et le stoïcisme, admettait, outre les qualités élémentaires créatrices et motrices, un cinquième élément, une sorte d'air igné «jui pénètre, anime et conserve toutes choses; c'était aux altérations, aux souffrances de cet élément qu'Athénée rapportait les causes premières des maladies. Ce célèbre médecin nous est surtout connu par ses recherches sur le pouls, qu'il considère comme un mouvement automatique de dilatation du pneuma contenu dans les artères, par ses
(1) Si l'an vo II luit, sans être obligé délire cinq Toluinva in-l" ou vîngl-dcui volumes Jii-8*, prendra uiw idée en riccourci, mais purhilcment tufSsanle el ciacle, des opinious de Galion sur lei alimente, les boissona, les influences aliuosphcriques, les eiercicea. Ici émisnoui aanguiiiei, les vomilits et les purgaUfs, les bains, les habitudes, les lempcraments (ce qui eamposait pour les anciens la mHtière de rhT|;iène), sur les médications togiiques, sur les qualilés élémentaires et thérapeutique* des médicaments simples, sur une foule de questions de physiologie générale cl spéciale, sur la structure des parties du corps, sur une iinUble partie de l« chirurgie et «pétrialement sur les iuineurs, les tractures et les Intalions, on u'nurnit rlcu de mieu» à faire qu'à étudier les chapitres de la Cotleciion midicalc empruntes par Oribase bu médecin de Pergame, sur ces divers sujets. Pour In pathologie spéciale inlemc, on ponrrs recourir atec fruit ù la Sj/nofitii, auv Eupuriiles lin même auteur, el aussi aui Tilralitbks d'Aclius.