ORIGINES DE L'ECOLE DE SALERNE
lions, ce serait refaire id une partie du cours : rappelons seulement que des médecins salermtains sont cités en 846 ; que, de très-bonne heure, on voit figurer dans les documents diplomatiques, ou dans les ouvrages médicaux, des médecins laïques et des médecins clercs; que les femmes-médecins tiennent également un rang distingué; enfin, que les textes relatifs à Yécole ou à la ville médicale de Salerne et à ses maîtres remontent au milieu du X* siècle (1); sa réputation est même plus ancienne, et elle ne tenait pas seulement à la douceur du climat, à la |5ureté du ciel, a la splendeur de la mer, mais encore à la science et au talent des médecins. Évidemment Salerne n'était plus seulement, comme au temps d'Horace, une station pour l'hivernage ; elle élait devenue un centre d'études et d'enseignement, d'abord privé et officieux, puis bientôt collectif et officiel. Il faut avouer humblement, j'aimerais mieux dire hardiment, qu'on ne sait rien de positif, eu égard au temps et aux circonstances, pas plus sur les commencements de l'école de Salerne que sur ceux de presque toutes les autres écoles. Aucune de ces écoles ne surgit à jour fixe ou dans une circonstance déterminée ; c'est une œuvre du temps, et le résultat du concours successif d'un grand nombre de personnes et d'événements : au moment où le nom et la renommée d'une école entrent dans le domaine de l'histoire , les traces authentiques des premières origines sont déjà effacées. Ces créations sont le produit naturel et presque spontané du milieu médical que nous trouvons partout si productif au moyen âge, en dépit de Vignorance et de la superstition.
Posé comme il doit être posé, même pour ne pas le résoudre entièrement, le problème des origities de l'école de Salerne est un judicieux emploi de la critique, et presque tout le mérite en revient à M. de Renzi; mais il y avait encore un service non moins important à rendre à l'histoire de l'école de Salerne, et,
(1) On a pense (de Renzi, p. 371 de sa S/oria documeniata^ etc.) que Tapparition rapide de la langue romane en Gaule a été chez nous une cause d'infériorité médicale : mais d'abord la langue vulgaire n'était pas, comme on le dit, répandue au vni* siècle ; d'autre part, la langue latine, parlée ou écrite, a été en usage en Gaule, parmi les lettrés, aussi longtemps qu'en Italie. Quand des Italiens sont venus en France, parlant latin, tout le monde les comprenait.